<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511</id><updated>2011-04-21T13:13:10.019-07:00</updated><title type='text'>La France au XVI e siècle</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>26</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-7113324277829033555</id><published>2008-11-15T05:20:00.001-08:00</published><updated>2008-11-15T05:20:25.522-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;LA LITTÉRATURE FRANCAISE AU XVIème SIÈCLE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est un siècle de transitions dont l’histoire mouvementée est riche d’événements considérables : l’humanisme introduit une nouvelle vision du monde, la Réforme détermine l’avenir de la Chrétienté, la conquête du Nouveau Monde modifie l’équilibre des sociétés européennes et l’image qu’on se fait de l’univers. En France, ce siècle commence par les guerres d’Italie et se termine par les guerres de religion : tous ces critères se ressentent bien évidemment dans la littérature du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle commence le 1er janvier 1501 et finit le 31 décembre 1600. Historiquement, il commence le 12 octobre 1492 avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et se termine en 1610 avec l'assassinat d'Henri IV. Ainsi Magellan (1480-1521) accomplit le premier tour du monde et Jacques Cartier (1491-1557) attaint le Canada. Ces découvertes sonnent le glas d’un Moyen age qui durait depuis des siècles , elles inaugurent l’entrée de l’Europe dans les temps modernes . Les frontières du monde connu reculent sur terre, mais aussi dans le cosmos puisque Copernic( 1473-1543) démontre que les planètes tournent autour du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;le siècle de la Renaissance&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est le siècle de la Renaissance, une période de progrès dans tous les domaines. L'invention de l'imprimerie à caractères métalliques, par Gutenberg, vers 1450, permet l'essor du livre qui diffuse la culture antique comme les œuvres modernes. Le Nouveau Monde est découvert, c'est la découverte (et le massacre) de nouvelles civilisations. La preuve de l'héliocentrisme (le Soleil au centre de l'Univers, et non la Terre), apportée par Copernic en 1453, bouleverse l'idée de la place de l'homme qui n'est plus au centre de l'univers, ainsi que de la réalité scientifique des Écritures sacrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs l'art de la Renaissance s'inspire de la culture italienne et cherche à revenir aux sources des textes antiques. Casimir est de même un homme aux grands yeux qui fait tout le temps "hein"! Au XVIe siècle la France se construit autour du pouvoir royal qui œuvre à unifier la langue française. Ces évènements influent sur la littérature du XVIe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie humaniste apparaît durant cette période. Elle voit la dignité de l'homme dans ses capacités à cultiver la raison pour comprendre le monde et se comprendre, et s'inspire de l'antiquité et des valeurs chrétiennes telles qu'elles sont exprimées dans l'évangile. Cette philosophie s'accorde aux découvertes scientifiques de l'époque, comme l'étude du mouvement de la terre et des planètes, ou l'exploration des continents américains et asiatiques.&lt;br /&gt;François Rabelais (1494-1553) a été homme d'Église et médecin ; ses romans comme Pantagruel puis Gargantua (père de Pantagruel) allient truculence et érudition, et développe un humanisme optimiste qui croit en l'homme et en son libre arbitre sans cesser de croire en Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers poèmes de Clément Marot (1496-1544) s'inspirent de la tradition du Moyen Âge, puis il développe un art plus personnel, plus sentimental et plus lyrique. Les poèmes de Maurice Scève (1501?-1564?) et Louise Labé (1524-1566) chantent les sentiments amoureux avec beaucoup de sensibilité et de sincérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les poètes Joachim du Bellay (1522-1560) et Pierre de Ronsard (1524-1585) — qui est par ailleurs l'auteur de nombreux poèmes amoureux — travaillent à développer le vocabulaire et la grammaire française ; le français moderne leur doit beaucoup.&lt;br /&gt;À la cour du roi, Marguerite de Navarre (1492-1549) a pris soin de soutenir les hommes de lettres auprès de François Ier, son frère ; elle est aussi auteur d'un recueil de courtes histoires sur les mœurs de son temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les guerres de religion (1562-1598) ternissent la fin du siècle. La philosophie de Michel Eyquem, seigneur de Montaigne (1533-1592), traduit ces troubles. Elle est humaniste, mais sans l'optimisme associé au progrès qui était présent au début du siècle. Sa philosophie, comme celle d'Étienne de La Boétie (1530-1563) dont il est l'ami, consiste à accepter la faiblesse de la condition humaine, rechercher le bien de l'homme et combattre l'intolérance. Sa manière de vivre, ses expériences et les réflexions qu'elles entraînent est l'objet de son œuvre principale, appelée pour cette raison Les Essais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écrits de Théodore Agrippa d'Aubigné (1552-1630) et les pièces de théâtre de Robert Garnier (1545-1590) sont tragiques et morbides, en accord avec la barbarie de l'époque. Tous les deux, le premier protestant militant et le second catholique, s'accordent sur l'espérance d'un réconfort divin venant après ces temps de fureur.&lt;br /&gt;La fin du XVe siècle avait d’ailleurs préparé l’avènement des temps nouveaux: vers 1450, Gutenberg, inventant les caractères mobiles métalliques, fit accomplir un pas décisif aux techniques de reproduction. L’imprimerie d’abord réservée à l’édition de la Bible ,allait connaître un essor fabuleux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais des troubles religieux viennent endeuiller cette époque. Il sont dus à un conflit entre les tenants de l’ordre établi et les partisans d’une réforme de l’église (les réformés ou Huguenots). Les années d’optimisme qui s’achèvent vers 1559 sont suivies par une période de guerres civiles sanglantes peu propices au développement de la littérature . En 1598 , L’édit de Nantes , rétablit la paix et garantit la liberté de croyance en france . il marque la fin du XVIe&lt;br /&gt;Parmi les genres littéraires, la poésie est certainement celui qui bénéficie des plus grandes novations. Les poètes et humanistes italiens Dante (1265-1321), Boccace (1313-1375) et Pétrarque (1303-1374) sont découverts, et influencent la plupart des poètes. La publication de la Défense et Illustration de la langue française par Du Bellay illustre la volonté, partagée par Ronsard et les autres poètes du petit groupe de la Pléiade, de créer un art poétique proprement français. Cette volonté n'est pas sans rapport avec la situation de l'écrivain durant ce siècle. En effet, la plus large diffusion des textes, ainsi que les mesures que prend François Ier pour encourager les belles lettres, conduisent souvent les écrivains à s'engager du côté du pouvoir royal. La volonté de renouveler la langue poétique et la certitude que la langue française peut égaler ou dépasser les œuvres de l'Antiquité coïncident avec ce mouvement général d'affirmation de la puissance de la France. Toutefois, l'imitation des grands genres antiques et la création de nouveaux mots auront une influence durable. Légère et sensuelle, la poésie de Ronsard fait école après sa mort, mais les troubles religieux de la seconde moitié du XVIe siècle apportent dans la littérature des thèmes d'inspiration plus macabres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les novations dans le genre théâtral résultent surtout de l'intérêt suscité par le théâtre antique et italien. Le genre farcesque connaît un grand succès populaire, tandis que les premières tragédies sont marquées par les défauts d'un genre qui se cherche encore et ne rencontre guère de public en dehors de la Cour. De son côté, le théâtre des protestants privilégie surtout les sujets bibliques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au genre narratif, il reste mal défini. Dans le prolongement des goûts de la période médiévale, le roman de chevalerie séduit toujours le public, et les courts récits ne semblent pas toujours se rapporter à un genre précis. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu'apparaissent les premiers romans au sens moderne du terme. Néanmoins, l'œuvre de Rabelais est, déjà, à bien des égards annonciatrice du roman moderne. Tout en prolongeant la tradition du conte, elle synthétise l'esprit du XVIe siècle tant par sa forme que par la variété de ses thèmes lui font tout aussi bien traiter de guerre, d'éducation, que de médecine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L’ÂGE DE RABELAIS : UN ESPRIT NOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES CONDITIONS DU RENOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes du XVIe siècle étaient conscients de vivre dans une époque différente de la précédente ; Rabelais cite en effet dans la lettre de Gargantua à Pantagruel : "Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées [...]. Tout le monde est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de librairies très amples...". Cette Renaissance fut un phénomène d’une grande ampleur qui affecta tous les domaines : intellectuel, artistique, philosophique, religieux, éthique, social... On a souvent admis que trois faits ont favorisé cette mutation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, qui provoqua l’exode des lettrés grecs vers l’Occident où ils apportèrent quantité de manuscrits, et leur connaissance de l’Antiquité grecque (toutefois nuançons : la Renaissance en Italie commence avant 1453). &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- les guerres d’Italie révélèrent aux français éblouis une civilisation raffinée (même s’il y avait déjà des échanges avec l’Italie avant les guerres).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- l’invention de l’imprimerie au XVe (première presse française à la Sorbonne en 1470). Elle favorise l’expansion des idées nouvelles — humanistes mais aussi réformées.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1453 : La chute de l’empire d’Orient&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sultan Mehmet prend Constantinople. IL n’y a plus d’empire chrétien d’Orient. Les Turcs continuent une expansion foudroyante qui les rend, en 70 ans, maîtres de toute la Méditerranée orientale et de l’Europe des Balkans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques années avant le désastre, érudits, savants et nobles ont ramené en sûreté leur personne, leur savoir et leurs livres qui viennent enrichir Venise, Florence et Rome. Le grec, langue presque perdue en Occident, s’enseigne à nouveau, et fait redécouvrir la vraie culture antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LES INFLUENCES ITALIENNES&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Rappel : les guerres d’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France au XVIe siècle ne cesse pratiquement pas d’être en guerre. La richesse des villes italiennes, la fascination exercée par la Renaissance commencée, de l’autre côté des Alpes, dès le XIIIe siècle, l’existence d’une noblesse inemployée depuis la fin des guerres contre l’Angleterre, alimentent les prétentions françaises sur les territoires italiens. Ces guerres longues — de 1483 à 1559 — et coûteuses ne rapportent rien : en soixante ans, les rois de France conquièrent et perdent tour à tour les villes italiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours du règne de François Ier, le conflit prend une dimension européenne : le roi de France s’oppose en effet, pour un demi-siècle, à Charles Quint, dont l’empire s’étend de l’Espagne aux territoires actuels de l’Allemagne, de l’Autriche, aux Pays-Bas et à la France du Nord-Est. Vaines sur le plan militaire, les guerres, néanmoins, ont contribué à élargir l’horizon de la noblesse française. Les œuvres de la Renaissance italienne pénètrent largement en France. L’ "esprit nouveau" commence à souffler sur le sol français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Antiquité.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La découverte du grec date en France du XVIe siècle. Il ne s’agit plus aujourd’hui de prétendre que le Moyen Age a ignoré l’Antiquité, mais il faut noter qu’il n’a guère connu que les anciens latins ; la renaissance, au contraire, a cherché à restituer toute l’Antiquité dans son authenticité, même si la connaissance qu’elle en a eu est restée imparfaite ; en effet, cette connaissance provenait surtout de la consultation de manuels, ou de compilations comme les Adages d’Érasme (recueils de proverbes et de maximes tirés des ouvrages anciens et commentés), plutôt que de la fréquentation directe des textes essentiels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence dans ce domaine vient surtout d’Italie, et la grande découverte fut l’interprétation du platonisme par le florentin Marsile Ficin (fin XIVe) ; cette interprétation est appelée néo-platonisme, alliant Platon et ses commentateurs, et essayant de concilier cette philosophie avec le christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, l’Antiquité n’est en aucune manière un exemple contraignant : du Bellay et bien d’autres déclarent que les modernes peuvent et doivent faire mieux que les Anciens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence italienne s’exerce aussi sans passer par les modèles anciens. Non seulement dans le domaine politique on trouve l’influence de Machiavel (1469-1527), mais aussi dans le domaine esthétique et littéraire : les écrivains français, avant même la Pléiade, lisent les italiens : Sannazar (1458-1530), églogue champêtre à l’image de Virgile, le satirique Berni (1497-1535), dont l’exemple inspirera en France un courant qui va de du Bellay aux burlesques du XVIIe ; de même, l’Arioste, Boccace et surtout Pétrarque ont une influence considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LA RENAISSANCE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1490. Le Nouveau Monde&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde occidental, privé de son expansion en méditerranéenne, se trouve d’autres voies commerciales. Depuis le début du XVe siècle, les Portugais explorent les côtes africaines, et atteignent le cap de Bonne-Espérance qui leur ouvre la route des Indes. Un gênois au service de la couronne d’Espagne, Christophe Colomb, décide de découvrir un passage par l’ouest : en 1492, il rencontre les "Indes Occidentales", les Antilles. Ce nouveau continent déchaîne les convoitises, au point qu’il faut une bulle du pape Alexandre VI, puis le traité de Tordesillas (1494) pour partager le nouveau monde entre les deux puissances qui ont les moyens maritimes de la conquête : espagnols et portugais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La certitude que la terre était plate, que l’Europe était le centre de l’univers, que les coutumes de nos pays répondaient à une nécessité divine, s’en trouve brutalement ébranlée. De plus, dans le même temps, le savant Copernic montre que la terre tourne autour du soleil, et qu’elle n’a donc pas été placée au centre par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les systèmes économiques se transforment : l’accent est mis désormais sur les échanges d’argent plutôt que sur la possession de territoire. Le XVIe siècle voit ainsi se développer une riche bourgeoisie marchande, alors que parallèlement la noblesse connaît un relatif appauvrissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1460. L’imprimerie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir des techniques du bois gravé expérimentées dans les ateliers rhénans, voici que naît l’imprimerie. D’abord en planches gravées, puis en caractères mobiles, elle permet de reproduire en un temps record ce qu’il fallait recopier à la main. C’est la fin du livre personnalisé, objet d’art unique et investissement de prestige : c’est le début du livre utile, scolaire, religieux, divertissant. Le livre imprimé apparaît à Mayence dans les années 1450. Le support était un papier qu’on fabriquait à partir de chiffons traités et transformés dans des moulins à eau. La première presse installée à Paris l’est, en 1473, dans le collège de la Sorbonne, et son premier ouvrage et naturellement une rhétorique. D’autres ateliers s’implantent à Strasbourg, Lyon, Angers, Poitiers, Toulouse, Albi, Vienne, etc... attirés par la présence de grands monastères ou d’Université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’initiateur d’un livre, qu’il soit auteur, imprimeur ou libraire, doit avant tout obtenir un Privilège qu’il achète auprès d’une autorité légale (Grande Chancellerie ou Parlement). Ce privilège lui donne le droit pour une durée donnée d’imprimer et vendre l’ouvrage en question à l’intérieur du royaume. Signalons toutefois que l’auteur prend parfois à sa charge tous les frais engagés, mais la pratique des frais partagés entre auteur et imprimeur est beaucoup plus fréquente. Après cette fabrication, le livre relié artisanalement est diffusé par les soins de l’imprimeur-libraire lors de foires comme celles de Francfort ou de Lyon.&lt;br /&gt;L’apparition du livre bouleverse les conditions de transmission du savoir, élargit les publics, même si l’alphabétisation reste encore restreinte. En 20 ans, la culture médiévale religieuse et romanesque est balayée, et remplacée par les textes antiques, païens et chrétiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’HUMANISME&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’humanisme, volonté de connaissance étendue hors des frontières, prend sa source dans toutes les influences évoquées ci-dessus, et utilisent les moyens proposés dont nous venons de parler (langues anciennes, imprimerie...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "prince des humanistes" fut le hollandais Érasme (1469-1536), érudit, philologue, philosophe, sollicité par les rois et par les papes. Il fut en relation épistolaire avec toute l’Europe lettrée, lié à l’helléniste Guillaume Budé (1468-1540), au savant anglais Thomas Morus (1480-1535). Ainsi, à travers ce personnage, on perçoit bien que l’Humanisme désigne d’abord une volonté de connaissance étendue hors des frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Créations : L’attention portée à la langue va de pair avec celle qu’on attache aux problèmes de la technique poétique, de la métrique et u théâtre. On tente de restituer en français la prosodie quantitative des Anciens. On crée la tragédie et la comédie en français, et surtout naissent de nouvelles formes : épître, élégie, églogue, ode, et surtout sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mythes et thèmes : Les thèmes utilisés pour réaliser ce programme humaniste est révélateur de l’esprit du temps. Au XVIe siècle, on parle d’amour et aussi de vertu. On rêve d’un monde où l’homme vivrait en harmonie avec la nature et en accord avec lui-même : société utopiques (Utopia de Morus ; la Thélème de Rabelais) auxquelles la découverte du Nouveau Monde donne une consistance parfois plus apparente que réelle (mythe du bon sauvage). Un autre thème est celui de la gloire que confère l’excellence de sa création à un auteur ; cependant, dans un siècle qui tourne au chaos, le seul refuge sera alors pour les poètes dans les "consolations contre la mort" (expression tirée de J.B. Chassignet, Le mépris de la vie et consolation contre la mort).&lt;br /&gt;Ainsi, l’humanisme introduit non seulement dans les œuvres littéraires la réflexion sur les problèmes de civilisation, de pensée, de religion (Calvin), évoquant ainsi l’espoir d’un nouvel art de vivre (Rabelais, marguerite de Navarre), mais il introduit aussi l’éclosion d’un ton nouveau, où la ferveur et l’enthousiasme se teintent de gravité ou d’humour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, les méthodes de cet humanisme s’apparentent à celles de libre examen qui inspire la révolte de Luther et Calvin. On refuse de s’en remettre à l’autorité établie pour interpréter les textes. Les divergences sont donc aussi nombreuses que les points communs entre l’humanisme et la Réforme. Après la rupture entre Érasme et Luther, et après l’affaire des placards, les humanistes de France seront obligés de choisir : ou protestants, ou fidèles à l’Église, ils seront mêlés à ces grandes luttes du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1520. La Réforme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martin Luther, depuis 1517, s’acharne à dénoncer les abus de l’Église, et refuse de se plier en 1520 à son excommunication (texte de sa condamnation brûlé publiquement). Il proclame que la foi seule sauve, et insiste sur le fait que tout croyant doit avoir accès au vrai texte sacré sans l’intermédiaire constant des prêtres. Dans un premier temps, les idées rencontrent l’approbation de nombreux ecclésiastiques et de princes, mais les idées se révèlent vite une danger politique (paysans de Rhénanie révoltés en 1524). En Allemagne, la Diète d’Augsbourg remet à chaque prince le droit de décider de quelle religion seront ses sujets.&lt;br /&gt;Cette Réforme est donc l’occasion d’un profond bouleversement spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;LES CONTRADICTIONS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginer le XVIe siècle comme un siècle constant et uni dans la recherche cohérente d’une nouvelle vérité serait une singulière erreur. Ce siècle est tissé de contradictions : la Réforme et l’Humanisme s’accompagnent d’une résurrection du paganisme rarement déclaré, qui est pourtant sensible dans les œuvres de la Renaissance (chez Ronsard par exemple), mais aussi de superstitions et d’un obscurantisme meurtriers : la chasse aux sorcières s’ouvre au XVIe, la Réforme aboutit aux bûchers allumés à travers toute l’Europe et aux massacres en série des guerres de Religion ; de plus, l’astrologie se développe à l’exemple de l’Antiquité : Nostradamus (1502-1566), contemporain d’Ambroise Paré, de Bernard Palissy ou encore de Copernic, fut l’un des devins de Catherine de Médicis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;LES POINTS FORTS DE LA LITTÉRATURE DU DÉBUT DU SIÈCLE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES RHÉTORIQUEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la seconde moitié du XVe et le début du XVIe siècle fleurit à la cour de Bourgogne, de Bretagne, puis de France, une école de poètes qui eurent une gloire incontestée en leur temps : ce sont les Rhétoriqueurs. Ainsi nommés parce qu’ils pratiquaient la "seconde rhétorique, c’est-à-dire la poésie par opposition à la prose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’image du plus illustre d’entre eux, Georges Chastellain (1404-1475), qui était l’historiographe et le confident du duc de Bourgogne Philippe le Bon, les Rhétoriqueurs se voulurent chroniqueurs et conseillers des princes. Ils chantaient les vertus et les victoires de leur protecteur, pleuraient leurs deuils, fêtaient leurs joies et narraient leur histoire.&lt;br /&gt;Jean Meschinot († 1491), Jean Molinet († 1507), André de la Vigne († 1527?), Jean Marot († 1526)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est surtout comme poètes qu’on admirait ces hommes, auteurs d’œuvres morales et politiques, d’épîtres ou de satires. Cependant, la critique traditionnelle reproche aux rhétoriqueurs leur manque de goût et de mesure, ainsi que la reprise de thèmes usés. Pourtant, ces hommes se qualifiaient volontiers de rimeurs, car ils furent en effet de prodigieux inventeurs de rimes (rime extrêmement riche, tentés parfois par l’acrobatie verbale).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Lemaire de Belges, dernier des Rhétoriqueurs, et premier des écrivains de la Renaissance, fut un précurseur et un maître pour le XVIe siècle. Né en 1473, il fut le poète et le secrétaire de marguerite d’Autriche et d’Anne de Bretagne. Il voyagea beaucoup, et l’influence de l’Italie n’est pas négligeable. Il excella dans le genre de la "déploration" en vert (et fut connu par Les épîtres de l’amant vert, pour le perroquet de Marguerite d’Autriche, dévoré par un chien, mais comparé à un prince poussé au suicide en l’absence de sa maîtresse !). Lemaire avait également le rôle de propagandiste officiel : par exemple, il fit la défense de la politique gallicane de Louis XII contre l’absolutisme pontifical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Clément Marot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fils du rhétoriqueurs Jean Marot, poète officiel d’Anne de Bretagne, Clément Marot était né en 1496, et se trouvait au service de François Ier en 1527. Accusé déjà quelques accusations (a mangé du lard en carême par exemple), il est suspecté en 1534 dans l’affaire des "placards". Il reste alors deux ans exilé à la cour de Ferrare. De retour en France après une humiliante cérémonie d’abjuration, il doit s’enfuir à nouveau en 1542 après avoir poursuivi la traduction des Psaumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clément Marot s’inscrit dans le prolongement des rhétoriqueurs (ex : Le temple de Cupido et la Conqueste de Ferme Amour, à l’occasion du mariage de François Ier et de Claude de France), mais il fut aussi poète satyrique (il utilise des thèmes de tradition médiévale : il s’amuse à railler les femmes, les maris trompés, les moines... Autre exemple plus original pour l’époque :L’enfer, satire contre les maux et les méfaits de la Justice ; dans ce long poème de 500 vers, il est l’un des seuls à protester contre la torture). Il fut également humaniste, par ses traductions d’auteurs antiques (Virgile, Ovide...), et a cherché à exprimer sa modernité dans ce matériau antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit souvent que Marot a été l’inventeur de nouvelles formes ; il a en fait plutôt développé des formes existant déjà, tel l’épître, où il introduit un ton familier ou lyrique, ou encore le "blason", qui était un poème tout entier visant à vanter ou à dénigrer une personne, un objet, un détail le plus souvent. Le succès fut tel qu’il suscita un véritable concours (dont le triomphateur fut Maurice Scève pour un Blason du sourcil). Signalons enfin que Marot serait à l’origine de l’importation en France du sonnet, forme d’origine italienne popularisée par du Bellay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;RABELAIS &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce plus éblouissant des conteurs français de la Renaissance fut à la fois religieux, moine plus ou moins en règle avec son ordre, érudit, admirateur d’Érasme et disciple de l’helléniste Guillaume Budé, juriste, et l’un des meilleurs médecins de son temps, mais aussi l’auteur de l’épopée burlesque du géant Pantagruel, où l’on perçoit toute l’ampleur de son imagination et la prodigieuse richesse de sa langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Rabelais est né près de Chinon vers 1494. Moine franciscain, il étudie le grec et l’hébreu, mais la confiscation de ses ouvrages l’oblige à rejoindre les Bénédictins dans le Poitou. Là, Rabelais fait l’apprentissage des mœurs et de la langue populaires, tout en étudiant le Droit à l’université de Poitiers. En 1530, il a défroqué (mais il reste prêtre dans le siècle), et achève à Montpellier ses études de Médecine, qui font très vite de lui un médecin lié avec toute la société intellectuelle de la ville. Il correspond notamment avec Érasme, le "prince des humanistes". C’est alors que paraît un ouvrage populaire, Les grandes et inestimables chroniques du grand et énorme géant Gargantua, qui lui donne l’idée d’en écrire la suite, Pantagruel, publié sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors il poursuit son œuvre littéraire parallèlement à sa carrière de médecin : 1534 = Gargantua ; 1546 = Le Tiers livre ; 15552 = Le Quart livre. Il fut médecin de Jean du Bellay, évêque de Paris puis cardinal, puis de son frère Guillaume du Bellay, gouverneur du piémont. Entre temps, tous ces livres ont été condamnés par les autorités ecclésiastiques, et Rabelais a parfois jugé prudent de se faire oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il meurt à Paris en 1553, et le Cinquième livre, posthume, paraît entre 1562 et 1564, bien que son authenticité soit en partie douteuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire raconte la vie de Pantagruel, puis celle de son père, le roi Gargantua. A chaque épisode, Rabelais décrit l’enfance, l’éducation et les prouesses burlesques des héros, puis la fondation de l’abbaye de Thélème qui prend le contre-pied de l’ascétisme monastique, la règle étant "Fais ce que tu voudras". Le Quart et le Cinquième livre narrent la navigation de Panurge, Pantagruel et ses compagnons partis consulter l’oracle de la Dive Bouteille. Les escales présentées permettent à l’auteur de présenter allégoriquement et de dénoncer les abus du monde — ceux de l’Église et de la Justice surtout. La prêtresse de la Dive Bouteille commentera l’oracle en des termes qui plaident en faveur d’un Rabelais d’une solide indépendance d’esprit pour la conduite de sa vie : "Soyez vous-même interprète de votre entreprise".&lt;br /&gt;Ainsi, l’unité et l’intérêt de l’œuvre se trouve dans deux préoccupations essentielles : parodier le monde tel qu’il est, et exalter un nouvel art de vivre, le "pantagruélisme". On a déjà abordé la lettre de Gargantua à Pantagruel, considérée comme un hymne enthousiaste à l’humanisme triomphant (attention sollicitée dans les domaines les plus variés). En fait, Rabelais oppose le rêve de ce système idéal à la caricature d’un système désastreux ; cependant, il présente là l’éducation aristocratique du fils d’un roi, éducation dont le but est de former une société raffinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, toute la suite de son œuvre sert son idéal humaniste, et Rabelais ne prétend pas y reproduire telle quelle la réalité extérieure. Sur le point de la critique, Rabelais fait cependant parfois clairement l’éloge de la politique royale (politique de conquête ou politique gallicane : attaque contre les Décrétales...), mais surtout son attaque porte contre les moines, contre la crédulité qui favorise les superstitions (pèlerinages, reliques, Saints...), contre le mépris du corps, la mortification ou encore la papauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’importance de toutes ces satires poussent à se poser la question de la religion de Rabelais. Selon certains critiques, Rabelais, par ses railleries, s’inscrit dans la tradition médiévale inoffensive. Cependant, d’autres ont fait remarquer qu’avec l’apparition de la Réforme, les plaisanteries de Rabelais ne peuvent pas être anodines. Il faut rappeler qu’au XVIe siècle, l’incroyance n’est pas concevable, et la question reste donc ouverte pour Rabelais : adepte comme Érasme d’une religion plus intellectuelle que mystique ? Évangéliste, désireux de retourner à la vérité des Écritures ? Croyant, d’une foi tendant vers un Déisme ? Toutes les hypothèses ont été proposées, et il est très difficile de trancher. Il faut toutefois remarquer que toute l’œuvre exprime la nécessité de vivre en accord avec la nature, sans excès de mortification ni d’animalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, même si l’auteur se présente constamment comme un rieur, comme un buveur et comme un mangeur, n’oublions pas de nuancer l’image sûrement sommaire de Rabelais ; il invite bel et bien son lecteur à "rompre l’os et à sucer la substantifique moelle", c’est-à-dire à ne pas s’arrêter aux apparences et chercher la signification cachée de ses livres. Nous voici donc confrontés au même dilemme que Gargantua entre sa femme morte et son fils nouveau-né, ne sachant s’il doit rire ou pleurer. Lire Rabelais en riant ? Le prendre surtout au sérieux ? Au lecteur de choisir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;LES PROSATEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La prose didactique &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers prosateurs au XVIe siècle furent les humanistes, mais leurs œuvres rédigées en latin ne révèlent pas de la littérature française. C’est Calvin (1509-1564) qui fonde la prose didactique moderne en mêlant la langue vulgaire aux débats théologiques. Il fait paraître en 1540 L’institution chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La veine réaliste&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conteurs du XVIe siècle prolongent la tradition des fabliaux et des récits oraux, à l’exemple du Décaméron de Boccace ou des récits de Rabelais. Il faut citer parmi ces prosateurs Bonaventure Des Périers († en 1544), qui dressa un tableau pittoresque des divers milieux sociaux sous François Ier. Un autre disciple de Rabelais fut Noël du Fail († en 1591) qui, dans ses Propos rustiques témoigne des travaux et des jours d’un village de Bretagne.&lt;br /&gt;Marguerite d’Angoulême (1492-1549) = Marguerite de Navarre, sœur de François Ier.&lt;br /&gt;Cultivée, généreuse, ouverte aux idées nouvelles, protectrice des auteurs persécutés par la société intolérante, Marguerite d’Angoulême fut auteur de poésies (Le Miroir de l’âme pécheresse), de comédies, mais surtout d’un recueil de nouvelles, l’Heptaméron, publié après sa mort. Toutes les nouvelles que l’on y trouve se situent dans des décors familiers, et abordent des tons variés (contes grossiers, sérieux ou tragiques...). Les thèmes sont l’amour, la religion (elle n’hésite pas à critiquer la corruption du clergé), et sont présentés sous forme d’une discussion entre des hommes et des &lt;strong&gt;femmes appartenant à la haute société du temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L’ÂGE DE RONSARD, UNE ESTHÉTIQUE NOUVELLE : "âge d’or de l’humanisme".&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;De l’apparition de la Pléiade (1549) aux guerres de Religion (1562)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#cc6600;"&gt;LES CADRES DE LA NOUVELLE ESTHÉTIQUE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant cette période qui recouvre presque exactement le règne d’Henri II (1547-1559), alors que Ronsard vit jusque 1585, on assiste à la naissance d’une nouvelle esthétique, préparée par les efforts de la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri II est un médiocre protecteur des lettre et des Arts, bien que sa cour soit fort brillante. C’est avec son règne que se terminent les guerres d’Italie, avec le traité du Cateau-Cambrésis en 1559.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La langue&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un point sur lequel le XVIe siècle se signale par une constance remarquable : c’est la conquête progressive par le français de territoires jusque-là réservés au latin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une curiosité encyclopédique, l’humaniste parle latin jusque vers 1530. Ainsi, Érasme, Morus (ou More) et Budé pratiquent tous la même langue. C’est en latin qu’on apprend à lire, ou même à parler (Montaigne a commencé par le latin). L’humaniste est donc d’abord un philologue, qui discute des origines de la langue, et qui observe les possibilités du français (La défense et l’illustration de la langue française).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1530, l’humanisme devient peu à peu français. On traduit les textes anciens, et Rabelais écrit sa "geste" parodique en français. Étienne Dolet (1509-1546), imprimeur, philologue, érudit et poète, qui allait finir brûlé vif pour athéisme, se convertit au français et fut cité avec éloge par du Bellay comme "homme de bon jugement en notre vulgaire". De même, Marguerite de Navarre est condamnée par la Sorbonne dès 1531 pour son Miroir de l’âme pécheresse. L’autorité royale sanctionne ce progrès en 1539 avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français au lieu du latin comme langue administrative, judiciaire et diplomatique. La langue elle-même évolue, et le rôle de la Pléiade à cet égard n’est pas négligeable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Des poètes savants&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aboutissement de l’humanisme, les poètes sont devenus des hommes fort cultivés, qui entendent rivaliser avec les Anciens et avec les Italiens. Dès lors, ce n’est pas à la foule qu’ils s’adressent, mais aux rares connaisseurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Pétrarque (1304-1374) avait influencé grandement les poètes du XVIe, notamment Scève, Ronsard, du Bellay ou d’Aubigné qui utiliseront comme les comparaisons, les antithèses, les métaphores, pour exprimer leurs sentiments passionnés ou mélancoliques (signalons que Pétrarque transmet la forme du sonnet). En plus du pétrarquisme, ces auteurs sont influencés également par le néo-platonisme déjà abordé plus haut (avec Ficin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Formes et thèmes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a en ce milieu du XVIe siècle la suprématie d’une forme fixe, le sonnet, et la vogue d’un thème : les amours. Rappelons que le sonnet est un poème à forme fixe de 14 vers, répartis en deux quatrains et un sizain, séparé en deux tercets (= strophes de 4, 4, 3, et 3 vers). La Pléiade s’exerça à des recherches multiples sur la langue, sur le style et sur la prosodie, et c’est ainsi que vers 1550 s’impose la prééminence de l’alexandrin, ou encore l’alternance de rimes. On pratique dans les poèmes le lyrisme amoureux pour exalter un art de vivre sensuel, mais pessimiste, hanté par l’obsession de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, le poète se fait la plus haute idée de sa mission. Ronsard voit plutôt le poète comme l’instituteur des rois. Possédé de son art, il doit travailler pour conquérir la gloire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d’étudier les auteurs de la Pléiade, il faut faire le détour incontournable par la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;LA POÉSIE LYONNAISE : Maurice Scève et les autres...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus illustre représentant de la poésie lyonnaise a été Maurice Scève (1500-1560?), qui est dans la perspective littéraire plus proche de Ronsard que de Marot. Scève et les lyonnais furent tous tributaires du climat particulier autour de leur ville, véritable capitale intellectuelle de la France jusqu’au début des guerres de Religion. Banquiers et imprimeurs firent alors la gloire de cette ville frontière (rappelons que la Savoie était alors terre étrangère), et dès le XVe siècle, l’apport d’Italiens, mais aussi de Suisses ou d’Allemands assurait la suprématie lyonnaise sur le plan économique et intellectuel. N’oublions pas que Lyon fut la capitale de l’imprimerie, et que des hommes comme Dolet ou Rabelais choisirent d’y vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans ce ferment d’humanisme qu’a été formé le talent de Maurice Scève, qui a mené une vie à la fois studieuse et mondaine : il se nourrit des grands Anciens, admire Pétrarque, mais ne renie pas pour autant les apports du Moyen Age en littérature. De plus, cet ensemble complexe d’influences fut enrichi par la reine Marguerite de Navarre qui fit plusieurs passages à Lyon (il compose pour elle deux sonnets en 1547 qu’elle fait paraître avec ses propres poésies). L’ensemble de ces inspirations se retrouvent dans la Délie de Scève, qui apparaît donc comme une synthèse des divers courants de la poésie lyonnaise ; l’auteur y chante sa maîtresse à l’occasion d’un nouvel amour, ressuscitant une ancienne passion oubliée. Fondé sur des images d’origine chrétienne, gréco-latine (inspiration platonicienne) ou médiévale, et également sur le symbole et sur l’allégorie, l’art de Scève annonce l’âge nouveau ; ce poème est aussi celui de l’insatisfaction amoureuse, puisqu’au total l’histoire de cette passion est l’histoire d’un échec : bon gré mal gré, il faut bien que l’amant se résigne à la chasteté, quitte à tirer de ses souffrances le plaisir exquis de la création poétique... Enfin, dans les dernières années de sa vie, Scève travaille à un grand ouvrage composé de 3003 alexandrins, Microcosme, qui est une épopée encyclopédique, somme des connaissances de son temps. Cet ouvrage pose le problème des rapports de l’homme et du monde ; l’homme devient le prestigieux conquérant de la terre, et Adam est exalté comme un héros exemplaire, qui collabore ainsi avec Dieu à l’œuvre de création. Le mythe biblique est en quelque sorte paganisé, et cette interprétation "humaniste" de la Genèse renverse radicalement les premières positions de l’Église sur la signification du péché originel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est autour de Scève que se produit le meilleur de la poésie lyonnaise, et il faut citer ici Pernette du Guillet (1520-1545), qui fut la femme aimée par Scève dont il s’inspira pour la Délie ; elle laisse des poèmes chantant son amour, coloré d’une discrète mélancolie : ce sont les Rimes, parues en 1545. Deuxièmement, Louise Labé (1524-1566), surnommée la "Belle Cordière", fut un grand poète, disciple de Pétrarque, mais surtout indépendante à l’égard de la forte influence de Scève. "Immoraliste" avant la lettre, et rongée cependant par le sentiment de l’insatisfaction, Louise Labé était consciente du scandale de ses poèmes, car c’est une femme qui y chante son amour pour un homme, et car il s’agit d’un amour violent, passionné, sensuel. En ce sens, Louise Labé invente la littérature personnelle. Enfin, on peut citer Pontus de Tyard (1521-1605), ami de Scève et évêque de Chalon-sur-Saône, certes d’un autre genre que Louise Labé, mais qui représente le trait d’union entre la théorie de la poésie et la production de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;L’IMPORTANCE DE LA PLÉIADE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom de la Pléiade, qui évoque une constellation d’étoiles, fut donné tardivement — vers 1556 — à un groupe, d’ailleurs variable, de sept auteurs rassemblés autour de Ronsard. Il désigne communément les plus connus de l’armée des poètes qui ont travaillé, dans ces années 1550-1560, à renouveler la poésie française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Les rencontres&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1545, Ronsard et du Bellay rencontrent un lettré, Jacques Pelletier, qui les confirme dans leur enthousiasme pour la langue nationale et encourage leurs premiers essais poétiques. À partir de 1547, les jeunes poètes font la rencontre déterminante de Jean Dorat (1508-1588), savant helléniste qui enseigne les grands textes anciens au collège humaniste de Coqueret, sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La Brigade&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay, Ronsard et Baïf fondent alors la Brigade, que viennent bientôt renforcer Jodelle, Belleau, Grévin, puis la Péruse : ils se donnent pour mission d’exploiter littérairement les richesses que leur avait enseignées leur maître, et de "créer" ainsi la poésie française. Dès 1549, la Brigade fait une entrée remarquable en publiant la Défense et Illustration de la langue française ; les principes qui allaient animer la future Pléiade étaient ainsi posés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La doctrine de la Pléiade&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le terme de Pléiade désignait l’élite de la Brigade autour de Ronsard. Le principe fondateur du mouvement est que la langue française peut devenir aussi riche, fine et maniable que les langues anciennes à condition d’être "illustrée", c’est-à-dire enrichie. Du Bellay propose la création de mots nouveaux par emprunts au latin, au grec, au vieux français, à la langue des métiers et aux dialectes provinciaux. Il propose également un enrichissement du lexique par la multiplication des métaphores, des allégories et des comparaisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La condamnation de la poésie médiévale est sans appel ; il s’agit de piller (selon le mot de du Bellay) les Grecs, les Latins et les Italiens : par imitation des grandes œuvres étrangères, on abandonne les genres traditionnels (rondeau, ballade, farce...) au profit des genres cultivés par les Anciens : l’ode, l’élégie, l’épigramme, la tragédie, la comédie, et surtout le sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, les poètes de la Pléiade contribuent largement à transformer l’image du poète, qui possède dès lors un art "inspiré", c’est-à-dire porté à la création par une sorte de folie sacrée. La gloire que leurs ancêtres trouvaient sur les champs de bataille, c’est la plume à la main que ces auteurs entendent la conquérir : et ils y sont parvenus... Les idées de la Pléiade en effet triomphent à la Cour et en Europe. C’est ainsi à la Pléiade qu’on doit la prééminence accordée aux Anciens par le courant classique et — on ne peut que le déplorer — l’injustice dont furent victimes les poètes médiévaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;DU BELLAY (1522-1560)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né en 1522 en Anjou, Joachim du Bellay est orphelin de bonne heure et a une enfance délaissée et triste. Après des études de droit à Poitiers, et après la rencontre de Ronsard vers 1547, il vient à Paris suivre l’enseignement humaniste de Dorat. C’est à lui que l’on doit la Défense et Illustration de la langue française citée plus haut, œuvre dans laquelle il avait la prétention de créer la poésie française, ignorant les poètes du Moyen Age. Il y développe l’idée de la nécessité d’imiter les Anciens et les Italiens pour les surpasser grâce à une langue française enrichie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passe ensuite quatre ans à Rome où il compose Les Regrets et Les Antiquités de Rome, parus au début de 1558. Ces quatre années furent agitées, fertiles en événements diplomatiques et militaires, et lui permirent d’appliquer l’imitation des auteurs anciens qu’il préconisait ; en effet, il utilisait les mots et les images par lesquels les auteurs latins avaient célébré la grandeur de la ville pour chanter sa déchéance. Dans Les Regrets, il exprime sa nostalgie du pays natal et ses désillusions, mais aussi une satire de la Rome moderne, de ses fastes et de son raffinement. De retour en France, c’est une nouvelle désillusions : la Cour des Rois ne vaut pas mieux que la Cour des papes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de sa vie est attristée par une maladie grave qui le rend presque sourd, et par des soucis matériels ; il meurt deux ans plus tard, alors qu’il n’a que 37 ans. Ce poète qui rêvait de sa propre immortalité semble aujourd’hui avoir été exaucé, car on le lit, on le cite, mais on le connaît mal : on ne cite guère de lui que des poèmes désolés ("Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage..."), et on oublie souvent de se souvenir qu’il était également un satirique vigoureux et acerbe. Ses dernières œuvres inspirées par la réalité sociale et historique sont graves, et du Bellay semble pressentir les événements tragiques qui vont suivre sa mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;RONSARD (1524-1585)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gentilhomme Pierre de Ronsard appartient à la génération des fils de combattants des guerres d’Italie. Destiné d’abord au métier des armes, mais atteint d’une maladie qui le rend inapte à une telle carrière, il devient clerc. À vingt ans, il suit, avec Baïf, les leçons de grec de Jean Dorat. En 1547, il écrit sa première Ode, dont les publications s’étaleront jusqu’en 1552 ; très vite, le succès couronne son œuvre, et sa gloire ne cesse de grandir. Dans ses quatre livres d’Odes, il chante des grands personnages mais aussi des thèmes familiers. Il invente les mots et les tours qui font défaut à la langue, et accomplit ainsi l’œuvre annoncée par du Bellay. Il est à 40 ans le poète officiel de la Cour, et il le reste jusqu’à la mort de Charles IX. En 1555, Ronsard publie un premier livre d’Hymnes, où l’auteur développe les grands thèmes humanistes : la mort, l’éternité, les astres mais aussi les démons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis avec les guerres civiles, les thèmes de la poésie se font plus actuels, plus polémiques, à la fois plus religieux et plus politiques. Ronsard, fidèle sujet de Charles IX, défend évidemment le point de vue des catholiques, avec élan et avec force, dans une série de Discours aux titres évocateurs (ex : Discours des misères de ce temps).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il se consacre surtout à un thème qui sera le titre d’une de ses plus belles œuvres : Les Amours. Plusieurs noms traversent son œuvre : Sinope, Genèvre, Astrée, mais surtout Cassandre, Marie, et Hélène, qui lui inspirent des vers encore inscrits aujourd’hui dans toutes les mémoires... Les premiers poèmes à Cassandre chantent plutôt un amour idéalisé, alors que les amours à Hélène sont imprégnées d’une tristesse sereine inspirée par la mort (c’est l’amour d’un homme vieux, parfois amer, hanté par l’idée de sa fin). NB: Hélène de Surgères est la fille d’honneur de Catherine de Médicis. Le dernier alexandrin des Sonnets pour Hélène est "Car l’amour est la mort n’est qu’une même chose.".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’amour est finalement incapable de surmonter la mort, le poète a pourtant l’ambition de vaincre cette dernière grâce à la gloire posthume (il ne cesse d’afficher cette ambition tout au long de son œuvre). Peu de choses évoquent dans les poèmes de Ronsard l’idée chrétienne de la mort ; il semble incapable de se figurer un monde différent du nôtre, et pour cet homme aussi amoureux de la vie, la mort est l’issu normale de toute existence ; aimer la vie, c’est donc d’une certaine manière accepter la mort. Cette obsession du temps va colorer ses relations avec le monde, et le pousser à développer le thème horatien, mais aussi ronsardien, du carpe diem. Dans cet ordre d’idée, un point est constant dans l’œuvre de Ronsard : son goût pour la nature et la valeur esthétique et éthique qu’il attache à ce qu’elle représente (rappelons l’importance de la rose, symbole de la fragilité humaine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, pour Ronsard nature et mythologie appartiennent à un même univers ; le poète utilisera la mythologie comme moyen de suggestion : il sait par exemple que le nom d’Hélène de Surgères appelle la figure d’Hélène de Troie, et que celle-ci suggère l’idée de la parfaite beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, cet homme qui d’emblée avait eu l’audace de proclamer son ambition de vaincre la mort en s’élevant au rang des dieux, sut assumer cette téméraire entreprise, et fut incontestablement le plus grand poète de son temps, même s’il ne reçut pas de l’ingrate postérité la récompense qu’il en attendait et qu’il méritait (critiques de Sainte-Beuve et de Boileau, qui refusent que la poésie soit une "folie sacrée" comme le disait Ronsard).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Autour de Ronsard :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean-Antoine de Baïf (1532-1589)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suivit également les études avec Dorat au collège de Coqueret. il reste connu pour ses brouilles fréquentes avec Ronsard, et pour sa volonté de marier la poésie à la musique (NB : Ronsard rêvait aussi de "marier la poésie à la lyre"). Ainsi, il restaure la métrique et la prosodie anciennes, et fonde en 1570 l’Académie de Poésie et de Musique. Même si la qualité est parfois discutable, sa production a été abondante et variée (des pétrarquistes Amours de Méline en 1552 aux scientifiques Météores en 1567...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Rémy Belleau (1528-1577)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Humaniste et helléniste minutieux et passionné, il fa été un véritable artiste, insérant dans ses poèmes de multiples genres de constante qualité : blasons, sonnets, descriptions... Maître rythmicien, il fut en outre un visuel qui a su décrire un univers vivant et mouvant, sans mépriser pour autant l’apport de la mythologie. Ronsard le qualifia de "peintre de la nature", et ne s’y était pas trompé en faisant de lui le septième astre de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Étienne Jodelle (1532-1573)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tenu par ses contemporains pour un génie extraordinaire, Jodelle est loin d’occuper dans la littérature la place qui lui revient. On ne sait pas grand chose de sa vie, mis à part qu’il avait été bouleversé par le désastre que fut la fête manquée donnée devant le roi à Paris en 1558, dont il avait accepté la responsabilité. Ce poète était profondément original, traduisant ses émois et ses inquiétudes par des ruptures de syntaxe et des dislocations de rythmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et les autres...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Grévin (1538-1570), Nicolas Denisot (1515-1559), Olivier de Magny (1520-1561), Amadis Jamyn (1538-1582)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le théâtre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons juste que la Pléiade plaidait pour un théâtre français à l’antique. Les thèmes sont encore très médiévaux, et la farce se prolonge, même si le nouvel état d’esprit introduit par la Réforme contribue à faire décliner les pièces associant la farce au sacré. Parallèlement naît la tragédie du XVIe siècle, issu de la traduction des pièces grecques ou latines (ex : Médée de La Péruse en 1556), dont certaines sont des tragédies religieuses (l’Abraham sacrifiant de Théodore de Bèze en 1550, et surtout Les Juives de Robert Garnier en 1583, qui est la plus sombrement tragique des pièces bibliques de ce temps). Enfin, pour la comédie, on s’inspire de la farce (déjà dit), du théâtre ancien (Plaute et Térence), mais aussi des Italiens, avec notamment la commedia dell’arte, genre populaire où les acteurs improvisent le dialogue sur un canevas simple. Cependant, il n’y a aucun grand chef-d’œuvre dans ce domaine de la comédie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L’ÂGE DE MONTAIGNE ou 1559-1598 : L’épreuve des Guerres de Religion &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;LA NOUVEAUTÉ DU BAROQUE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agit ici de rappeler très brièvement le contexte que nous connaissons déjà tous :&lt;br /&gt;Henri II, avec la fin des guerres d’Italie, a désormais les mains libres pour réprimer l’hérésie calviniste, mais il meurt accidentellement en 1559. L’influence de sa femme, Catherine de Médicis, ne cesse de s’exercer dans la période qui suit ; elle s’affirme comme une personnalité politique puissante, mais ses efforts pour apaiser les esprits et pacifier les forces en présence sont vains : le conflit éclate, avec violence, déchaînant fanatisme et cruauté de part et d’autre.&lt;br /&gt;Entre 1562 et 1598, huit guerres, entrecoupées de massacres et de conjurations, ensanglantent la France. Les atrocités commises, comme le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, qui fit 3000 victimes chez les protestants, marquent profondément les consciences. Les catholiques, rassemblés dans la Sainte Ligue créée en 1576, se donnent pour mission de chasser l’hérésie, et s’opposent notamment à l’accession au trône d’Henri de Navarre, protestant. Après abjuration en 1593 et conquête de son royaume, Henri IV reconnaît aux protestants la liberté de culte par l’édit de Nantes en 1598 ; cependant, le pays est dévasté, ruiné économiquement, et profondément choqué d’avoir vécu ainsi au contact quotidien de la barbarie.&lt;br /&gt;Personne n’échappe à la violence du temps, surtout pas les écrivains, sommés, sous peine d’être poursuivis par l’un ou l’autre camp, de choisir. Certains le feront par conviction : Montluc (1502-1577) du côté catholique, Agrippa d’Aubigné (1552-1630) du côté protestant. D’autres écrivains sont rangés, soit de force, soit par insouciance de leur part, dans tel ou tel camp... (on a déjà vu le cas de Ronsard, soutien du roi, mais peu orthodoxe dans sa vision de la mort).&lt;br /&gt;Cette littérature engagée est donc abondante, mais d’un intérêt littéraire souvent contestable. C’est surtout la poésie de d’Aubigné qui atteint par sa fougue et sa grandeur une incontestable grandeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;La naissance d’une poésie baroque&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’épreuve des guerres de religion a modifié profondément la sensibilité. Une nouvelle conception du monde s’affirme, que l’on désigne aujourd’hui du nom de baroque (certains critiques parlent de maniérisme dans le domaine de la littérature). L’homme baroque a perdu toute certitude d’unification des sciences et du savoir : le monde s’est en effet augmenté de l’Amérique, terres et peuples insoupçonnables parfaitement étrangers à la conscience européenne ; Copernic a démontré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, contrairement aux affirmations de la Bible. De plus, on croyait avoir atteint avec l’humanisme un haut degré de raffinement et de civilisation ; les quarante années de guerre ont apporté la preuve du contraire... Bref, en cette fin de siècle, le monde apparaît comme une réalité mouvante, et l’homme comme un être perpétuellement en proie aux masques, pourchassé par la mort. Ainsi trouve-t-on dans le baroque la beauté de ce qui fonde son angoisse : le goût du masque, du déguisement, de l’illusion, des formes mouvantes et des métamorphoses. Montaigne a été influencé par ces images ; D’Aubigné les porte à la perfection par des images violentes et mouvementées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;UNE NOUVELLE FLORAISON POÉTIQUE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si certains poètes déjà abordés s’illustrent encore pendant les guerres de religion, il faut maintenant tenir compte de l’inspiration baroque : la poésie ne se conçoit plus avec les principes de la pléiade. Les salons et les académies se développent : par exemple, on discutait surtout de philosophie et de morale à l’Académie du Palais réunie par Henri III en 1574 ; de même, à la cour du roi de Navarre, les poètes protestants rendaient active l’Académie de Nérac, en Béarn.&lt;br /&gt;On peut citer Philippe Desportes (1546-1606), homme d’église fort cultivé et mondain, qui avait été le poète courtisan favori d’Henri III, avant d’être rallié à Henri IV. Il plaisait par la douceur et la fluidité de son vers, de ses images.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La poésie protestante&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;Guillaume du Bartas (1544-1590)&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Calviniste convaincu, il fut l’auteur de deux œuvres dont la splendeur émerveilla l’Europe : la Première Semaine, qui décrit la création du Monde, et la Seconde Semaine, qui chante les aventures des descendants d’Adam. Signalons que Gœthe le considérait plus tard comme "le roi des poètes français". On trouve en effet chez lui un goût pour l’emphase, pour les sonorités rares et pour une variété étourdissante des tons et des genres utilisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean de Sponde (1557-1595)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Également sujet calviniste du roi de Navarre, puis converti au catholicisme, il n’a pas eu la même réputation que du Bartas auprès de ses contemporains. Il est pourtant l’illustration-même d’une poésie baroque qui peint le monde sans cesse en mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La poésie catholique&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les poètes gardent la préoccupation religieuse : même Marc de Papillon de Lasphrise († vers 1600), qui publie des déclarations d’amour endiablées à une jeune nonne ou encore à sa cousine, finit par composer des prières... Plus sérieusement, certains auteurs secondaires sont véritablement des obsédés de Dieu : Jean de la Ceppède († 1623) publie des méditations en sonnet sur la mort du Christ ; Jean-Baptiste Chassignet († en 1635?) réalise une poésie religieuse qui traduit la fascination qu’il éprouve face à u n monde qui lui semble retourner au chaos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;AGRIPPA D’AUBIGNÉ (1552-1630)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnage insolite par l’ampleur de ses vertus et par la vigueur de ses haines, irréprochable et violent, intransigeant et incorruptible, il ne cessa de combattre pour son idéal politique, tantôt l’arme à la main, tantôt par la plume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agrippa d’Aubigné était né en Saintonge en 1552, et reçut une éducation très soignée (il aurait lu les 4 langues à six ans, français, latin, grec, hébreux !). Dès 1568, il s’engage dans la guerre contre les catholiques, à laquelle son père l’avait promis alors qu’il n’avait que sept ans, en lui faisant jurer de venger les protestants exécutés après la conjuration d’Amboise (1560). Une trêve lui permet de composer l’Hécatombe à Diane (sacrifice de 100 vers à Diane Salviati, nièce de la Cassandre que chantait Ronsard), ainsi que la première partie du Printemps ; dans ce recueil varié, d’Aubigné se pose en disciple de Ronsard. Lorsque sa vie de soldat reprend, combattant pour sa foi, il échappe de justesse au massacre de la Saint-Barthélemy (23/08/1572). Il est devenu entre temps le compagnon d’Henri de Navarre. Cependant, en 1593, il rompt définitivement avec Henri IV à qui il ne pardonnera jamais la trahison de son abjuration. C’est par cette rupture que d’Aubigné devient l’âme du parti protestant.&lt;br /&gt;Retiré dans la place forte vendéenne de Maillezais, il poursuit sa plus grande œuvre épique, Les Tragiques, et ce n’est qu’après l’assassinat du roi qu’il publiera l’œuvre, ainsi que son Histoire Universelle, condamnée à Paris en 1620. Cherchant refuge à Genève et à Bernes, il y meurt en 1630 après avoir achevé ses œuvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amour et la poésie : L’Hécatombe à Diane sont des poèmes de désespoir, de sang, d’amour et de mort, où l’auteur reprend des procédés et des thèmes communs à ses prédécesseurs, mais il en souligne les aspects contradictoires, les heurtant dans des associations inattendues.&lt;br /&gt;La religion et les combats : dans les dernières années de sa vie, alors qu’il "tait à Genève, d’Aubigné a traduit, après tant d’autres poètes, des Psaumes. Il s’efforce à cette occasion d’adapter le texte hébraïque français en restituant la mesure du vers antique ; ce problème de l’accord entre la musique était primordial (et non plus seulement esthétique) pour les protestants, puisque le chant des psaumes fait partie de la liturgie réformée. Dans la Confession de Sancy puis dans les Aventures du baron de Fœnestre, d’Aubigné peint une satire anticléricale, sociale et politique, qui est aussi une satire de la morale du paraître qui triomphe à la cour.&lt;br /&gt;Cependant, il faut retenir que sa grande œuvre est une épopée lyrique et satirique : c’est le poème des Tragiques, épopée des Guerres de Religion. Cette œuvre ne fut publiée qu’en 1616, sous la signature de L.B.D.D. (= le bouc du désert). En sept livres, l’auteur dénonce les souffrances d’un peuple, la responsabilité des rois, des grands et des juges, mais célèbre aussi les martyrs de la Réforme et de ses combats. À travers cet ouvrage véritablement apocalyptique, d’Aubigné annonce le châtiment des coupables sur la terre, et la récompense des Justes dans les cieux, mais lance aussi une accusation grandiose contre Catherine de Médicis ou encore contre le cardinal de Lorraine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’antithèse apparaît comme la figure clé de l’œuvre : misères opposées aux fastes, martyrs précédant la récompense... Toute l’ampleur des Tragiques réside dans la tension fondamentale entre l’histoire et le symbole, le réel et l’allégorie, l’horreur quotidienne et la splendeur biblique, mais aussi sur la juxtaposition du récit (réaliste ou historique) de l’allégorie et du surnaturel.&lt;br /&gt;Ainsi, Agrippa d’Aubigné apparaît comme un poète appartenant à la dernière génération du siècle de la Renaissance, celle des guerres, témoins des ébranlements qui renversent les idées héritées, génération dont les réactions ne peuvent plus être celles des poètes de l’âge précédent. Mais surtout, d’Aubigné a été un militant de la cause calviniste, et sa vie, sa poésie, son œuvre, sont déterminées par sa foi. Politique, satirique, lyrique, épique ou burlesque, le poète reste avant tout un homme pathétique, mais aussi prophétique, pour qui le temps terrestre n’est qu’illusion et le monde qu’un théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;LA PROSE PENDANT LES GUERRES DE RELIGION&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’agitation et les troubles se reflètent jusque dans la poésie, on imagine à quel point leur effet se fait sentir sur la prose, et en particulier sur toute la littérature militante (pamphlets, controverses, satires...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la littérature militante : Du côté protestant, il faut citer Théodore de Bèze, disciple puis successeur de Calvin à Genève (il composa notamment une Vie de Calvin). Cependant, la seule œuvre véritablement littéraire dans ce domaine est une satire collective écrite par quelques "politiques" (La Satire Ménipée), qui exprime le ressentiment de la bourgeoisie parlementaire contre la noblesse ligueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la littérature politique : Les progrès de la monarchie absolue avaient accrédité la conception de la souveraineté de droit divin (alors que les humanistes était plus liés à un idéal antique de liberté politique). Cependant, un événement comme le massacre de la Saint-Barthélemy pose le problème de l’obéissance au souverain. Le premier pamphlet ne fut pourtant pas celui d’un réformé, mais celui de l’ami de Montaigne, Étienne de la Béotie († en 1563) qui avait rédigé le Discours de la servitude volontaire ; Les protestants firent paraître ce pamphlet en 1574 (10 ans après la mort de la Béotie) sous le titre de Contr’un. On a vu en la personne de La Béotie le véritable anti-Machiavel : si ce-dernier instruit le princes des rouages de la monarchie, La Béotie, lui, décrit les mêmes rouages, mais pour laisser une instruction aux peuples et les inciter à rejeter la tyrannie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons enfin le "politique" Jean Bodin (1530-1596) qui fut un théoricien d’une véritable science politique, dans laquelle il réintroduisait la morale : il décrit une monarchie nationale et forte, qui ne soit pas tyrannique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons juste avant d’aborder Montaigne, que de nombreux hommes en ces temps troublés écrivent leurs mémoires : Blaise de Monluc († 1577) ou Pierre de l’Estoile († 1611) par exemple. De plus, il reste des conteurs (du Fail), des traducteurs (d’Amyot), et n’oublions pas les pages parfois passionnantes des hommes de la littérature technique : le médecin Ambroise Paré († 1590), l’agronome Olivier de Serres († 1619), l’ingénieur huguenot Bernard Palissy...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;MONTAIGNE (1533-1592)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître de la sagesse pour les uns et professeur d’idées fausses pour les autres, Montaigne a été défini par Nietzsche en ces mots : "Qu’un tel homme ait écrit, vraiment le plaisir de vivre sur cette terre en a été augmenté...".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né au château de Montaigne dans la région de Bordeaux, Michel Eyquem appartient à une famille de négociants récemment anoblis. Son père l’éduque de façon originale : sa langue maternelle est le latin, il est confié à l’âge de deux ans à un précepteur allemand avant de rejoindre le collège de Guyenne à Bordeaux. Après des études de droit, il devient magistrat, et noue une amitié indéfectible avec Étienne de la Béotie. En 1568, alors marié, il hérite à la mort de son père du nom, du chârteau et de la terre de Montaigne. L’année suivante, il entreprend la traduction de la Théologie naturelle de Raymond (de) Sebond, ouvrage purement théologique qui influencera cependant le reste de son œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1571, montaigne abandonne sa charge de conseiller au Parlement de Bodeaux et se retire dans la "librairie", c’est-à-dire dans la bibliothèque de son château ; il entreprend la rédaction des Essais, dont la première édition paraît en 1580. Son repos est relatif : atteint de la maladie de la pierre, ou gravelle, il voyage de ville d’eau en ville d’art, en France, en Allemagne, en Suisse et surtout en Italie. Élu maire de Bordeaux, il rejoint la ville avec un Journal de voyage qu’il ne destine pas à la publication : les petits faits de la vie quotidienne dans la péninsule italienne y occupent une place déterminante, au détriment des splendeurs de la Renaissance italienne.&lt;br /&gt;Réélu maire en 1583, Montaigne parvient à protéger Bordeaux des excès des guerres civiles. Il continue à travailler aux Essais, sans cesse augmentés et recommentés, par strates successives. Henri IV, après 1589, tente sans succès de l’attirer à la cour : Montaigne ne s’intéresse que de loin aux grandes affaires du royaume, et continue de lire et de travailler à ses Essais jusqu’à sa mort en 1592.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son œuvre principale, Les Essais, est présentée comme une peinture par lui-même des faits divers du monde ; on y trouve ainsi une série de réflexions telles que "Si le chef d’une place assiégée doit sortir pour parlementer", ou de notes sur quelques sujets : "De l’oisiveté", "des menteurs", "de la constance"... Ce livre est déroutant par le fait qu’il n’appartient à aucun genre sinon celui qu’il crée : l’essai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en fait une observation du monde à travers les livres, et Montaigne y insère des citations d’auteur. De plus, il s’agit pour lui de se rendre immortel en se donnant à connaître intimement à ses parents et amis. Les Essais sont donc un long monologue qui traite des sujets les plus divers ; les chapitres reflètent cependant l’inspiration du moment, et le raisonnement ne se plie donc à aucun plan d’ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Essais constituent tout d’abord une description de Montaigne lui-même : curiosité, amour des livres, haine pour la contrainte, franchise et sincérité souvent associées à l’humour et à l’ironie, pauvre mémoire, défiance des passions, goût prononcé pour la fantaisie, et enfin, malgré la maladie et la solitude, une remarquable aptitude au bonheur ! (bonheur ou égoïsme ?).&lt;br /&gt;Quelques directions cependant s’affirment avec constance : d’abord, la quête d’une philosophie qui permette de "savoir-vivre" en un siècle cruel. Suite au décès prématuré de son ami La Béotie en 1563, la pensée de la mort obsède Montaigne ; pour s’aguerrir, il recourt d’abord à la doctrine des philosophes stoïciens de l’Antiquité (Sénèque ou Plutarque) : leur morale vise avant tout à endurcir l’homme contre la douleur. Puis de nouvelles lectures le font incliner dans le sens du scepticisme, et dans l’Apologie de Raymond de Sebond, il fait le procès de la raison humaine et de ses prétentions.; "Que sais-je ?" devient sa devise, et illustre bien le climat de son époque (les frontières du monde ont reculé, on parle d’héliocentrisme...). Ainsi, Montaigne démontre que la seule vérité de l’homme, c’est l’instable et le relatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau de la réflexion religieuse, Montaigne paraît se plier docilement aux règles de la religion catholique. Le mysticisme comme le fanatisme lui sont étrangers, et ce relativisme nous permet de le ranger parmi les "politiques", modérés hostiles à la Ligue comme aux protestants (qui, pour lui, sont responsables du désordre qui ravage la France). Il prend de plus le parti contre toute forme de cruauté, notamment contre la torture (procédure judiciaire normale), contre les procès de sorcellerie, mais surtout contre la sauvagerie des conquêtes coloniales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, sa réflexion sur l’Éducation montre qu’il convient de fortifier la nature de l’enfant, de le rendre meilleur et plus sage. Montaigne recommande une éducation telle que celle qu’il a reçu, avec un précepteur (plutôt qu’une éducation collective), complétée par des conversations, des lectures et des voyages. Il ne s’agit donc plus, comme au temps de Rabelais, de faire de l’élève un "abîme de sciences", mais simplement de former le corps et le jugement.&lt;br /&gt;On peut être rebuté par certains aspects de Montaigne : son conservatisme, son individualisme, son égoïsme. Il n’empêche que ce "livre consubstantiel à son auteur" reste fascinant ; en effet, à travers son livre, on voit non pas l’auteur en train de se décrire, mais en train de se faire : "je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre ne m’a fait". Pour finir, évoquons un trait de Montaigne que personne ne pourra dénier je pense : celui d’avoir parié pour le bonheur.&lt;br /&gt;"Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est notre but, quoiqu’elles en prennent divers moyens".&lt;br /&gt;Loin d’un bonheur utopique, c’est pour un bonheur accessible que pariait ce sceptique au milieu des tempêtes de l’histoire, pour un bonheur très terrestre, le seul qui malgré sa fragilité ne soit pas une chimère pour l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Conclusion :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; on a coutume de partager le XVIe siècle français, de manière assez mécanique, en deux parties : il y aurait d’abord une Renaissance heureuse, porteuse de tant d’espoirs, puis une Renaissance désenchantée, celle de tous les désordres, celle des répressions et des guerres civiles ; cependant, un tel classement est sans doute abusif, et la rupture entre les deux n’est pas nette. Si l’on peut conclure sur une similitude, remarquons que le point commun à tous ces humanistes, qu’ils aient été papistes ou Réformés, est qu’ils ont su se construire une idée d’eux-mêmes et de leur dignité d’individus qui les a empêché de s’identifier ou de s’assujettir à un quelconque modèle de pensée qui prétendait les dominer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-7113324277829033555?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/7113324277829033555/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=7113324277829033555' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/7113324277829033555'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/7113324277829033555'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/la-littrature-francaise-au-xvime-sicle_15.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-2861106521410415158</id><published>2008-11-15T05:01:00.000-08:00</published><updated>2008-11-15T05:23:32.432-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les différents genres&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Contes et nouvelles&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les contes continuent la tradition médiévale en traitant des problèmes de la morale, de la religion, du savoir. Ils sont pour la plupart amusants et gardent le caractère oral des fabliaux et des farces. En général, ils représentent des récits invraisemblables. Les personnages sont choisis dans diverses couches de la société. S’il y a des pointes satiriques, elles sont adressées aux moines et aux curés, aux gens de la justice, aux femmes bavardes et inconstantes. On peut citer dans la fibre satyrique, les œuvres de Noël du Fail dont les étonnants Propos rustiques (1547) mettent en scène quatre vieux paysans évoquant les mœurs d’autrefois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nouvelles sont introduites en France grâce à l’imitation de Boccace. Il s’agit de récits généralement brefs, de construction dramatique, avec des personnages peu nombreux. Au XVIe la nouvelle française est liée au nom de Marguerite de Navarre (1492-1549), sœur de François Ier. Dans son Heptaméron elle peint des situations simples et contemporaines et marque le début de l’étude psychologique en littérature. L’intrigue est toujours amoureuse, les personnages sont pris du réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Roman&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le roman d’aventures continue à avoir le plus de succès, c’est l’œuvre de François Rabelais (1494-1553), à la fois homme d’Église et médecin, qui domine le siècle par sa truculence et son humanisme optimiste. Cette œuvre porte en elle toute la complexité du genre romanesque et, ce qui est plus important, de la réflexion humaniste de l’époque. C’est le roman de François Rabelais (1494-1553) Gargantua et Pantagruel. Dans cinq livres publiés de 1532 à 1564, Rabelais, nourri de ses lectures et de ses souvenirs, reprend les légendes d’une famille de géants et, à travers les aventures de ses personnages Gargantua et Pantagruel, père et fils, exprime ses idées humanistes sur le bonheur, la guerre, l’Église, l’éducation, la politique d’un roi, l’ordre social. Son idée maîtresse est la foi enthousiaste dans la raison et les possibilités humaines. Ses personnages principaux ont l’esprit large, l’âme magnanime, le bon sens, l’avidité du savoir, l’amour de l’action, la haine du fanatisme religieux et politique, la volonté de chercher la vérité sans arrêt. Ce sont, en effet, les traits de l’Homme de la Renaissance. L’idée de l’homme fidèle à sa nature, qui reste lui-même, sans masque, trouve son incarnation dans le personnage de Pantagruel et s’exprime aujourd’hui par la notion de « pantagruélisme ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cinq livres de Rabelais constituent une œuvre continue, comportant des «genres» différents : légendes antiques parodiées, récits épiques, scènes de lamentation ou de la comédie, dialogues, enquêtes. Rabelais se sert de l’allégorie, du grotesque, de la caricature, de la bouffonnade, de tous les moyens traditionnels médiévaux, pour revêtir le fond humaniste de son œuvre. L’unité est assurée par sa langue prodigieuse, extrêmement riche, abondante. On dit souvent que le vrai géant de l’œuvre, c’est la parole. Une autre caractéristique importante en est le rire : tout est dit dans le rire et par le rire, ce qui, d’après Rabelais est le propre de l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Essais&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce titre créé par Montaigne (1533-1592) est sans précédent dans la littérature française. Les Essais paraissent en trois éditions qui sont tour à tour inspirés par la lecture des Anciens. Deux choses attirent l’intérêt : la réflexion générale sur l’homme et le monde et la réflexion sur ce que lui, Montaigne, représente en tant qu’homme. La façon dont il parle de lui sans la moindre gêne, avec une sincérité mêlée de modestie et d’orgueil à la fois, reste unique. Partant de son cas individuel, il s’engage à réfléchir et à donner des jugements sur tout ce qui l’impressionne : la vie et la mort, la vérité et le mensonge de certaines sciences, les possibilités de comprendre le monde, les faiblesses de l’homme et de la religion, l’amitié, l’instruction des enfants, les voyages, les affaires, la politique. Il enseigne l’art de vivre aisément, même avec un certain égoïsme, en prenant la nature pour guide. Son humanisme n'est pas enthousiaste comme celui de Rabelais : il doute de la force humaine et conseille de former le jugement de l’homme pour qu’il puisse mieux organiser sa vie. Quant à ses idées politiques, il est pour l’entière soumission au pouvoir du roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les critiques cherchent dans l’œuvre de Montaigne très riche et très complexe, la sagesse, le stoïcisme, l’épicurisme, le scepticisme. Mais son grand mérite réside d’abord dans l’intelligence et l’habileté avec lesquelles, à travers sa personnalité, il peint l’homme de la deuxième moitié du siècle, et dans sa volonté de trouver une méthode, un art personnel de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Poésie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La poésie lyrique occupe de loin la première place avec le rôle majeur joué par la Pléiade, un groupe de poètes humanistes qui veulent égaler les auteurs latins en versifiant en français. Il réunit sept personnes : Ronsard, Du Bellay, Jean Dorat (leur professeur de grec), Rémi Belleau (lequel remplaça, en 1554, Jean de La Péruse, décédé), Étienne Jodelle, Pontus de Tyard et Jean Antoine de Baïf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1549 un manifeste est publié, Défense et Illustration de la langue française. Il proclame avec enthousiasme les principes esthétiques d’un groupe d’humanistes, la Pléiade. Ils sont nouveaux par rapport au Moyen Âge : enrichissement de la langue poétique nationale par des emprunts aux dialectes ou aux langues antiques et étrangères ou bien par la création de mots nouveaux ; imitation des Anciens et des Italiens ; conception du poète comme un démiurge et de la poésie comme un art sacré. Les humanistes de la Pléiade défendent la poésie du latin et veulent l’illustrer par des genres imités ou empruntés. L’imitation et les emprunts sont conçus à l’époque comme un moyen de dérober les secrets des étrangers pour créer une poésie française infiniment plus belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef incontestable de ce groupe est Pierre de Ronsard (1524-1586). Poète de cour, il connaît la gloire de son vivant. Il pratique quatre grandes formes : l’ode, le sonnet, l’hymne, le discours. Ses premières œuvres sont marquées par l’imitation des poètes antiques et italiens, mais son imagination et sa sensibilité prennent le dessus pour les imprégner d’un lyrisme personnel. Il fait l’éloge de la beauté physique et de la perfection morale de quelques personnages féminins, devenus célèbres grâce à la puissance évocatrice de ses images : Cassandre, Marie, Hélène. Recueils lyriques principaux : Odes (1550-1552), les Amours de Cassandre (1552), les Amours de Marie (1555), Sonnets pour Hélène (1578).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poète Joachim du Bellay (1522-1560), auteur du manifeste Défense et illustration de la langue française (1549), fait preuve d’un lyrisme profond et vrai. Il se traduit à travers quelques thèmes : la force destructrice du temps, la beauté et la gloire du passé, la nostalgie pour son pays et l’admiration de la nature. La sincérité est le trait caractéristique de sa poésie qu’illustrent les Antiquités de Rome et les Regrets (1558).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie engagée et philosophique, moins proche de nous, tient cependant une place notable à l’époque. Les prises de position religieuse au milieu des conflits de la seconde moitié du siècle se retrouvent dans des poèmes aux accents graves, à la fois tragiques et épiques comme dans les Hymnes (1555-1556), Discours sur les misères de ce temps (1562), ou la Franciade (1572, inachevée ), œuvres de Ronsard le partisan catholique ou les Tragiques du combattant protestant Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des poètes de moindre importance ont également participé à ce renouveau de l’expression poétique au XVIe siècle, à commencer par Clément Marot (1496-1544) qui s'inspire de la tradition du Moyen Âge avant de développer un art plus personnel, fait de lyrisme et de religiosité. Les poèmes de Maurice Scève (1501?-1564?) et Louise Labé (1524-1566) chantent, quant à eux, les sentiments amoureux avec beaucoup de sensibilité et de maîtrise de l’art poétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Théâtre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Si le début du siècle voit se perpétuer le théâtre religieux du Moyen Âge, la deuxième moitié du siècle est marquée par l’apparition d’un théâtre politique (lié aux guerres de religion) aujourd’hui oublié. Mais, pour cette période, c’est essentiellement un genre nouveau que l’on nomme souvent (d’un terme maladroit) la tragédie antique qui mérite l’attention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étienne Jodelle (1532-1573)Ce renouveau littéraire est porté par des auteurs comme Étienne Jodelle qui écrit la première tragédie en langue française et en alexandrins avec Cléopâtre Captive en 1552 ou encore Didon se sacrifiant, avant de connaître disgrâce et misère. Jodelle fait également représenter la première comédie, Eugène (1552) : écrite en prose, la pièce suit des modèles italiens et ses traits amusants viennent de la farce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;laissera lui aussi des œuvres à la manière antique : Hippolyte ou Antigone (1580) et surtout les Juives (1583) dont le sujet vient de l’Antiquité biblique mais dont l’esthétique est bien dans l’esprit d’Aristote. Il inventera également la tragédie à fin heureuse – la tragicomédie – avec Bradamante en 1582.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres noms méritent d’être cités même si leurs œuvres sont aujourd’hui presque oubliées : Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou encore Alexandre Hardy (1572? - 1632?) auteur prolifique dont on peut citer quelques titres évocateurs de leur sujet antique comme Didon ou Lucrèce) ou encore Jean Mairet (1604-1684). Autant de créateurs qui assurent la transition avec le jeune Pierre Corneille (1606-1686) dont la première tragédie, Médée date de 1635.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-2861106521410415158?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/2861106521410415158/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=2861106521410415158' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/2861106521410415158'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/2861106521410415158'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/les-diffrents-genres-contes-et.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-3778669778043494944</id><published>2008-11-14T03:11:00.001-08:00</published><updated>2008-11-14T03:11:20.287-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;LA LITTÉRATURE FRANCAISE AU XVIème SIÈCLE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est un siècle de transitions dont l’histoire mouvementée est riche d’événements considérables : l’humanisme introduit une nouvelle vision du monde, la Réforme détermine l’avenir de la Chrétienté, la conquête du Nouveau Monde modifie l’équilibre des sociétés européennes et l’image qu’on se fait de l’univers. En France, ce siècle commence par les guerres d’Italie et se termine par les guerres de religion : tous ces critères se ressentent bien évidemment dans la littérature du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle commence le 1er janvier 1501 et finit le 31 décembre 1600. Historiquement, il commence le 12 octobre 1492 avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et se termine en 1610 avec l'assassinat d'Henri IV. Ainsi Magellan (1480-1521) accomplit le premier tour du monde et Jacques Cartier (1491-1557) attaint le Canada. Ces découvertes sonnent le glas d’un Moyen age qui durait depuis des siècles , elles inaugurent l’entrée de l’Europe dans les temps modernes . Les frontières du monde connu reculent sur terre, mais aussi dans le cosmos puisque Copernic( 1473-1543) démontre que les planètes tournent autour du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;le siècle de la Renaissance&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est le siècle de la Renaissance, une période de progrès dans tous les domaines. L'invention de l'imprimerie à caractères métalliques, par Gutenberg, vers 1450, permet l'essor du livre qui diffuse la culture antique comme les œuvres modernes. Le Nouveau Monde est découvert, c'est la découverte (et le massacre) de nouvelles civilisations. La preuve de l'héliocentrisme (le Soleil au centre de l'Univers, et non la Terre), apportée par Copernic en 1453, bouleverse l'idée de la place de l'homme qui n'est plus au centre de l'univers, ainsi que de la réalité scientifique des Écritures sacrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs l'art de la Renaissance s'inspire de la culture italienne et cherche à revenir aux sources des textes antiques. Casimir est de même un homme aux grands yeux qui fait tout le temps "hein"! Au XVIe siècle la France se construit autour du pouvoir royal qui œuvre à unifier la langue française. Ces évènements influent sur la littérature du XVIe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie humaniste apparaît durant cette période. Elle voit la dignité de l'homme dans ses capacités à cultiver la raison pour comprendre le monde et se comprendre, et s'inspire de l'antiquité et des valeurs chrétiennes telles qu'elles sont exprimées dans l'évangile. Cette philosophie s'accorde aux découvertes scientifiques de l'époque, comme l'étude du mouvement de la terre et des planètes, ou l'exploration des continents américains et asiatiques.&lt;br /&gt;François Rabelais (1494-1553) a été homme d'Église et médecin ; ses romans comme Pantagruel puis Gargantua (père de Pantagruel) allient truculence et érudition, et développe un humanisme optimiste qui croit en l'homme et en son libre arbitre sans cesser de croire en Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers poèmes de Clément Marot (1496-1544) s'inspirent de la tradition du Moyen Âge, puis il développe un art plus personnel, plus sentimental et plus lyrique. Les poèmes de Maurice Scève (1501?-1564?) et Louise Labé (1524-1566) chantent les sentiments amoureux avec beaucoup de sensibilité et de sincérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les poètes Joachim du Bellay (1522-1560) et Pierre de Ronsard (1524-1585) — qui est par ailleurs l'auteur de nombreux poèmes amoureux — travaillent à développer le vocabulaire et la grammaire française ; le français moderne leur doit beaucoup.&lt;br /&gt;À la cour du roi, Marguerite de Navarre (1492-1549) a pris soin de soutenir les hommes de lettres auprès de François Ier, son frère ; elle est aussi auteur d'un recueil de courtes histoires sur les mœurs de son temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les guerres de religion (1562-1598) ternissent la fin du siècle. La philosophie de Michel Eyquem, seigneur de Montaigne (1533-1592), traduit ces troubles. Elle est humaniste, mais sans l'optimisme associé au progrès qui était présent au début du siècle. Sa philosophie, comme celle d'Étienne de La Boétie (1530-1563) dont il est l'ami, consiste à accepter la faiblesse de la condition humaine, rechercher le bien de l'homme et combattre l'intolérance. Sa manière de vivre, ses expériences et les réflexions qu'elles entraînent est l'objet de son œuvre principale, appelée pour cette raison Les Essais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écrits de Théodore Agrippa d'Aubigné (1552-1630) et les pièces de théâtre de Robert Garnier (1545-1590) sont tragiques et morbides, en accord avec la barbarie de l'époque. Tous les deux, le premier protestant militant et le second catholique, s'accordent sur l'espérance d'un réconfort divin venant après ces temps de fureur.&lt;br /&gt;La fin du XVe siècle avait d’ailleurs préparé l’avènement des temps nouveaux: vers 1450, Gutenberg, inventant les caractères mobiles métalliques, fit accomplir un pas décisif aux techniques de reproduction. L’imprimerie d’abord réservée à l’édition de la Bible ,allait connaître un essor fabuleux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais des troubles religieux viennent endeuiller cette époque. Il sont dus à un conflit entre les tenants de l’ordre établi et les partisans d’une réforme de l’église (les réformés ou Huguenots). Les années d’optimisme qui s’achèvent vers 1559 sont suivies par une période de guerres civiles sanglantes peu propices au développement de la littérature . En 1598 , L’édit de Nantes , rétablit la paix et garantit la liberté de croyance en france . il marque la fin du XVIe&lt;br /&gt;Parmi les genres littéraires, la poésie est certainement celui qui bénéficie des plus grandes novations. Les poètes et humanistes italiens Dante (1265-1321), Boccace (1313-1375) et Pétrarque (1303-1374) sont découverts, et influencent la plupart des poètes. La publication de la Défense et Illustration de la langue française par Du Bellay illustre la volonté, partagée par Ronsard et les autres poètes du petit groupe de la Pléiade, de créer un art poétique proprement français. Cette volonté n'est pas sans rapport avec la situation de l'écrivain durant ce siècle. En effet, la plus large diffusion des textes, ainsi que les mesures que prend François Ier pour encourager les belles lettres, conduisent souvent les écrivains à s'engager du côté du pouvoir royal. La volonté de renouveler la langue poétique et la certitude que la langue française peut égaler ou dépasser les œuvres de l'Antiquité coïncident avec ce mouvement général d'affirmation de la puissance de la France. Toutefois, l'imitation des grands genres antiques et la création de nouveaux mots auront une influence durable. Légère et sensuelle, la poésie de Ronsard fait école après sa mort, mais les troubles religieux de la seconde moitié du XVIe siècle apportent dans la littérature des thèmes d'inspiration plus macabres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les novations dans le genre théâtral résultent surtout de l'intérêt suscité par le théâtre antique et italien. Le genre farcesque connaît un grand succès populaire, tandis que les premières tragédies sont marquées par les défauts d'un genre qui se cherche encore et ne rencontre guère de public en dehors de la Cour. De son côté, le théâtre des protestants privilégie surtout les sujets bibliques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au genre narratif, il reste mal défini. Dans le prolongement des goûts de la période médiévale, le roman de chevalerie séduit toujours le public, et les courts récits ne semblent pas toujours se rapporter à un genre précis. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu'apparaissent les premiers romans au sens moderne du terme. Néanmoins, l'œuvre de Rabelais est, déjà, à bien des égards annonciatrice du roman moderne. Tout en prolongeant la tradition du conte, elle synthétise l'esprit du XVIe siècle tant par sa forme que par la variété de ses thèmes lui font tout aussi bien traiter de guerre, d'éducation, que de médecine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L’ÂGE DE RABELAIS : UN ESPRIT NOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES CONDITIONS DU RENOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes du XVIe siècle étaient conscients de vivre dans une époque différente de la précédente ; Rabelais cite en effet dans la lettre de Gargantua à Pantagruel : "Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées [...]. Tout le monde est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de librairies très amples...". Cette Renaissance fut un phénomène d’une grande ampleur qui affecta tous les domaines : intellectuel, artistique, philosophique, religieux, éthique, social... On a souvent admis que trois faits ont favorisé cette mutation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, qui provoqua l’exode des lettrés grecs vers l’Occident où ils apportèrent quantité de manuscrits, et leur connaissance de l’Antiquité grecque (toutefois nuançons : la Renaissance en Italie commence avant 1453). &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- les guerres d’Italie révélèrent aux français éblouis une civilisation raffinée (même s’il y avait déjà des échanges avec l’Italie avant les guerres).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- l’invention de l’imprimerie au XVe (première presse française à la Sorbonne en 1470). Elle favorise l’expansion des idées nouvelles — humanistes mais aussi réformées.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1453 : La chute de l’empire d’Orient&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sultan Mehmet prend Constantinople. IL n’y a plus d’empire chrétien d’Orient. Les Turcs continuent une expansion foudroyante qui les rend, en 70 ans, maîtres de toute la Méditerranée orientale et de l’Europe des Balkans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques années avant le désastre, érudits, savants et nobles ont ramené en sûreté leur personne, leur savoir et leurs livres qui viennent enrichir Venise, Florence et Rome. Le grec, langue presque perdue en Occident, s’enseigne à nouveau, et fait redécouvrir la vraie culture antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LES INFLUENCES ITALIENNES&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Rappel : les guerres d’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France au XVIe siècle ne cesse pratiquement pas d’être en guerre. La richesse des villes italiennes, la fascination exercée par la Renaissance commencée, de l’autre côté des Alpes, dès le XIIIe siècle, l’existence d’une noblesse inemployée depuis la fin des guerres contre l’Angleterre, alimentent les prétentions françaises sur les territoires italiens. Ces guerres longues — de 1483 à 1559 — et coûteuses ne rapportent rien : en soixante ans, les rois de France conquièrent et perdent tour à tour les villes italiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours du règne de François Ier, le conflit prend une dimension européenne : le roi de France s’oppose en effet, pour un demi-siècle, à Charles Quint, dont l’empire s’étend de l’Espagne aux territoires actuels de l’Allemagne, de l’Autriche, aux Pays-Bas et à la France du Nord-Est. Vaines sur le plan militaire, les guerres, néanmoins, ont contribué à élargir l’horizon de la noblesse française. Les œuvres de la Renaissance italienne pénètrent largement en France. L’ "esprit nouveau" commence à souffler sur le sol français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Antiquité.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La découverte du grec date en France du XVIe siècle. Il ne s’agit plus aujourd’hui de prétendre que le Moyen Age a ignoré l’Antiquité, mais il faut noter qu’il n’a guère connu que les anciens latins ; la renaissance, au contraire, a cherché à restituer toute l’Antiquité dans son authenticité, même si la connaissance qu’elle en a eu est restée imparfaite ; en effet, cette connaissance provenait surtout de la consultation de manuels, ou de compilations comme les Adages d’Érasme (recueils de proverbes et de maximes tirés des ouvrages anciens et commentés), plutôt que de la fréquentation directe des textes essentiels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence dans ce domaine vient surtout d’Italie, et la grande découverte fut l’interprétation du platonisme par le florentin Marsile Ficin (fin XIVe) ; cette interprétation est appelée néo-platonisme, alliant Platon et ses commentateurs, et essayant de concilier cette philosophie avec le christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, l’Antiquité n’est en aucune manière un exemple contraignant : du Bellay et bien d’autres déclarent que les modernes peuvent et doivent faire mieux que les Anciens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence italienne s’exerce aussi sans passer par les modèles anciens. Non seulement dans le domaine politique on trouve l’influence de Machiavel (1469-1527), mais aussi dans le domaine esthétique et littéraire : les écrivains français, avant même la Pléiade, lisent les italiens : Sannazar (1458-1530), églogue champêtre à l’image de Virgile, le satirique Berni (1497-1535), dont l’exemple inspirera en France un courant qui va de du Bellay aux burlesques du XVIIe ; de même, l’Arioste, Boccace et surtout Pétrarque ont une influence considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LA RENAISSANCE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1490. Le Nouveau Monde&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde occidental, privé de son expansion en méditerranéenne, se trouve d’autres voies commerciales. Depuis le début du XVe siècle, les Portugais explorent les côtes africaines, et atteignent le cap de Bonne-Espérance qui leur ouvre la route des Indes. Un gênois au service de la couronne d’Espagne, Christophe Colomb, décide de découvrir un passage par l’ouest : en 1492, il rencontre les "Indes Occidentales", les Antilles. Ce nouveau continent déchaîne les convoitises, au point qu’il faut une bulle du pape Alexandre VI, puis le traité de Tordesillas (1494) pour partager le nouveau monde entre les deux puissances qui ont les moyens maritimes de la conquête : espagnols et portugais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La certitude que la terre était plate, que l’Europe était le centre de l’univers, que les coutumes de nos pays répondaient à une nécessité divine, s’en trouve brutalement ébranlée. De plus, dans le même temps, le savant Copernic montre que la terre tourne autour du soleil, et qu’elle n’a donc pas été placée au centre par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les systèmes économiques se transforment : l’accent est mis désormais sur les échanges d’argent plutôt que sur la possession de territoire. Le XVIe siècle voit ainsi se développer une riche bourgeoisie marchande, alors que parallèlement la noblesse connaît un relatif appauvrissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1460. L’imprimerie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir des techniques du bois gravé expérimentées dans les ateliers rhénans, voici que naît l’imprimerie. D’abord en planches gravées, puis en caractères mobiles, elle permet de reproduire en un temps record ce qu’il fallait recopier à la main. C’est la fin du livre personnalisé, objet d’art unique et investissement de prestige : c’est le début du livre utile, scolaire, religieux, divertissant. Le livre imprimé apparaît à Mayence dans les années 1450. Le support était un papier qu’on fabriquait à partir de chiffons traités et transformés dans des moulins à eau. La première presse installée à Paris l’est, en 1473, dans le collège de la Sorbonne, et son premier ouvrage et naturellement une rhétorique. D’autres ateliers s’implantent à Strasbourg, Lyon, Angers, Poitiers, Toulouse, Albi, Vienne, etc... attirés par la présence de grands monastères ou d’Université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’initiateur d’un livre, qu’il soit auteur, imprimeur ou libraire, doit avant tout obtenir un Privilège qu’il achète auprès d’une autorité légale (Grande Chancellerie ou Parlement). Ce privilège lui donne le droit pour une durée donnée d’imprimer et vendre l’ouvrage en question à l’intérieur du royaume. Signalons toutefois que l’auteur prend parfois à sa charge tous les frais engagés, mais la pratique des frais partagés entre auteur et imprimeur est beaucoup plus fréquente. Après cette fabrication, le livre relié artisanalement est diffusé par les soins de l’imprimeur-libraire lors de foires comme celles de Francfort ou de Lyon.&lt;br /&gt;L’apparition du livre bouleverse les conditions de transmission du savoir, élargit les publics, même si l’alphabétisation reste encore restreinte. En 20 ans, la culture médiévale religieuse et romanesque est balayée, et remplacée par les textes antiques, païens et chrétiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’HUMANISME&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’humanisme, volonté de connaissance étendue hors des frontières, prend sa source dans toutes les influences évoquées ci-dessus, et utilisent les moyens proposés dont nous venons de parler (langues anciennes, imprimerie...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "prince des humanistes" fut le hollandais Érasme (1469-1536), érudit, philologue, philosophe, sollicité par les rois et par les papes. Il fut en relation épistolaire avec toute l’Europe lettrée, lié à l’helléniste Guillaume Budé (1468-1540), au savant anglais Thomas Morus (1480-1535). Ainsi, à travers ce personnage, on perçoit bien que l’Humanisme désigne d’abord une volonté de connaissance étendue hors des frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Créations : L’attention portée à la langue va de pair avec celle qu’on attache aux problèmes de la technique poétique, de la métrique et u théâtre. On tente de restituer en français la prosodie quantitative des Anciens. On crée la tragédie et la comédie en français, et surtout naissent de nouvelles formes : épître, élégie, églogue, ode, et surtout sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mythes et thèmes : Les thèmes utilisés pour réaliser ce programme humaniste est révélateur de l’esprit du temps. Au XVIe siècle, on parle d’amour et aussi de vertu. On rêve d’un monde où l’homme vivrait en harmonie avec la nature et en accord avec lui-même : société utopiques (Utopia de Morus ; la Thélème de Rabelais) auxquelles la découverte du Nouveau Monde donne une consistance parfois plus apparente que réelle (mythe du bon sauvage). Un autre thème est celui de la gloire que confère l’excellence de sa création à un auteur ; cependant, dans un siècle qui tourne au chaos, le seul refuge sera alors pour les poètes dans les "consolations contre la mort" (expression tirée de J.B. Chassignet, Le mépris de la vie et consolation contre la mort).&lt;br /&gt;Ainsi, l’humanisme introduit non seulement dans les œuvres littéraires la réflexion sur les problèmes de civilisation, de pensée, de religion (Calvin), évoquant ainsi l’espoir d’un nouvel art de vivre (Rabelais, marguerite de Navarre), mais il introduit aussi l’éclosion d’un ton nouveau, où la ferveur et l’enthousiasme se teintent de gravité ou d’humour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, les méthodes de cet humanisme s’apparentent à celles de libre examen qui inspire la révolte de Luther et Calvin. On refuse de s’en remettre à l’autorité établie pour interpréter les textes. Les divergences sont donc aussi nombreuses que les points communs entre l’humanisme et la Réforme. Après la rupture entre Érasme et Luther, et après l’affaire des placards, les humanistes de France seront obligés de choisir : ou protestants, ou fidèles à l’Église, ils seront mêlés à ces grandes luttes du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1520. La Réforme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martin Luther, depuis 1517, s’acharne à dénoncer les abus de l’Église, et refuse de se plier en 1520 à son excommunication (texte de sa condamnation brûlé publiquement). Il proclame que la foi seule sauve, et insiste sur le fait que tout croyant doit avoir accès au vrai texte sacré sans l’intermédiaire constant des prêtres. Dans un premier temps, les idées rencontrent l’approbation de nombreux ecclésiastiques et de princes, mais les idées se révèlent vite une danger politique (paysans de Rhénanie révoltés en 1524). En Allemagne, la Diète d’Augsbourg remet à chaque prince le droit de décider de quelle religion seront ses sujets.&lt;br /&gt;Cette Réforme est donc l’occasion d’un profond bouleversement spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;LES CONTRADICTIONS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginer le XVIe siècle comme un siècle constant et uni dans la recherche cohérente d’une nouvelle vérité serait une singulière erreur. Ce siècle est tissé de contradictions : la Réforme et l’Humanisme s’accompagnent d’une résurrection du paganisme rarement déclaré, qui est pourtant sensible dans les œuvres de la Renaissance (chez Ronsard par exemple), mais aussi de superstitions et d’un obscurantisme meurtriers : la chasse aux sorcières s’ouvre au XVIe, la Réforme aboutit aux bûchers allumés à travers toute l’Europe et aux massacres en série des guerres de Religion ; de plus, l’astrologie se développe à l’exemple de l’Antiquité : Nostradamus (1502-1566), contemporain d’Ambroise Paré, de Bernard Palissy ou encore de Copernic, fut l’un des devins de Catherine de Médicis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;LES POINTS FORTS DE LA LITTÉRATURE DU DÉBUT DU SIÈCLE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES RHÉTORIQUEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la seconde moitié du XVe et le début du XVIe siècle fleurit à la cour de Bourgogne, de Bretagne, puis de France, une école de poètes qui eurent une gloire incontestée en leur temps : ce sont les Rhétoriqueurs. Ainsi nommés parce qu’ils pratiquaient la "seconde rhétorique, c’est-à-dire la poésie par opposition à la prose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’image du plus illustre d’entre eux, Georges Chastellain (1404-1475), qui était l’historiographe et le confident du duc de Bourgogne Philippe le Bon, les Rhétoriqueurs se voulurent chroniqueurs et conseillers des princes. Ils chantaient les vertus et les victoires de leur protecteur, pleuraient leurs deuils, fêtaient leurs joies et narraient leur histoire.&lt;br /&gt;Jean Meschinot († 1491), Jean Molinet († 1507), André de la Vigne († 1527?), Jean Marot († 1526)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est surtout comme poètes qu’on admirait ces hommes, auteurs d’œuvres morales et politiques, d’épîtres ou de satires. Cependant, la critique traditionnelle reproche aux rhétoriqueurs leur manque de goût et de mesure, ainsi que la reprise de thèmes usés. Pourtant, ces hommes se qualifiaient volontiers de rimeurs, car ils furent en effet de prodigieux inventeurs de rimes (rime extrêmement riche, tentés parfois par l’acrobatie verbale).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Lemaire de Belges, dernier des Rhétoriqueurs, et premier des écrivains de la Renaissance, fut un précurseur et un maître pour le XVIe siècle. Né en 1473, il fut le poète et le secrétaire de marguerite d’Autriche et d’Anne de Bretagne. Il voyagea beaucoup, et l’influence de l’Italie n’est pas négligeable. Il excella dans le genre de la "déploration" en vert (et fut connu par Les épîtres de l’amant vert, pour le perroquet de Marguerite d’Autriche, dévoré par un chien, mais comparé à un prince poussé au suicide en l’absence de sa maîtresse !). Lemaire avait également le rôle de propagandiste officiel : par exemple, il fit la défense de la politique gallicane de Louis XII contre l’absolutisme pontifical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Clément Marot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fils du rhétoriqueurs Jean Marot, poète officiel d’Anne de Bretagne, Clément Marot était né en 1496, et se trouvait au service de François Ier en 1527. Accusé déjà quelques accusations (a mangé du lard en carême par exemple), il est suspecté en 1534 dans l’affaire des "placards". Il reste alors deux ans exilé à la cour de Ferrare. De retour en France après une humiliante cérémonie d’abjuration, il doit s’enfuir à nouveau en 1542 après avoir poursuivi la traduction des Psaumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clément Marot s’inscrit dans le prolongement des rhétoriqueurs (ex : Le temple de Cupido et la Conqueste de Ferme Amour, à l’occasion du mariage de François Ier et de Claude de France), mais il fut aussi poète satyrique (il utilise des thèmes de tradition médiévale : il s’amuse à railler les femmes, les maris trompés, les moines... Autre exemple plus original pour l’époque :L’enfer, satire contre les maux et les méfaits de la Justice ; dans ce long poème de 500 vers, il est l’un des seuls à protester contre la torture). Il fut également humaniste, par ses traductions d’auteurs antiques (Virgile, Ovide...), et a cherché à exprimer sa modernité dans ce matériau antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit souvent que Marot a été l’inventeur de nouvelles formes ; il a en fait plutôt développé des formes existant déjà, tel l’épître, où il introduit un ton familier ou lyrique, ou encore le "blason", qui était un poème tout entier visant à vanter ou à dénigrer une personne, un objet, un détail le plus souvent. Le succès fut tel qu’il suscita un véritable concours (dont le triomphateur fut Maurice Scève pour un Blason du sourcil). Signalons enfin que Marot serait à l’origine de l’importation en France du sonnet, forme d’origine italienne popularisée par du Bellay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;RABELAIS &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce plus éblouissant des conteurs français de la Renaissance fut à la fois religieux, moine plus ou moins en règle avec son ordre, érudit, admirateur d’Érasme et disciple de l’helléniste Guillaume Budé, juriste, et l’un des meilleurs médecins de son temps, mais aussi l’auteur de l’épopée burlesque du géant Pantagruel, où l’on perçoit toute l’ampleur de son imagination et la prodigieuse richesse de sa langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Rabelais est né près de Chinon vers 1494. Moine franciscain, il étudie le grec et l’hébreu, mais la confiscation de ses ouvrages l’oblige à rejoindre les Bénédictins dans le Poitou. Là, Rabelais fait l’apprentissage des mœurs et de la langue populaires, tout en étudiant le Droit à l’université de Poitiers. En 1530, il a défroqué (mais il reste prêtre dans le siècle), et achève à Montpellier ses études de Médecine, qui font très vite de lui un médecin lié avec toute la société intellectuelle de la ville. Il correspond notamment avec Érasme, le "prince des humanistes". C’est alors que paraît un ouvrage populaire, Les grandes et inestimables chroniques du grand et énorme géant Gargantua, qui lui donne l’idée d’en écrire la suite, Pantagruel, publié sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors il poursuit son œuvre littéraire parallèlement à sa carrière de médecin : 1534 = Gargantua ; 1546 = Le Tiers livre ; 15552 = Le Quart livre. Il fut médecin de Jean du Bellay, évêque de Paris puis cardinal, puis de son frère Guillaume du Bellay, gouverneur du piémont. Entre temps, tous ces livres ont été condamnés par les autorités ecclésiastiques, et Rabelais a parfois jugé prudent de se faire oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il meurt à Paris en 1553, et le Cinquième livre, posthume, paraît entre 1562 et 1564, bien que son authenticité soit en partie douteuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire raconte la vie de Pantagruel, puis celle de son père, le roi Gargantua. A chaque épisode, Rabelais décrit l’enfance, l’éducation et les prouesses burlesques des héros, puis la fondation de l’abbaye de Thélème qui prend le contre-pied de l’ascétisme monastique, la règle étant "Fais ce que tu voudras". Le Quart et le Cinquième livre narrent la navigation de Panurge, Pantagruel et ses compagnons partis consulter l’oracle de la Dive Bouteille. Les escales présentées permettent à l’auteur de présenter allégoriquement et de dénoncer les abus du monde — ceux de l’Église et de la Justice surtout. La prêtresse de la Dive Bouteille commentera l’oracle en des termes qui plaident en faveur d’un Rabelais d’une solide indépendance d’esprit pour la conduite de sa vie : "Soyez vous-même interprète de votre entreprise".&lt;br /&gt;Ainsi, l’unité et l’intérêt de l’œuvre se trouve dans deux préoccupations essentielles : parodier le monde tel qu’il est, et exalter un nouvel art de vivre, le "pantagruélisme". On a déjà abordé la lettre de Gargantua à Pantagruel, considérée comme un hymne enthousiaste à l’humanisme triomphant (attention sollicitée dans les domaines les plus variés). En fait, Rabelais oppose le rêve de ce système idéal à la caricature d’un système désastreux ; cependant, il présente là l’éducation aristocratique du fils d’un roi, éducation dont le but est de former une société raffinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, toute la suite de son œuvre sert son idéal humaniste, et Rabelais ne prétend pas y reproduire telle quelle la réalité extérieure. Sur le point de la critique, Rabelais fait cependant parfois clairement l’éloge de la politique royale (politique de conquête ou politique gallicane : attaque contre les Décrétales...), mais surtout son attaque porte contre les moines, contre la crédulité qui favorise les superstitions (pèlerinages, reliques, Saints...), contre le mépris du corps, la mortification ou encore la papauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’importance de toutes ces satires poussent à se poser la question de la religion de Rabelais. Selon certains critiques, Rabelais, par ses railleries, s’inscrit dans la tradition médiévale inoffensive. Cependant, d’autres ont fait remarquer qu’avec l’apparition de la Réforme, les plaisanteries de Rabelais ne peuvent pas être anodines. Il faut rappeler qu’au XVIe siècle, l’incroyance n’est pas concevable, et la question reste donc ouverte pour Rabelais : adepte comme Érasme d’une religion plus intellectuelle que mystique ? Évangéliste, désireux de retourner à la vérité des Écritures ? Croyant, d’une foi tendant vers un Déisme ? Toutes les hypothèses ont été proposées, et il est très difficile de trancher. Il faut toutefois remarquer que toute l’œuvre exprime la nécessité de vivre en accord avec la nature, sans excès de mortification ni d’animalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, même si l’auteur se présente constamment comme un rieur, comme un buveur et comme un mangeur, n’oublions pas de nuancer l’image sûrement sommaire de Rabelais ; il invite bel et bien son lecteur à "rompre l’os et à sucer la substantifique moelle", c’est-à-dire à ne pas s’arrêter aux apparences et chercher la signification cachée de ses livres. Nous voici donc confrontés au même dilemme que Gargantua entre sa femme morte et son fils nouveau-né, ne sachant s’il doit rire ou pleurer. Lire Rabelais en riant ? Le prendre surtout au sérieux ? Au lecteur de choisir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;LES PROSATEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La prose didactique &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers prosateurs au XVIe siècle furent les humanistes, mais leurs œuvres rédigées en latin ne révèlent pas de la littérature française. C’est Calvin (1509-1564) qui fonde la prose didactique moderne en mêlant la langue vulgaire aux débats théologiques. Il fait paraître en 1540 L’institution chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La veine réaliste&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conteurs du XVIe siècle prolongent la tradition des fabliaux et des récits oraux, à l’exemple du Décaméron de Boccace ou des récits de Rabelais. Il faut citer parmi ces prosateurs Bonaventure Des Périers († en 1544), qui dressa un tableau pittoresque des divers milieux sociaux sous François Ier. Un autre disciple de Rabelais fut Noël du Fail († en 1591) qui, dans ses Propos rustiques témoigne des travaux et des jours d’un village de Bretagne.&lt;br /&gt;Marguerite d’Angoulême (1492-1549) = Marguerite de Navarre, sœur de François Ier.&lt;br /&gt;Cultivée, généreuse, ouverte aux idées nouvelles, protectrice des auteurs persécutés par la société intolérante, Marguerite d’Angoulême fut auteur de poésies (Le Miroir de l’âme pécheresse), de comédies, mais surtout d’un recueil de nouvelles, l’Heptaméron, publié après sa mort. Toutes les nouvelles que l’on y trouve se situent dans des décors familiers, et abordent des tons variés (contes grossiers, sérieux ou tragiques...). Les thèmes sont l’amour, la religion (elle n’hésite pas à critiquer la corruption du clergé), et sont présentés sous forme d’une discussion entre des hommes et des &lt;strong&gt;femmes appartenant à la haute société du temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L’ÂGE DE RONSARD, UNE ESTHÉTIQUE NOUVELLE : "âge d’or de l’humanisme".&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;De l’apparition de la Pléiade (1549) aux guerres de Religion (1562)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#cc6600;"&gt;LES CADRES DE LA NOUVELLE ESTHÉTIQUE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant cette période qui recouvre presque exactement le règne d’Henri II (1547-1559), alors que Ronsard vit jusque 1585, on assiste à la naissance d’une nouvelle esthétique, préparée par les efforts de la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri II est un médiocre protecteur des lettre et des Arts, bien que sa cour soit fort brillante. C’est avec son règne que se terminent les guerres d’Italie, avec le traité du Cateau-Cambrésis en 1559.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La langue&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un point sur lequel le XVIe siècle se signale par une constance remarquable : c’est la conquête progressive par le français de territoires jusque-là réservés au latin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une curiosité encyclopédique, l’humaniste parle latin jusque vers 1530. Ainsi, Érasme, Morus (ou More) et Budé pratiquent tous la même langue. C’est en latin qu’on apprend à lire, ou même à parler (Montaigne a commencé par le latin). L’humaniste est donc d’abord un philologue, qui discute des origines de la langue, et qui observe les possibilités du français (La défense et l’illustration de la langue française).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1530, l’humanisme devient peu à peu français. On traduit les textes anciens, et Rabelais écrit sa "geste" parodique en français. Étienne Dolet (1509-1546), imprimeur, philologue, érudit et poète, qui allait finir brûlé vif pour athéisme, se convertit au français et fut cité avec éloge par du Bellay comme "homme de bon jugement en notre vulgaire". De même, Marguerite de Navarre est condamnée par la Sorbonne dès 1531 pour son Miroir de l’âme pécheresse. L’autorité royale sanctionne ce progrès en 1539 avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français au lieu du latin comme langue administrative, judiciaire et diplomatique. La langue elle-même évolue, et le rôle de la Pléiade à cet égard n’est pas négligeable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Des poètes savants&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aboutissement de l’humanisme, les poètes sont devenus des hommes fort cultivés, qui entendent rivaliser avec les Anciens et avec les Italiens. Dès lors, ce n’est pas à la foule qu’ils s’adressent, mais aux rares connaisseurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Pétrarque (1304-1374) avait influencé grandement les poètes du XVIe, notamment Scève, Ronsard, du Bellay ou d’Aubigné qui utiliseront comme les comparaisons, les antithèses, les métaphores, pour exprimer leurs sentiments passionnés ou mélancoliques (signalons que Pétrarque transmet la forme du sonnet). En plus du pétrarquisme, ces auteurs sont influencés également par le néo-platonisme déjà abordé plus haut (avec Ficin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Formes et thèmes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a en ce milieu du XVIe siècle la suprématie d’une forme fixe, le sonnet, et la vogue d’un thème : les amours. Rappelons que le sonnet est un poème à forme fixe de 14 vers, répartis en deux quatrains et un sizain, séparé en deux tercets (= strophes de 4, 4, 3, et 3 vers). La Pléiade s’exerça à des recherches multiples sur la langue, sur le style et sur la prosodie, et c’est ainsi que vers 1550 s’impose la prééminence de l’alexandrin, ou encore l’alternance de rimes. On pratique dans les poèmes le lyrisme amoureux pour exalter un art de vivre sensuel, mais pessimiste, hanté par l’obsession de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, le poète se fait la plus haute idée de sa mission. Ronsard voit plutôt le poète comme l’instituteur des rois. Possédé de son art, il doit travailler pour conquérir la gloire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d’étudier les auteurs de la Pléiade, il faut faire le détour incontournable par la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;LA POÉSIE LYONNAISE : Maurice Scève et les autres...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus illustre représentant de la poésie lyonnaise a été Maurice Scève (1500-1560?), qui est dans la perspective littéraire plus proche de Ronsard que de Marot. Scève et les lyonnais furent tous tributaires du climat particulier autour de leur ville, véritable capitale intellectuelle de la France jusqu’au début des guerres de Religion. Banquiers et imprimeurs firent alors la gloire de cette ville frontière (rappelons que la Savoie était alors terre étrangère), et dès le XVe siècle, l’apport d’Italiens, mais aussi de Suisses ou d’Allemands assurait la suprématie lyonnaise sur le plan économique et intellectuel. N’oublions pas que Lyon fut la capitale de l’imprimerie, et que des hommes comme Dolet ou Rabelais choisirent d’y vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans ce ferment d’humanisme qu’a été formé le talent de Maurice Scève, qui a mené une vie à la fois studieuse et mondaine : il se nourrit des grands Anciens, admire Pétrarque, mais ne renie pas pour autant les apports du Moyen Age en littérature. De plus, cet ensemble complexe d’influences fut enrichi par la reine Marguerite de Navarre qui fit plusieurs passages à Lyon (il compose pour elle deux sonnets en 1547 qu’elle fait paraître avec ses propres poésies). L’ensemble de ces inspirations se retrouvent dans la Délie de Scève, qui apparaît donc comme une synthèse des divers courants de la poésie lyonnaise ; l’auteur y chante sa maîtresse à l’occasion d’un nouvel amour, ressuscitant une ancienne passion oubliée. Fondé sur des images d’origine chrétienne, gréco-latine (inspiration platonicienne) ou médiévale, et également sur le symbole et sur l’allégorie, l’art de Scève annonce l’âge nouveau ; ce poème est aussi celui de l’insatisfaction amoureuse, puisqu’au total l’histoire de cette passion est l’histoire d’un échec : bon gré mal gré, il faut bien que l’amant se résigne à la chasteté, quitte à tirer de ses souffrances le plaisir exquis de la création poétique... Enfin, dans les dernières années de sa vie, Scève travaille à un grand ouvrage composé de 3003 alexandrins, Microcosme, qui est une épopée encyclopédique, somme des connaissances de son temps. Cet ouvrage pose le problème des rapports de l’homme et du monde ; l’homme devient le prestigieux conquérant de la terre, et Adam est exalté comme un héros exemplaire, qui collabore ainsi avec Dieu à l’œuvre de création. Le mythe biblique est en quelque sorte paganisé, et cette interprétation "humaniste" de la Genèse renverse radicalement les premières positions de l’Église sur la signification du péché originel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est autour de Scève que se produit le meilleur de la poésie lyonnaise, et il faut citer ici Pernette du Guillet (1520-1545), qui fut la femme aimée par Scève dont il s’inspira pour la Délie ; elle laisse des poèmes chantant son amour, coloré d’une discrète mélancolie : ce sont les Rimes, parues en 1545. Deuxièmement, Louise Labé (1524-1566), surnommée la "Belle Cordière", fut un grand poète, disciple de Pétrarque, mais surtout indépendante à l’égard de la forte influence de Scève. "Immoraliste" avant la lettre, et rongée cependant par le sentiment de l’insatisfaction, Louise Labé était consciente du scandale de ses poèmes, car c’est une femme qui y chante son amour pour un homme, et car il s’agit d’un amour violent, passionné, sensuel. En ce sens, Louise Labé invente la littérature personnelle. Enfin, on peut citer Pontus de Tyard (1521-1605), ami de Scève et évêque de Chalon-sur-Saône, certes d’un autre genre que Louise Labé, mais qui représente le trait d’union entre la théorie de la poésie et la production de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;L’IMPORTANCE DE LA PLÉIADE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom de la Pléiade, qui évoque une constellation d’étoiles, fut donné tardivement — vers 1556 — à un groupe, d’ailleurs variable, de sept auteurs rassemblés autour de Ronsard. Il désigne communément les plus connus de l’armée des poètes qui ont travaillé, dans ces années 1550-1560, à renouveler la poésie française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Les rencontres&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1545, Ronsard et du Bellay rencontrent un lettré, Jacques Pelletier, qui les confirme dans leur enthousiasme pour la langue nationale et encourage leurs premiers essais poétiques. À partir de 1547, les jeunes poètes font la rencontre déterminante de Jean Dorat (1508-1588), savant helléniste qui enseigne les grands textes anciens au collège humaniste de Coqueret, sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La Brigade&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay, Ronsard et Baïf fondent alors la Brigade, que viennent bientôt renforcer Jodelle, Belleau, Grévin, puis la Péruse : ils se donnent pour mission d’exploiter littérairement les richesses que leur avait enseignées leur maître, et de "créer" ainsi la poésie française. Dès 1549, la Brigade fait une entrée remarquable en publiant la Défense et Illustration de la langue française ; les principes qui allaient animer la future Pléiade étaient ainsi posés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La doctrine de la Pléiade&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le terme de Pléiade désignait l’élite de la Brigade autour de Ronsard. Le principe fondateur du mouvement est que la langue française peut devenir aussi riche, fine et maniable que les langues anciennes à condition d’être "illustrée", c’est-à-dire enrichie. Du Bellay propose la création de mots nouveaux par emprunts au latin, au grec, au vieux français, à la langue des métiers et aux dialectes provinciaux. Il propose également un enrichissement du lexique par la multiplication des métaphores, des allégories et des comparaisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La condamnation de la poésie médiévale est sans appel ; il s’agit de piller (selon le mot de du Bellay) les Grecs, les Latins et les Italiens : par imitation des grandes œuvres étrangères, on abandonne les genres traditionnels (rondeau, ballade, farce...) au profit des genres cultivés par les Anciens : l’ode, l’élégie, l’épigramme, la tragédie, la comédie, et surtout le sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, les poètes de la Pléiade contribuent largement à transformer l’image du poète, qui possède dès lors un art "inspiré", c’est-à-dire porté à la création par une sorte de folie sacrée. La gloire que leurs ancêtres trouvaient sur les champs de bataille, c’est la plume à la main que ces auteurs entendent la conquérir : et ils y sont parvenus... Les idées de la Pléiade en effet triomphent à la Cour et en Europe. C’est ainsi à la Pléiade qu’on doit la prééminence accordée aux Anciens par le courant classique et — on ne peut que le déplorer — l’injustice dont furent victimes les poètes médiévaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;DU BELLAY (1522-1560)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né en 1522 en Anjou, Joachim du Bellay est orphelin de bonne heure et a une enfance délaissée et triste. Après des études de droit à Poitiers, et après la rencontre de Ronsard vers 1547, il vient à Paris suivre l’enseignement humaniste de Dorat. C’est à lui que l’on doit la Défense et Illustration de la langue française citée plus haut, œuvre dans laquelle il avait la prétention de créer la poésie française, ignorant les poètes du Moyen Age. Il y développe l’idée de la nécessité d’imiter les Anciens et les Italiens pour les surpasser grâce à une langue française enrichie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passe ensuite quatre ans à Rome où il compose Les Regrets et Les Antiquités de Rome, parus au début de 1558. Ces quatre années furent agitées, fertiles en événements diplomatiques et militaires, et lui permirent d’appliquer l’imitation des auteurs anciens qu’il préconisait ; en effet, il utilisait les mots et les images par lesquels les auteurs latins avaient célébré la grandeur de la ville pour chanter sa déchéance. Dans Les Regrets, il exprime sa nostalgie du pays natal et ses désillusions, mais aussi une satire de la Rome moderne, de ses fastes et de son raffinement. De retour en France, c’est une nouvelle désillusions : la Cour des Rois ne vaut pas mieux que la Cour des papes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de sa vie est attristée par une maladie grave qui le rend presque sourd, et par des soucis matériels ; il meurt deux ans plus tard, alors qu’il n’a que 37 ans. Ce poète qui rêvait de sa propre immortalité semble aujourd’hui avoir été exaucé, car on le lit, on le cite, mais on le connaît mal : on ne cite guère de lui que des poèmes désolés ("Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage..."), et on oublie souvent de se souvenir qu’il était également un satirique vigoureux et acerbe. Ses dernières œuvres inspirées par la réalité sociale et historique sont graves, et du Bellay semble pressentir les événements tragiques qui vont suivre sa mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;RONSARD (1524-1585)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gentilhomme Pierre de Ronsard appartient à la génération des fils de combattants des guerres d’Italie. Destiné d’abord au métier des armes, mais atteint d’une maladie qui le rend inapte à une telle carrière, il devient clerc. À vingt ans, il suit, avec Baïf, les leçons de grec de Jean Dorat. En 1547, il écrit sa première Ode, dont les publications s’étaleront jusqu’en 1552 ; très vite, le succès couronne son œuvre, et sa gloire ne cesse de grandir. Dans ses quatre livres d’Odes, il chante des grands personnages mais aussi des thèmes familiers. Il invente les mots et les tours qui font défaut à la langue, et accomplit ainsi l’œuvre annoncée par du Bellay. Il est à 40 ans le poète officiel de la Cour, et il le reste jusqu’à la mort de Charles IX. En 1555, Ronsard publie un premier livre d’Hymnes, où l’auteur développe les grands thèmes humanistes : la mort, l’éternité, les astres mais aussi les démons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis avec les guerres civiles, les thèmes de la poésie se font plus actuels, plus polémiques, à la fois plus religieux et plus politiques. Ronsard, fidèle sujet de Charles IX, défend évidemment le point de vue des catholiques, avec élan et avec force, dans une série de Discours aux titres évocateurs (ex : Discours des misères de ce temps).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il se consacre surtout à un thème qui sera le titre d’une de ses plus belles œuvres : Les Amours. Plusieurs noms traversent son œuvre : Sinope, Genèvre, Astrée, mais surtout Cassandre, Marie, et Hélène, qui lui inspirent des vers encore inscrits aujourd’hui dans toutes les mémoires... Les premiers poèmes à Cassandre chantent plutôt un amour idéalisé, alors que les amours à Hélène sont imprégnées d’une tristesse sereine inspirée par la mort (c’est l’amour d’un homme vieux, parfois amer, hanté par l’idée de sa fin). NB: Hélène de Surgères est la fille d’honneur de Catherine de Médicis. Le dernier alexandrin des Sonnets pour Hélène est "Car l’amour est la mort n’est qu’une même chose.".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’amour est finalement incapable de surmonter la mort, le poète a pourtant l’ambition de vaincre cette dernière grâce à la gloire posthume (il ne cesse d’afficher cette ambition tout au long de son œuvre). Peu de choses évoquent dans les poèmes de Ronsard l’idée chrétienne de la mort ; il semble incapable de se figurer un monde différent du nôtre, et pour cet homme aussi amoureux de la vie, la mort est l’issu normale de toute existence ; aimer la vie, c’est donc d’une certaine manière accepter la mort. Cette obsession du temps va colorer ses relations avec le monde, et le pousser à développer le thème horatien, mais aussi ronsardien, du carpe diem. Dans cet ordre d’idée, un point est constant dans l’œuvre de Ronsard : son goût pour la nature et la valeur esthétique et éthique qu’il attache à ce qu’elle représente (rappelons l’importance de la rose, symbole de la fragilité humaine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, pour Ronsard nature et mythologie appartiennent à un même univers ; le poète utilisera la mythologie comme moyen de suggestion : il sait par exemple que le nom d’Hélène de Surgères appelle la figure d’Hélène de Troie, et que celle-ci suggère l’idée de la parfaite beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, cet homme qui d’emblée avait eu l’audace de proclamer son ambition de vaincre la mort en s’élevant au rang des dieux, sut assumer cette téméraire entreprise, et fut incontestablement le plus grand poète de son temps, même s’il ne reçut pas de l’ingrate postérité la récompense qu’il en attendait et qu’il méritait (critiques de Sainte-Beuve et de Boileau, qui refusent que la poésie soit une "folie sacrée" comme le disait Ronsard).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;Autour de Ronsard :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean-Antoine de Baïf (1532-1589)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suivit également les études avec Dorat au collège de Coqueret. il reste connu pour ses brouilles fréquentes avec Ronsard, et pour sa volonté de marier la poésie à la musique (NB : Ronsard rêvait aussi de "marier la poésie à la lyre"). Ainsi, il restaure la métrique et la prosodie anciennes, et fonde en 1570 l’Académie de Poésie et de Musique. Même si la qualité est parfois discutable, sa production a été abondante et variée (des pétrarquistes Amours de Méline en 1552 aux scientifiques Météores en 1567...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Rémy Belleau (1528-1577)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Humaniste et helléniste minutieux et passionné, il fa été un véritable artiste, insérant dans ses poèmes de multiples genres de constante qualité : blasons, sonnets, descriptions... Maître rythmicien, il fut en outre un visuel qui a su décrire un univers vivant et mouvant, sans mépriser pour autant l’apport de la mythologie. Ronsard le qualifia de "peintre de la nature", et ne s’y était pas trompé en faisant de lui le septième astre de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Étienne Jodelle (1532-1573)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tenu par ses contemporains pour un génie extraordinaire, Jodelle est loin d’occuper dans la littérature la place qui lui revient. On ne sait pas grand chose de sa vie, mis à part qu’il avait été bouleversé par le désastre que fut la fête manquée donnée devant le roi à Paris en 1558, dont il avait accepté la responsabilité. Ce poète était profondément original, traduisant ses émois et ses inquiétudes par des ruptures de syntaxe et des dislocations de rythmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et les autres...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Grévin (1538-1570), Nicolas Denisot (1515-1559), Olivier de Magny (1520-1561), Amadis Jamyn (1538-1582)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le théâtre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons juste que la Pléiade plaidait pour un théâtre français à l’antique. Les thèmes sont encore très médiévaux, et la farce se prolonge, même si le nouvel état d’esprit introduit par la Réforme contribue à faire décliner les pièces associant la farce au sacré. Parallèlement naît la tragédie du XVIe siècle, issu de la traduction des pièces grecques ou latines (ex : Médée de La Péruse en 1556), dont certaines sont des tragédies religieuses (l’Abraham sacrifiant de Théodore de Bèze en 1550, et surtout Les Juives de Robert Garnier en 1583, qui est la plus sombrement tragique des pièces bibliques de ce temps). Enfin, pour la comédie, on s’inspire de la farce (déjà dit), du théâtre ancien (Plaute et Térence), mais aussi des Italiens, avec notamment la commedia dell’arte, genre populaire où les acteurs improvisent le dialogue sur un canevas simple. Cependant, il n’y a aucun grand chef-d’œuvre dans ce domaine de la comédie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L’ÂGE DE MONTAIGNE ou 1559-1598 : L’épreuve des Guerres de Religion &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;LA NOUVEAUTÉ DU BAROQUE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agit ici de rappeler très brièvement le contexte que nous connaissons déjà tous :&lt;br /&gt;Henri II, avec la fin des guerres d’Italie, a désormais les mains libres pour réprimer l’hérésie calviniste, mais il meurt accidentellement en 1559. L’influence de sa femme, Catherine de Médicis, ne cesse de s’exercer dans la période qui suit ; elle s’affirme comme une personnalité politique puissante, mais ses efforts pour apaiser les esprits et pacifier les forces en présence sont vains : le conflit éclate, avec violence, déchaînant fanatisme et cruauté de part et d’autre.&lt;br /&gt;Entre 1562 et 1598, huit guerres, entrecoupées de massacres et de conjurations, ensanglantent la France. Les atrocités commises, comme le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, qui fit 3000 victimes chez les protestants, marquent profondément les consciences. Les catholiques, rassemblés dans la Sainte Ligue créée en 1576, se donnent pour mission de chasser l’hérésie, et s’opposent notamment à l’accession au trône d’Henri de Navarre, protestant. Après abjuration en 1593 et conquête de son royaume, Henri IV reconnaît aux protestants la liberté de culte par l’édit de Nantes en 1598 ; cependant, le pays est dévasté, ruiné économiquement, et profondément choqué d’avoir vécu ainsi au contact quotidien de la barbarie.&lt;br /&gt;Personne n’échappe à la violence du temps, surtout pas les écrivains, sommés, sous peine d’être poursuivis par l’un ou l’autre camp, de choisir. Certains le feront par conviction : Montluc (1502-1577) du côté catholique, Agrippa d’Aubigné (1552-1630) du côté protestant. D’autres écrivains sont rangés, soit de force, soit par insouciance de leur part, dans tel ou tel camp... (on a déjà vu le cas de Ronsard, soutien du roi, mais peu orthodoxe dans sa vision de la mort).&lt;br /&gt;Cette littérature engagée est donc abondante, mais d’un intérêt littéraire souvent contestable. C’est surtout la poésie de d’Aubigné qui atteint par sa fougue et sa grandeur une incontestable grandeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;La naissance d’une poésie baroque&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’épreuve des guerres de religion a modifié profondément la sensibilité. Une nouvelle conception du monde s’affirme, que l’on désigne aujourd’hui du nom de baroque (certains critiques parlent de maniérisme dans le domaine de la littérature). L’homme baroque a perdu toute certitude d’unification des sciences et du savoir : le monde s’est en effet augmenté de l’Amérique, terres et peuples insoupçonnables parfaitement étrangers à la conscience européenne ; Copernic a démontré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, contrairement aux affirmations de la Bible. De plus, on croyait avoir atteint avec l’humanisme un haut degré de raffinement et de civilisation ; les quarante années de guerre ont apporté la preuve du contraire... Bref, en cette fin de siècle, le monde apparaît comme une réalité mouvante, et l’homme comme un être perpétuellement en proie aux masques, pourchassé par la mort. Ainsi trouve-t-on dans le baroque la beauté de ce qui fonde son angoisse : le goût du masque, du déguisement, de l’illusion, des formes mouvantes et des métamorphoses. Montaigne a été influencé par ces images ; D’Aubigné les porte à la perfection par des images violentes et mouvementées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;UNE NOUVELLE FLORAISON POÉTIQUE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si certains poètes déjà abordés s’illustrent encore pendant les guerres de religion, il faut maintenant tenir compte de l’inspiration baroque : la poésie ne se conçoit plus avec les principes de la pléiade. Les salons et les académies se développent : par exemple, on discutait surtout de philosophie et de morale à l’Académie du Palais réunie par Henri III en 1574 ; de même, à la cour du roi de Navarre, les poètes protestants rendaient active l’Académie de Nérac, en Béarn.&lt;br /&gt;On peut citer Philippe Desportes (1546-1606), homme d’église fort cultivé et mondain, qui avait été le poète courtisan favori d’Henri III, avant d’être rallié à Henri IV. Il plaisait par la douceur et la fluidité de son vers, de ses images.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La poésie protestante&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;Guillaume du Bartas (1544-1590)&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Calviniste convaincu, il fut l’auteur de deux œuvres dont la splendeur émerveilla l’Europe : la Première Semaine, qui décrit la création du Monde, et la Seconde Semaine, qui chante les aventures des descendants d’Adam. Signalons que Gœthe le considérait plus tard comme "le roi des poètes français". On trouve en effet chez lui un goût pour l’emphase, pour les sonorités rares et pour une variété étourdissante des tons et des genres utilisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean de Sponde (1557-1595)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Également sujet calviniste du roi de Navarre, puis converti au catholicisme, il n’a pas eu la même réputation que du Bartas auprès de ses contemporains. Il est pourtant l’illustration-même d’une poésie baroque qui peint le monde sans cesse en mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La poésie catholique&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les poètes gardent la préoccupation religieuse : même Marc de Papillon de Lasphrise († vers 1600), qui publie des déclarations d’amour endiablées à une jeune nonne ou encore à sa cousine, finit par composer des prières... Plus sérieusement, certains auteurs secondaires sont véritablement des obsédés de Dieu : Jean de la Ceppède († 1623) publie des méditations en sonnet sur la mort du Christ ; Jean-Baptiste Chassignet († en 1635?) réalise une poésie religieuse qui traduit la fascination qu’il éprouve face à u n monde qui lui semble retourner au chaos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;AGRIPPA D’AUBIGNÉ (1552-1630)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnage insolite par l’ampleur de ses vertus et par la vigueur de ses haines, irréprochable et violent, intransigeant et incorruptible, il ne cessa de combattre pour son idéal politique, tantôt l’arme à la main, tantôt par la plume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agrippa d’Aubigné était né en Saintonge en 1552, et reçut une éducation très soignée (il aurait lu les 4 langues à six ans, français, latin, grec, hébreux !). Dès 1568, il s’engage dans la guerre contre les catholiques, à laquelle son père l’avait promis alors qu’il n’avait que sept ans, en lui faisant jurer de venger les protestants exécutés après la conjuration d’Amboise (1560). Une trêve lui permet de composer l’Hécatombe à Diane (sacrifice de 100 vers à Diane Salviati, nièce de la Cassandre que chantait Ronsard), ainsi que la première partie du Printemps ; dans ce recueil varié, d’Aubigné se pose en disciple de Ronsard. Lorsque sa vie de soldat reprend, combattant pour sa foi, il échappe de justesse au massacre de la Saint-Barthélemy (23/08/1572). Il est devenu entre temps le compagnon d’Henri de Navarre. Cependant, en 1593, il rompt définitivement avec Henri IV à qui il ne pardonnera jamais la trahison de son abjuration. C’est par cette rupture que d’Aubigné devient l’âme du parti protestant.&lt;br /&gt;Retiré dans la place forte vendéenne de Maillezais, il poursuit sa plus grande œuvre épique, Les Tragiques, et ce n’est qu’après l’assassinat du roi qu’il publiera l’œuvre, ainsi que son Histoire Universelle, condamnée à Paris en 1620. Cherchant refuge à Genève et à Bernes, il y meurt en 1630 après avoir achevé ses œuvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amour et la poésie : L’Hécatombe à Diane sont des poèmes de désespoir, de sang, d’amour et de mort, où l’auteur reprend des procédés et des thèmes communs à ses prédécesseurs, mais il en souligne les aspects contradictoires, les heurtant dans des associations inattendues.&lt;br /&gt;La religion et les combats : dans les dernières années de sa vie, alors qu’il "tait à Genève, d’Aubigné a traduit, après tant d’autres poètes, des Psaumes. Il s’efforce à cette occasion d’adapter le texte hébraïque français en restituant la mesure du vers antique ; ce problème de l’accord entre la musique était primordial (et non plus seulement esthétique) pour les protestants, puisque le chant des psaumes fait partie de la liturgie réformée. Dans la Confession de Sancy puis dans les Aventures du baron de Fœnestre, d’Aubigné peint une satire anticléricale, sociale et politique, qui est aussi une satire de la morale du paraître qui triomphe à la cour.&lt;br /&gt;Cependant, il faut retenir que sa grande œuvre est une épopée lyrique et satirique : c’est le poème des Tragiques, épopée des Guerres de Religion. Cette œuvre ne fut publiée qu’en 1616, sous la signature de L.B.D.D. (= le bouc du désert). En sept livres, l’auteur dénonce les souffrances d’un peuple, la responsabilité des rois, des grands et des juges, mais célèbre aussi les martyrs de la Réforme et de ses combats. À travers cet ouvrage véritablement apocalyptique, d’Aubigné annonce le châtiment des coupables sur la terre, et la récompense des Justes dans les cieux, mais lance aussi une accusation grandiose contre Catherine de Médicis ou encore contre le cardinal de Lorraine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’antithèse apparaît comme la figure clé de l’œuvre : misères opposées aux fastes, martyrs précédant la récompense... Toute l’ampleur des Tragiques réside dans la tension fondamentale entre l’histoire et le symbole, le réel et l’allégorie, l’horreur quotidienne et la splendeur biblique, mais aussi sur la juxtaposition du récit (réaliste ou historique) de l’allégorie et du surnaturel.&lt;br /&gt;Ainsi, Agrippa d’Aubigné apparaît comme un poète appartenant à la dernière génération du siècle de la Renaissance, celle des guerres, témoins des ébranlements qui renversent les idées héritées, génération dont les réactions ne peuvent plus être celles des poètes de l’âge précédent. Mais surtout, d’Aubigné a été un militant de la cause calviniste, et sa vie, sa poésie, son œuvre, sont déterminées par sa foi. Politique, satirique, lyrique, épique ou burlesque, le poète reste avant tout un homme pathétique, mais aussi prophétique, pour qui le temps terrestre n’est qu’illusion et le monde qu’un théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;LA PROSE PENDANT LES GUERRES DE RELIGION&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’agitation et les troubles se reflètent jusque dans la poésie, on imagine à quel point leur effet se fait sentir sur la prose, et en particulier sur toute la littérature militante (pamphlets, controverses, satires...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la littérature militante : Du côté protestant, il faut citer Théodore de Bèze, disciple puis successeur de Calvin à Genève (il composa notamment une Vie de Calvin). Cependant, la seule œuvre véritablement littéraire dans ce domaine est une satire collective écrite par quelques "politiques" (La Satire Ménipée), qui exprime le ressentiment de la bourgeoisie parlementaire contre la noblesse ligueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la littérature politique : Les progrès de la monarchie absolue avaient accrédité la conception de la souveraineté de droit divin (alors que les humanistes était plus liés à un idéal antique de liberté politique). Cependant, un événement comme le massacre de la Saint-Barthélemy pose le problème de l’obéissance au souverain. Le premier pamphlet ne fut pourtant pas celui d’un réformé, mais celui de l’ami de Montaigne, Étienne de la Béotie († en 1563) qui avait rédigé le Discours de la servitude volontaire ; Les protestants firent paraître ce pamphlet en 1574 (10 ans après la mort de la Béotie) sous le titre de Contr’un. On a vu en la personne de La Béotie le véritable anti-Machiavel : si ce-dernier instruit le princes des rouages de la monarchie, La Béotie, lui, décrit les mêmes rouages, mais pour laisser une instruction aux peuples et les inciter à rejeter la tyrannie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons enfin le "politique" Jean Bodin (1530-1596) qui fut un théoricien d’une véritable science politique, dans laquelle il réintroduisait la morale : il décrit une monarchie nationale et forte, qui ne soit pas tyrannique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signalons juste avant d’aborder Montaigne, que de nombreux hommes en ces temps troublés écrivent leurs mémoires : Blaise de Monluc († 1577) ou Pierre de l’Estoile († 1611) par exemple. De plus, il reste des conteurs (du Fail), des traducteurs (d’Amyot), et n’oublions pas les pages parfois passionnantes des hommes de la littérature technique : le médecin Ambroise Paré († 1590), l’agronome Olivier de Serres († 1619), l’ingénieur huguenot Bernard Palissy...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;MONTAIGNE (1533-1592)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître de la sagesse pour les uns et professeur d’idées fausses pour les autres, Montaigne a été défini par Nietzsche en ces mots : "Qu’un tel homme ait écrit, vraiment le plaisir de vivre sur cette terre en a été augmenté...".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né au château de Montaigne dans la région de Bordeaux, Michel Eyquem appartient à une famille de négociants récemment anoblis. Son père l’éduque de façon originale : sa langue maternelle est le latin, il est confié à l’âge de deux ans à un précepteur allemand avant de rejoindre le collège de Guyenne à Bordeaux. Après des études de droit, il devient magistrat, et noue une amitié indéfectible avec Étienne de la Béotie. En 1568, alors marié, il hérite à la mort de son père du nom, du chârteau et de la terre de Montaigne. L’année suivante, il entreprend la traduction de la Théologie naturelle de Raymond (de) Sebond, ouvrage purement théologique qui influencera cependant le reste de son œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1571, montaigne abandonne sa charge de conseiller au Parlement de Bodeaux et se retire dans la "librairie", c’est-à-dire dans la bibliothèque de son château ; il entreprend la rédaction des Essais, dont la première édition paraît en 1580. Son repos est relatif : atteint de la maladie de la pierre, ou gravelle, il voyage de ville d’eau en ville d’art, en France, en Allemagne, en Suisse et surtout en Italie. Élu maire de Bordeaux, il rejoint la ville avec un Journal de voyage qu’il ne destine pas à la publication : les petits faits de la vie quotidienne dans la péninsule italienne y occupent une place déterminante, au détriment des splendeurs de la Renaissance italienne.&lt;br /&gt;Réélu maire en 1583, Montaigne parvient à protéger Bordeaux des excès des guerres civiles. Il continue à travailler aux Essais, sans cesse augmentés et recommentés, par strates successives. Henri IV, après 1589, tente sans succès de l’attirer à la cour : Montaigne ne s’intéresse que de loin aux grandes affaires du royaume, et continue de lire et de travailler à ses Essais jusqu’à sa mort en 1592.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son œuvre principale, Les Essais, est présentée comme une peinture par lui-même des faits divers du monde ; on y trouve ainsi une série de réflexions telles que "Si le chef d’une place assiégée doit sortir pour parlementer", ou de notes sur quelques sujets : "De l’oisiveté", "des menteurs", "de la constance"... Ce livre est déroutant par le fait qu’il n’appartient à aucun genre sinon celui qu’il crée : l’essai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en fait une observation du monde à travers les livres, et Montaigne y insère des citations d’auteur. De plus, il s’agit pour lui de se rendre immortel en se donnant à connaître intimement à ses parents et amis. Les Essais sont donc un long monologue qui traite des sujets les plus divers ; les chapitres reflètent cependant l’inspiration du moment, et le raisonnement ne se plie donc à aucun plan d’ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Essais constituent tout d’abord une description de Montaigne lui-même : curiosité, amour des livres, haine pour la contrainte, franchise et sincérité souvent associées à l’humour et à l’ironie, pauvre mémoire, défiance des passions, goût prononcé pour la fantaisie, et enfin, malgré la maladie et la solitude, une remarquable aptitude au bonheur ! (bonheur ou égoïsme ?).&lt;br /&gt;Quelques directions cependant s’affirment avec constance : d’abord, la quête d’une philosophie qui permette de "savoir-vivre" en un siècle cruel. Suite au décès prématuré de son ami La Béotie en 1563, la pensée de la mort obsède Montaigne ; pour s’aguerrir, il recourt d’abord à la doctrine des philosophes stoïciens de l’Antiquité (Sénèque ou Plutarque) : leur morale vise avant tout à endurcir l’homme contre la douleur. Puis de nouvelles lectures le font incliner dans le sens du scepticisme, et dans l’Apologie de Raymond de Sebond, il fait le procès de la raison humaine et de ses prétentions.; "Que sais-je ?" devient sa devise, et illustre bien le climat de son époque (les frontières du monde ont reculé, on parle d’héliocentrisme...). Ainsi, Montaigne démontre que la seule vérité de l’homme, c’est l’instable et le relatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau de la réflexion religieuse, Montaigne paraît se plier docilement aux règles de la religion catholique. Le mysticisme comme le fanatisme lui sont étrangers, et ce relativisme nous permet de le ranger parmi les "politiques", modérés hostiles à la Ligue comme aux protestants (qui, pour lui, sont responsables du désordre qui ravage la France). Il prend de plus le parti contre toute forme de cruauté, notamment contre la torture (procédure judiciaire normale), contre les procès de sorcellerie, mais surtout contre la sauvagerie des conquêtes coloniales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, sa réflexion sur l’Éducation montre qu’il convient de fortifier la nature de l’enfant, de le rendre meilleur et plus sage. Montaigne recommande une éducation telle que celle qu’il a reçu, avec un précepteur (plutôt qu’une éducation collective), complétée par des conversations, des lectures et des voyages. Il ne s’agit donc plus, comme au temps de Rabelais, de faire de l’élève un "abîme de sciences", mais simplement de former le corps et le jugement.&lt;br /&gt;On peut être rebuté par certains aspects de Montaigne : son conservatisme, son individualisme, son égoïsme. Il n’empêche que ce "livre consubstantiel à son auteur" reste fascinant ; en effet, à travers son livre, on voit non pas l’auteur en train de se décrire, mais en train de se faire : "je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre ne m’a fait". Pour finir, évoquons un trait de Montaigne que personne ne pourra dénier je pense : celui d’avoir parié pour le bonheur.&lt;br /&gt;"Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est notre but, quoiqu’elles en prennent divers moyens".&lt;br /&gt;Loin d’un bonheur utopique, c’est pour un bonheur accessible que pariait ce sceptique au milieu des tempêtes de l’histoire, pour un bonheur très terrestre, le seul qui malgré sa fragilité ne soit pas une chimère pour l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Conclusion :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; on a coutume de partager le XVIe siècle français, de manière assez mécanique, en deux parties : il y aurait d’abord une Renaissance heureuse, porteuse de tant d’espoirs, puis une Renaissance désenchantée, celle de tous les désordres, celle des répressions et des guerres civiles ; cependant, un tel classement est sans doute abusif, et la rupture entre les deux n’est pas nette. Si l’on peut conclure sur une similitude, remarquons que le point commun à tous ces humanistes, qu’ils aient été papistes ou Réformés, est qu’ils ont su se construire une idée d’eux-mêmes et de leur dignité d’individus qui les a empêché de s’identifier ou de s’assujettir à un quelconque modèle de pensée qui prétendait les dominer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-3778669778043494944?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/3778669778043494944/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=3778669778043494944' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/3778669778043494944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/3778669778043494944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/la-littrature-francaise-au-xvime-sicle_14.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-5899705343789867781</id><published>2008-11-14T03:00:00.000-08:00</published><updated>2008-11-14T03:09:28.460-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SR1aiJ9jMjI/AAAAAAAAAK8/2HsPVla6hNY/s1600-h/Francois-Malherbe.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 165px; FLOAT: left; HEIGHT: 218px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268466681929478706" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SR1aiJ9jMjI/AAAAAAAAAK8/2HsPVla6hNY/s200/Francois-Malherbe.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;François de Malherbe&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;( 1555 - 1628 )&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François de Malherbe, né à Caen en 1555 et mort à Paris le 16 octobre 1628, est un poète français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Biographie:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né à Caen, en Normandie, François de Malherbe appartient à une famille qui se vante d'une vieille noblesse normande, mais dont le milieu social est celui des fonctionnaires et des juristes qui forment, dans cette ville, un groupe particulièrement actif.&lt;br /&gt;Il fait des études dans sa ville natale, suit les cours de droit des universités de Caen et de Paris et, à l'étranger, de Heidelberg et de Bâle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1576, ses études terminées, Malherbe va chercher fortune à Paris. Il entre dans la maison d'un haut personnage, fils naturel du roi Henri II, le duc Henri d'Angoulême et lorsque ce dernier est nommé gouverneur de la Provence, il le suit à Aix, attaché comme aide de camp et secrétaire, où il séjournera vingt ans durant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant trente ans environ, Malherbe partagera sa vie entre Caen et la Provence, et rien ne semble alors le destiner à devenir le poète officiel du roi de France. Il écrit très peu d'ailleurs, et se borne à laisser publier un petit nombre de pièces de vers dans les recueils collectifs qui jouent alors le rôle des revues littéraires actuelles. Le mariage (1581), la paternité, de fructueuses fréquentations, remplissent ces temps littéraires obscurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la mort du duc d'Angoulême en 1586, Malherbe continue à mener tantôt en Provence, tantôt en Normandie, la même vie; peu à peu cependant quelques poèmes commencent à se faire connaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'événement décisif se produit en 1605; Guillaume du Vair, premier président au parlement de Provence, ayant à faire un voyage à Paris, emmène son ami Malherbe. Il le présente au roi. Henri IV confie au poète la mission d'écrire ode sur la campagne militaire qu'il prépare contre les insurgés du Limousin. La Prière pour le Roi Henri le Grand allant en Limousin plaît au roi; Aussitôt, celui-ci l'attache au service de son grand écuyer, le duc de Bellegarde, puis le nommera plus tard gentilhomme ordinaire de la Chambre et lui assurera ainsi une situation stable à la cour. Il est entendu qu'il mettra son talent au service de la monarchie. Dès lors, il est le poète officiel de la cour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie de Malherbe est désormais fixée, et du même coup la nature de son œuvre. Poète officiel, il se spécialise dans la célébration des personnes de la cour, genre qu'il a inauguré avec l'Ode au roy Henry le grand (1596) et l'Ode de bienvenue à la reine Marie de Médicis (1600). À cette poésie politique, il convient d'associer étroitement la poésie religieuse. Dans la France d'Henri IV et de Marie de Médicis, la religion est liée à l'ordre monarchique. Ce n'est pas tellement le sentiment religieux qui importe, mais l'affirmation d'un ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la mort d'Henri IV, Marie de Médicis et Louis XIII le protègent. Il devient, plus encore qu'auparavant, le poète de la cour. Il le reste tant que Marie de Médicis dirige les affaires. Quand elle en est écartée, il se tient durant quelques années dans une sorte de retraite. Mais il voit monter la fortune de Richelieu; il s'attache à lui. Richelieu le nomme alors trésorier de France. La fin de sa vie est attristée par la mort de son fils, tué en duel (1627). Les vers de ses dernières années célèbrent la politique du Cardinal. C'est dans ce climat qu'il meurt à Paris en 1628.&lt;br /&gt;La place de Malherbe dans l'histoire de la littérature résulte autant de son activité de poète de cour, ou, comme on disait plus précisément, comme « poète du Louvre » que comme grammairien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, s'il eut l'occasion d'illustrer sa théorie littéraire du vers dans ses propres ouvrages, c'est surtout à travers une analyse sévère des poésies profanes de Desportes (Remarques sur Desportes, 1606) qu'il expose ses principes de l'idéal poétique. Il s'y tint jusqu'à la fin de sa vie. Il l'enseignera à des jeunes gens qui l'ont pris pour maître.&lt;br /&gt;Après 1615, il fera davantage. Il recevra régulièrement chez lui, non seulement des poètes, mais des gens de lettres occupés surtout de prose. À partir de ce moment, il ne sera plus seulement un maître de poésie, mais un maître de la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Replacée dans l'histoire, sa doctrine revêt une signification précise. À cette époque où, en Italie, les moderni s'opposent aux antiquari, Malherbe est un moderne. Il a rompu avec la poésie des humanistes, et Ronsard n'est plus pour lui qu'un auteur dépassé. Chez les Anciens, il n'apprécie ni Homère ni Virgile, mais les auteurs en qui les modernes retrouvent avec raison leur propre goût, Sénèque le Tragique, Ovide, Martial, et par-dessus tout Stace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dire que Malherbe n'est pas pleinement un classique. On serait en droit plutôt de l'appeler baroque puisqu'il partage avec eux le goût de l'outrance, la recherche des extrêmes ingéniosités. Pourtant, on aurait tort de le rattacher aux Baroques pour les vers qu'il compose après 1605, puisqu'en principe il ne se laissait pas entraîner aux excès, d'ailleurs savoureux, de Laugier de Porchères par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'opposé de la doctrine des poètes de la Pléiade, qui l'influencèrent à ses débuts (les Larmes de saint Pierre, 1587) et pour qui « l'invention » était la première des vertus, Malherbe défendit une conception « artisanale » de la poésie, qui portait essentiellement sur la rigueur et la pureté de la forme: il invite le poète à n'exprimer que des thèmes éternels, considérés comme autant de prétextes à un usage précautionneux des rimes et des rythmes, dont l'harmonie ne peut provenir que d'un ordonnancement parfait (Imitation du psaume Lauda anima mea Dominum, 1627). Parallèlement, il milite en faveur d'une poésie nationale susceptible d'être comprise «par les crocheteurs de Port-au-foin», c'est-à-dire par les plus humbles sujets du roi.&lt;br /&gt;Ce n'est donc pas par le sens de la mesure ni par la discrétion des moyens qu'il s'est imposé. C'est par un sentiment admirable de l'équilibre des formes et une exigence de netteté poussés à l'extrême. Il construit ses phrases et ses strophes avec une rigueur inconnue avant lui. La combinaison des mètres et des rimes n'est pas pour lui un problème accessoire de l'art poétique, elle n'est pas davantage un jeu gratuit. Elle lui fournit le moyen d'affirmer sa pensée avec plus de force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pour la même raison qu'il attache tant d'importance à la langue. Moderne, il écarte les mots et les tours qui, dans la poésie antérieure, ont vieilli. Il n'admet pas qu'une expression soit légitime pour cette seule raison qu'elle nous vient des Grecs et des Latins. Il ne connaît que l'usage vivant: non pas celui des professeurs de l'Université, non pas le jargon des métiers, ni celui des gens de robe, non pas, malgré sa boutade trop célèbre, celui des crocheteurs du port au Foin, mais la langue de la belle société, celle des salons, celle de Mme de Rambouillet.&lt;br /&gt;Cette doctrine très simple s'impose. Malherbe vit encore lorsqu'il est considéré comme le maître de la nouvelle poésie et de la langue française. Chapelain, Guez de Balzac, Vaugelas n'ont pas d'autre doctrine que la sienne. L'Académie française, fondée six ans après sa mort, a d'abord été le rassemblement de ses disciples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète-grammairien, il veut donner au siècle nouveau une langue nouvelle, se décrivant lui-même comme un « tyran des mots et des syllabes » qui cherche à fixer la langue française dans sa perfection et qui, de fait, consacre le règne de la clarté et de la simplicité, qui allaient devenir les principales valeurs de la littérature classique. Il a ainsi contribué à établir la langue pure, un peu appauvrie mais claire, juste, relativement stable, de l'époque classique. Par là, son rôle a été prépondérant dans la formation du Classicisme, et son influence considérable sur tout le XVIIe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses poèmes, publiés pour la plupart dans des recueils collectifs, ne furent réunis en volumes qu'après sa mort (les Œuvres de François Malherbe, posthume, 1630).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Anecdote&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Rose elle a vécu ce que vivent les roses&lt;br /&gt;L'espace d'un matin.&lt;br /&gt;Ses deux vers les plus célèbres ont toute une histoire ; initialement, cela commençait par Rosette a vécu..., mais Malherbe, surnommé le Législateur du Parnasse, avait la manie de corriger et de remanier sans cesse ses propres textes. D'ailleurs, lorsqu'il a fini par les publier, pour consoler de la perte de sa fille l'un de ses amis, ce dernier avait eu le temps de se remarier et d'avoir deux autres enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Gros plan sur la Consolation à M. Périer (1598-1599):&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est vers 1598-1599 que Malherbe écrit ce beau poème d'amitié. Un de ses amis, M. du Périer, avocat au parlement d'Aix-en-Provence, vient de perdre sa fille. Il essaie de le consoler. Il utilise toutes les ressources de la pensée baroque: l'être humain est marqué par le relatif, la mort n'est qu'un passage, le temps vient à bout des plus cruelles souffrances. La succession d'alexandrins et de demi-alexandrins, l'adoption de rimes croisées , en créant des effets d'alternance, rendent compte de ces revirements qui bouleversent la vie.&lt;br /&gt;Malherbe reprend ainsi les thèmes qu'il avait déjà développés dans la Consolation à Cléophon (rédigée vers 1590). La Consolation à M. du Périer n'en est, en fait, qu'une seconde version à peine remaniée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Gros plan sur Les Larmes de saint Pierre (1587):&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Larmes de saint Pierre ont été composées par Malherbe durant les guerres de religion. Ce poème religieux évoque le reniement de saint Pierre qui, pour sauver sa vie, nie être le disciple du Christ. Il s'agit d'une œuvre de tonalité baroque. Elle est baroque par la multiplication d'images somptueuses, par l'excès des sentiments qui s'y expriment, par la complexité de sa construction: dans les quelque 396 alexandrins qui la composent, Malherbe a introduit de nombreux développements annexes et de fréquentes allusions aux événements de son époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Gros plan sur Prière pour le roi allant en Limousin (1605):&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1605: Henri IV se prépare à partir pour le Limousin. Les guerres de religion sont terminées. Mais le calme est encore fragile, après tant d'années de trouble. Dans cette prière qu'il adresse à Dieu pour protéger Henri IV, Malherbe, qui a vécu cette période cruelle, redoute des affrontements et souhaite la poursuite et le succès de l'œuvre pacificatrice du roi.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-5899705343789867781?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/5899705343789867781/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=5899705343789867781' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/5899705343789867781'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/5899705343789867781'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/franois-de-malherbe-1555-1628-franois.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SR1aiJ9jMjI/AAAAAAAAAK8/2HsPVla6hNY/s72-c/Francois-Malherbe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-7841670090567660677</id><published>2008-11-14T02:45:00.000-08:00</published><updated>2008-11-14T02:54:04.146-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les guerres de Religion:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1534, au cours d'une nuit du mois d'octobre, des affiches sont posées partout sur les murs de France, jusque sur la porte de la chambre de François 1er. Ces "placards" dénoncent le pape, l'accusant de blasphémer, le traitant de vermine et de menteur. Cette affaire est le symptôme de la guerre des religions qui émerge en France et en Europe. Les thèses de l'allemand Luther (1488-1546) puis du suisse Calvin (1509-1564), les principaux théoriciens de la Réforme, ont convaincu une bonne part de la noblesse française - dont la soeur du roi, Marguerite de Navarre, et créent les conditions d'une rupture entre catholiques et protestants. Ces derniers jugent sévèrement les excès scandaleux de l'Eglise de Rome, ses superstitions et la corruption de ses prélats, son influence politique grandissante, renforcée par par les richesses qu'elle dérive de son commerce florissant avec ses principaux alliés, l'Espagne et le Portugal. Les partisans de la Réforme réclament un retour à la foi pure soutenue par une lecture à la lettre des Evangiles et de la parole du Christ. En revanche, les catholiques, qui soutiennent le pape, accusent les évangélistes d'hérésie, de contester l'autorité du pape et d'abjurer la foi chrétienne en renonçant à ses dogmes fondamentaux. Dans un pays déjà divisé politiquement entre partisans de la Maison de Guise (catholiques) et Huguenots (calvinistes) durant le règne de Henri II (1547-1560), cette confrontation entre réformistes et papistes va prendre des proportions dramatiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le petit-fils de François 1er, Charles IX, hérite de la couronne en 1560, il est trop jeune pour gouverner. C'est donc sa mère, Catherine de Médicis, qui assure la régence jusqu'à sa maturité. En 1562, bien qu'un édit de tolérance permette aux protestants de pratiquer librement leur culte, le duc de Guise fait massacrer plusieurs dizaines d'évangélistes assemblés dans une grange à Wassy, un petit village de Champagne. Cet acte déclenche les hostilités, les protestants obtenant le soutien de l'Angleterre et de l'Allemagne, des batailles ont lieu partout dans les régions de France, ponctuées toutefois par des trèves et traités (Amboise, 1562; Longjumeau, 1567; Saint-Germain, 1570). En août 1572, toute la noblesse protestante est réunie à Paris pour assister au mariage de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, soeur du jeune roi de France. C'est alors que Catherine de Médicis, sous le prétexte de protéger Charles IX contre une conspiration et dans l'espoir de décapiter le mouvement réformiste, donne l'ordre de massacrer la communauté protestante. Le 24 août, jour de la Saint-Barthélemy, des assassinats et des pillages ont lieu à Paris, faisant plusieurs milliers de victimes. Seuls le roi de Navarre et son fils le prince de Condé sont épargnés, ayant été contraints à abjurer leur foi. En province, les assassinats de protestants se poursuivent jusqu'au mois d'octobre, faisant des dizaines de milliers de victimes parmi eux. Cependant, ces terribles massacres sont loin d'anéantir les protestants, ils raniment au contraire un sentiment de solidarité parmi la communauté réformiste et vont exacerber les luttes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la suite de la mort prématurée de Charles IX en 1574 (il n'a que 24 ans), son frère Henri III accède au trône. Le nouveau roi doit faire face à un nouvel ennemi, à l'intérieur même du camp catholique: c'est la Sainte Ligue, menée par le duc de Guise, contrôlant la majeure partie du royaume et réclamant le partage du pouvoir avec le roi. Henri III n'a d'autre solution que de chercher une alliance avec l'autre Henri, roi de Navarre, qui s'est reconverti au protestantisme depuis sa fuite de Paris. En 1588, profitant d'une réunion des Etats généraux à Blois, Henri III fait assassiner les deux membres principaux de la Maison de Guise, dont le duc lui-même. Le roi de France est alors persuadé qu'il pourra régner seul et entreprend avec Henri de Navarre la reconquête militaire du royaume. Cette espérance est de courte durée cependant: l'année suivante, en août 1589, alors qu'il fait le siège de paris, Henri III est à son tour assassiné à coups de poignard par un moine dominicain, Jacques Clément. En l'absence d'héritier direct, c'est à Henri de Navarre, de la branche des Bourbons, descendant de Saint Louis, que revient le trône de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri IV, successeur au trône, est donc un protestant, et il hérite d'un royaume qu'il doit reconquérir face aux rebelles catholiques de la Sainte Ligue. Cette reconquête est achevée quatre ans plus tard, ses troupes pénétrant sans difficulté dans un Paris épuisé par la guerre. Après avoir à nouveau abjuré – de sa propre volonté cette fois – et s'être converti au catholicisme, Henri IV est finalement couronné en 1594 à Chartres. Le règne d'Henri IV se place ainsi sous le signe de la réconciliation et de la paix civile retrouvée: l'Edit de Nantes (1598) permet aux protestants de pratiquer leur culte librement à l'intérieur du royaume, il leur donne aussi le contrôle total de certaines villes. Par ailleurs, Henri IV s'emploie à renforcer le pouvoir royal, affaibli par la montée en puissance des nobles et l'autonomie des communes. Il rétablit, avec son ministre Sully, la collecte des impôts et crée de nouvelles taxes qui renflouent les caisses de l'Etat. L'activité culturelle et artistique peut reprendre, elle est marquée par l'émergence du style baroque, dans l'architecture, les lettres, la musique et les arts. Cette tendance, qui apparaît comme une sorte de récréation après les longues souffrances des guerres, refuse les règles établies, prône la liberté et la fantaisie et même une certaine démesure dans le cadre d'une exécution toujours raffinée et décorative. Le règne du populaire Henri IV finit brutalement, en 1610: il est assassiné par Ravaillac, un catholique, qui a été sévèrement puni pour ce crime dont il n'a jamais révélé les motifs.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.renaissance-amboise.com/dossier_renaissance/ses_evenements/guerres/guerre_religion.php"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;les guerres de religion sous Henri II, Charles IX, Henri III&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-7841670090567660677?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/7841670090567660677/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=7841670090567660677' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/7841670090567660677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/7841670090567660677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/les-guerres-de-religion-en-1534-au.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-1847302425372158144</id><published>2008-11-11T03:32:00.000-08:00</published><updated>2008-11-13T02:28:11.310-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRltYmJXxeI/AAAAAAAAAKs/NQoaK6g_AwM/s1600-h/dubellay3.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 153px; FLOAT: left; HEIGHT: 200px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267361508510647778" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRltYmJXxeI/AAAAAAAAAKs/NQoaK6g_AwM/s200/dubellay3.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#009900"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;Joachim Du Bellay&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="5"&gt;v. 1522 – 1560&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 au château de la Turmelière (Liré), dans le Maine-et-Loire, et mort en 1560, à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, la Défense et illustration de la langue française. Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d'inspiration élégiaque et satirique, écrit à l'occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Biographie de Joachim du Bellay&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joachim du Bellay est né au château de La Turmelière, près de Liré en Anjou, en 1522. Il est originaire d’une famille de cardinaux, de diplomates et de gouverneurs. Orphelin de père (Jean du Bellay, seigneur de Gonnort, 1480-1423) et de mère (Renée Chabot, 1490-1530) avant qu’il n’ait 10 ans, il est confié à la tutelle de René, son frère aîné. Il a également une soeur, Catherine (née vers 1510, qui épousera Christophe du Breil, Capitaine d’une compagnie de 50 hommes, seigneur de la Mauvoisinière en Bouzillé, du Bois en Riaillé et du Theil en Trans, dont la postérité sera Victor Hugo). René, son frère aîné, né vers 1507, le néglige. Si l’on en croit les propres affirmations de Joachim du Bellay, il a une enfance triste, solitaire à la Turmelière dans le manoir paternel. Il devient un adolescent fragile qui apprend à se recueillir dans la solitude des forêts et à rêver sur les bords de la Loire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, appartenant à une branche cadette de sa noble maison, Joachim ne peut envisager de vivre sur ses terres. il lui faut envisager un état qui l’aidera à tenir sa place dans le monde. Il souhaite s’illustrer dans la carrière des armes, sous l’égide de son cousin Guillaume du Bellay ((1491-1543), seigneur de Langey (ou Langeais) et Général de François Ier (il écrivit ses Mémoires), gouverneur du Piémont ; mais la mort de ce parent en 1543, en présence de Rabelais pendant le voyage de retour d’Italie, ruine ce projet. 1543 est aussi l’année où Bellay, Ronsard et Peletier du Mans se sont croisés dans la cathédrale où étaient célébrées, par René du Bellay (1500-1546), évêque du Mans, les obsèques de Guillaume. Il se tourne alors vers l’état ecclésiastique, comptant sur le crédit de son autre cousin Jean du Bellay (1492-1560). Pour se préparer à servir le cardinal, il étudie le droit à la Faculté de Poitiers, vers 1545. A Poitiers, Joachim Du Bellay fait la connaissance de l’érudit Muret, des poètes Salmon Macrin et Jacques Peletiers du Mans, lequel influencera les idées de La Pléiade et qui lui fait découvrir les lettres antiques et l’initie à la pratique de l’Ode. Il rédige ses premières Poésies latines et françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après des études auprès de Marc-Antoine Muret, Jean Dorat (1508-1588) fut nommé Principal du collège de Coqueret, prêtre d’Amiens, sur la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (près du Panthéon actuel), il y fait entrer deux de ses élèves, Ronsard (qui lui-même était l’arrière arrière-petit-fils d’une Jeanne du Bellay ( 1390-1465)) et Jean-Antoine de Baïf. Du Bellay les y rejoignit, s’efforçant avec passion et ténacité de combler les lacunes de sa scolarité antérieure et d’acquérir une formation littéraire approfondie : il compléte sa connaissance du latin, apprit le grec et découvrit les poètes italiens. Au collège de Coqueret, ils auront Jean Dorat, un brillant helléniste comme professeur. Sous sa direction, Du Bellay étudie les auteurs de l’Antiquité (plutôt les auteurs latins, alors que Ronsard et Baïf s’intéressent aux grecs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ronsard et du Bellay forment alors un groupe d’amis, qui prendra en 1549 le nom de Brigade avant d’adopter en 1553 celui de la Pléiade. Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques. On y trouve avec des partants et des nouveaux, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard, Jacques Pelletier du Mans (1517-1582), Remy Belleau, Jean Dorat, Jean-Antoine de Antoine Baïf (1532-1589) et Jean de la Péruse. La publication en 1548 de l’Art poétique du rhétoriqueur Thomas Sébillet, qui préconise aussi bien l’usage des formes médiévales françaises que des formes antiques, d’exposer et de développer une véritable théorie littéraire et savante. En réponse à Sébillet, avec lequel en réalité le désaccord est mince, et au nom de la Brigade, Du Bellay rédige une sorte d’art poétique intitulé Défense et Illustration de la langue française, dédié à un cousin germain de son père, le cardinal René du Bellay. Dans cet opuscule généralement considéré comme le manifeste de la Brigade, le poète préconise, contre les défenseurs du latin et les poètes marotiques, l’usage de la langue française en poésie. Il appelle en outre de ses vœux l’enrichissement du vocabulaire par la création de termes nouveaux (abréviations de termes existants, création de mots composés, réactivation du sens des racines anciennes, etc.). Les emprunts à d’autres langues, régionales ou étrangères (grecque et latine notamment), sont également conseillés, à condition que les mots choisis soient adaptés en français. Du Bellay recommande aussi d’abandonner les formes poétiques médiévales employées jusqu’à Clément Marot et préconise l’imitation des genres en usage dans l’Antiquité, tels que l’élégie, le sonnet, l’épopée ou l’ode lyrique, mais aussi la comédie et la tragédie. L’art du poète, tel que le définissent Du Bellay et ses confrères, consiste donc à se consacrer à l’imitation des Anciens, tout en respectant certaines règles de versification spécifiquement françaises ; son but ne doit pas être celui de distraire seulement, mais de célébrer des valeurs éternelles et de chanter les louanges des grands hommes, qui se trouvent ainsi voués à l’immortalité grâce à la beauté des vers. La même année Du Bellay publie un recueil d’une cinquantaine de sonnets, L’Olive. Ces sonnets ''à la manière'' de Petrarque, connaissent un grand succès. On ne sait pas si le nom représente une de plusieurs parentes du poète qui portaient ce nom, ou bien s’il s’agit d’une anagramme de Mlle Viole, la nièce d’un évêque parisien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Recueil de Poésie en novembre 1549, dédié à la princesse Marguerite de France, soeur du roi Henri II, lui permet de devenir poète de cour. Surmené par une production fiévreuse, ce travail harassant et une faible complexion déclenchent en lui dès la fin de l’année 1549 une tuberculose pulmonaire et une surdité qui se manifeste en 1550. (très grave dès 1552).&lt;br /&gt;En 1550, en raison du succès des Cinquante Sonnetz de l’olive, il publie une deuxième édition augmentée de 65 sonnets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1551, il connaît de nombreux soucis : procès, affaires de famille, d’autant plus qu’il devient cette année-là tuteur de son neveu Claude, fils de son propre tuteur et frère décédé, René. Ce tutorat lui vaut d’entrer en procès avec Magdelon de la Roche au sujet d’un terrain, la terre d’Oudon, acquise de façon douteuse par René du Bellay. Il poursuit sa carrière poétique en participant au Tombeau de Marguerite de valois, Royne de Navarre.&lt;br /&gt;En 1552, la traduction en décasyllabes du IVe livre de L’Enéide accompagnée d’autres œuvres, sous le titre Quatrième Livre de l’Enéïde et œuvres de l’invention du translateur relève des lectures, mais la Complainte du désespéré évoque sa déchéance physique (à 30 ans !) avec des accents personnels. En 1553, Jean Du Bellay, qui avait été en disgrâce, est rappelé par le roi Henri II, en guerre contre Charles-Quint, pour négocier avec le pape Jules III. Le cardinal accepte d’emmener son cousin Joachim Du Bellay comme secrétaire. Du Bellay passe par Lyon, où il rencontre Pontus du Tyard (1525-1605, un des compagnons de la Pléiade) et aussi Maurice Scève, un poète qu’il admire. Cet exil de quatre ans commencera dans l’enthousiasme. Mais Rome qu’il avait tant magnifié dans ses rêves, le décevra. Joachim Du Bellay nourrit une double ambition : Rome est la capitale de la chrétienté d’Occident, et le siège de la papauté : capitale spirituelle et temporelle, elle offre de nombreux espoirs de carrière ; ancienne capitale de l’Empire romain, Rome est aussi le lieu que tout humaniste rêve de fréquenter : non seulement pour les vestiges de l’Antiquité, mais aussi parce que la Renaissance érudite et artistique a pris racine en Italie... Joachim Du Bellay est doublement déçu : il est chargé par le cardinal son cousin du ''ménage''. C’est-à-dire qu’il était intendant et devait s’occuper de régler les divers créanciers, voire de les faire patienter (le cardinal entretenait plus de cent personnes en un magnifique palais). Ces occupation ingrates l’ennuient et ne correspondent pas à son goût de la poésie. Sa fonction lui fait en outre découvrir les turpitudes, la corruption et la débauche qui sévissaient dans la capitale pontificale. Pour qui avait été nourri des auteurs latins, la découverte des moeurs de Rome ne pouvait que décevoir. Ces déceptions, le fait de végéter à un poste d’intendant pendant que ses amis restés en France connaissent le succès à la Cour, rendent Joachim Du Bellay de plus en plus nostalgique de son pays natal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1557, après la défaite de Saint-Quentin, le cardinal Jean du Bellay, qui n’est pas parvenu à convaincre Paul IV, doit reconnaître l’échec de sa mission. Joachim du Bellay rentre en France.&lt;br /&gt;De retour à Paris, en 1558, il publie Les Regrets, un recueil de 191 sonnets en alexandrins, peinture de la Rome pontificale en proie aux intrigues de cour dominée par le portrait du poète en Ulysse, (Heureux qui comme Ulysse). Il publie également la même année Les Antiquités de Rome, quête de la Rome païenne, mais surtout méditation sur le destin des empires. Ce recueil de trente-deux sonnets, suivi d’un Songe de quinze sonnets, d’une tonalité grave et presque solennelle, reprend un motif traditionnel de la poésie consacrée à Rome, puisqu’il chante la gloire passée de la Rome antique, contrastant violemment, aux yeux du poète, avec la Rome dans laquelle il évolue, celle des papes, où il ne voit que luxure, bassesse et compromission. Toujours en 1558, Divers jeux rustiques vient tempérer l’image mélancolique des deux autres livres. Du Bellay a conçu son recueil comme un divertissement, multipliant les imitations, mêlant les tons, y faisant figurer un Hymne à la surdité qui visait bien évidemment Ronsard mais aussi Du Bellay lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la mort accidentelle du roi en juillet 1559 (une lance lui perce l’oeil pendant un tournoi), Du Bellay essaie de plaire à François II, âgé de quinze ans et l’époux de Maria Stuart. Mais le poète est de plus en plus troublé par des disputes de famille et par sa santé. Enfin, en 1559, la régente Catherine a un geste et l’inscrit parmi les pensionnés en 1559 de François II, auquel il avait adressé un Ample discours au Roi sur le fait des quatre états du royaume de France . Du Bellay doit à nouveau se défendre concernant la terre d’Oudon, la terre acquise de façon douteuse par son oncle René du Bellay. L’affaire trouve enfin un arrangement : en échange d’une indemnité, du Bellay renonce aux droits de sa famille sur cette terre. Cet accord va lui permettre de s’affranchir de ses soucis financiers Sa santé se détériore. Sourd et malade, il meurt le 1er janvier 1560 à 37 ans, d’une apoplexie. Il est inhumé à Paris, en la chapelle des Saint-Crépin et Crépinien dans le choeur de la cathédrale Nôtre-Dame de Paris. La tombe de Du Bellay n’existe plus à cet endroit. La chapelle de Saint-Crépin et Crépinien est actuellement sous le patronage de Saint-Georges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Turmelière demeure possession des du Bellay jusqu’en 1562, date à laquelle décède sans descendance Claude du Bellay, neveu de Joachim mort deux ans plus tôt. Le domaine revient alors à la sœur du poète Catherine, mariée à Christophe du Breil. Jusqu’en 1643 les du Breil sont maîtres de la Turmelière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;Sa vie&lt;/font&gt; &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="5"&gt;Débuts littéraires:&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joachim Du Bellay est né près de Liré, en Anjou, au sein d'une famille de notables provinciaux de grand renom. C'est à Poitiers, où il étudie le droit (1545) qu'il commence à s'intéresser à la poésie. Il se lie d'ailleurs à cette époque avec des poètes tels que Jean de La Péruse, Jacques Peletier du Mans, tous deux futurs membres de la Brigade, mais surtout avec Pierre de Ronsard, dont il fait la connaissance en 1547, et qui deviendra son meilleur ami en même temps que son plus grand rival en matière de poésie et de renommée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec ce dernier, en effet, il gagne Paris et intègre le collège humaniste de Coqueret, où il rencontre encore Jean Antoine de Baïf. Ce collège du Quartier latin est alors dirigé par l'érudit Jean Dorat (qui rejoindra le groupe de la Brigade à l'invitation de Ronsard), admirateur fervent et traducteur exigeant des grands auteurs de l'Antiquité grecque et romaine. Du Bellay s'y trouve bientôt admis dans un cercle restreint de lettrés dont la principale occupation est l'étude et la pratique des textes anciens et des poètes italiens. Ce cercle, alors baptisé « la Brigade » (puis plus tard et par hasard, la Pléiade), prend le parti, pour la première fois après la publication en 1548 de l'Art poétique du rhétoriqueur Thomas Sébillet, qui préconise aussi bien l'usage des formes médiévales françaises que des formes antiques, d'exposer et de développer une véritable théorie littéraire et savante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réponse à Sébillet, avec lequel en réalité le désaccord est mince, et au nom de la Brigade, Du Bellay rédige une sorte d'art poétique intitulé Défense et Illustration de la langue française. Dans cet opuscule généralement considéré comme le manifeste de la Brigade, le poète préconise, contre les défenseurs du latin et les poètes marotiques, l'usage de la langue française en poésie. Il appelle en outre de ses vœux l'enrichissement du vocabulaire par la création de termes nouveaux (abréviations de termes existants, création de mots composés, réactivation du sens des racines anciennes, etc.). Les emprunts à d'autres langues, régionales ou étrangères (grecque et latine notamment), sont également conseillés, à condition que les mots choisis soient adaptés en français. Du Bellay recommande aussi d'abandonner les formes poétiques médiévales employées jusqu'à Clément Marot et préconise l'imitation des genres en usage dans l'Antiquité, tels que l'élégie, le sonnet, l'épopée ou l'ode lyrique , mais aussi la comédie et la tragédie .&lt;br /&gt;L'art du poète, tel que le définissent Du Bellay et ses confrères, consiste donc à se consacrer à l'imitation des Anciens, tout en respectant certaines règles de versification spécifiquement françaises; son but ne doit pas être celui de distraire seulement, mais de célébrer des valeurs éternelles et de chanter les louanges des grands hommes, qui se trouvent ainsi voués à l'immortalité grâce à la beauté des vers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="4"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600"&gt;Une jeunesse "obscure" (1522-1547)&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Issu d'une famille déjà célèbre par ses hommes de guerre et ses diplomates, JOACHIM DU BELLAY est né en 1522 au château de La Turmelière, près de Liré, en Anjou.&lt;br /&gt;Maladif, orphelin de bonne heure, négligé par son tuteur, il passe une enfance rêveuse dans le manoir paternel, sans grande activité. Il souhaitait s'illustrer dans la carrière des armes, sous l'égide de son cousin Guillaume de Langey, gouverneur du Piémont ; mais la mort de ce parent en 1541 ruine ce projet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se tourne alors vers l'état ecclésiastique, comptant sur le crédit d'un autre cousin : le cardinal JEAN DU BELLAY, évêque de Paris et diplomate. Pour se préparer à servir le cardinal, il étudie le droit à la Faculté de Poitiers, vers 1545.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Poitiers, Joachim Du Bellay fait la connaissance de l'érudit Muret, des poètes Salmon Macrin et Peletiers du Mans, lequel influencera les idées de La Pléiade. Il rédige ses premières Poésies latines et françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fin de 1547, il quitte Poitiers pour Paris, afin de suivre Ronsard. En effet, Du Bellay aurait rencontré Ronsard (âgé alors de 23 ans) aux environs de Poitiers. Chez son ami Jean-Antoine de Baïf, Ronsard avait suivi les leçons de l'helléniste Jean Dorat. Ce dernier venait d'être nommé à la fin 1547 principal du Collège Coqueret, à Paris. Les deux jeunes gens, qu'il avait passionnés pour l'étude de la poésie, décidèrent de le rejoindre à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;Le Collège de Coqueret (1547-1549)&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sous la direction de Dorat, Du Bellay étudie les auteurs de l'Antiquité (plutôt les auteurs latins, alors que Ronsard et Baïf s'intéressent aux grecs). Il étudie aussi l'italien et découvre Pétrarque (son premier recueil de sonnets, L'Olive, est composé à la façon des sonnets pétrarquistes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1549, Du Bellay publie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Défense et illustration de la langue françoise, conçu avec Ronsard. Il semble que la responsabilité en soit revenue à Du Bellay parce qu'il était protégé par le cardinal Jean Du Bellay, alors représentant de la couronne à Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Olive, recueil de sonnets inspirés de Pétrarque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers lyriques, recueil inspiré du poète latin Horace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Recueil de Poésie (novembre 1549), dédié à la princesse Marguerite, soeur du roi Henri II. Ce recueil lui permet de devenir poète de cour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#ff6600"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="4"&gt;Trois ans de souffrances (1550-1552)&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Surmené par cette production fiévreuse, Du Bellay tombe malade et reste plus de deux ans à souffrir ; il commence aussi à devenir sourd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il cultive la poésie et la lecture des auteurs grecs et latins afin d'oublier son mal, mais cette épreuve donnera déjà des accents personnels à sa poésie. Certes la traduction en décasyllabes du IVe livre de l'Enéide (1552) relève des lectures, mais la Complainte du désespéré évoque sa déchéance physique (à 30 ans !) avec des accents personnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="4"&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;&lt;strong&gt;Le séjour à Rome (1553-1557)&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;En 1553, le cardinal Jean Du Bellay, qui avait été en disgrâce, est rappelé par le roi Henri II, en guerre contre Charles-Quint, pour négocier avec le pape Jules III. Le cardinal accepte d'emmener son cousin Joachim Du Bellay comme secrétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;Les espoirs&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joachim Du Bellay nourrit une double ambition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rome est la capitale de la chrétienté d'Occident, et le siège de la papauté : capitale spirituelle et temporelle, elle offre de nombreux espoirs de carrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ancienne capitale de l'Empire romain, Rome est aussi le lieu que tout humaniste rêve de fréquenter : non seulement pour les vestiges de l'Antiquité, mais aussi parce que la Renaissance érudite et artistique a pris racine en Italie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#ff6600"&gt;&lt;strong&gt;Les déceptions et l'amertume&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Joachim Du Bellay fut doublement déçu :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était chargé par le cardinal son cousin du "ménage". C'est-à-dire qu'il était intendant et devait s'occuper de régler les divers créanciers, voire de les faire patienter (le cardinal entretenait plus de cent personnes en un magnifique palais). Ces occupation ingrates l'ennuient et ne correspondent pas à son goût de la poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sa fonction lui fit en outre découvrir les turpitudes, la corruption et la débauche qui sévissaient dans la capitale pontificale. Pour qui avait été nourri des auteurs latins, la découverte des moeurs de Rome ne pouvait que décevoir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces déceptions, le fait de végéter à un poste d'intendant pendant que ses amis restés en France connaissent le succès à la Cour, rendent Joachim Du Bellay de plus en plus nostalgique de son pays natal, nostalgie qu'il est le premier à dépeindre (voir le sonnet XXXI des Regrets).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#009900"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;Le retour en France (1557-1560)&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;A son retour en France, Joachim Du Bellay désire reprendre sa place parmi les poètes de cour. Il publia les pièces composées à Rome, et qu'il avait dû garder par égard pour son protecteur le cardinal, et pour la mission diplomatique de celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1558 : Les Antiquités de Rome, Les Regrets, Poemata, Jeux rustiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1559 : Le Poète Courtisan. S'il parvient à se faire entendre à la Cour, Du Bellay&lt;br /&gt;doit tout reprendre à la mort d'Henri II, en juillet 1559. Il parviendra à se faire inscrire sur la liste des pensions du successeur François II, auquel il avait adressé un Ample discours au Roi sur le fait des quatre états du royaume de France (1559).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les affaires privées de Du Bellay sont en piteux état : ses biens lui sont contestés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déçu par le succès de jeunes poètes de Cour, épuisé par les tracas concernant ses biens, ayant des démêlés avec plusieurs de ses parents (dont semble-t-il le cardinal lui-même, peu content de certains sonnets des Regrets), Joachim Du Bellay a vu s'accroître sa surdité : il ne communique plus que par écrit dès 1559.&lt;br /&gt;Il meurt le 1er janvier 1560, à 37 ans, dans la nuit, en écrivant des vers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;Bibliographie &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A la ville du Mans&lt;br /&gt;L'Olive&lt;br /&gt;Vers Lyriques&lt;br /&gt;Poésies françaises dédiées à la princesse Marguerite, soeur de Henri II&lt;br /&gt;Le Tombeau de Marguerite de Valois&lt;br /&gt;Les Regrets&lt;br /&gt;Les Antiquités de Rome&lt;br /&gt;Poésies Latines&lt;br /&gt;Le Poète courtisan&lt;br /&gt;Discours sur la poésie&lt;br /&gt;Sonnets à la reine de Navarre&lt;br /&gt;Défense et illustration de la langue française&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Joachim_du_Bellay"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Œuvres principales&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9fense_et_illustration_de_la_langue_fran%C3%A7aise"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;A Défense et illustration de la langue française (1549) &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Olive"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;B : l'Olive (1549) &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Antiquit%C3%A9s_de_Rome"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;C : Antiquités de Rome (1558) &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Regrets_(du_Bellay)"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600" size="4"&gt;D : Regrets (1558) &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#ff6600"&gt;E : Divers jeux rustiques (1558)&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900"&gt;Son Style&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size="3"&gt;&lt;font color="#009900"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;La poésie du XVIe siècle, essentiellement anonyme, est écrit le plus souvent sur des motifs préétablis et dans un langage qui doit plus à la rhétorique qu’à une expérience vécue. Le ``je`` du poète est un autre ; il désigne un être indéterminé qui cherche à s’identifier avec une écriture collective. Du Bellay échappe partiellement à cet anonymat, mais sans jamais se dégager du processus scriptural par les configurations de sa poétique. Certains écrivains, ayant fait des ouvrages sur Du Bellay vont même jusqu’à dire que : ``sont œuvre est un véritable carrefour de rencontres littéraires, un foyer d’influences et de permutation de texte divers``. Les œuvres de Du Bellay suppose la métaphorisation du ``moi``, son intégration dans un univers de correspondances sémantiques et linguistiques. La parole n’est pas mise au service d’une expression personnelle ; elle cesse de lui appartenir, de traduire sans immédiat, pour figurer le fonctionnement d'un langage se cherchant et se reproduisant lui-même.&lt;br /&gt;Les historiens de la littérature ont cru discerner chez Du Bellay une réaction contre l'écriture pétrarquiste au profit de la subjectivité. Mais l’élément autobiographique dans Les Regrets, ne dépasse jamais le plan du poétique, le ``moi`` s’y manifestant, comme d’ailleurs dans l’Olive ou Les Antiquités de Rome, D’une manière détournée à travers les interrogations du langage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Son langage&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="3"&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay ne cherche pas à déposer dans l’espace du texte la durée d’une expérience ; il vise plutôt à trouver un langage qui traduise son idée de l’adéquation poétique. Il y a donc une relation métonymique entre l’idéal linguistique et les diverses figurations. L’onomastique détermine une écriture close et circonscrite dont la reflexibilité décèle la présence du commentateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche d’un langage immédiat, simplifié et par conséquent démétaphorisé, aboutit à un refus du pétrarquisme. La confrontation de ces deux langages est pour Du Bellay l’occasion dont la plupart sont usées, mais auxquelles il pourrait encore adhérer secrètement. Puisque Du Bellay trouve que le langage à été dénaturé par les artifices de la métaphorisation pétrarquiste, il vise à substituer la simplicité et le naturel.&lt;br /&gt;Malgré la primauté qu’il accorde au langage. Du Bellay donne l ‘impression de parler beaucoup de lui-même, mais ses confidences se réfère de plus en plus à l'écriture. Il généralise sa participation. Au lieu de faire des aveux sur son ``moi`` essentiel, Du Bellay se demande comment on peut en faire ; il s’interroge sur les obstacles à une poésie personnelle et créer par-là les moyen d’une écriture qui se commente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color="#009900" size="5"&gt;Sa Rome&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rome occupe ,dans l’œuvre de Du Bellay, une place prédominante. C’est un nom qu’il ne cesse d’interroger et qui importe plus à son écriture que le souvenir de l'Anjou ou l’examen de son ``moi``. Dans son optique destructrice, Rome est dépoétisée, c’est un nom dont il enregistre les différentes transformations sémantiques et qui témoigne par son arbitraire de l’inconstance universelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une part Rome est la ville, l’urbs qu’il oppose au locus amoenus de l’Anjou et dont l’art et l’artifice ne réussissent pas à dissimuler les ruines à la fois architecturales et morales. D’autre part, Rome implique un langage emphatique, oratoire, que Du Bellay voudra atténuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font size="3"&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font color="#ff6600"&gt;L'Olive et la Veine Pétrarquiste:&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay met en application ses théories dans l'ensemble de son œuvre poétique. En 1549, en même temps que le texte de la Défense, il publie l'Olive, un recueil de sonnets amoureux dédié à Marguerite de France, et dont l'inspiratrice, s'il en est une, reste à ce jour mystérieuse. Dans sa première édition, l'ouvrage regroupe cinquante poèmes, mais il est étoffé de soixante-quinze sonnets en 1550, dans le recueil de l'Olive augmentée. Le succès du sonnet en France doit sans doute beaucoup à cet ouvrage qui mêle sonnets originaux et sonnets imités du Canzoniere de Pétrarque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay publie ce recueil en 1549. L’Olive se distingue par la perfection de son langage ; il résiste cependant à l’interprétation à cause de ses tendances allusives et surtout parce que le nom choisi par Du Bellay pour désigner son sujet reste trés ambigu. Au lieu de délimiter le champ onomastique d’Olive, il hésite entre une identité végétale et humaine, assimilant la culture de la plante/femme à celle de la production poétique. Dans le déroulement du recueil, le nom commun précède le nom propre et figure d’abord les qualificatifs de la poésie souhaitée.&lt;br /&gt;Du Bellay établit, de cette façon, le rapport déterminant entre la quête de la perfection poétique et le symbole de cette quête, l’olive, forme ronde, lisse, close, qui, par métamorphose, devient Olive, femme dont les attributs relèvent d’une même symbolique. Il est, par ce fait, évident que Du Bellay s’intéresse à la formation d’un langage et que l’expérience qui en détermine les contours est d’ordre poétique plutôt qu’amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#ff6600" size="5"&gt;&lt;strong&gt;Les Regrets et les Antiquités de Rome:&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De 1555 à 1557, Du Bellay vit à Rome, pour y remplir la fonction de secrétaire auprès de son oncle le cardinal Jean Du Bellay. Ce séjour au pays d'Horace et de Pétrarque le séduit d'abord, puis le déprime profondément. D'une santé fragile, isolé par la surdité dont il est atteint, et surtout nostalgique de son Anjou natal, il ne peut apprécier la beauté de Rome sans amertume: le spectacle des ruines qui le plonge dans une sombre méditation sur le déclin de toute chose, lui inspire le recueil les Antiquités de Rome, publié à son retour en France, en 1558. Ce recueil de trente-deux sonnets, suivi d'un Songe de quinze sonnets, d'une tonalité grave et presque solennelle, reprend un motif traditionnel de la poésie consacrée à Rome, puisqu'il chante la gloire passée de la Rome antique, contrastant violemment, aux yeux du poète, avec la Rome dans laquelle il évolue, celle des papes, où il ne voit que luxure, bassesse et compromission. Du Bellay renouvelle pourtant ce thème, en élargissant l'objet de sa déploration à la disparition fatale de toute chose créée, ce qui donne lieu à une méditation sincère et émouvante sur le temps destructeur et sur la vanité de l'existence. À Rome, il compose aussi son célèbre recueil les Regrets, publié à Paris la même année que les Antiquités de Rome. Ce recueil de cent quatre-vingt onze sonnets, à la fois lyrique et satirique, se présente comme le tableau intime des états de l'âme naturellement insatisfaite du poète, en particulier de sa nostalgie profonde de la France et de la campagne angevine. Comparé aux Antiquités de Rome, les Regrets est, aux yeux de son auteur, un projet poétique plus modeste, car plus personnel: ce n'est plus Rome qui occupe ici le devant de la scène, mais la mélancolie et les « regrets » de l'auteur, saisis au jour le jour et composés dans une langue simple délaissant les artifices de la rhétorique et le style élevé. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;font size="3"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size="4"&gt;Résumé - Les Regrets&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Regrets est un recueil de poèmes de Joachim du Bellay (1522-1560), écrit lors de son voyage à Rome de 1553 à 1557 et publié à son retour en 1558.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le recueil comprend 191 sonnets d'alexandrins. C'est une nouveauté. Autre innovation, c'est un recueil de facture pétrarquiste. Mais le sujet n'est pas l'amour pour une femme. Le pays natal la remplace. C'est aussi, comme le remarque Yvonne Bellenger, ''le premier recueil de sonnets qui ait fait résonner la satire en France''. On distingue trois sources d'inspiration: élégiaque, satirique et encomiastique. Revenu en France, le poète y retrouve les travers observés à Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parallèlement à ces incursions dans le passé, la Rome ancienne dans les songes, Du Bellay va s’exercer, dans Les Regrets, sur le présent de Rome, son propre présent et le présent de son écriture. Dès le premier sonnet de ce recueil, il prend position contre une écriture métaphorisante qui désigne et transforme plutôt qu’elle ne nomme directement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans Les Regrets, Du Bellay cherche à définir et à illustrer une poétique du dépouillement, à supprimer tout élément aléatoire dans l'évolution du poème. Il cherche un langage dont la pauvreté syntaxique et lexicale est l’indice d’un écrivain qui dirige son poème et n’y tolère aucun éléments incontrôlés et incontrôlables. La métaphore chez Du Bellay, surtout dans Les Regrets, plus statique que dynamique, plus pictural que fonctionnelle, n’est pas fondue dans la trame.&lt;br /&gt;Du Bellay use d’une dynamique constante, les strates juxtaposées plutôt qu’imbriquées soulignant la qualité «pédestre » de son «chant », l’image ample et longuement soutenue provenant d’une éloquence perdue ; au moment où il condamne la métaphorisation il y retombe pour en marquer son éloignement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color="#ff6600" size="5"&gt;&lt;strong&gt;Derniers textes:&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À son retour en France, Du Bellay publie aussi d'autres recueils de tonalité plus légère, tels les Divers Jeux rustiques (1558), les Poemata en latin (1558), ou le satirique Poète courtisan (1559), tout en se consacrant à des travaux de traduction (comme la traduction de deux livres de l'Enéide de Virgile ou du Sympose de Platon en 1559), d'imitation des Antiques (Recueil de poésie revu et augmenté par l'auteur, en 1560) et à la poésie officielle ou de louange (Louange de la France, en 1560, ou Sonnets à la Royne de Navarre, publiés à titre posthume en 1561), qui font de lui l'un des plus éminents spécialistes de son temps.&lt;br /&gt;Revenu d'Italie en mauvaise santé et épuisé par la maladie, Du Bellay meurt à Paris à l'âge de trente-sept ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size="5"&gt;&lt;/font&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-1847302425372158144?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/1847302425372158144/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=1847302425372158144' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/1847302425372158144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/1847302425372158144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/joachim-du-bellay-v.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRltYmJXxeI/AAAAAAAAAKs/NQoaK6g_AwM/s72-c/dubellay3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-8467323274089214383</id><published>2008-11-11T03:08:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T03:18:40.587-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.azadunifr.blogspot.com/"&gt;&lt;img alt="Powered by Blogger" src="http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SNOBr3snRuI/AAAAAAAAAFg/we1-H0UFYrk/s200/ronsard.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Pierre de Ronsard&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;( 1524 - 1558 )&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Naissance :&lt;/strong&gt; 1er septembre 1524&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Décès :&lt;/strong&gt; le 27 décembre 1585&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Activité&lt;/strong&gt; : Écrivain et poète français&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre de Ronsard, est un des poètes français les plus importants du XVIe siècle. Il est né au manoir de la Possonnière, près du village de Couture-sur-Loir en Vendômois, aujourd'hui dans le département du Loir-et-Cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Prince des poètes et poète des princes », Pierre de Ronsard, adepte de l'épicurisme, est une figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance. Auteur d'une œuvre vaste qui, en plus de trente ans, a touché aussi bien la poésie engagée et « officielle » dans le contexte des guerres de religions avec les Hymnes et les Discours (1555-1564), que l'épopée avec La Franciade (1572) ou la poésie lyrique avec les recueils des Odes (1550-1552) et des Amours ( Les Amours de Cassandre, 1552 - Les Amours de Marie, 1555 - Sonnets pour Hélène, 1578). Ces poèmes lyriques qui développent les thèmes de la nature et de l'amour, associés aux références de l'Antiquité gréco-latine et à la forme du sonnet, constituent la partie vivante de l'œuvre de l'animateur du renouveau poétique que fut Pierre de Ronsard avec ses compagnons de la Pléiade et son ami Joachim du Bellay. Soutenu par Henri II puis Charles IX, Pierre de Ronsard a été célébré par ses contemporains mais déprécié par François de Malherbe et les Classiques puis oublié avant d'être redécouvert dans la première moitié du XIXe siècle par Sainte-Beuve et par les Romantiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Biographie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre de Ronsard naît le 1er septembre 1524 dans le château de la Possonnière, près de Vendôme. Il est le fils de Louis de Ronsard et de Jeannez Chaudrier. Son père a combattu sous Louis XII et François 1er, notamment aux côtés de Bayard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ronsard entre au service de la cour royale en 1536 et devient le page du troisième fils de François 1er, Charles d'Orléans. Il reçoit les ordres mineurs de l'évêque du Mans en 1543, mais n'est pas ordonné prêtre. Il est par la suite élève au collège de Coqueret, à Paris ou il a pour maître Jean Dorat, un grand helléniste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 20 ans, en avril 1545, Ronsard rencontre, dans une fête à la cour de Blois, Cassandre Salviati, âgée de 13 ans, fille d'un banquier italien. Deux jours après, la cour quitte Blois : Il "n'eut moyen que de la voir, de l'aimer et de la laisser au même instant". Ronsard ne cessera dans ses oeuvres de proclamer son amour platonique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1547 Pierre de Ronsard s'inscrit à l'Université et fait la connaissance de Joachim du Bellay. Il décide de former avec d'autres jeunes poètes un groupe qui prendra le nom de "Brigade" avant d'adopter quelques années suivantes celui de " la Pléiade". Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1549 Ronsard compose un recueil de sonnets « les Amours de Cassandre », « l'Epithalame d'Antoine de Bourbon », « Janne de Navarre » et « l'Hymne de France ». En avril , paraît sous la plume de du Bellay, la célèbre Défense et illustration de la langue française qui constitue le manifeste du groupe de la "Brigade". Ronsard publie ensuite « Quatre premiers livres d'Odes » (1550), « Ode à la Paix » (1550), « Les Amours » (1552), « Bocage » (1554).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sera poète de Henri II en 1554 puis conseiller et aumônier du Roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1555 Ronsard s'éprend d'une "fleur angevine de quinze ans" Marie Dupin. Cette jeune paysanne le fera renoncer aux tourments que lui inspirait Cassandre. Pour elle, il composera "des poèmes simples et clairs". Il publie « des Hymnes », « des Meslanges », et « de la Continuation des Amours ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la suite de la mort du Roi Henri II, Pierre de Ronsard devient archidiacre et chanoine (1560). Il travaille à réunir ses écrits et publie ses oeuvres en 4 volumes. Son rôle politique s’affirme encore. En 1562, devenu poète officiel de la cour de Charles IX, Ronsard écrit un certain nombre de discours sur les affaires du pays : « Discours sur les misères de ce temps », « Remontrance au peuple de France », puis « Réponses aux injures et calomnies des ministres de Genève » (1563), discours rédigé contre les protestants genevois. Ronsard prend nettement parti pour le catholicisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1572 Ronsard écrit une grande épopée à la louange des vertus françaises, la « Franciade» sur le modèle de l'Énéide, de Virgile. Cette oeuvre fut perçue comme un échec par Ronsard lui-même, qui n'en publia que les quatre premiers livres. A la mort de Charles IX (1574), Ronsard connaît la disgrâce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cinquante quatre ans, la reine Catherine de Médicis invite le poète à consoler Hélène de Surgères, qui vient de perdre dans la guerre civile , Jacques de La Rivière, dont elle était éprise. Ronsard publie : Sonnets pour Hélène , dédiés à "cette beauté aussi remarquable par son esprit que par sa vertu".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la fin de sa vie, Ronsard cesse de publier de nouveaux textes. Soucieux de sa gloire posthume, il se consacre à la préparation des éditions de ses oeuvres complètes. Pierre de Ronsard meurt le 27 décembre 1585. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;( Azadunifr ) &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Sa Vie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;« Je suis Ronsard et que cela te suffise »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Fils cadet d'un hobereau vendômois au service de François Ier, le jeune Pierre, comme la plupart des fils de la petite noblesse de province est destiné aux carrières de l'Etat. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Après quelques années de préceptorat et un bref passage au collège de Navarre dont il est renvoyé pour immaturité (1533), il intègre l'école des pages à douze ans, afin d'y recevoir les enseignements militaires. Il est alors mis à la disposition de la famille royale, accompagnant ainsi Jacques V et son épouse en Ecosse (1535-1537; 1539-1540), de Baïf l'emmène enfin en Alsace pour une mission diplomatique. C'est une longue fièvre - dont les suites le laissant à demi sourd lui interdisent désormais les fonctions militaires - qui lui permet de reprendre ses études de lettres (1543) et de se faire conférer la tonsure, gage de revenus constants. En 1544, il rejoint le collège parisien humaniste de Coqueret avec son ami Jean Antoine de Baïf afin d'y compléter ses connaissances des langues et des grands textes anciens sous la direction de l'érudit Jean Dorat. En même temps, avec ses condisciples, parmi lesquels Joachim Du Bellay et Jacques Peletier du Mans, il forme un groupe de travail - baptisé« la Brigade » (future Pléiade) - dont les efforts et le projet ambitieux de « rénover la poésie française et de créer une langue nationale » se traduiront par la publication, en 1549, de la Défense et Illustration de la langue française de Du Bellay suivant les expéditions de Charles d'Orléans (1538-1539). &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les exploits de l'esprit:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Le Pindare français:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si Ronsard publie son premier poème dans l'édition des Œuvres poétiques de Jacques Peletier, en 1547, et rédige divers épithalames en l'honneur de princes et de princesses ou quelques entrées royales, il fait véritablement son entrée sur la scène poétique en 1550, alors que paraissent ses quatre livres d'Odes pindariques. Ce recueil de pièces, que suit le Bocage (qui deviendra le Bocage royal en 1584) et qui, sur des rythmes variés, chante aussi bien les grands personnages que la vie privée, illustre la verve lyrique du poète qui souhaite redonner à la poésie la fonction encomiastique (de célébration) et divine qu'elle a héritée de l'Antiquité. L'ouvrage reçoit une suite - le Cinquiesme Livre des Odes - en 1552, et connaîtra plusieurs remaniements jusqu'en 1584. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;Le poète de l'amour:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand en 1552, paraît le recueil des Amours (qui correspond aux seules Amours de Cassandre dans l'édition de 1560), collection de sonnets et de chansons aux thématiques amoureuses platonisantes héritées du pétrarquisme et dédiés à Cassandre, première inspiratrice des passions impossibles relatées dans les canzoniere amoureux de Ronsard, le poète est déjà attelé à la rédaction du Livret des Folastries (suite de poèmes légers et gaillards qu'il publiera en 1553) et de la Franciade qui constitue son « grand œuvre » et qui, dès lors que le projet d'écrire « l'épopée de la grandeur de la France » sera approuvé et commandé par le roi Henri II, ne quittera plus jamais ses tablettes. Suivent, en 1554, une nouvelle édition du Bocage et la publication des Meslanges, poèmes descriptifs de longueurs variables qui renouvellent le genre du blason marotique. En 1555 et 1556, outre les éditions remaniées des Odes et des Meslanges, Ronsard publie successivement la Continuation des Amours et la Nouvelle Continuation des Amours, où il continue de célébrer le sentiment amoureux. En s'adressant à Marie l'Angevine, ce recueil lui permet d'expérimenter son principe de la variété, en utilisant « une ryme plus basse » qui substitue au style « élevé » des premières Amours une inspiration plus quotidienne et une poésie plus simple. Il s'illustre encore dans le genre de la poésie de célébration et fait paraître deux livres d'Hymnes (1555-1556), longue suite de poèmes allégoriques et mythologiques à la gloire des héros du monde et de la nature. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Les années de gloire du poète-courtisan:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1559, après une longue retraite en Vendômois, il est nommé conseiller et aumônier du roi en remplacement de Mellin de Saint-Gelais. Commencent pour lui les années de gloire et le statut de poète-courtisan. Se faisant le porte-parole de la politique du roi Henri II d'abord, puis de Charles IX, il écrit de nombreux poèmes officiels et de circonstance dont l'Institution pour l'adolescence du roi Charles IX (1561). &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Quand en 1562, les premiers troubles religieux éclatent en France, Ronsard fait part de son talent de polémiste. Il écrit en effet (même si un bon nombre d'entre eux sont publiés anonymement) un certain nombre de discours au ton satirique et vindicatif sur les affaires du pays, en particulier le Discours des misères de ce temps et sa Continuation (1562), la Remonstrance au peuple de France (1563) ou encore la Responce aux injures et calomnies des ministres de Genève (1563), rédigé contre les pamphlets que les protestants genevois ont publiés à son encontre. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Entre 1564 et 1565, Ronsard accompagne le tour de France entrepris par la reine Catherine de Médicis et son fils Charles IX. S'ensuit l'écriture de vers pour les fêtes que la cour donne dans les diverses villes où elle fait étape. Beaucoup d'entre eux prendront place dans les Elégies, mascarades et bergeries (1565). Ronsard ne termine pas le voyage et se retire dans le prieuré de Saint-Cosme-lez-Tours que son frère vient de lui céder. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;La retraite:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;C'est à partir de ce moment qu'il partage son temps entre Paris et Saint-Cosme, alternant les moments de sociabilité courtisane et les périodes d'écriture. Il travaille en effet à la seconde édition collective de ses Œuvres en six tomes (1567; la première date de 1560) et à la rédaction de deux livres de Poèmes divers (1569). Jusqu'à sa parution en 1572, Ronsard, par ordre du roi, se consacre ensuite essentiellement à sa Franciade. Même si, par deux fois, il renoue avec ses variations sur l'inspiration amoureuse, en publiant en 1574 le tombeau Sur la mort de Marie (de Clèves)- intégré aux Amours dans l'édition des œuvres complètes de 1578 -, et en 1578, les Sonnets pour Hélène (de Surgères), qui accomplissent la sublimation de la femme en déesse, l'échec relatif de sa grande épopée le détourne de l'écriture et l'incite, soucieux de sa gloire future, à entreprendre un grand chantier: l'agencement de toute sa production en plusieurs tomes. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;« Je suis le trafiqueur des Muses »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;À partir de 1560, en effet, les éditions se succèdent. Les plus importantes sont la première édition, qui comporte quatre volumes comprenant les Amours, les Odes, les Poèmes et enfin les Hymnes, la cinquième, qui y ajoute notamment en 1578 les pièces Sur la mort de Marie, les Sonnets pour Hélène, les Discours et la Franciade, la sixième (1584), la plus fidèle à ses volontés, qui présente les derniers remaniements effectués avant sa mort en décembre 1585. Suivent deux éditions posthumes en 1586 et 1587.&lt;br /&gt;( Azadunifr ) &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Bibliographie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Premier Livre des Odes (1550): Ode à Cassandre («Mignonne, allons voir si la rose»)&lt;br /&gt;Le Cinquième Livre (1552)&lt;br /&gt;Les Amours de Cassandre (1552)&lt;br /&gt;Livret de folastries 1553&lt;br /&gt;Le Bocage (1554)&lt;br /&gt;Gayetez 1555&lt;br /&gt;Les Amours de Marie (1555)&lt;br /&gt;Les Hymnes (1555-1556)&lt;br /&gt;Continuation des amours (1555-1556)&lt;br /&gt;Discours 1558&lt;br /&gt;Poèmes (1560-1573)&lt;br /&gt;Discours sur les misères de ce temps (1562)&lt;br /&gt;L'art poétique 1765&lt;br /&gt;La Franciade inachevé(1572)&lt;br /&gt;Sonnets pour Hélène (1578): «Quand vous serez bien vieille... »&lt;br /&gt;Le bocage royal 1584&lt;br /&gt;Les derniers vers 1586&lt;br /&gt;Elégies ?&lt;br /&gt;Mascarades ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Odes (1550 — sans cesse reprises et augmentées)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce livre fut un événement ; Ronsard y défend comme en un manifeste la nécessité d'une poésie élevée, ambitieuse, contre la pratique poétique de son temps, qui voyait la forme — généralement courte — l'emporter sur le sens. L'inspiration ou fureur donne au contraire au poète une mission : conduire, éclairer — c'est toute une conception de l'homme de lettres qui commence ici à s'inventer. Les odes de Ronsard sont avant tout célébration, d'un moment amoureux, d'un paysage, d'un prince, dont la beauté s'enrichit par le jeu des références (allusions, omniprésence de la mythologie antique, souvenirs d'Horace et de Pindare).&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.forum-poesie.com/de-ronsard/premier-livre-des-odes-6_16.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Odes &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Second livre des Amours (1552, édition augmentée en 1555 et 1556)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rêvées, ces amours pour Cassandre sont d'inspiration pétrarquiste, maintenant la belle dans un absolu inaccessible qui comble et désespère le poète — lequel n'est cependant pas sans célébrer la chair, voire en jouir. Plus que dans les Odes, la complexité linguistique et le jeu des références (identité troyenne de Cassandre) rendent difficile la lecture du recueil. Les deux Continuations sont en revanche plus familières — le passage du décasyllabe à l'alexandrin permet la coïncidence du vers et de la phrase, tandis que la variété amoureuse est encouragée : Ronsard gagne en autonomie face au modèle pétrarquiste, développant un style et une vision plus personnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Sonnets pour Hélène (1578)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Publiés à la suite des Amours, dans l'une de ces multiples éditions remaniées qui sont une spécialité de Ronsard. Hélène de Surgères en est la figure centrale, Hélène qui comme Cassandre est française et troyenne. Cette œuvre tardive semble un retour au pétrarquisme (absolu de la femme, véritable guide de l'âme), mais se développe aussi sur l'argumentation du poète désireux de voir la belle s'adoucir ; c'est là porte ouverte à un réalisme un peu grinçant, refusant la duperie ; le recueil se construit sur ces variations, en une langue très pure, presque classique déjà.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-8467323274089214383?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/8467323274089214383/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=8467323274089214383' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/8467323274089214383'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/8467323274089214383'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/pierre-de-ronsard-1524-1558-naissance.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SNOBr3snRuI/AAAAAAAAAFg/we1-H0UFYrk/s72-c/ronsard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-1406545065403208942</id><published>2008-11-11T02:58:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T03:01:41.875-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La Brigade et La Pléiade (1550-1575)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Il me souvient d'avoir autre-fois accomparé sept poëtes de mon temps à la splendeur de sept estoilles de la Pleiade." Ronsard, Epistre au lecteur (1564)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le groupe trouve son origine dans la rencontre de Peletier du Mans, Ronsard et Du Bellay. Rejoints par Jean-Antoine de Baïf au collège de Coqueret, sur la Montagne Sainte-Geneviève, ils partagent l'enseignement de l'hélléniste Jean Dorat qui exerce un magistère décisif sur un groupe qu'il initie à la poésie grecque et latine. La renommée des cours de Dorat attire rapidement un public de lettrés et d'artistes : Le Folâtre voyage d'Arcueil (1549) de Ronsard en décrit la troupe. Elle sera rejointe par les élèves du Collège de Boncourt (Jodelle, Belleau , Jean de la Péruse), où enseignent George Buchanan et Marc-Antoine Muret. C'est en 1553 que la fusion a lieu lors de la représentation de la Cléopâtre captive de Jodelle, "tragédie à l'ancienne" dont l'importance reste capitale dans l'histoire théâtrale de ce siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Brigade est lors constituée mais il faut attendre 1556 pour que naisse l'appellation de Pléiade à l'imitation de la Pléiade alexandrine. La liste qui consacre les sept poètes connaîtra plusieurs versions. La plus ancienne donne : Ronsard, Du Bellay, Antoine de Baïf, Jodelle et La Péruse, Guillaume des Autels et Pontus de Tyard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1549, paraît Deffense et illustration de la langue française. Il constitue le texte programmatique du groupe. S'opposant à L'Art poétique français de Thomas Sébillet, récapitulation de l'art de Marot, il sera à l'origine de nombreux débats poétiques avec la parution notamment du Quintil Horatian de Barthélémy Aneau (1550).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Deffense, inspirée par le Dialogo delle Lingue (1542) de Sperone Speroni (1500-1588), s'oppose aux poètes néolatins mais aussi aux marotiques et milite en faveur de l'usage de la langue française. Puisque les langues reposent essentiellement sur une convention toute humaine, il s'agit d'illustrer la singularité du français en la soumettant à un patient programme de travail . lecture et exploration des ressources de la langue française au service de la création ou de la récréation verbale ; retour vers les textes de l'Antiquité constituant autant de référents dans la fondation de cette littérature nationale. Erudition et mythologie vont dès lors concourir à la constitution d'une poétique nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Pléiade rejette les formes archaïques de la poétique, pour l'ode, l'épopée, l'hymne et enfin le sonnet, et instaure une nouvelle image du poète inspiré du néoplatonisme. Animé par une fureur divine digne d'Apollon ou d'Orphée, cette figure du poète est à l'origine d'une nouvelle perception de la poésie et trouvera en Ronsard son incarnation suprême.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Consulter :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Olivier de Magny (1520-1561) &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Remy Belleau (1528-1577)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amadis Jamyn (1538-1593)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Grévin (1538-1570)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-1406545065403208942?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/1406545065403208942/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=1406545065403208942' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/1406545065403208942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/1406545065403208942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/la-brigade-et-la-pliade-1550-1575-il-me.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-4129574374558254086</id><published>2008-11-11T02:26:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T02:45:41.254-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://www.site-magister.com/pleiade.htm"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La Pléiade&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Pléiade est un groupe (d'abord nommé « la Brigade ») de poètes rassemblés autour de Ronsard : du Bellay, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard (1525-1605), Remy Belleau, Jean Dorat, Jean de la Péruse. Ils défendent en même temps l'imitation des auteurs gréco-latins et la valeur culturelle de la langue française. Ils imposent l'alexandrin et le sonnet comme des formes poétiques majeures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Pléiade est un groupe de sept poètes français du XVIe siècle rassemblés autour de Ronsard.&lt;br /&gt;Histoire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce groupe est né vers 15491, d’abord nommée la Brigade. Le souci majeur de la Brigade, élevée sous l'égide de l'helléniste Jean Dorat, est de faire reculer le « Monstre Ignorance » par la diffusion de la culture antique. Le nom du groupe est emprunté à sept autres poètes d’Alexandrie qui avaient choisi, au IIIe siècle, le nom de cette constellation pour se désigner. Outre Ronsard, la Pléiade regroupe Joachim du Bellay, Jacques Peletier du Mans, Jean de La Péruse, Rémy Belleau, Antoine de Baïf, Pontus de Tyard et Etienne Jodelle. À la mort de Jacques Peletier du Mans, Jean Dorat prendra sa place au sein de la Pléiade. C'est en 1553 que le groupe de la Pléiade prend le nom qu'on lui connaît1.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les idées de la Pléiade sont rassemblées dans un manifeste, Défense et illustration de la langue française, publié en avril 1549 sous la signature de Joachim Du Bellay. Son contenu vise à mener une réflexion sur les moyens d’enrichir la langue française par des emprunts, la fabrication de néologismes, le rappel de mots disparus etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les membres de la Pléiade entrent dans une logique de rupture avec leurs prédécesseurs, ils rompent avec la poésie médiévale et cherchent à exercer leur art en français (« la poésie doit parler la langue du poète »). Ils constatent cependant que la langue française est pauvre et non adaptée à l’expression poétique et décident donc d’enrichir la langue par la création de néologismes issus du latin, du grec et des langues régionales. Ils défendent en même temps l’imitation des auteurs gréco-latins dans le but de s’en inspirer pour pouvoir les dépasser. Ils imposent l’alexandrin, l’ode et le sonnet comme des formes poétiques majeures et abordent les quatre principaux thèmes de la poésie élégiaque : l’amour, la mort, la fuite du temps et la nature. La Pléiade participe au développement et à la standardisation du français et joue un grand rôle dans l’œuvre de « l’illustration de la langue française » et de la renaissance littéraire.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;le mot Pléiade&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le mot Pléiade, dans le sens que nous lui connaissons, a été employé d'abord vers 1563 par les Protestants pour tourner en dérision l'arrogance des jeunes disciples de l'humaniste Jean Dorat constitués en Brigade. Ronsard se plut en effet, en 1553, à élire sept d'entre eux, et leur nombre n'était pas sans évoquer la Pléiade mythologique des sept filles d'Atlas changées en constellation, et surtout la Pléiade des sept poètes alexandrins du IIIème siècle avant Jésus-Christ. A vrai dire, cette Brigade constitue moins une école qu'un groupe, d'ailleurs variable, fédéré par la même volonté de rénover les formes poétiques :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ronsard, Du Bellay, Jean-Antoine de Baïf (1532-1589), condisciples au collège de Coqueret, constituent son «noyau dur»;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;venus du collège de Boncourt, s'y agrègent en 1553 Étienne Jodelle (1532-1573) et Jean de La Péruse (1529-1554), remplacé en 1554 par Rémy Belleau (1528-1577);&lt;br /&gt;plus lointainement (ils appartiennent à l'école lyonnaise), s'y associent Pontus de Tyard (1521-1605) et Guillaume des Autels (1529-1581); ce dernier sera remplacé en 1555 par Jacques Peletier du Mans (1517-1582). Enfin, en 1583, cette place est attribuée à Jean Dorat pour honorer son magistère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Pléiade se caractérise par un souci de variété dans l'inspiration qui lui fait privilégier l'exploration de différents genres : à côté d'une libre imitation des Anciens, les poètes se nourrissent d'influences modernes qu'ils mettent au service d'une langue neuve, volontiers érudite, et de mythes antiques savamment revisités (voyez notre corpus sur l'Inspiration mythologique au XVI° siècle). Ces jeux poétiques ne sauraient faire oublier cependant la hauteur de la mission assignée à la poésie : influencés par le néoplatonisme, les poètes de la Pléiade y voient l'émanation d'une « fureur divine » qui place au-dessus du commun cette figure du poète en mage inspiré dans laquelle Ronsard se reconnaîtra le premier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Introduction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut parler proprement dit d’école dans la mesure où les poètes répondent à un projet et un idéal communs qui s’exprime dans ce qu’on peut considérer comme leur manifeste : Deffense et illustration de la langue françoise, 1549 Jean Du Bellay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’équipe s’est modifiée au fil des ans : la dernière liste présente Ronsard, Du Bellay, Baïf, Pontus de Tyard, Jodelle, Belleau et Dorat. Elle est née du regroupement et de la confrontation d’élèves formés dans deux écoles : le collège de Coqueret dont les condisciples sont Ronsard, Du Bellay et Baïf et le collège de Boncourt où se côtoient Belleau, Jodelle et La Péruse (remplacé à sa mort par Belleau).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire et l’aventure des poètes de la Pléiade a été en quelque sorte reconstruite a posteriori, notamment par les romantiques du XIXème, mais rarement dans l’histoire de la poésie on a eu une impression à ce point forte d’avoir une tâche à accomplir et d’avoir des ambitions, des idéaux, des goûts communs à mettre au service d’un même projet.&lt;br /&gt;Du Bellay Les Regrets&lt;br /&gt;Je me feray sçavant en la philosophie,&lt;br /&gt;En la mathématique, et medecine aussi :&lt;br /&gt;Je me feray legiste, et d’un plus hault souci&lt;br /&gt;Apprendray les secrets de la theologie :&lt;br /&gt;Du luth et du pinceau j’esbateray ma vie,&lt;br /&gt;De l’escrime et du bal : je discourois ainsi,&lt;br /&gt;Et me vantois en moy d’apprendre tout cecy,&lt;br /&gt;Quand je changeay la France au séjour d’Italie.&lt;br /&gt;O beaux discours humains ! Je suis venu si loing,&lt;br /&gt;Pour m’enrichir d’ennuy, de vieillesse, et de soing,&lt;br /&gt;Et perdre en voyageant le meilleur de mon aage.&lt;br /&gt;Ainsi le marinier souvent pour tout tresor&lt;br /&gt;Rapporte des harengs en lieu de lingots d’or,&lt;br /&gt;Ayant fait, comme moy, un malheureux voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lettres.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=603"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Un mouvement littéraire et culturel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Pléiade est avant tout un mythe: un mythe organisé et orchestré par un groupe de jeunes poètes — et tout particulièrement par Ronsard — désireux de se présenter comme l'avenir de la poésie dans une France dépourvue de tradition littéraire. Mythe au demeurant fragile, car, en dépit d'un certain nombre de points communs, les membres de la Pléiade ont des personnes très différentes et s'engagent assez tôt sur des voies divergentes, donnant orientation particulière à l'ambition initiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'origine, il y a deux groupes: celui du Collège de Coqueret, et celui du Collège de Boncourt; dans les deux établissements, des jeunes gens ambitieux apprennent le grec et s'imprègnent des théories humanistes. Le groupe Coqueret, rassemblé autour de Ronsard et Du Bellay, se donne d'abord le nom de « Brigade », se reconnaissant par là comme la nouvelle génération poétique. Puis, Ronsard se plaira à y distinguer une « Pléiade » de poètes, c'est-à-dire un groupe privilégié de sept individus censés se partager les divers genres poétiques. Mais cette liste des « étoiles » évoluera...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le grand principe sur lequel repose la théorie littéraire que s'efforcent mettre en place les membres de la Pléiade est celui de l'« imitation » des lettres antiques, pour lesquels tous nourrissent un véritable culte. Il faut lutter contre le « monstre ignorance », en s'imprégnant des textes de l'Antiquité, aussi bien que des poètes contemporains, italiens et néo-latins, et en les imitant librement. Les poètes de la Pléiade s'imitent également entre eux, et presque tous viendront à imiter avant tout Ronsard...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de se laisser enfermer dans le cadre d'une culture figée, mais de faire revivre la littérature que l'on étudie, et d'en explorer toutes les possibilités: la Pléiade aborde tous les genres, de l'épopée aux formes brèves, tous les styles (sublime, moyen, bas), et tous les tons (du tragique au familier). On ne s'approprie le texte d'autrui que pour mieux le re-créer, plus beau, plus parfait, plus proche de l'idéal — de l'Idée de la poésie. Car, à l'origine du moins, le platonisme est encore présent dans la conception nouvelle de la littérature que mettent en place les jeunes poètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'inspiration est l'une des clés de voûte des théories de la Pléiade: alors que toute cette génération de poètes consacre une grande attention au travail de langue et du vers, et ne se fie pas à la nature, son maître-mot reste l'« enthousiasme », la « fureur » divine à laquelle le poète est censé s'abandonner s'il veut composer une œuvre de mérite. Cette conception nouvelle de la création poétique souligne l'importance des poètes dans la société, et va de pair avec l'idée qu'ils se font du métier d'écrivain: ce qui est en jeu pour tous, c'est la gloire, c'est l'immortalité que l'on ne peut acquérir que grâce à l'œuvre poétique. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.renaissance-amboise.com/dossier_renaissance/ses_personnages/les_ecrivains/pleiade.htm"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;Les principales œuvres et écrivains de ce mouvement&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Pierre de Ronsard :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le « Prince des poètes » de la Renaissance (1524-1585) Ses principaux recueils sont les Odes, les Amours et les Discours des misères de ce temps, ces derniers marqués par la propagande catholique lors des guerres de religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1552:&lt;/strong&gt; Amours.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1555 - 1556:&lt;/strong&gt; Hymnes; Continuations des Amours.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1560:&lt;/strong&gt; Première édition des Œuvres.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1565:&lt;/strong&gt; Élégies, mascarades et bergeries.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1572:&lt;/strong&gt; La Franciade, Livres I à IV.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1578:&lt;/strong&gt; Sonnets pour Hélène.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1586:&lt;/strong&gt; Derniers vers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Joachim du Bellay (1522-1560)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses oeuvres principales sont la Défense et Illustration de la langue française et les recueils poétiques l'Olive, les Antiquités de Rome et les Regrets. Il a été influencé par Louise Labé, sans jamais la citer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1549:&lt;/strong&gt; Défense et illustration de la langue française&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1549 - 1550:&lt;/strong&gt; L'Olive.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1553:&lt;/strong&gt; Recueil de poésies.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1558:&lt;/strong&gt; Les Regrets; Divers Jeux rustiques; Les Antiquités de Rome; Poemata.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1559:&lt;/strong&gt; Le Poète courtisan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Étienne Jodelle (1532-1573)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il est l'auteur de la première tragédie française, Cléopâtre captive (1553)&lt;br /&gt;1561: Discours de Jules César avant le passage du Rubicon.&lt;br /&gt;1574: Œuvres, édition posthume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Jean-Antoine de Antoine Baïf (1532-1589)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;essaya d'appliquer la prosodie latine, à base de brèves et de longues, à la poésie française.&lt;br /&gt;Jacques Peletier du Mans : Poète, médecin et scientifique français (1517-1582) qui voyagea infatigablement et proposa entre autres une réforme de l'orthographe.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-4129574374558254086?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/4129574374558254086/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=4129574374558254086' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4129574374558254086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4129574374558254086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/la-pliade-la-pliade-est-un-groupe.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-4514608543313819241</id><published>2008-11-11T02:06:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T02:25:47.730-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRlZ4PLLr_I/AAAAAAAAAKk/0HyTATfJlUE/s1600-h/Henri+2.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 85px; FLOAT: left; HEIGHT: 110px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267340061867487218" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRlZ4PLLr_I/AAAAAAAAAKk/0HyTATfJlUE/s200/Henri+2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Henri II&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Roi de France (1547-1559)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fut le fils de François 1er et de Claude de France. En 1533, il fut marié à Catherine de Médicis, mais son coeur resta pour sa maîtresse Diane de Poitiers dont la liaison devint officielle en 1536. Catherine qui se montra pourtant bonne épouse et qui lui donna dix enfants, devait rester dans l'ombre jusqu'à son veuvage. Lorsqu'il monta sur le trône en 1547, la cour changea de style, les affaires furent traitées avec plus de rapidités et le sport prit la place des divertissements intellectuels prisés par son prédécesseur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan politique, il dut faire face non seulement aux Anglais, mais aussi à Charles-Quint. Il dut aussi contenir la crise religieuse qui, comme partout en Europe, menaçait de plus en plus l'unité du royaume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1549, il déclara la guerre à l'Angleterre qui tardait à rendre Boulogne, comme cela avait été convenu dans un traité signé sous François Ier. Il récupéra la ville rapidement.&lt;br /&gt;En 1551 cependant, une autre guerre moins facile s'engagea en Italie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Jeunesse&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En application du traité de Madrid entre François Ier et Charles Quint, Henri reste otage en Espagne de 1526 à 1530, en compagnie de son frère aîné François, dauphin et duc de Bretagne. Cette dure captivité a de lourdes conséquences sur son enfance et il en garde des séquelles psychologiques, devenant notamment hypocondriaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Capello, ambassadeur de Venise à la cour de France, le décrit ainsi: « ...la taille haute et bien prise, la figure belle et agréable, le teint un peu brun... ». De son côté, Joachim du Bellay affirme, dans son Tumbeau du roy Henry II, que « son visage estoit doulx, meslé de gravité ». À la différence de son père, François Ier, Henri II est d'une nature plutôt taciturne. Selon le Vénitien Dandolo, il rit rarement, « au point que nombre de ceux qui sont à la cour assurent ne l'avoir jamais vu rire une seule fois ».&lt;br /&gt;Il épouse le 28 octobre 1533 Catherine de Médicis, fille de Laurent II de Médicis, unique héritière de ses biens et nièce de Léon X, mais son cœur reste voué à sa maîtresse Diane de Poitiers. Leur liaison devient officielle en 1536.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il succède à son frère, mort en 1536, comme dauphin et duc de Bretagne, sans en gouverner le duché dont son père garde l’usufruit. Après avoir fait ses armes en Picardie, Henri rejoint les armées françaises au Piémont pour en commander l'avant-garde, participe à la prise de Moncalieri (23 octobre 1537), où il rencontre Filippa Duci pour une brève aventure dont naît son premier enfant, Diane de France. Cette naissance rassure le dauphin sur sa capacité à assurer sa descendance malgré l'absence d'héritier 4 ans après son mariage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 9 février 1540, Henri est investi de la jouissance de son duché, « pour son entretenement », le roi conservant la haute main sur les affaires du Dauphiné et du duché. Henri n'a en réalité aucune marge de manœuvre politique, son autorité se limite à la nomination de ses courtisans et amis à des charges et des terres. Ainsi donne-t-il à sa maîtresse Diane de Poitiers les anciennes terres ducales de Rhuys et de Fougères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En août 1542, il commande l'armée du Roussillon dans la quatrième campagne de son père et de ses alliés allemands et turcs contre Charles Quint et participe au siège de Perpignan. À l'automne 1544, il repousse les Anglais dans Calais, lève le siège de Montreuil-sur-Mer, et échoue de peu à reprendre Boulogne-sur-Mer, finalement rachetée en 1547.&lt;br /&gt;Durant les dernières années du règne de François Ier, deux factions rivalisent à la cour de France: la première menée par les conseillers du roi, l'Amiral de France d'Annebaut et le cardinal de Tournon, la seconde composée des appuis du dauphin Henri, autour de Diane de Poitiers et du connétable Anne de Montmorency.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Roi de France&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Une administration nouvelle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L'année 1547, avec la disparition de François Ier et l'avènement d'Henri II, voit un renouvellement complet du personnel de la Cour et des conseillers du souverain. Le nouveau roi, à 28 ans, désire marquer une rupture avec le train de vie de son prédécesseur et un courant d'austérité souffle sur la cour royale. Le nombre de dames d'honneur est réduit et l'accès à la personne royale, resserré. Henri II s'entoure de nouveaux conseillers: à côté d'Anne de Montmorency, on trouve désormais le maréchal Jacques d'Albon de Saint-André, premier gentilhomme de la Chambre, ainsi que les Lorrains, les frères François, duc de Guise, et Charles, cardinal de Lorraine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poursuivant la politique administrative de son père, Henri II réforme certaines institutions qui contribuent à faire de la France un État puissant au pouvoir centralisé. Henri II ordonne ainsi en 1557 qu'un type unique de poids et mesures soit désormais appliqué à l'ensemble de la banlieue de Paris, puis dans un second temps à tout le ressort du parlement de Paris, avec dépôt d'un étalon à l'Hôtel de Ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès le début de son règne, il met en place un véritable système ministériel, généralisant le gouvernement de son père. En 1547, l'administration est supervisée par quatre secrétaires d'état, choisis dans la compagnies des notaires-secrétaires du roi. Ils sont chargés des commandements du roi et plus particulièrement de l'expédition des affaires financières. À l'origine chargés d'un secteur topographique du royaume, ils prennent en 1557 le titre de secrétaire d'état et des finances du roi. Les registres du Trésor Royal sont confiés à un contrôleur général. Henri II poursuit également l'unification du système judiciaire avec la création (par l'ordonnance de janvier 1552), des présidiaux, tribunaux intermédiaires entre les parlements et les juridictions inférieures. Ces présidiaux sont composés de 9 juges chacun et sont situés au siège des bailliages (sénéchaussées).&lt;br /&gt;En 1553, une ordonnance royale prévoit que les maîtres des requêtes visitent chaque année les provinces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'année 1555 voit l'institution du Grand Parti de Lyon, un emprunt géant levé auprès des marchands-banquiers de la ville de Lyon (principale place financière du royaume de France) qui refinance à long terme l'ensemble des dettes royales existantes. Le caractère innovant de cet emprunt n'empêche pas les circonstances militaires et politiques de le faire s'achever par une faillite qui entraîne la convocation par le roi des États généraux de Paris en janvier 1558 pour en obtenir le vote d'une contribution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instar de son prédécesseur, Henri II doit faire face à d'importants besoins financiers et suit l'exemple de François Ier en recourant à l'augmentation des impôts existants (tentatives d'uniformisation de la gabelle, création du taillon et application de nouvelles crues de taille, développement des taxes sur les importations1). Les mêmes causes produisant des effets similaires, Henri II doit faire face, comme François Ier à La Rochelle en 1542, à une révolte paysanne, la jacquerie des pitauds, qui contamine les villes, dont Bordeaux. Henri II confie la répression au connétable Anne de Montmorency. La réaction de Montmorency est brutale: la cité perd ses privilèges, est désarmée, doit verser une amende de 200 000 livres, voit son parlement suspendu. 140 personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. En 1549, Henri II amnistie la cité.&lt;br /&gt;A l'instar de son père, il veille également à améliorer le recouvrement de l'impôt, et ordonne (édit de janvier 1551) la réunion des 4 trésoriers de France et des 4 généraux des finances en un même corps de trésoriers généraux, dont l'effectif est porté à 17.&lt;br /&gt;Après les réformes administratives et fiscales engagées successivement par François Ier et Henri II, l'essentiel des ressources de l'état provient désormais des aides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les relations étrangères&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L'Angleterre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1548, Henri II connaît son premier conflit en tant que roi de France. Il se heurte au roi d'Angleterre Édouard VI, qui s'offusque de la réception à la cour de France de Marie Stuart, reine d'Écosse, qui doit épouser le dauphin François. La jeune reine d'Écosse est obligée de se réfugier en France pour échapper aux troupes anglaises qui entendent marier Marie à Édouard VI. Les Écossais, défaits à Pinkie Cleugh, font jouer la vieille alliance avec la France, la Auld Alliance, et Henri II accepte d'accueillir la jeune reine à la cour de France. De plus, Marie Stuart, fille de Marie de Guise, est la nièce des Lorrains, dont l'influence sur Henri II a permis d'arranger ce mariage. En 1550, les armées d'Henri II, sous le commandement de François de Guise et de Leone Strozzi, assiègent et reprennent Boulogne-sur-Mer que les Anglais occupent depuis 1544. Plus tard, en 1558, les troupes du duc de Guise reprennent la ville de Calais, dernière possession anglaise en territoire français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Les Habsbourg&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les relations d'Henri II avec les Habsbourg s'inscrivent dans la continuité de celles de son prédécesseur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1551, Henri II écoute les prince réformés d'Allemagne, qu'il avait bien connus lorsqu'il était dauphin. En janvier 1552, il reçoit à Chambord le margrave Albert de Brandebourg qui lui suggère d'occuper Cambrai, Verdun, Toul et Metz (ces trois dernières villes constituant les Trois-Évêchés), cités d'empire de langue française et bénéficiant traditionnellement d'une certaine autonomie. Henri II y prendrait le titre de Vicaire d'Empire. Le traité de Chambord est signé le 15 janvier 1552, scellant l'alliance d'Henri II avec les princes réformés contre Charles Quint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En mars 1552, l'armée française est massée à Joinville sous le commandement du connétable de Montmorency et du duc de Guise. Cambrai, Verdun et Toul ouvrent leurs portes sans opposer de résistance; le 18 avril 1552, Henri II entre dans Metz. En octobre 1552, sur ordre de Charles Quint, Ferdinand Alvare de Tolède, duc d'Albe met le siège devant Metz, où reste une faible garnison sous les ordres de François de Guise. Le siège dure 4 mois et, malgré le déploiement d'importantes forces impériales (35 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 150 canons), reste voué à l'échec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La fin des guerres d'Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l'Italie comme en d'autres domaines, Henri II tente d'inscrire ses pas dans ceux de son père. Au-delà des motivations italiennes de ses prédécesseurs, il faut rappeler que Catherine de Médicis entretient une cour très italianisée et que les Guise sont alliés à la famille d'Este: François a épousé Anne d'Este, fille du duc de Ferrare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1545, le pape Paul III donne le duché de Parme et de Plaisance à son fils Pierre Louis Farnèse. Après l'assassinat de ce dernier, le duché passe à Octave Farnèse mais reste convoité par Ferrand Gonzague, vice-roi de Milan. Henri II accepte d'intervenir en appui des Farnèse d'autant plus que Jules III, nouveau pape élu, penche nettement du côté de l'Empire. Les troupes royales, commandées par les maréchaux de Brissac et de Thermes, affrontent l'armée impériale augmentée de contingents pontificaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En avril 1552, une première trêve est négociée par le cardinal François de Tournon. Ce dernier, ambassadeur d'Henri II en Italie de 1551 à 1556, est plus enclin à la diplomatie qu'à la guerre et s'emploie à faire capoter un projet d'expédition contre Naples. Il réussit à faire placer la ville de Sienne, qui a évacué sa garnison espagnole, sous la protection du royaume de France.&lt;br /&gt;Les 8 et 9 octobre 1553, une expédition du maréchal de Thermes, qui s'est adjoint l'appui d'une flotte turque, enlève la Corse aux Génois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1554, Sienne cherche à en découdre avec Florence. L'armée royale, commandée par Pierre Strozzi, est défaite le 3 août à Marciano della Chiana par l'armée de Florence; Sienne est assiégée. Défendue par Monluc, la ville tombe le 17 avril 1555 et passe sous contrôle florentin.&lt;br /&gt;Le 16 janvier 1556, Charles Quint abdique en faveur de son fils Philippe II mais conserve la couronne impériale qu'il transmet à son frère Ferdinand Ier du Saint-Empire puis se retire au monastère de Yuste. De son côté, le roi de France perd progressivement ses appuis: les princes allemands réformés ont signé la Paix d'Augsbourg leur donnant la liberté de religion et les Turcs se révèlent moins actifs en Méditerranée occidentale. Le nouveau roi d'Espagne et la France signent donc une trêve à l'abbaye de Vaucelles. La trêve est destinée à durer 5 ans et reconnaît à la France ses conquêtes territoriales du Piémont et des Trois-Évêchés. Cet accord souffre néanmoins d'un défaut majeur: tout comme la Paix d'Augsbourg, il n'a pas reçu l'aval du pape.&lt;br /&gt;Paul IV, élu pape en 1555, est animé d'une haine farouche envers l'Empereur: « Depuis mille ans, il n'est pas né un homme aussi méchant que lui ». Il multiplie les provocations envers Philippe II et envoie son neveu le cardinal Carlo Caraffa comme légat à la cour de France en 1556. Ce dernier en revient avec une promesse d'intervention d'Henri II.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En novembre 1556, le duc de Guise, auréolé de sa gloire messine, rejoint le maréchal de Brissac en Piémont, avec l'objectif avoué d'enlever Naples aux Espagnols. Les manœuvres de Philippe II et de ses alliés anglais et savoyards au nord de la France remettent rapidement en cause ce plan et François de Guise est contraint de rentrer précipitamment en France après la défaite française de Saint-Quentin. Cette dernière tentative manquée marque la fin des ambitions françaises en Italie, formalisée par le traité du Cateau-Cambrésis par lequel Henri II restitue l'ensemble des possessions françaises dans le pays, y compris la Corse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le protestantisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, les protestants se multiplient depuis 1520 et on observe notamment un mouvement de sympathie au sein de la cour, dans l'entourage des princes du sang, de la reine et de la sœur du roi, Marguerite. Sous l'influence de Diane de Poitiers, Henri II, fervent catholique, décide de prendre de sévères mesures à l'égard de la nouvelle religion.&lt;br /&gt;Dès le 8 octobre 1547, une chambre ardente est constituée au Parlement de Paris, chargée de connaître des procès d'hérésie, avec à sa tête l'inquisiteur Matthieu Ory. En trois ans, elle rend plus de 500 arrêts contre les protestants, et est à l'origine d'une violente répression à leur encontre entre 1547 et 1549.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 19 novembre 1549, l'Édit de Paris rend une partie de leur pouvoir aux juges ecclésiastiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21 juin 1551, l'Édit de Chateaubriand remet aux juges séculiers les causes des "hérétiques" ayant provoqué des troubles et coordonne la répression. Seuls les catholiques sont autorisés à ouvrir des écoles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est suivi le 24 juillet 1557 de l'Édit de Compiègne, qui accentue la répression, y compris avec les catholiques qui aident ou hébergent des protestants. En septembre néanmoins, les réformés décident d'organiser une protestation importante et se rassemblent rue Saint-Jacques, à Paris. C'est en mai 1559 qu'a lieu le premier synode national des églises réformées, au Faubourg Saint-Honoré, qui publie la Confession de foi des églises françaises en 40 articles".&lt;br /&gt;En septembre 1557, Henri II est victime d'une tentative d'assassinat par un dénommé Caboche, vite maîtrisé par la garde du roi, et exécuté dans les heures ayant suivi son arrestation, sans procès ni interrogatoire. Cette promptitude à exécuter le régicide entraîne à l'époque la conviction qu'il s'agit d'un attentat commandité par le parti protestant, sans que la preuve ait pu en être apportée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tous ces édits contre le protestantisme, Henri II ne parvient pas à éradiquer ce qu'il appelle l'hérésie. Au sein de la haute noblesse, les conversions se multiplient à partir de 1557, date à laquelle Antoine de Navarre et son frère le prince de Condé participent aux célébrations protestante du Pré-aux-Clercs à Paris. Comme les neveux d'Anne de Montmorency - François de Coligny d'Andelot, le cardinal de Châtillon et l'amiral Gaspard II de Coligny, de nombreux gentilshommes hésitent par fidélité au roi à afficher leur convictions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La montée en puissance des protestants creuse la distance qui les sépare des catholiques dont l'aversion ne cesse de grandir. Henri II répond avec l'Édit d'Écouen, le 2 juin 1559, qui stipule que tout protestant révolté ou en fuite sera abattu et nomme également des commissaires chargés de poursuivre les réformés. Des nombreux parlementaires sont acquis aux idées de la Réforme et le 10 juin, le roi embastillent ceux qui critiquent ouvertement sa politique. La plupart rétractèrent leurs propos, à l'exception d'Anne du Bourg, neveu du chancelier de François Ier, brûlé en place de Grève le 13 décembre 1559. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La position du roi peut s'avérer délicate lorsque sa volonté de défendre la "vraie foi" se confronte aux questions diplomatiques lorsqu'il soutient les princes réformés d'Allemagne ou quand il s'oppose au pape Jules III. Ainsi, en 1557, le Parlement de Paris s'oppose au rétablissement de l'Inquisition dans le royaume. Henri II s'était par ailleurs opposé à la participation des prélats français au Concile de Trente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_II_de_France"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Suite &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-4514608543313819241?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/4514608543313819241/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=4514608543313819241' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4514608543313819241'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4514608543313819241'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/henri-ii-roi-de-france-1547-1559-il-fut.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRlZ4PLLr_I/AAAAAAAAAKk/0HyTATfJlUE/s72-c/Henri+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-6330970643284134723</id><published>2008-11-08T04:28:00.000-08:00</published><updated>2008-11-08T07:50:59.369-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRWF8eHd6TI/AAAAAAAAAJo/B5fqEc7p7to/s1600-h/marot3.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 188px; FLOAT: left; HEIGHT: 206px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5266262613202692402" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRWF8eHd6TI/AAAAAAAAAJo/B5fqEc7p7to/s200/marot3.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Clément Marot ( 1496 - 1544 )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète français protégé de François Ier et de sa soeur, il représente le premier humanisme français. Il publia en 1543 des Psaumes traduits en français, ce qui au regard de la religion catholique médiévale constituait une hérésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains critiques subtils (Luc van Brabant, Karine Berriot) ont vu dans les poèmes de Marot les traces d'un amour de celui-ci pour Louise. Il nomme dans plusieurs poèmes une « Bella Rubella », alors que Baïf avait surnommé Louise « La Belle Rebelle ». De plus divers jeux anagrammatiques en divers endroits de l'oeuvre de Marot (qui n'en était pas avare) semblent désigner Louise. Les mêmes voient dans un poème biographique des Ezcriz de divers poètes, sans doute écrit par Guillaume Aubert, des allusions à ce sentiment : le « vieil [Poëte] Rommain » serait Marot (dont le nom rappelle par métathèse celui de Roma et, par homonymie, celui de Virgile, Publius Vergilius Maro, ce jeu de mots était courant à l'époque) ; le lieu de la mort, les « Iberiens champs » aurait une simple valeur symbolique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Sa vie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clément Marot naquit à Cahors en 1496. Son père, grand poète rhétoriqueur, avait été le protégé d'Anne de Bretagne , femme de Louis XII. Page dès 1515, il se mêle à la joyeuse confrérie des Clercs de la Basoche, compose en 1515 le poème allégorique le Temple de Cupido et devient valet de chambre et secrétaire de Marguerite, duchesse d'Alençon, sœur du roi. Il rencontre chez elle des penseurs réformistes, compose épîtres , ballades et rondeaux . En 1516, il est emprisonné sur dénonciation d'avoir mangé « lard en carême » et transféré du Châtelet — qu'il décrira dans son Enfer de 1539 — à la prison plus libérale de l'évêque de Chartres, avant d'être relâché. Mais en 1527, il est arrêté à nouveau pour avoir aidé un prisonnier à échapper aux sergents et doit demander sa libération au roi dont il a l'appui et la faveur.&lt;br /&gt;Pourtant, en 1531, compromis dans l'affaire des Placards , il doit s'enfuir à la cour de Marguerite de Navarre , puis de Renée de France à Ferrare. Gracié par le roi, il doit abjurer à Lyon (1536), rentré à Paris, traduit les Psaumes en vers français en 1537, et en publie 30 en 1541. Mais à nouveau inquiété, il doit quitter la France en 1542, et se réfugie en Suisse puis en Italie. Il meurt à Turin en 1544.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;La diversité de son talent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète savant, sans prétendre à l'érudition, comme les poètes de la Pléiade, Marot connaît bien l'antiquité latine. Son Enfer est un catalogue mythologique plein de réminiscences virgiliennes. Mais il n'oublie ni le Roman de la Rose qu'il adapte dans son Temple de Cupido ni Villon, qu'il édite en 1533.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète de l'amour, comme tous ceux de son siècle, homme du monde à l'exquise courtoisie qui exprime avec l'emphase nécessaire la beauté de la grande amie, de la belle dame, et la ferveur d'un sentiment presque toujours idéal et platonique, il chante ainsi le Partement d'Anne.&lt;br /&gt;Mais il fut aussi un écrivain religieux très sincère qui renonça à la carrière confortable et brillante de poète de cour, de flatteur aimable et choyé du roi, pour rejoindre les indisciplines et les réformés en un exil volontaire et définitif. C'est avec une parfaite humilité qu'il s'est consacre à la traduction des Psaumes, composant ainsi des chants populaires que les protestants adoptèrent dans leurs églises dès 1542.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, Marot est avant tout un poète de circonstance: c'est là sa véritable originalité, et l'explication de la variété de sujets et de tons dans sa poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'a jamais été si personnel, si original, si indépendant, que dans les innombrables poèmes écrits sous la pression des événements, dans une intention bien définie: être délivré de prison, obtenir une faveur, de l'argent, un cheval... Il a créé et porté à sa perfection le genre de l'épître familière, comme Ronsard a illustré l'ode , du Bellay le sonnet et, au siècle suivant, La Fontaine la fable . Chaque épître à son unité propre, sa composition, ses images, son style.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette Épître au Roi pour Marot malade à Paris fut écrite lorsque Marot, en avril 1531, était atteint de la peste. Son valet de chambre venait de lui voler l'argent donné par le roi. Jamais il ne s'est montré conteur plus vif, inattendu, plaisant, que dans le récit de ses mésaventures. Jamais personne n'a si bien su voiler, sous le rire et la fantaisie, une mélancolie profonde. Jamais aussi on n'a mêlé à l'expression d'une telle mélancolie le badinage subtil qui amène adroitement une prosaïque demande d'argent. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Marot"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Œuvres principales&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;L'Adolescence clémentine (1532 ; une Suite paraît en 1534)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ce recueil des pièces de jeunesse de Marot, le seul qu'il donna avant les éditions de ses Œuvres en1538 et 1544, est fort composite : des grands poèmes allégoriques des débuts aux Epigrammes, en passant par les Epîtres, Rondeaux et Ballades, auxquels les éditions modernes joignent les traductions des Psaumes, c'est Marot dans toute sa variété et surtout dans toute sa portée. Proche encore du Roman de la Rose dans Le Temple de Cupidon, on le voit à partir de L'Enfer dépasser les allégories pour jouer plus légèrement de l'équivoque, montrant une aisance quelquefois vertigineuse dans une langue toute de fluidité. Les pointes se multiplient, le regard s'aiguise, la mise en scène de soi et de l'autre gagne en finesse et en ironie. Quelques pièces sérieuses émaillent un ensemble plutôt jovial, voire satirique (Epitaphes, Epigrammes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://poesie.webnet.fr/auteurs/marot.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Liste des oeuvres de Clément MAROT&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le blason du beau tétin&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Épigrammes (1535)&lt;br /&gt;(Extrait)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tétin refait, plus blanc qu'un œuf, (1)&lt;br /&gt;Tétin de satin blanc tout neuf,&lt;br /&gt;Toi qui fait honte à la rose&lt;br /&gt;Tétin plus beau que nulle chose,&lt;br /&gt;Tétin dur, non pas tétin voire (2)&lt;br /&gt;Mais petite boule d'ivoire&lt;br /&gt;Au milieu duquel est assise&lt;br /&gt;Une fraise ou une cerise&lt;br /&gt;Que nul ne voit, ne touche aussi,&lt;br /&gt;Mais je gage qu'il en est ainsi.&lt;br /&gt;Tétin donc au petit bout rouge,&lt;br /&gt;Tétin qui jamais ne se bouge,&lt;br /&gt;Soit pour venir, soit pour aller,&lt;br /&gt;Soit pour courir, soit pour baller (3)&lt;br /&gt;Tétin gauche, tétin mignon,&lt;br /&gt;Toujours loin de son compagnon,&lt;br /&gt;Tétin qui portes témoignage&lt;br /&gt;Du demeurant du personnage, (4)&lt;br /&gt;Quand on te voit, il vient à maints&lt;br /&gt;Une envie dedans les mains (5)&lt;br /&gt;De te tâter, de te tenir :&lt;br /&gt;Mais il se faut bien contenir&lt;br /&gt;D'en approcher, bon gré ma vie,&lt;br /&gt;Car il viendrait une autre envie.&lt;br /&gt;Ô tétin, ni grand ni petit,&lt;br /&gt;Tétin mûr, tétin d'appétit,&lt;br /&gt;Tétin qui nuit et jour criez&lt;br /&gt;«Mariez moi tôt, mariez !»&lt;br /&gt;Tétin qui t'enfles, et repousses&lt;br /&gt;Ton gorgias de deux bons pouces : (6)&lt;br /&gt;A bon droit heureux on dira&lt;br /&gt;Celui qui de lait t'emplira,&lt;br /&gt;Faisant d'un tétin de pucelle,&lt;br /&gt;Tétin de femme entière et belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;(1) refait : nouvellement formé&lt;br /&gt;(2) voire : qui n'est pas, à vrai dire, un tétin&lt;br /&gt;(3) baller : danser&lt;br /&gt;(4) demeurant : de tout le reste de la personne&lt;br /&gt;(5) trois syllabes&lt;br /&gt;(6) décolleté, haut de la robe, corsage&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://sweet.ua.pt/~fmart/index.html?marot"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Extraits de Yves Guiraud, Introduction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href="http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/lettres/louise/lyon/marot.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Textes liminaires de l'Adolescence clémentine&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.quercy.net/poesie/cmarot.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;poeme&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-6330970643284134723?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/6330970643284134723/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=6330970643284134723' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6330970643284134723'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6330970643284134723'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/clment-marot-1496-1544-pote-franais.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRWF8eHd6TI/AAAAAAAAAJo/B5fqEc7p7to/s72-c/marot3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-6093191402984585321</id><published>2008-11-08T03:37:00.000-08:00</published><updated>2008-11-08T04:21:51.794-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRV6KvwiVvI/AAAAAAAAAJg/M7uPC12vd50/s1600-h/labe+2.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 155px; FLOAT: left; HEIGHT: 186px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5266249664316987122" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRV6KvwiVvI/AAAAAAAAAJg/M7uPC12vd50/s200/labe+2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Louise Labé&lt;br /&gt;( 1524 - 1566 )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Louise Labé (1524 à Lyon - 25 avril 1566 à Parcieux-en-Dombes) est une poétesse française. Surnommée « La Belle Cordière », elle fait partie des poètes en activité à Lyon pendant la Renaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;Vie et œuvres&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Elle était la femme de Perin, riche marchand de cordes, qui possédait plusieurs maisons à Lyon. Elle trouva dans la fortune de son mari un moyen de satisfaire sa passion pour les lettres. Dans un temps où les livres étaient rares et précieux, elle eut une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages grecs, latins, italiens, espagnols et français.&lt;br /&gt;Elle possédait des jardins spacieux près de la place Bellecour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec Maurice Scève et Pernette du Guillet, Louise Labé appartient au groupe dit « école lyonnaise », bien que ces poètes n'aient jamais constitué une école au sens où la Pléiade en était une. La lecture de ses œuvres confirme qu'elle a collaboré avec ses contemporains, notamment Olivier de Magny et Jacques Peletier du Mans, autour de l'atelier de l'imprimeur Jean de Tournes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle écrit ses poèmes à une époque où la production poétique est intense. La poésie française se donne alors des bases théoriques avec Du Bellay (Défense et illustration de la langue française, 1549) et se met en place avec Ronsard, Olivier de Magny, Pontus de Tyard, et d'autres, suivant le modèle de Pétrarque et d'auteurs anciens tels que Catulle et Horace, ou contre eux. Chez Louise Labé, on remarque l'influence d'Ovide, qu'elle connaît bien, qu'il s'agisse des Métamorphoses ou des œuvres élégiaques. En particulier, ses élégies paraissent influencées par les Héroïdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa culture est aussi celle de la Renaissance italienne. Le Débat semble influencé en partie par la reconnaissance de la folie telle qu'elle apparaît dans l'Éloge de la Folie d'Érasme ; elle récrit à sa manière, comme beaucoup de ses contemporains, l'un des plus célèbres sonnets de Pétrarque, celui dont l'incipit est Solo e pensoso.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle prend vigoureusement position contre la façon dont Jean de Meung achève le travail interrompu de son prédécesseur Guillaume de Lorris, en passant d'un récit mythique et symbolique à des descriptions bien plus terre à terre, et même sensiblement misogynes. Ce sera en pure perte : le Roman de la rose connaîtra un succès considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'œuvre de Louise Labé, très mince en volume (662 vers), se compose d'un Débat de Folie et d'Amour (dans lequel Jean de La Fontaine a trouvé le sujet de l'une de ses fables), de trois Élégies et de vingt-quatre sonnets, lesquels expriment les tourments féminins de la passion.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;La belle cordière&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son père, Pierre Charly, apprenti cordier, avait épousé (vers 1493) en première noce la veuve d'un cordier prospère, Jacques Humbert dit Labé. Pour assurer sa présence dans cette profession, il reprit le nom du premier mari de sa femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la mort de sa femme, Pierre Charly, dit Pierre Labé, se remaria, et c'est de ce mariage que naîtra Louise Labé. Elle reprendra à la fois le pseudonyme et le surnom de son père : Louise Labé, la Cordière. C'est donc du mari de la première femme de son père que provient son nom&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;********************************&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href="http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/lettres/louise/lyon/biolab.html"&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;La vie de Louise Labé&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;********************************&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://poesie.webnet.fr/auteurs/labe.html"&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Liste des oeuvres de Louise LABÉ&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;********************************&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://coulmont.com/labe/"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Sonnets, Élégies, Épitres &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;********************************&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.forum-poesie.com/labe/elegies-26_77.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Elégies (1555)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle classique de la plainte s'enrichit ici d'une résonance autobiographique ; au delà de l'anecdote, c'est un portrait de l'artiste (elle évoque sa gloire montante) qui nous est donné à lire. La poétesse se pare d'attributs masculins, cependant que l'amant est toujours suspect de froideur ; cette inversion des rôles classiques, que reprendra Guilleragues dans les Lettres portugaises, revivifie un genre hérité de l'antiquité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.forum-poesie.com/labe/sonnets-26_78.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Sonnets (1555)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;D'inspiration explicitement pétrarquiste (le premier poème du recueil est écrit en italien), les Sonnets de Louise Labé se démarquent des prémices du genre, importé en France par Marot. Aux jeux sur le langage et aux préciosités galantes se substitue l'expression plus dépouillée, usant de figures moins variées, de la passion. Certes, le thème amoureux est vers 1550 très nettement dominant dans les sonnets (à l'exception des Regrets de Du Bellay), mais Louise Labé explore un espace singulier, oubliant le discours et la pointe pour moduler des accents personnels, authentiques, passionnés, proches du chant, voire du cri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.pierdelune.com/labe.htm"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Les sonnets de Louise Labé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-6093191402984585321?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/6093191402984585321/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=6093191402984585321' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6093191402984585321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6093191402984585321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/louise-lab-1524-lyon-25-avril-1566.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRV6KvwiVvI/AAAAAAAAAJg/M7uPC12vd50/s72-c/labe+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-5231429617226212004</id><published>2008-11-08T02:49:00.000-08:00</published><updated>2008-11-08T03:03:01.628-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRVtvsN8_zI/AAAAAAAAAJY/Goi18cvLycU/s1600-h/nav.bmp"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 168px; FLOAT: left; HEIGHT: 200px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5266236005370625842" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRVtvsN8_zI/AAAAAAAAAJY/Goi18cvLycU/s200/nav.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Marguerite de Navarre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt; (1492-1549)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Biographie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soeur de François Ier, épouse du duc d'Alençon (1509), puis du roi de Navarre (1527), Marguerite joue un rôle capital au cours de la première partie du siècle. Proche de son frère sur lequel elle exerce une influence profonde, notamment diplomatique, elle est ouverte aux idées nouvelles et réunit autour d'elle tant à la cour de France qu'à Nérac, un cercle d'humanistes et d'écrivains. Dès 1518, elle est gagnée à l'évangélisme de l'évêque de Meaux, Guillaume Briçonnet, avec lequel elle entretient une importante correspondance. Mystique, elle est profondément marquée par le sentiment du néant de l'homme et met son salut dans la figure du Christ rédempteur et dans l'amour de Dieu qu'elle teinte de néoplatonisme. Par la suite, Marguerite interviendra souvent pour défendre les écrivains suspects aux yeux des autorités religieuses tels : Clément Marot, Étienne Dolet et Bonaventure des Périers.&lt;br /&gt;Après le Dialogue en forme de vision nocturne (1525) et des oeuvres théâtrales, elle donne, en 1531, son poème : Miroir de l'âme pêcheresse, qui sera attaqué par la Sorbonne lors de sa réédition en 1533, et nécessitera l'intervention de François Ier. Le livre est empreint des idées évangélistes qui font de la foi et de la charité les voies du salut. Il sera suivi par de nombreux autres poèmes dont les Chansons spirituelles où Marguerite de Navarre utilise la structure poétique de chansons profanes en leur substituant des textes religieux. Après l'affaire des Placards (1534), Marguerite se retire à Nérac et réunit ses oeuvres dans les Marguerites de la Marguerite des princesses (1547). Reste qu'une partie importante de ses textes restera inédite jusqu'à l'édition d'Abel Lefranc (1896).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1542, Marguerite compose l'Heptaméron. Il a pour modèle les dix journées du Décaméron de Boccace, texte traduit en France en 1414 et qui le sera à nouveau en 1545, par François le Maçon. Mais, interrompu en 1549 par la mort de Marguerite en 1549, l'Heptaméron ne rassemble que 72 nouvelles se déroulant en sept journées. Il paraîtra quelque peu retouché par Claude Gruget en 1559, avant que le texte original ne soit restitué en 1853. Comme dans le Décaméron de Boccace, les nouvelles s'inscrivent dans une histoire-cadre (la cornice italienne). Dix voyageurs sont réunis dans une abbaye, alors qu'un violent orage a coupé toute communication. Pour passer le temps, cette société écoute des histoires "vraies" dans des registres divers. La réussite de cet ouvrage tient au fait qu'il privilégie aussi la conversation, le "devis", car chaque nouvelle est suivie des commentaires tenus par l'ensemble des auditeurs.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Sa vie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Marguerite de Navarre est appelée également Marguerite de Valois1, Marguerite d’Angoulême ou Marguerite de France1. Elle est née le 11 avril 1492 à Angoulême et est morte le 21 décembre 1549 à Odos-en-Bigorre. Elle joue un rôle capital au cours de la première partie du XVIe siècle: elle exerce une influence profonde en diplomatie, elle manifeste un certain intérêt pour les idées nouvelles et encourage les artistes tant à la Cour de France qu'à Nérac. Elle est aussi connue pour être, après Christine de Pisan et Marie de France, l'une des premières femmes de lettres françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L’enfance&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Princesse de la première branche d'Orléans de la dynastie capétienne, elle est née le 11 avril 1492 à Angoulême. Fille de Charles d'Orléans, duc d'Angoulême (1459-1496) et de Louise de Savoie, elle est l'aînée de deux ans du futur roi de France François Ier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles, son père, est en disgrâce sur son domaine après 1487 (« Ligue des Princes »). Il partagera sa vie entre les plaisirs de seigneur et ceux de lettré. Sa mère, Louise, est toute attention pour son fils (François de Paule, futur saint, lui a prédit un destin de roi). Mais il faut reconnaître que « sa vocation à écrire et à méditer sera éveillée par les meilleurs maîtres, et confortée par cette femme cultivée dont les vertus d'éducatrice sont trop négligées par la plupart des biographes: sa mère. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quels sont ceux qui auront la tâche d'éduquer ces deux enfants? Blanche de Tournon (jeune et jolie) sera la "maîtresse des mœurs", François du Moulin (traité des "choses à connaître" avec miniatures et citations de Cicéron et Juvénal). François de Rochefort est un latiniste réputé et Robert Hurault s'occupera de la philosophie. Louise a pour devise Libris et liberis: son penchant pour les livres rejaillira chez Marguerite. Rappelons la richesse de la bibliothèque de Blois, ordonnée par Guillaume Budé et riche des livres ramenés d'Italie par Charles VIII et Louis XII. On est bien loin de ce qu'affirmera un jésuite au moment de la Contre-Réforme: « Donnez un livre de poésie aux filles, elles feront l'amour. Donnez-leur un livre de prose, elles contesteront le credo ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La piété, des études solides, des jeux, des rires, un amour familial seront les composantes de la jeunesse de Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;La vie de femme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'âge de huit ans les prétendants se sont succédé : le marquis de Montferrat, Arthur, prince de Galles, le duc d'York,frère du précédent, le duc de Calabre,fils du roi de Naples et le roi Christian II de Danemark.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais un procès opposant les Maisons d'Angoulême et d'Alençon, en 1509, à 17 ans, elle épouse en premières noces le duc d'Alençon Charles IV. Ce mariage permet d'éteindre ce vieux différend. La vie au château d'Alençon ne fut certainement pas joyeuse « ... enfermée dans un sombre château médiéval, entre une belle-mère très pieuse, et un mari illettré, d'esprit militaire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 1515 et 1518, la situation matérielle de Marguerite s'améliore nettement: cadeaux du roi, bals, fêtes... car son frère cadet, François de Valois-Angoulême, est monté sur le trône de France en 1515 (sous le nom de François 1er) à la mort de Louis XII. Marguerite remplace même dans les cérémonie officielles sa belle-soeur, la reine Claude, première épouse du roi, pendant la grossesse de celle-ci. Clément Marot, son valet de chambre, nous la décrit ainsi: «corps féminin, cœur d'homme, tête d'ange »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De 1521 à 1524, la correspondance de Marguerite avec l'évêque de Meaux, Briçonnet, nous permet de mieux cerner l'évolution de sa spiritualité. "Marguerite s'apprête à accepter la devotio moderna sans se laisser déraciner. « Comme le Cénacle de Meaux- Briçonnet, Arande et Roussel-, elle appartiendra bientôt à ces girondins de la Réforme, condamnés par les extrémistes des deux camps, les traditionalistes et les révolutionnaires. Elle restera prise entre l'arbre de l'obéissance et l'écorce de l'intolérance2 ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Rappelons quelques faits:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• 1521, Lefèvre d'Etaples sera secouru par le roi après la condamnation par la Sorbonne de son livre les Trois Maries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• 1522: Marguerite se retrouvera suspectée d'hérésie après les Commentaires sur les quatre Evangiles de Lefèvre d'Etaples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• 1523:la Sorbonne profite des difficultés diplomatiques du roi pour s'attaquer au Cénacle. Le Conseil du roi permettra aux réformistes d'échapper aux poursuites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• 1524, la paix entre la France et le Saint-Siège oblige Briçonnet à faire marche arrière et à dissoudre le Cénacle. Marguerite recevra une aide morale chaleureuse de Briçonnet quand elle vivra des deuils successifs. Elle montrera aussi son acceptation du réformisme: certaines de leurs thèses se retrouvent dans sa première œuvre: Dialogue en forme de vision nocturne. L'influence de Meaux se fera sentir tout au long des années qui suivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Mission diplomatique&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• 1525, année terrible: Marguerite, qui est à Lyon, apprend la défaite de Pavie. Son frère François Ier y est fait prisonnier. Quant à Charles d'Alençon, son époux, il a réussi à prendre la fuite après la bataille et à rejoindre Lyon, mais il mourra en avril 1526. Marguerite sera désignée pour négocier avec l'empereur Charles Quint, la libération du roi de France. Mais l’empereur et son chancelier, Mercurin de Gattinara, ne veulent pas entendre parler de rançon : ce qu’ils exigent c’est la rétrocession de la Bourgogne dont Charles Quint est théoriquement héritier par sa grand-mère. La mission de Marguerite échoue donc, mais elle a permis d'apporter au roi François 1er un précieux réconfort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;La "Reine Marguerite"&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1527, veuve et sans enfant elle se remarie à Henri II d'Albret, roi de Navarre. La voilà reine, mais d'un royaume de Navarre amputé de sa partie sud, située au delà des Pyrénées et que son puissant voisin espagnol Ferdinand II d'Aragon a annexé en 1512. Elle accouche en 1528 d'une fille, Jeanne, qui sera la dernière reine de Navarre et la mère du futur Henri IV de France.&lt;br /&gt;Marguerite entre dans une période de deuils: en 1530 son fils Jean a six mois lorsqu'il décède; en 1531 elle perd sa mère, Louise de Savoie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les antagonismes religieux s'accroissent: la Sorbonne réagit au prêche de Gérard Roussel, un protégé de Marguerite, en condamnant Le Miroir de l'Ame Pécheresse. L'affaire des placards en 1534 amène le roi, son propre frère, à sévir contre les réformateurs que Marguerite protège. Par prudence, elle regagne alors ses Etats du sud-ouest puis parcourt le midi de la France.&lt;br /&gt;Marguerite tente la voie de la conciliation avec l'empereur Charles Quint pour récupérer ses territoires au sud des Pyrénées: les conférences se succèdent à Nice et à Aigues-Mortes, les gestes de bonne volonté, les projets d'union de la petite Jeanne avec le petit infant Philippe.&lt;br /&gt;C'est un échec tout comme son opposition au puissant connétable de France, Anne de Montmorency.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;La "Marguerite des Marguerites"&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marguerite, au fur et à mesure que son influence politique décline, voit son rôle de protectrice des lettres augmenter. On peut en juger par le nombre croissant d'œuvres qui lui sont dédicacées: Nicolas Bourbon, Jean Salmon, Paul Paradis, Etienne Dolet, Vauzelles, Salel, Nicolo Martelli, Bandello, l'Arétin, Luigi Alamanni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès la fin 1542 elle retourne sur ses terres: elle partagera son temps entre la composition de l'Heptaméron et les responsabilités du pouvoir en l'absence de son mari. Un bref retour au Louvres à partir de janvier 1545: elle aura à assumer les décès du deuxième fils du roi puis celui de son frère. Elle se retire du monde pendant quatre mois au couvent de Tusson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1547 François Ier meurt et son fils Henri II monte sur le trône des llys.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1548 sa fille Jeanne, après bien des péripéties, se marie avec Antoine de Bourbon-Vendôme. Marguerite a tout tenté pour éviter cette union. Elle retrouvera le Béarn pour quelques mois et s'essaiera aux bienfaits du thermalisme à Cauterets. Elle décède à 57 ans le 21 décembre 1549 d'une inflammation des poumons due au froid de la nuit dans son parc d' Odos. La reine meurt seule, son mari arrive trop tard. Les obsèques seront célébrées le 10 février 1550 en la cathédrale de Lescar, nécropole des rois de Navarre. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Marguerite_de_Navarre"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Œuvres principales&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Heptaméron (1558)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le signe de deux références essentielles : la vérité et le Décaméron de Boccace, dont Marguerite a encouragé la retraduction, l'Heptaméron réunit soixante-douze nouvelles, unifiées par un cadre narratif dont l'unité est la journée. L'importance des conversations entre devisants, qui commentent et discutent le sens de chaque récit, permet de mettre en évidence les enjeux (nouveaux) des nouvelles, et les liens qui les unissent : retournements, parallélisme, exception dynamisent le recueil, cependant que les ressorts dramatiques internes, encore largement stéréotypés mais développant déjà quelques situations romanesques et sentimentales, tournent essentiellement autour de l'amour. Entre platonisme et gaudriole, il s'agit d'en explorer les modalités, de découvrir d'éventuelles justifications à un péché auquel nul n'échappe — et que compliquent les rapports de force qui brouillent les relations entre hommes et femmes.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Heptam%C3%A9ron"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;L’Heptaméron [ fr ] &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.digital.library.upenn.edu/women/navarre/heptameron/heptameron.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;L’Heptaméron [EN ]&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-5231429617226212004?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/5231429617226212004/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=5231429617226212004' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/5231429617226212004'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/5231429617226212004'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/marguerite-de-navarre-1492-1549.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRVtvsN8_zI/AAAAAAAAAJY/Goi18cvLycU/s72-c/nav.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-6412624717619851712</id><published>2008-11-07T03:57:00.000-08:00</published><updated>2008-11-07T09:19:21.864-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQtX-11soI/AAAAAAAAAJQ/MWoYOxsM59g/s1600-h/images.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 148px; FLOAT: left; HEIGHT: 159px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265883754332009090" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQtX-11soI/AAAAAAAAAJQ/MWoYOxsM59g/s200/images.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;François Rabelais&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;(vers 1483-1553 )&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Naissance :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; entre 1483 et 1494&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Décès :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; 9 avril 1553&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Activité :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; écrivain et médecin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;Œuvres principales : &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Pantagruel, Gargantua&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Rabelais (près de Chinon, Indre-et-Loire, 1493 ou 14941 – Paris, 9 avril 1553) est un médecin et écrivain français de la Renaissance.&lt;br /&gt;Rabelais est l'un des humanistes les plus connus de la Renaissance, qui luttent avec enthousiasme pour renouveler, à la lumière de la pensée antique, l'idéal philosophique et moral de leur temps. Son œuvre est mise à l'Index Librorum Prohibitorum, « Index des livres interdits » par l'Église.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Biographie de Rabelais&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais est né à Chinon. 0n ne sait pas la date précise de sa naissance, qu'on à fixée en 1483, en 1490 et en 1495 La date de 1490, donnée par Guy Patin, est celle qui nous paraît devoir être adoptée de préférence. 1519-1524, L'existence de Rabelais est saisie pour la première fois dans un document contemporain en 1519.Un acte d' achat de la moitié d' une auberge à Fontenay-le-Cômte, par les religieux franciscains du couvent de cette ville, passé le 5 avril de cette année, porte les signatures d' une douzaine de moines et entre autres, celle de François Rabelais. Ainsi le futur auteur Gargantua et de Pantagruel nous apparaît d' abord sous le froc du frère mineur ou du cordelier. Par sa supplique au pape Paul Ill, Rabelais nous apprend, en effet qu' il avait reçu, dans cet ordre,la prêtrise et exercé les fonctions sacerdotales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais, pendant q' il était.dans ce couvent, se livra à des grands travaux d' érudition.Il apprit le grec, étudia le droit, acquit des connaissances en histoire naturelle et en médecine et se pourvut enfin de cette science encyclopédique à laquelle prétendaient les docteurs de la Renaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait là, dans ce monastère de Fontenay -le-Comtë, quelques moines studieux comme Rabelais; 1'un d'eux , Pierre Amy, était en relations avec le.célèbre Helléniste Guillaume Budée. Rabelais, par le moyen de son confrère, entre en correspondance avec ce haut personnage.Deux lettres de Budée, l'une presque entièrement grecque, l'autre grecque et latine lui sont adressées personnellement;et de plus, quand Budée écrit à Pierre Amy, il ne manque pas d'ajouter un mot à l'intention de Rabelais : ''Saluez de ma part votre frère en religion et en science Rabelais,'' ou encore : '' Adieu, et saluez quatre fois en mon nom le savant et gentil Rabelais, ou de vive voix, s'il est près de vous ou par, missive, s'il est absent''.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les doctes religieux de Saint-Francois avaient, en outre, des amitiés assez considérables, soit dans la ville de Fontenay, soit dans la province.Ils formaient une société étroite avec André Tiraqueau, juge,puis lieutenant au bailliage de Fontenay, avec Aimery Bouchard, président de Saintes, et faisaient cause commune avec les savants que le jeune évêque de Maillezais, Geoffroy d'Estissac, leur voisin se plaisait à réunir autour de lui. Dans ces années de 1520 à 1524, Rabelais sort à nos yeux de l'obscurité qui l'a environné jusqu'alors. Il figure très honorablement dans ce groupe d' érudits. On le cite avec de constants éloges. Une controverse s' élève entre Bouchard et Tiraqueau à propos d'un traité de ce dernier De legibus connubialibus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L' autorité de Rabelais est plusieurs fois invoquée par ces Jurisconsultes.Tiraqueau cite une traduction du premier livre d'Hérodote que Rabelais avait faite et il parle de lui en ces termes expressifs: « Homme, dit-il, d'une habileté consommée dans les langues latine et grecque et dans toutes les sciences, au delà de ce qu 'on attendrait de son âge et en dehors des habitudes, pour ne point dire des scrupules excessifs de son ordre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces scrupules excessifs qui régnaient dans l'ordre ne tardèrent pas à susciter des persécutions aux savants cordeliers. L'étude du grec était alors suspecte aux théologiens; elle indiquait une tendance à la rébellion de l'esprit et aux idées de la Réforme. Les supérieurs voulurent sévir contre l'hellénisme de Pierre Amy et de Rabelais. Des perquisitions furent faites dans leurs cellules. Livres et papiers furent confisqués. Les deux religieux se cachèrent et bécrivirent à Guillaume Budée, qui était le protecteur naturel de tous les hellénisants, pour lui demander son appui. Les lettres que ce savant adresse à Pierre Amy et à Rabelais réduisent toute cette affaire à ses véritables proportions. Avant d'avoir eu besoin d'user de son influence en leur faveur,il a appris que l'orage s'est calmé : les persécuteurs ont renoncé à leur entreprise, lorsqu'ils ont été averis qu'ils se mettraient en opposition avec des personnages éminents et avec le roi lui-même. Les livres confisqués ont été restitués à leurs propriétaires et ceux-ci rétablis dans leur tranquille liberté première.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'évêque de Maillezais avait eu probablement la plus grande part à cette pacification.Il trouva un moyen de soustraire définitivement Rabelais à ces vexations : il obtint du pape Clément VII un indult qui autorisait celui-ci à passer de l'ordre de Saint-François dans l'ordre de Saint Benoit, et du couvent de Fontenay-le-Comte dans l'abbaye de Maillezais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1524, Rabelais devint alors l'hôte et le commensal habituel de Geoffroy d'Estissac. Il noua de nouvelles et honorables relations, notamment avec Jean Bouchet. Il demeura à Maillezais plusieurs années, puis, rejetant le vêtement monastique et prenant l'habit de prêtre séculier il s' élança à travers le monde, per abrupta seculi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1525, Rabelais à la recherche d' un refuge propice au travail intellectuel, suit Geoffroy d' Estissac en Périgord et en Poitou. On le retrouve en particulier au prieuré de LIGUGE(ancienne abbaye), où il a travaillé dans une Tour qui aujourdh'ui porte son nom. Rabelais alors moine bénédictin de la cathédrale de Maillezais, vécut quelques temps à Ligugé, d'où il envoya à Jean Bouchet, procureur à Poitiers et historien, une lettre datée ''A Ligugé ce matin de septembre, sixième jour, en ma petite chambre''...... qui est la premère oeuvre connue de l'auteur de Pantagruel.Rabelais conserva de Ligugé un agréable souvenir. En 1536, envoyant à d'Estissac des graines d'Italie, il lui rappela que les salades de Ligugé sont aussi bonnes et plus douces et aimables à l'estomac que celles de Naples.Ecrivant son Gargantua, Rabelais fit boire à son géant du vin de Ligugé, et, au chapitre IV du tiers livre, le juge Perrin Dandin est laboureur et chantre au lutrin de Smarves, village distant de Ligugé de deux kilomètres.Tous les noms de hameaux voisins: Aigue, Croutelle, La Motte, Mezeaux, Toulneroux, se retrouvent dans l'oeuvre célèbre et démontrent que Rabelais dut séjourner assez longtemps à Ligugé pour en connaître aussi bien les alentours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1530-1531, Il est à Montpellier en 1530. Il se fait inscrire sur les registres de la Faculté de médecine le 16 septembre de cette année, et, le ler novembre suivant, il est promu au grade de bachelier,ce qui prouve qu'il était arrivé en cette ville armé de toutes pièces, et qu'il n'avait qu'à obtenir pour ses ses connaissances acquises la consécration des diplômes officiels. A la fin de cette année et au commencement de l'année suivante, il fait avec beaucoup de succès un cours public sur les Aphorismes d'Hippocrate et sur l'Ars parva de Galien. Pendant son séjour à Montpellier, il prend part, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, à des représentations comiques, et joue, avec quelques compagnons d'études, ''la morale comédie de celuy qui avoit espousé une femme mute (muette)''.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fin de 1531 ou au commencement de 1532, il est à Lyon. An mois d'octobre 1532 il est attaché comme médecin à l'Hôtel-Dieu de cette ville à raison de quarante livres par an.Nous le voyons, en cette même année, multiplier tout à coup les publications. Il met au jour une édition des Lettres médicales de Giovanni Manardi, de Ferrare, avec une dédicace latine à André Tiraqueau judici æquissimo apud Pictones. Il édite les Aphorismes d'Hippocrate et l'Ars parva de Galien en un volume in-16. L'épitre dédicatoire est adressé à Geoffroy d'Estissac, évêque de Maillezais.Il fait imprimer une plaquette sous ce titre - Ex reliquiis venerandæ antiquitatis: Lucii Cuspidii testamentum.Iten contractus venditionis, antiquis Romanorum temporibus initus. Il dédie cette publication à Aimery Bouchard, devenu conseiller du roi et maître des requêtes. Rabelais, en présentant ce testament et ce contrat de vente comme des monuments de l'époque romaine, était dupe d' une supercherie; ces textes étaient apocryphes ; Pomponius Loetus et Jovianus Ponltanus les avaint fabriqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au mois de décembre 1532, il écrit la fameuse lettre à Bernard de Salignac à qui il rend des actions de grâces si magnifiques qu'on est embarrassé d'en faire honneur à un personnage inconnu. On serait tenté, en songeant à l' Oratio prima contra Desiderium Erasmum, publiée par Scaliger en 1531 et attribuée par Érasme à Jérôme Aléandre, de voir dans ce Bernard de Salignac quelque pseudonyme ou prête-nom d'Érasme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1533, En même temps qu'il prend part à de nombreuses publications scientifiques, il produit des ouvrages d'un autre goût qui feront bien davantage pour sa renomrnée et qui immortaliseront son nom. C'est à la fin de l532 que les premiers livres de Gargantua et de Pantagruel paraissent avoir vu le jour. On a une édition du deuxième livre datée de 1533. En examinant bien les titres et les prologues, on se convainc aisément que l'apparition du fameux roman doit être un peu antérieure, et que les éditions princeps des deux premiers livres ne se sont probablement pas encore retrouvées. Le langage de Rabelais, dans le prologue du Gargantua, n'est pas celui d'un auteur jusqu'alors inédit; le prologue du Pantagruel se rapporte bien, selon nous, au premier livre de Gargantua, et non à ces grandes et inestimables Chroniques du géant Gargantua, dans lesquelles M. Brunet a voulu voir un premier essai de Rabelais. Il est certain toutefois qu'il y avait un petit roman populaire qui a servi à Rabelais de point de départ; nul doute que Gargantua n'eût une existence traditionnelle bien avant le rôle éclatant qu'il fut appelé tout à coup à jouer. Les grandes et inestimables Chroniques sont un monument de cette tradition. Le roman rabelaisien attira l'attention sur elles. Rabelais eut-il quelque part aux réimpressions qui furent faites de ces opuscules à la même époque? Rien n'autorise à l'affirmer; l'intérêt des libraires suffit bien à expliquer ces réimpressions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais publia encore un almanach pour 1533 et la Pantagrueline prognostication pour cette même année. Cette « Pantagrueline prognostication, par M. Alcofribas, architriclin dudit Pantagruel, » nous prouve que, dès la fin de 1532, le roman de Rabelais était déjà bien connu du public, puisque, si l'histoire de Pantagruel par son architriclin n'eût fait que de paraître, l'auteur n'aurait pas mis en tête d'une brochure ces noms qui eussent été une énigme pour les acheteurs. Dans le courant de cette année 1533, Pantagruel fut censuré par la Sorbonne. On sait par une lettre de Calvin, à la date d'octobre, que la Faculté de théologie avait condamné « ces ouvrages obscènes: Pantagruel, la Forêt d'amours, et d'autres du même billon (obscoenos illos Pantagruelem, Sylvam amorum, et ejus monetæ. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1534, Premier voyage de Rabelais à Rome, à la suite de Jean du Bellay, évêque de Paris. Ce prélat était chargé par François 1er, de tenter un dernier effort pour empêcher la séparation de l'Angleterre et du Saint-Siège. Venant d'Angleterre, où il avait été conférer avec le roi Henri VIII, il traverse la France, passe à Lyon, où il s'attache Rabelais comme médecin, franchit les Alpes et arrive à Rome la veille de Noël 1533. Il ne réussit pas dans sa mission, malgré le zèle et l'éloquence qu'il y déploya. Ce premier séjour de Rabelais à Rome, qui a prêté à tant de facétieuses anecdotes, comprend les premiers mois de 1534. De retour à Lyon, Rabelais fit paraître, au mois de septembre, la Description de Rome Antique , de Marliani, avec une dédicace a Jean du Bellay. A cette année se rapporte aussi, selon les plus savants bibliographes, la première édition connue du premier livre: la Vie de Gargantua.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1535, Dans les premiers mois de cette année, Rabelais s'étant absenté pour la deuxième fois et ayant quitté son service à l'Hôtel-Dieu sans donner avis ni prendre congé, les conseillers recteurs du grand hôpital délibérèrent, le 23 février, sur la question de lui donner un remplaçant. Plusieurs médecins, maître Charles, maître Canape, maître Du Castel, sollicitent sa place. Ce dernier est appuyé par M. de Montrottier, qui est un des bienfaiteurs de l'hôpital, auquel il donne trois cents livres par an. L'un des conseillers, nommé Pierre Durand, est d'avis qu'il convient d'attendre jusqu'à Pâques, « car il a entendu que ledit Rabellays est à Grenoble et porra revenir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 5 mars 1535, les conseillers recteurs élisent, à l'unanimité, Pierre Du Castel, docteur médecin, pour le service du grand hôpital du pont du Rhône, « au lieu de maistre François Rabellays, médecin, qui s'est absenté de la ville et dudit hospital sans congé prendre pour la deuxiesme fois. » Les « gages » de Du Castel sont réduits à trente livres tournois, au lieu de quarante livres que touchait Rabelais. Rabelais avait fait pour l'année 1535 un nouvel almanach ; il y prend pour la dernière fois la qualité de « médecin du grand hospital dudict Lyon ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est probablement pendant les deux ans et demi qti'il exerça les fonctions de médecin de l'Hôtel-Dieu que Rabelais fit à Lyon la leçon publique d'anatomie dont il est question dans une des pièces du recueil de poésies latines publiés par Éienne Dolet en 1538, pièce intitulée Cujusdam epitaphium qui exemplo edito strangulatus, publico postea spectalculo Lugduni sectus est, Francisco Rabelæso doctissimo fabricam corporis interptretan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1536, Le pape Paul III, successeur de Clément VII, avait promu l'évêque de Paris, Jean du Bellay, au cardinalat. Le cardinal vint éablir à Rome sa résidence, et Rabelais l'accompagna de nouveau. Ils s'y trouvaient au mois de novembre 1535, et y demeurèrent jusqu'au mois d'avril 1536. C'est pendant ce deuxième séjour que Rabelais écrivit à Geoffroy d'Estissac les trois lettres datés du 30 déembre, du 28 janvier et du 15 férier. On doit remarquer toutefois que les dates attribués à ces lettres par les frères de Sainte-Marthe, les premiers éiteurs, ne sont pas tout à fait exactes. Ainsi la première lettre, qui n'est datée que par les éiteurs, est du 30 décembre 1535 , et cela est si vrai que Rabelais dit en la terminant: «Je vous envoye aussi un almanach pour l'an qui vient 1536. »La deuxième et la troisième sont bien datés du 28 janvier 1536 et du 15 férier 1536, parce que Rabelais emploie la supputation romaine qui fai t commencer l'année au 1er janvier et non à Pâques. Les événements de l'histoire générale ne laissent pas de doute à cet égard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces événements sont méorables. C'est pendant cette année 1536 que se prépara et qu'eut lieu la grande invasion de la Provence par l'empereur Charles-Quint. Revenu en Sicile après l'expedition de Tunis, l'empereur nouait des alliances, levait des troupes, amassait des sommes d'argent pour sa vaste entreprise. Il entre à Rome le 5 avril 1536 par une large voie triomphale, et, le 8, il prononce dans le consistoire cette fameuse harangue où dans l'exaltation de son orgueil, il dévoile ses projets, vante sa puissance, et insulte pendant deux heures la France et son roi. Charles-Quint, au lendemain de ce discours, songea qu'il avait peut-êre eu tort de se départir de sa dissimulation ordinaire.Il chercha à persuader aux ambassadeurs de France d'atténuer dans leurs dépêches la portée des déclarations qu'il avait faites. Le cardinal du Bellay se douta que le roi ne saurait point par eux l'exacte vérité En rentrant chez lui, il écrivit tout au long la harangue de l'empereur; il avait des moyens mnémotechniques pour retenir les plus longs discours qui étaient prononcés devant lui. Cela fait, il sortit de Rome sous un déguisement, prit la poste, et arriva huit jours aprè à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais revint en France soit avec lui, soit peu après. Pendant ce deuxième séjour, Rabelais avait fait réulariser son état. Il avait adressé au Saint-Père une supplicatio pro apostasia. Un bref du pape Paul III, datédu 17 janvier 1536, lui accorde une absolution pleine et entière, l'autorise à reprendre l'habit de Saint-Benoit et à rentrer dans un monastèe de cet ordre où l'on voudra bien le recevoir (nous verrons tout à l'heure que Rabelais avait à ce sujet des vues arrêrés) et lui permet à exercer, confornément aux règles canoniques, l'art de la médecine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande invasion des Impériaux eut lieu à la fois par le nord et par le midi. Le comte de Nassau entra par le nord, prit Guise, assiéea Péonne. Charles-Quint, àla tête de cinquante mille hommes, passa la Sesia le 7 juin, franchit le Var le 25 juillet. Le roi François 1er s'avança à sa rencontre. Le cardinal du Bellay fut, par ordonnance du 21 juillet 1536, nommé lieutenant général du roi et chargé de la défense de Paris, de la Picardie et de la Champagne. Comment il s'acquitta de cette mission, c'est ce que l'histoire nous apprend avec des détails que nous ne pouvons donner ici. Disons seulement qu'il déploya beaucoup d'activité et d'énergie; en huit jours il approvisionna Paris pour un an et slit tenir tête même à la soldatesque révoltée. La double invasion échoua, comme on sait ;Charles-Quint repassa le Var le 5 septembre ; le siège de Péronne avait été levé le 15 du même mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne sait pas au juste ce que Rabelais devint pendant ces événements. Il resta sans doute attaché à son protecteur. Dè le temps de leur séjour à Rome, l'évêque de Paris lui avait offert un asile dans l'abbaye de Saint-Maur-les-Fossé, dont il éait abbé Cette abbaye de l'ordre de Saint Benoit, àla sollicitation de l'évêque, venait d'être érigée en collégiale, c'est-àdire que les moines étaient devenus chanoines. Cette transformation avait eu lieu avant que Rabelais eû été reçu parmi eux. S'il avait été reçu avant la bulle d'érection, il n'y aurait eu aucune difficulté à craindre ; mais comme il n'avait été reçu qu'après, il paraît qu'on pouvait contester que les termes du bref du 17janvier, l'autorisant à rentrer dans l'ordre de Saint-Benoît, fussent ainsi observés; et, en effet, Rabelais ne figura point à l'installation des nouveaux chanoines qui eut lieu le 17 août 1536. Pour se mettre à l'abri de toute contestation, il adressa une nouvelle supplique au souverain pontife. On ignore quel sort eut cette supplique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au commencement de 1537, Rabelais est à Paris, on le sait par une pièce de vers latins d'Étienne Dolet qui, ayant commis un meurtre à Lyon le 31 décembre 1536, vint solliciter sa grâce du roi, l'obtint et à cette occasion réunit dans un festin Budée, Clément Marot, etc.) avec Rabelais, ''l'honneur de la médecine, dit-il, qui peut rappeler les morts des portes du tombeau et les rendre à la lumière.''&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les nombreux témoignages d'estime,adressés vers cette époque à Rabelais, il faut citer celui de Salmon Macrin, secrétaire du cardinal du Bellay. Macrin, originaire de Loudun, publia en 1537) à Lyon, un recueil d'odes. L'une d'elles, en l'honneur de Rabelais, célèbre à la fois son savoir et les grâces piquantes de son esprit. Un autre versificateur, Nicolas Bourbon, nous fait connaître les relations amicales de Rabelais avec Guillaume du Maine, abbé de Beaulieu, précepteur des fils de François 1er, et avec Mellin de Saint-Gelais. Il est certain que Rabelais est en excellents termes avec la plupart des personnages distingués de ce temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons vu Rabelais prendre dans ses publications, dans sa supplique au pape, partout, la qualité de docteur en médecine. Il parait cependant qu'il n'avait pas encore reçu l'investiture officielle de ce grade. Il se rendit à Montpellier où, le 22 mai 1537, il fut promu au doctorat, ainsi qu'il résulte de la mention faite par lui-même sur les registres de la Faculté. Il passa une partie de cette année dans cette ville, où il fit, devant un nombreux auditoire, un cours sur le texte grec des Pronostics d'Hippocrate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y reçoit, entre autres visiteurs, Jean de Boyssonné, professeur à l'université de Toulouse, et Hubert Sussanneau, docteur en médecine et en droit et poète latin. Il y fait, en 1538, une leçon publique d'anatomie pour laquelle il touche un écu d'or. Il est peu probable cependant que sa résidence dans cette ville ait été constante pendant ces deux années 1537-1538. A Lyon, comme dit Simon Macrin, était son habituel retour. C'est peut-être à cette époque que se rattache une lettre du cardinal de Tournon au chancelier Antoine du Bourg (ce chancelier étant mort en 1538, on ne saurait du moins assigner à cette lettre une date plus tardive), dans laquelle le cardinal se plaint des nouvelles que Rabelais fait parvenir à Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;'' Monsieur, Je vous envoie une lettre que Rabelezus escrivoit à Rome, par où vous verrez de quelles nouvelles il advertissoit un des plus maulvais paillards qui soit à Rome. Je lui ai fait commandement que il n'eust à bouger de cette ville jusqu'à ce que j'en sceusse votre voulonté. Et s'il n'eust parlé de moi en ladite lettre, et aussy qu'il s'advoue au roy et reyiie de Navarre, je l'eusse faict mettre en prison pour donner exemple à tous ces escripvetirs de nouvelles. Vous m'en manderez ce qu'il vous plaira, remettant à vous d'en faire entendre au roy cc que bon vous en semblera.'' On ne voit pas, cependant, que l'affaire ait eu des suites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un événement extra-canonique qu'il est impossible de reculer davantage dans la suite des événements de sa vie, c'est l'existence d'un enfant que Rabelais eut à Lyon, et qui vécut deux années. Les renseignements à ce sujet se trouvent dans les manuscrits du professeur toulousain'Boyssoné. Ce professeur de droit, dont Rabelais parle avec une amitié respectueuse, était en même temps un versificateur latin. Parmi ses poésies, plusieurs pièces font mention d'un enfant nommé Théodule Rabelais, mort à l'âge de deux ans, et les termes dont il se sert ne peuvent laisser aucun doute sur le père de cet enfant. Il ne parait pas, du reste, que la paternité de l'auteur de Gargantua ait eu rien de clandestin. Dans l'épitaphe qu'il compose pour ce jeune enfant, Boyssonné lui fait dire : Moi qui repose sous cette tombe étroite, vivant, j'ai eu des pontifes romains pour serviteurs (Romanos habui pontifices fanulos).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1539-1543, Rabelais entre, toujours en qualité de médecin, au service de Guillaurue du Bellay, seigneur dee Langey, frère du cardinal. Ce personnage avait été établi gouverneur du Piémont en 1537. L 18 décembre 1539, Rabelais passe à Chambéry où cette même année le « vertueux » Boyssonné avait été nommé conseiller, peut-être à la recommandation de son ami. En juillet et octobre 1540,il est à Turin; nous le voyons en correspondance avec G. Pélissier, évêque de Maguelonne, ambassadeur du roi de France à Venise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seigneur de Langey avait beaucoup de maladies et d'infirmités. Il demanda à être relevé de son gouvernement du Piémont, et, ayant obtenu son congé, il revint en France, porté en litière. il mourut au mont de Tarare, entre Lyon et Roanne, le 9 janvier 1543. Rabelais fut présent à sa mort. Le Duchat affirme que Guillaume du Bellay laissa cinquante livres tournois de rente à Rabelais, jusqu'au moment où celui-ci aurait trois cents livres de revenu en bénéfices. Les affaires de ce seigneur étaient dans un état déplorable, à cause des dépenses qu'il avait faites pour adoucir les souffrances d'une famine qui avait sévi en Piémont. Peut-être est-ce pour tenir lieu de cette rente que René du Bellay, évêque du Mans, frère du défunt, conféra à Rabelais la cure de Saint-Christophe-du-Jambet. Il est certain que Rabelais fut titulaire de cette cure, dont il touchait le revenu sans être obligé à résidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais consacra un ouvrage latin à l'histoire des hauts faits de Guillaume du Bellay. Claude Massuau, autre domestique de Guillaume du Bellay, le traduisit en français sous ce titre : « Stratagérnes, c'est-à-dire prouesses et ruses de guerre du preux et très Célèbre Chevalier Langey, au commencement de la tierce guerre césariane. » L'original et la traduction sont perdus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1543-1546, Cependant les éditions du Gargantua et du Pantagruel se succédaient avec une vogue inépuisable. En 1542, Rabelais donna, des deux premiers livres, une édition où il avait légèrement atténué ses hardiesses. En 1546, il mit au jour le troisième livre avec un privilège du roi François ler, non plus sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier, mais sous son nom. L'année suivante, 1547, parurent à Grenoble les premiers chapitres du quatrième livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1546-1550, Depuis longtemps déjà le roi François 1er, en qui Rabelais avait trouvé un protecteur, était gravement malade; on prévoyait sa mort prochaine. En quelles mains passerait alors le pouvoir? Les principaux protecteurs de Rabelais allaient sans doute perdre leur crédit. Rabelais n'attendit pas la crise. Il semble qu'il se soit d'assez loin prémuni contre elle. Il quitta la France et se réfugia à Metz. A quel moment? On ne le peut dire avec précision. Mais il parait prouvé que ce fut plus d'une année avant la mort du roi. Il résulte des recherches des érudits lorrains que Rabelais aurait passé à Metz l'année 1546 tout entière. Les comptes de la ville pour cette époque ont disparu ; mais il en subsiste un extrait par Paul Ferry (Observations séculaires), et dans cet extrait on lit ces lignes : « 1547. Payé à Mr Rabellet p. ses gages d'un an, c'est à sçavoir à la Saint-Remy 60 livres; à Paques darien 60 livres ; comme plus con lui ont (sic) p. le quart d'an de Saint-Jean 30 livres. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, Rabelais fut médecin salarié de la ville de Metz, aux gages de 120 livres par an; il toucha le semestre de Pâques 1546 à la Saint-Remi, ler octobre, le semestre du Ier octobre 1546 à Pâques 1547, plus un demi-semestre de Pâques à la Saint-Jean (24 juin). Il eut congé à cette dernière date, 24 juin 1547.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lettre de Rabelais au cardinal du Bellay, datée de Metz, où il implore en termes si pressants les secours du cardinal, est-elle du 6 février 1547, comme on le croit généralement? Tout fait supposer que cette lettre est plutôt du 6 février 1546, les appointements assez élevés que Rabelais touchait en 1547 ne justifiant plus de tels cris de détresse. Il faut, en ce cas, assigner également à cette année, au 28 mars 1546 (nouveau style), la lettre de Jean Sturm, recteur du Gymnase de Strasbourg, au même cardinal du Bellay. On trouve dans cette lettre un passage indiquant l' importance des gains de Rabelais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a vu pourquoi le fugitif s'était arrêté à Metz, c'est qu'il y avait trouvé des fonctions qui le mettaient à l'abri du besoin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François 1er mourut le 31 mars 1547. Le cardinal du Bellay, forcé de se démettre de ses charges politiques, se rendit à Rome. Rabelais l'y suivit. Rabelais était pour la troisième fois à Rome au mois de février à l'époque de la naissance de Louis d'Orléans, deuxième fils de Henri II et de Catherine de Médicis. Il écrivit au cardinal de Guise (depuis cardinal de Lorraine), sous le titre de Sciomachie, la description des fêtes célébrées à cette occasion par le cardinal du Bellay et par l'ambassadeur de France d'Urfé. Cette description fut imprimée à l,yon, chez Sébastien Gryphe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La même année, parut à Paris une violente attaque dirigée contre Rabelais ; elle eut lieu dans un pamphlet en forme de dialogue contre les mauvais livres, intitulé Theotimus sive de tollendis et expurgandis malis libris, iis præcipue quos vix incolumi fide ac pietate plerique legere queant. Cette publication était l'ouvre de Gabriel de Puits-Herbaut,moine de Fontevrault. La sortie de Puits-Herbaut n'est pas moins violente contre l'homme que contre ses ouvrages. On y voit apparaître pour la première fois, dans un document contemporain, le Rabelais biberon, glouton, cynique, que les biographes, confondant la vie de l'auteur avec les inventions de son livre, ont représenté par la suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'agression de Puits-Herbaut n'eut aucun effet. Rabelais ne tarda pas à se faire d'aussi solides appuis sous le nouveau règne que sous le règne précédent. L' influence à la cour de France, sous Henri II , appartenait aux Guises, au connétable de Montmorency, à ses cinq fils et à ses trois neveux les Chatillons. Nous venons de voir, à propos de la Sciomachie, Rabelais en correspondance avec le cardinal de Guise. Nous allons le voir tout particulièrement soutenu par l'ainé des Châtillons, le cardinal Odet, évêque-comte de Beauvais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rentre en France « hors de toute intimidation », et obtient pour ses ouvrages un privilège de Henri II, comme il en avait obtenu un de François Ier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1550-1552, Par provisions du 18 janvier 1550, Rabelais fut nommé à la cure de Meudon. On peut remarquer comme coïncidence significative, que la terre de Meudon avait été récemment achetée par le duc de Guise à la duchesse d'Estampes. Rabelais ne fut curé de Meudon que l'espace de deux ans moins quelques jours. Il n'est pas sûr qu'il ait rempli jamais les fonctions curiales. Le nouvel évêque de Paris, Eustache du Bellav, faisant sa première visite pastorale, au mois de juin I551, est reçu à Meudon par Pierre Richard, vicaire, et quatre autres prêtres; il n'est pas question de Rabelais. En tout cas, il est évident qu' il ne put laisser dans le pays ces profondes traces, ces souvenirs vivaces qu'auraient retrouvés cent ans plus tard les Antoine Leroy, les Bernier, les Colletet. La légende du curé de Meudon s'est formée après coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il résigna ses deux cures, celle de Saint-Christophe-de-Jambet au diocèse du Mans et celle de Saint-Martin-de-Meudon au diocèse de Paris, le 9 janvier 1552. Selon toute apparence, cette double démission fut motivée par la publication très prochaine du quatrième livre complet. Ce quatrième livre fut achevé d'imprimer le 28 janvier 1552. Il parut tvec le privilège du roi et une épitre de l'auteur au cardinal de Châtillon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Faculté de théologie s'en émut aussitôt et le censura. Un arrêt du parlement, en date du mars 1551, en suspendit la vente. ''Attendu la censure faicte par la Faculté de théologie contre certain livre maulvais exposé en vente soubz le titre de Quatrièsme livre de Pantagruel, avec privilége du roi.... la cour ordonne que le libraire sera promptement mandé en icelle, et lui seront faictes defenses de vendre et exposer ledict livre dedans quinzaine: pendant lequel temps ordonne la cour au procureur du roi d'adverir ledict seigneur roi de la censure faicte sur ledict livre par ladicte Faculté de théologie, et lui en envoyer un double pour suyvre son bon plaisir.''&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mandé devant la cour, le libraire Michel Fezandat reçut défense, sous peine de punition corporelle, de vendre l'ouvrage dedans quinzaine. Après ces quinze jours la vente reprit-elle son cours? On est tenté de croire que la suspension dura plus longtemps, si l'on remarque que Henri Il était tout entier alors à son etitreprise contre Metz et les provinces austrasiennes. Il laissa la régence à Catherine le 10 mars, rejoignit l'armée à Chàlons, et victorieux entra dans Metz le 18 avril. Dans cet intervalle, Rabelais fit, au moyen d'un nouveau tirage du prologue, la modification suivante en l'honneur du roi. Le premier tirage portait: « N'est-il pas écrit et pratiqué par les anciennes coustumes de ce tant noble, tant florissant, tant riche et triurnphant royaume de France ?... » Et un peu plus loin : « Le bon André Tiraqueau, conseiller du roy Henri le second. Dans le second tirage, on a supprimé le mot triomphant devant royaume de France et fait précéder le nom du roy Henri le second des épithètes grand, Victorieux et triomphant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu'il en soit, les protecteurs de Rabelais l'emportèrent, et le bon plaisir du roi fait que la vente de l'ouvrage pût reprendre son cours interrompu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1553, L'époque de la mort de Rabelais, incertaine comme celle de sa naissance, est fixée communément à cette date de 1553. Outre que dès ce moment un profond silence se fait sur l'auteur de Gargantua et de Pantagruel, quelques indications viennent confirmer l'opinion commune. Théodore de Bèze, dans son Epistola Passavantii, mentionne Rabelais en ces termes: « Pentagruel cum suo libro quem fecit imprimere per favorem cardinalium qui amant vivere sicut ille loquebatur-. » Ces mots ,sicut ille loquebatur (comme il parlait) semblent témoigner que Rabelais n'existait plus. Or l'Epistola Passavantii est généralement attribuée à l'année 1553. M. Rathery a signalé un autre document : parmi les personnages d'une satire en forme de dialogue des morts, composée en 1555, figure Rabelais, qu'on représente comme descendu depuis quelque temps déjà aux sombres bords. Son habileté dans l'art de la médecine y est célébrée, et l'auteur ajoute : ''Je sais en quels termes honorables n'a cessé de s'exprimer sur ton compte ce grand cardinal qui t'aimait tant et ne t'admirait pas moins.''&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'obscurité la plus complète règne sur les circonstances de cette mort. Les faiseurs d'anecdotes se sont emparés des derniers moments de celui que Bacon appelait « le grand railleur, the great jester of France ». Ils ont mis en circulation de nombreuses facéties auxquelles on ne peut ajouter foi mais qui, évidemment se propagèrent de très bonne heure et presque en même temps que le bruit de ce trépas. Jacques Tahureau, poète et conteur, mort dans le Maine en 1555, semble y faire quelque allusion dans l'épitaphe suivante qui fait partie de ses oeuvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Sa vie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Jeunesse et formation:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fils d'un riche avocat, le baron de Lerné, François Rabelais naît à La Devinière, près de Chinon, en Touraine. Un goût immodéré pour les études le conduit en 1510 à faire son noviciat chez les franciscains de la Beaumette, près d'Angers. Durant ses années de claustration, il fait la connaissance de Pierre Amy et d'André Tiraqueau, qui l'initient à l'hellénisme, correspond avec l'humaniste Guillaume Budé et entreprend une traduction d'Hérodote. En 1523, conformément aux directives de la Sorbonne qui interdisent la lecture des livres grecs, il se voit retirer les moyens qui lui avaient été accordés pour ses études et qu'il n'avait pu se procurer qu'avec peine. Pour se soustraire aux rigueurs de la règle, il rejoint l'ordre des bénédictins en 1524.&lt;br /&gt;Poursuivant ses lectures, il se lance dans l'étude du droit, qu'il abandonne cependant assez vite pour s'inscrire à l'université de médecine de Montpellier. Il quitte alors l'habit monastique pour celui de prêtre séculier, a deux enfants puis, après avoir été reçu bachelier en 1530, entre comme médecin à l'hôtel-Dieu de Lyon en 1532.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Œuvre:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La même année, il traduit en latin des textes d'Hippocrate et de Galien, publie un ouvrage consacré au droit romain, et, surtout, fait paraître les Horribles et Espovantables Faictz et Prouesses du tresrenomme Pantagruel, roy des Dipsodes, fils du grant géant Gargantua, chronique joyeuse et truculente de la vie d'un géant insatiable, qu'il signe d'une anagramme de son nom et de son prénom: Alcofrybas Nasier. Le succès de cet ouvrage n'empêche pas sa condamnation par la Sorbonne. Pour échapper aux conséquences de cette censure, il se met sous la protection de son ancien évêque, Geoffroy d'Estissac (1533), puis récidive, vraisemblablement deux ans plus tard (1535), en publiant, sous le même pseudonyme, la Vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel. L'ouvrage est lui aussi condamné. Il quitte alors la France et accompagne en Italie le cardinal Jean Du Bellay, en qualité de médecin particulier. De retour à Lyon, il édite la Topographie de l'ancienne Rome de Marliani, puis le Tiers Livre des faictz et dictz héroïques du bon Pantagruel qui, après avoir reçu l'approbation de François Ier, est publié en 1546.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux ans plus tard paraissent les onze premiers chapitres du Quart Livre, dont la fin ne sera portée à la connaissance du public qu'en 1552, soit un an avant la mort de Rabelais. Enfin, en 1562, paraît, sous le titre de l'Isle sonnante, une partie du Cinquième Livre de Pantagruel, dont l'ensemble sera publié en 1564. Cette tardive conclusion de la geste de Pantagruel n'est probablement pas de la main de Rabelais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Analyse de l'œuvre:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inspiré des romans de chevalerie, tels les Amadis de Gaule, très en vogue à l'époque, Pantagruel présente successivement les « enfances », puis les extraordinaires « prouesses » du héros . L'idée de mettre en scène un personnage de géant, plongeant d'emblée le lecteur dans l'imaginaire, semble provenir, quant à elle, d'un roman anonyme, les Grandes et Inestimables Cronicques du grand et énorme géant Gargantua, publié à Lyon alors que Rabelais y était médecin. Toutefois, plus que des modèles, il semble que ces récits tiennent surtout lieu de prétextes à l'auteur. En effet, délibérément inscrit dans la droite ligne des « histoires à rire », il est possible de voir d'abord dans Pantagruel une suite d'épisodes cocasses, dont l'aspect humoristique vise à mieux servir les principes de l'humanisme qui y sont développés. En témoigne la lettre de Gargantua à Pantagruel, qui est un véritable programme pédagogique, où se trouve diagnostiquée toute la crise de la société et de la civilisation du XVIe siècle. Pour autant, cette œuvre ne se veut pas didactique. Résolument antidogmatique, ne faisant cas ni de la logique ni de la vraisemblance , elle affiche au contraire une constante liberté, qui tourne parfois à la désinvolture, façon de stigmatiser, dans le sillage d'Erasme, cet « amour de soi » qui interdit a priori toute « connaissance de soi ». Le symbolisme rabelaisien débouche ainsi tout naturellement sur l'utopie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gargantua développe en effet le célèbre thème de la société idéale de l'abbaye de Thélème: « Fais ce que voudras. » L'homme, bon par nature, y est invité à régler librement une vie à sa mesure, aidé en cela par la culture humaniste, dont l'optimisme est la règle de base. Plus explicitement que dans Pantagruel se précise ici la dimension sérieuse de l'œuvre, que le lecteur doit aller chercher au-delà du ton comique de la chronique gigantale. Le Prologue de Gargantua invite le lecteur à approfondir le sens du récit, à « rompre l'os » pour aller sucer la « substantifique moelle ». Il va de soi que cette invitation doit être considérée avec nuance, comme l'indique le ton sur lequel Rabelais s'adresse à ceux qui le lisent: ces « Buveurs très illustres », ces « Vérolés très précieux ». Ainsi l'œuvre est-elle à prendre comme le « silène » (petite boîte peinte d'un sujet comique et contenant de précieuses drogues médicinales) qui lui sert d'emblème. Quant à la gaieté du texte, elle se justifie avant tout « pour ce que rire est le propre de l'homme », et parce que, fondamentalement, toute plaisanterie est signifiante: Rabelais lui-même nous convie à superposer à la lecture comique une lecture symbolique, sans qu'aucune des deux doive nuire à l'autre. Le Tiers Livre, publié sous le nom de Rabelais, contrairement à Gargantua et à Pantagruel, reprend les mêmes personnages, mais accorde le premier rôle au moine Panurge. Réflexion sur les dettes et sur le mariage, ce livre est certainement plus inspiré que les précédents par l'actualité de l'époque, et notamment par la querelle des Femmes. Reste que le « sondage » effectué par Panurge, sous l'œil amusé de Pantagruel, pour savoir s'il faut se marier ou non est une satire de la quête de la vérité pour elle-même, opposée à l'idéal stoïcien valorisant la paix, la joie, la santé et les plaisirs corporels. La décision de poser la question à l'oracle de la Dive-bouteille servira de prétexte au Quart et au Cinquième Livres pour évoquer de nouvelles questions d'actualité. En effet, dans le Quart Livre, Rabelais prend clairement position contre les gens de justice et surtout contre le pape, avec lequel Henri II était alors en conflit. Le livre sera censuré par les théologiens de la Sorbonne en 1552. Enfin, le Cinquième Livre se termine par la parole de l'oracle que Panurge était venu chercher: « Trinch » (c'est-à-dire « buvez »), qui, pour toute réponse, l'incite au plaisir du bon vin qui a la faculté d'« emplir l'âme de toute vérité, tout savoir et toute philosophie ». En bon disciple d'Erasme, Rabelais n'a pas hésité à mettre à contribution toutes les langues et tous les dialectes dans une œuvre où se mêlent culture populaire et culture savante, réalisme, philosophie, allégorie, divertissement et matière à réflexion profonde. Les chroniques rabelaisiennes sont aussi une formidable symphonie verbale polysémantique, où le créateur se livre à un véritable jeu sur les mots, qui excède de beaucoup la simple nécessité de l'expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Œuvres principales :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pantagruel (1532).&lt;br /&gt;Gargantua (1534).&lt;br /&gt;Tiers Livre (1546).&lt;br /&gt;Quart Livre (1552).&lt;br /&gt;Cinquième Livre (posthume,1564).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://un2sg4.unige.ch/athena/rabelais/rab_pant.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Pantagruel &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Résumé de Pantagruel :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le prologue, Rabelais fait explicitement allusion à un roman d’aventures, commençant par exposer toute la généalogie de Pantagruel qu’il rattache à une race de géants nés après le meurtre d’Abel par Caïn. Puis Rabelais raconte comment Gargantua à l’âge de « Quatre cent quatre vingt quarante et quarante ans » eut de sa femme Badebec un garçon d’une taille extraordinaire, né au cours d’une terrible sécheresse, circonstance qui le destinait à devenir les roi des Dipsodes (les Altérés). Mais Badebec meurt à la naissance de l’enfant. Dès sa petite enfance, Pantagruel donne des preuves de sa force et de son appétit extraordinaire. Il va à l’université de Poitiers, mais il n’y reste pas, désireux de visiter les autres universités de France. Finalement, il gagne Paris, où sa taille stupéfie et effraie les habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs traits de Pantagruel se retrouvent dans Gargantua. L’œuvre de Rabelais cache une philosophie et l’on admire une fois de plus l’ampleur et la diversité de la culture et de l’imagination de Rabelais. Il continue à afficher sa liberté de conteur avec tant de verve. C’est le plus éblouissant des conteurs français de la Renaissance, un magicien du mot. Inventeur d’une nouvelle alchimie du verbe, son style ose introduire dans la prose écrite les cadences et les sonorités de la langue orale. Grâce à cela, Rabelais trouve un nouveau ton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune Pantagruel , pour parfaire son éducation, fréquente plusieurs universités de province essentiellement pour observer les moeurs des étudiants. Ce tour de France universitaire est d'ailleurs une parodie des aventures des chevaliers au cours de leur apprentissage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la route qui mène au château de Vincennes, Pantagruel, se promenant rencontre un jeune homme bien mal en point , il se nomme Panurge et s'exprime successivement en allemand, en un jargon imaginaire, en italien, en écossais, en basque, en un jargon imaginaire, en hollandais, en espagnol, en danois, en hébreu, en grec, en un langage imaginaire , en latin pour finie en français , sa langue maternelle.Ebloui par son esprit et son éloquence , Pantagruel l'héberge et en fait son ami(chp 9) .&lt;br /&gt;Reconnu et admiré pour l'étendu de son savoir, Pantagruel est appelé pour juger une affaire complexe entre deux seigneurs (c'est l'occasion pour Rabelais d'exposer l'idéal des humanistes en matière de lois). Après les plaidoiries stupides des deux parties, Pantagruel rend une sentence qui laisse l'auditoire ''en extase évanoui bien trois heures''. (chp 10 à 13)&lt;br /&gt;Les chapitres suivants sont consacrés à Panurge , à ses exploits et à ses joyeux propos (chp 14,15)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thaumaste, savant anglais, défie Pantagruel: il lui propose une controverse publique par signes sans recourir à la parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Panurge remplace¨Pantagruel et remporte le débat.&lt;br /&gt;L'anglais dresse l'éloge des deux amis puis tout le monde est invité à boire.&lt;br /&gt;Pour se venger d'une dame dédaigneuse dont il est amoureux, Panurge la fait poursuivre par une meute composée de six cent mille et quatorze chiens.(chp 18 à 22).&lt;br /&gt;Pantagruel apprend alors que son père Gargantua a été enlevé par la fée Morgane. Le peuple voisin, les Dipsodes ( les Assoiffés), en ont profité pour envahir Utopie et assiéger Amaurotes.&lt;br /&gt;Le jeune prince décide de retourner chez lui pour défendre son pays .Il s'embarque à Honfleur, avec ses compagnons et prend la mer malgré une énigmatique lettre d'amour envoyée par une ''dame de Paris''.(chp 23 et 24 qui multiplient les parodies)&lt;br /&gt;Une fois sur ses terres , Pantagruel remporte ses premières victoires (chp. 25 à 28) et doit affronter en combat singulier le géant Loup Garou.(début du chp 29)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pantagruel entre triomphalement dans Amaurote .Il décide sans attendre d'envahir Dipsodie. Panurge, lui, s'occupe du roi Anarche auquel il donne un métier : celui de ''crieur de sauce verte'' et qu'il marie à ''une vieille lanternière''. (cpt 31)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Dipsodie, seuls les Almyrodes (les ''salés'') résistent. Surpris par une averse , les gens de Gargantua et Alcofribas lui-même se réfugient dans la bouche du géant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce chapitre propose une réflexion sur la relativité des coutumes et des habitudes de vie et de pensée; leçon d'humanité qui annonce les opinions de Montaigne.&lt;br /&gt;L'avant dernier chapitre montre Pantagruel malade, il avale de grosses pilules contenant chacune un homme chargé de nettoyer son estomac (chp 33). L'auteur s'adresse à ses lecteurs et leur promet une suite à l'occasion des prochaines foires de Francfort. (chp 34)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://un2sg4.unige.ch/athena/rabelais/rab_garg.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Gargantua &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Résumé de Gargantua:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gargantua est le héros du second livre éponyme de François Rabelais publié en 1534. Ce roman fait suite au succès du premier livre de l'auteur, Pantagruel (1532). En proie à la censure de la Sorbonne, il publie ces deux œuvres sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Titre complet du roman : La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour écrire ce livre, Rabelais se serait selon toute vraisemblance inspiré du géant Gargan des légendes celtiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L'histoire:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le prologue, Rabelais s’adresse au lecteur pour lui signifier, de façon imagée, qu’il ne faut pas se fier à l’aspect extérieur du livre, et lui recommande de le lire attentivement car il révèle une pensée sérieuse au-delà des plaisanteries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L'enfance et éducation de Gargantua&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Audeau, un simple agriculteur découvre par accident dans un énorme tumulus un petit livret qui contient la généalogie des géants d’autrefois. Grandgousier, le père de Gargantua adore manger. Il épouse Gargamelle, fille du roi des Papillons. De leur union naît Gargantua qu’elle porte pendant onze mois. Selon Rabelais, de la durée d’une grossesse dépend la perfection du nouveau-né : plus la grossesse dure longtemps, plus le nouveau-né sera un « chef d’œuvre ». Gargamelle, enceinte de Gargantua, fait abattre des centaines de milliers de bœufs pour mardi-gras, et elle invite des amis pour ce repas trop imposant pour elle. Malgré son état et les remontrances de son mari, Gargamelle ne peut résister aux tripes et au vin. Ils dansent, chantent, commencent à se disputer. Ivres, ils tiennent des propos incohérents. Pendant la beuverie, Gargamelle ressent des contractions et met au monde de manière insolite Gargantua. Il sort de l’oreille de sa mère et réclame aussitôt à boire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son père, en découvrant l’enfant, s’écrie : « Quel grand (gosier) tu as » Et l’enfant est appelé alors Gargantua. Pour l’allaiter, il faut le lait de milliers de vaches. Enfin, pour le calmer, on lui donne à boire. Gargantua est habillé de blanc et de bleu, les deux couleurs du blason de son père. Ses habits sont immenses, comme ses chaussures, sa ceinture, son épée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le blanc symbolise la joie, le plaisir, les délices et les réjouissances. Le bleu symbolise les choses célestes. C’est Grandgousier qui a choisi ces couleurs. Rabelais polémique sur les couleurs que porte Gargantua. Rabelais fait l’historique de la symbolique des couleurs depuis les temps antiques. Il déclare que le blanc signifie la victoire, la gaieté et la vie, par opposition au noir, symbolisant la tristesse et le deuil. Chaque couleur symbolise des émotions qu’une autre couleur contredit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis l'enfance de Gargantua est évoquée. De trois à cinq ans, ses parents ne lui imposent pas de limites : il boit, mange, dort, court après les papillons et se roule dans les ordures selon son bon plaisir. Il a le même état d’esprit que les autres enfants. Gargantua se voit offrir un cheval de bois pour qu’il devienne un bon cavalier. Il se passionne pour l'équitation, au point de créer lui-même ses propres chevaux de bois. Des amis de son père se rendent chez Grandgousier et Gargantua pour leur faire une farce. Grandgousier rentre victorieux et retrouve son fils. Pendant son absence, Gargantua a inventé un torchecul d’oison et devant l’intelligence de son fils, Grandgousier décide de lui faire apprendre les lettres latines par un théologien réputé, Thubal Holoferne. Ce dernier lui fait apprendre et réciter par cœur, à l’endroit et à l’envers, d’après les méthodes moyenâgeuses, les lettres gothiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son père s’aperçoit alors que Gargantua s’abrutit et radote. Grandgousier décide à la mort de Thubal Holoferne de lui donner un nouveau professeur. Remarquant le manque de progrès, Grandgousier se plaint à l’un de ses amis qui lui recommande Ponocrates. Pour preuve de son talent, il lui amène un des disciples qui lui parle avec une telle aisance que Grandgousier souhaite le même pédagogue pour son fils. Ponocrates devient alors le maître de Gargantua. Grandgousier reçoit en cadeau du roi de Numidie une énorme jument, richement harnachée. Grâce à cette offrande Gargantua peut partir pour Paris, et y suivre les leçons du célèbre précepteur, Ponocrates. Sur la route, la jument chasse les taons et les mouches de sa queue avec une telle force qu’elle rase toute la forêt de Beauce. Gargantua arrive enfin à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gargantua visite la cité de Paris et fait l’objet de la curiosité des parisiens. Pensant qu’ils attendent un cadeau de bienvenue, Gargantua leur urine dessus, en gage de bonne volonté, et noie la plupart des habitants. Puis, il emporte les cloches de Notre-Dame pour les accrocher au cou de sa jument. Le doyen des rescapés est envoyé par la Sorbonne pour tenter de le convaincre de rendre les cloches à la ville. Janotus de Braquemardo, le messager de la Sorbonne, se présente au logis de Gargantua et argumente de façon complexe en prenant compte les sujets d’intérêts de Gargantua : le vin, les récompenses… Ce dernier prend conseil au près de son précepteur. Puis Maître Janotus de Braquemardo s’agenouille et supplie Gargantua pour récupérer les cloches : « Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu ». Ils éclatent alors de rire. Gargantua lui offre des cadeaux. Janotus retrouve les maîtres de la Sorbonne mais ces derniers refusent de le payer. Janotus leur entame aussitôt procès sur procès. Finalement les cloches sont remises en l'état et les Parisiens, pour remercier Gargantua, soignent et nourrissent sa jument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La méthode de travail de Ponocrates consiste d’abord à observer Gargantua, et à ne pas intervenir. Après ses observations Ponocrates lui impose un nouvel emploi du temps et pour lui faire oublier ses anciennes leçons, il lui fait boire une potion qui nettoie le cerveau de Gargantua. Les Saintes-Écritures sont désormais la base du savoir de Gargantua. L’exercice physique et l’hygiène sont désormais importants dans son apprentissage. Le maître lui apprend le métier des armes et développe son esprit critique. Quand le temps n’est pas propice aux exercices, il apprend l’art, la métallurgie, l’artisanat, la rhétorique, l’escrime, l’herboristerie… De temps en temps, il quitte la ville pour s’amuser et chasser. Ponocrates fait de Gargantua un érudit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La guerre picrocholine&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant la saison des vendanges, les bergers du terroir de Grangousier gardent les vignes. Des vendeurs de fouaces passent à proximité. Par gourmandise, les bergers leur proposent alors d’échanger des raisins contre des fouaces. Vexé par cette proposition, l’un des fouaciers frappe un berger mais celui-ci assomme son agresseur et appelle ses amis à la rescousse. Les bergers chassent les fouaciers à coups de pierres, croyant finalement que c’étaient des meurtriers. Les fouaciers se rendent aussitôt chez leur roi qui réplique immédiatement en mobilisant troupes et matériels. L’armée se met en route, pille et saccage la campagne de Grandgousier… L’abbaye de Seuillé, protégée par ses fortes murailles, résiste. Les moines s’enferment dans l’église et prient tandis que leurs ennemis volent les vendanges. Alors frère Jean, moine téméraire, s’enhardit et frappe si fort les pillards avec son bâton qu’il les tue. Malgré la peste, les soldats pillent tout. Picrochole, roi de Lerne, quitte alors le domaine de l’abbaye pendant la nuit et se rend dans un château pour s’y barricader solidement. Grandgousier apprend la conduite de frère Jean et de Picrochole, mais il veut à tout prix préserver la paix. Il décide de rappeler Gargantua et d’envoyer un messager à Picrochole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grandgousier écrit à Gargantua une lettre dans laquelle il déclare avoir tout accordé à Picrochole pour sauver la paix. Il affirme aussi sa volonté de défendre ses terres de la folie guerrière de Picrochole et demande à Gargantua de venir lui prêter assistance. Grandgousier envoie un messager à Picrochole, Ulrich Gallet, pour lui intimer ses conditions. Ce dernier se rend alors au château de Picrochole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ulrich rapporte à Picrochole la surprise, la colère de Grandgousier qui lui demande les raisons de cette amitié trahie et de la guerre. Il lui intime aussi de retourner sur ses terres, de le dédommager et de lui laisser des otages. Picrochole refuse. Au retour d’Ulrich, Grandgousier, pour éviter une nouvelle fois la guerre, fait envoyer à Picrochole des richesses en remboursement des fouaces, cause des hostilités. Picrochole y voit un aveu de faiblesse et saisit toutes les richesses que lui a envoyées Grandgousier, sans mettre fin aux hostilités. Pendant ce temps, les aides de camp de Picrochole dressent le plan de bataille. Ils rêvent qu’après avoir soumis facilement Grandgousier, ils conquériront l’ensemble du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gargantua quitte Paris et se rend chez son père. Partis en reconnaissance, Gymnaste et son compagnon tombent sur des pillards. Ces derniers veulent les détrousser, mais Gymnaste prétend être possédé. Leur chef, Tripet, hésite à voler le cheval de Gymnaste. Comme Tripet l’appelle le « bon diable », pour les effrayer encore plus, Gymnaste fait des pirouettes et des cabrioles sur son cheval. Les soldats prennent peur et s’enfuient. Pour finir, Gymnaste charge et tue Tripet. Cet incident apporte à Gargantua de nombreuses informations sur le manque de préparation militaire des ennemis. Sa jument fait déborder la rivière en urinant et les ennemis en aval sont noyés. Puis, il rase d’un seul coup le château de Gué de Vède. Enfin, avec ses compagnons il passe le gué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils arrivent chez Grandgousier, qui les attendait avec impatience. En se peignant Gargantua fait tomber de ses cheveux des boulets de canon. Il ne s’était même pas aperçu que, pendant l’attaque du château de Vède, les défenseurs lui avaient tiré dessus. Grandgousier décide d’organiser un immense festin pour le retour de son fils. Gargantua a envie de salade ; il cueille les laitues réputées les plus grandes dans un jardin et emporte inopinément six pèlerins qui s’y étaient abrités pour la nuit. Il avale sa salade et les pèlerins. Ceux-ci ne doivent leur survie qu’au fait que s’accrochant aux dents du géant et que malencontreusement en tâtant autour d’eux avec leur bâton, ils touchent un point sensible. Gargantua, muni d’un cure-dent, les retire de sa bouche les uns après les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant le souper, Grandgousier explique à Gargantua les raisons des hostilités contre Picrochole. Il lui raconte le courage de frère Jean. Gargantua ordonne de le faire venir. Ces derniers s’apprécient aussitôt et ils se mettent à boire. Ivres, ils divaguent en propos incohérents. Au cours du repas, Eudémon, un des compagnons de Gargantua, s’étonne que les moines soient rejetés du monde. Gargantua lui expose qu’ils ne travaillent pas de leurs mains, qu’ils dérangent les mortels, et qu’ils vivent des péchés des hommes. Gymnase s’interroge sur le fait que les clercs aient de si longs nez. Frère Jean lui raconte que sa nourrice avait les seins mous et que son nez s’y s’enfonçait comme dans du beurre et qu’il grandissait comme la pâte avec du levain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le repas, Gargantua et ses compagnons décident d’attaquer à minuit les troupes de Picrochole. Gargantua n’arrive pas à s’endormir. Alors frère Jean lui conseille de prier Dieu et au premier psaume, ils s’endorment tous les deux. A minuit, le moine, habitué au rythme des matines, s’éveille en sursaut et réveille tous ses compagnons d’armes. Puis il décrète que chaque matin, il se purgera avec du vin. Tous se préparent alors, à passer à l’attaque. Le moine encourage ses compagnons d’armes mais surestime ses capacités guerrières. Vitupérant contre l’ennemi, il passe sous un noyer et y reste accroché. Eudémon grimpe dans l’arbre et décroche le moine. Frère Jean abandonne son équipement guerrier et ne garde que son bâton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir eu connaissance de la déroute de Tripet, et croyant que Gargantua est réellement accompagné de démons, Picrochole envoie une avant-garde qu’il a fait asperger d’eau bénite. Gargantua et l’avant-garde se rencontrent. Les soldats ennemis, terrorisés par frère Jean qui crie « par tous les diables, » s’enfuient sauf leur chef, Tyravant, qui charge tête baissée. Frère Jean l’assomme puis, seul, poursuit l’armée en déroute. Gargantua décide de ne pas charger. Mais finalement, frère Jean est fait prisonnier et l’avant-garde contre attaque. Gargantua reprend le dessus de la bataille. Entre temps, le moine tue ses deux gardiens et fond sur les arrières de l’armée ennemie en pleine confusion. Il fait prisonnier Toucquedillon, l’aide de camp de Picrochole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gargantua est très malheureux pour son ami qu’il pense toujours prisonnier. Soudain, ce dernier apparaît avec Toucquedillon et cinq pèlerins que Picrochole gardait en otages. Ils festoient. Gargantua questionne les pèlerins et leur offre des chevaux pour rentrer chez eux. Toucquedillon est présenté à Grandgousier. Par bonté d’âme, il le libère afin qu’il puisse raisonner son chef. Les pays amis de Grandgousier lui proposent leur aide, mais il la refuse car ses forces sont suffisantes. Il mobilise ses légions. Toucquedillon propose à Picrochole de se réconcilier avec Grandgousier. Hastiveau déclare que Toucquedillon est un traître mais ce dernier le tue. Et à son tour Toucquedillon est tué par Picrochole. Gargantua et ses hommes attaquent le château de Picrochole. Les défenseurs hésitent sur la conduite à tenir. Gargantua passe à l’assaut et frère Jean tue quelques soldats de Picrochole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyant sa défaite inéluctable, Picrochole décide de fuir. Sur la route, son cheval trébuche et par colère il le tue. Il tente alors de voler un âne à des meuniers qui réagissent violemment et finalement le volent. Et depuis, personne ne sait ce qu’il est devenu. Gargantua recense les rescapés. Par bienveillance Gargantua libère les soldats faits prisonniers, et il leur verse trois mois de solde afin qu’ils puissent rentrer chez eux et nourrir leurs familles. Cependant, il ordonne que les conseillers de Picrochole lui soient ramenés. Grandgousier récompense fortement ses soldats et indemnise les paysans victimes de la guerre. Il organise un festin grandiose où il offre à ses seigneurs terres et privilèges.&lt;br /&gt;( Azadunifr )&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-6412624717619851712?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/6412624717619851712/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=6412624717619851712' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6412624717619851712'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/6412624717619851712'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/franois-rabelais-vers-1483-1553.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQtX-11soI/AAAAAAAAAJQ/MWoYOxsM59g/s72-c/images.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-3752088000880133909</id><published>2008-11-07T03:26:00.000-08:00</published><updated>2008-11-07T09:20:28.117-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;L'Humanisme&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;( 1300 - 1600 )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;1 ) Philosophie qui met l'homme et les valeurs humaines au dessus de tout.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;2 ) Mouvement intellectuel de la Renaissance, né en Italie au XIVème siècle, qui s'étendit progressivement en Europe et s'épanouissant au XVIème siècle. Il est marqué par le retour aux textes antiques qui servirent de modèle de vie, d'écriture et de pensée. Pétrarque, Ficin, Pic de la Mirandole, Erasme en furent les principaux représentants.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Méthode de formation intellectuelle basée sur les humanités.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;3 ) Conception philosophique pour laquelle l'homme constitue la valeur suprême ou encore une fin et non un moyen.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;4 ) Mouvement intellectuel de la Renaissance, né en Italie au XIVème siècle, qui s'étendit progressivement en Europe et s'épanouissant au XVIème siècle. Il est marqué par le retour aux textes antiques qui servirent de modèle de vie, d'écriture et de pensée. Pétrarque, Ficin, Pic de la Mirandole, Erasme en furent les principaux représentants.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Méthode de formation intellectuelle basée sur les humanités&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Conception philosophique pour laquelle l'homme constitue la valeur suprême ou encore une fin et non un moyen.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Introduction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les Romains, humanitas désigne toute chose élevant l'homme à une place à part des autres êtres vivants. Durant le Moyen Age, on parle de humaniores litterae ou lettres humaines. Elles représentent l'ensemble des connaissances profanes enseignées dans les facultés des arts, contrairement aux diviniores litterae ou lettres divines qui commentent la Bible et qui sont le support de la religion chrétienne révélée par les facultés de théologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lettres humaines représenteront au XVIème siècle un enseignement constitué des principales disciplines issues de la tradition médiévale, complété des études sur les textes antiques. Ce complément est appelé par les écrivains de cette époque instauratio, restauratio, restitutio banarum litteratum. D'autres l'appèlent reflorescentia, renascentia. Rabelais parlera dans Pantagruel (voir l'image) de humanitas. Et ceux qui s'intéressent à ces lettres humaines seront appelés humanistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les humanistes, l'homme est placé au centre de toute question. S'appuyant sur la sagesse des auteurs antiques, ils souhaitent bâtir une société différente, désirant atteindre la perfection, que ce soit au niveau de la moralité ou des arts. Ce changement s'opère à partir des écrits anciens et non avec comme support les écritures saintes, s'opposant de ce fait à la pensée scolastique du Moyen Age.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les personnes motrices de ce bouillonnement sont Erasme, Juan Luis Vives, Guillaume Budé, Jacques Lefèvre d'Etaples, Lorenzo Valla, Ange Politien, Jean Pic de la Mirandole, Pétrus Ramus, León Battista Alberti, Marsile Ficin et la famille Estienne. Ces humanistes souhaitent éduquer l'homme pour le grandir. Grâce aux progrès de l'imprimerie, les oeuvres d'Erasme, de Rabelais ou Montaigne peuvent être diffusées à des centaines d'exemplaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette référence aux écrits antiques s'accompagne de l'idée que la culture est le moteur de l'évolution de l'homme. Déjà pour les Romains l'humanitas s'oppose à la vertu qui met en avant les vertus "mâles" : courage et énergie. Ainsi les humanistes, en s'appuyant sur ces textes latins, établissent un idéal qui n'est ni la sainteté ni l'héroïsme militaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Histoire &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme, mouvement d'idées qui culmina en Europe au XVIe siècle, et position qui place au-dessus de toutes les valeurs la personne humaine et la dignité de l'individu.&lt;br /&gt;L'humanisme en tant que mouvement visant à renouer avec certaines valeurs de l'Antiquité fait partie intégrante de la Renaissance. Il prit naissance au XIVe siècle en Italie, avec Pétrarque, Boccace, et prospéra au XVe siècle avec Marsile Ficin, mais il se développa partout en Europe, notamment en France, où il se nourrit en particulier de la pensée de l'école de Chartres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Italie, des érudits comme Coluccio Salutati (1331-1406) et le Pogge diffusèrent des œuvres d'auteurs romains, tandis que d'autres, comme Guarino Veronese (1374-1460) et Francesco Filelfo (1396-1481) révélèrent à leurs contemporains des auteurs grecs de l'Antiquité. Des poètes néo-latins remirent au goût du jour les formes de la poésie latine et des philologues comme Lorenzo Valla inaugurèrent la critique philologique des textes bibliques. Parmi les savants humanistes admirés pour leur érudition et leur esprit de liberté figure Pic de La Mirandole, qui publia neuf cents thèses à débattre par des philosophes et des théologiens. À Florence se développa une Académie dès le XVe siècle (à laquelle succédèrent d'autres académies, telle l'académie Crusca en 1582); véritable creuset de l'humanisme italien et européen, elle reçut une forte impulsion des érudits byzantins qui s'y fixèrent après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453. Opposée à l'aristotélisme, réintroduit en Europe par des philosophes arabes tels qu'Averroès et Avicenne puis repris par Thomas d'Aquin et en faveur dans de nombreuses universités, en particulier celle de Padoue, l'académie de Florence opéra un retour à la philosophie de Platon. Le promoteur de ce néoplatonisme humaniste fut Marsile Ficin, qui, sous l'égide de l'homme d'Etat florentin Cosme de Médicis, rassembla les humanistes de Florence et entreprit avec Pic de La Mirandole une collaboration parfois orageuse. Il influença même des théologiens en les incitant à la tolérance, comme l'Allemand Nicolas de Cuse, auteur de la Docte Ignorance (1440).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le début de l'humanisme français fut marqué par le philosophe et théologien Jean de Gerson et ses amis du collège de Navarre, fondé en 1304 sur l'emplacement de la future école Polytechnique sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris. Comme dans le reste de l'Europe, le développement des imprimeries (celle de la Sorbonne fut installée vers 1470 sous l'impulsion de Guillaume Fichet) facilita l'enseignement du grec (propagé par Guillaume Budé) ainsi que du latin et de l'hébreu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le même engouement humaniste pour la culture et la tolérance se répandit en Allemagne, notamment avec Johannes Reuchlin, qui s'était rendu à Florence et qui avait connu Pic de La Mirandole et Ficin. Au nom de ces idéaux et contre l'avis de l'empereur germanique Maximilien Ier, qui voulut détruire tous les textes hébraïques hors la Bible, comme le Talmud et les écrits de la Kabbale, Reuchlin défendit la thèse selon laquelle ces écrits faisaient partie d'un héritage précieux pour l'humanité. La lecture critique des textes sacrés dans l'esprit de liberté se prolongea en Allemagne au XVIe siècle avec les défenseurs de la Réforme, notamment Mélanchthon, qui tenta d'apaiser certaines querelles théologiques entre catholiques et réformés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, Jacques Lefèvre d'Etaples reprit, sous l'influence de Reuchlin, l'enseignement de l'hébreu qu'il considéra comme élément de la culture humaniste. L'humanisme prit un nouvel essor avec la création par François Ier du Collège des lecteurs royaux (futur Collège de France). La traduction des ouvrages d'auteurs anciens, mise en valeur par Etienne Dolet, permit la large diffusion d'un platonisme christianisé, fortement revendiqué par les humanistes français, qui marqua au milieu du XVIe siècle les poètes de la Pléiade comme Ronsard et Du Bellay. En philosophie, Montaigne, tout en soutenant que la raison n'est qu'une « raison déraisonnable » qui ne permet pas d'établir les lois de la nature ni de constituer une science universelle, accorda à la raison le pouvoir de libérer l'homme des idoles et des vérités « toutes faites » issues de la scolastique. Par l'autonomie de la raison, Montaigne affirma également l'autonomie de l'homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le reste de l'Europe, l'humanisme marqua les débuts de la Réforme; il se répandit notamment grâce au Hollandais Erasme, qui écrivit, après avoir séjourné chez Thomas More en Angleterre, Eloge de la folie (publié à Paris en 1511). Son ouvrage parvint également en Angleterre, où l'humanisme fut implanté à l'université d'Oxford par les érudits William Grocyn (1446-1519) et Thomas Linacre (v. 1460-1524), tous deux maîtres de Thomas More. L'humanisme exerça une influence décisive sur la littérature anglaise et marqua en particulier le théâtre élisabéthain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme, parti d'un retour aux textes et à certaines valeurs de l'Antiquité, s'est adjoint tout naturellement l'esprit de liberté et d'indépendance à l'égard des dogmes trop rigides et constitua incontestablement un courant qui, grâce à la Réforme, permit une nouvelle libération des hommes et l'apparition d'un esprit de tolérance nourri de ce que le Don Juan de Molière manifestera à l'égard du pauvre homme qui lui indiquait son chemin, l'« amour de l'humanité ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme de la Renaissance s'est maintenu dans le monde occidental jusqu'à la rupture opérée par Nietzsche avec la morale judéo-chrétienne: déclarant la « mort de Dieu », il ouvrit la voie à l'humanisme athée. La référence à l'Homme comme sujet universel, qui agit au nom des valeurs, disparut complètement avec certains mouvements idéologiques du XXe siècle et des philosophies très diverses, dont celles de Heidegger en Allemagne ou de Foucault en France donnèrent la mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les débuts de l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si traditionnellement les historiens font débuter ce mouvement avec Pétrarque et Boccace au XIVème siècle en Italie, nous pouvons considérer Protagoras, sophiste du Vème siècle avant Jésus-Christ comme le premier représentant de l'humanisme. En effet pour lui "l'homme est la mesure de toutes choses."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons au XIVème siècle qui voit ce mouvement grandir de façon importante. Les Turcs envahissant Constantinople, nombre de Grecs s'enfuient pour se réfugier dans la péninsule italienne. Avec eux, ils apportent des manuscrits dans leur langue d'origine. Ainsi Coluccio Salutati (1331-1406) et Le Pogge (1380-1459) traduisent des oeuvres romaines, alors que d'autres, comme Guarino de Vérone (1374-1460), Francesco Filello (1396-1481) et Giovanni Aurispa (1376-1459) traduisent des ouvrages grecs antiques. La poésie latine est redécouverte grâce notamment à Lorenzo Valla (1407-1457). Pic de la Mirandole fait partie des humanistes savants appréciés pour leur érudition. Il publie les neuf cent thèses, alimentant le débat entre philosophes et théologiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La diffusion de ces textes est favorisée par les progrès de l'imprimerie, mais aussi par le développement des villes et des universités, point de ralliement de nombreux humanistes. De nouveaux métiers apparaissent, liés à l'enseignement, l'édition ou la réflexion sur la vie sociale. Des artistes s'inspirent de ces nouvelles idées, Ligorio peignant par exemple "l'Allégorie des Sciences" (voir l'image).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les princes italiens protègent les humanistes, ces derniers grandissant le prestige de leur protecteur. Les Médicis en sont une excellente illustration pour la ville de Florence. Ici, Pic de la Mirandole, Bembo et Policien se regroupent sous l'égide de Ficin, sous la protection de Cosme de Médicis. Grâce à l'encouragement des Médicis, Ficin traduit Platon et ses adeptes. Florence est la première ville à se voir dotée d'une académie, qui regroupe beaucoup d'humanistes. Dès 1453, les Turcs lui donnent une impulsion. Cette académie s'oppose à la pensée d'Aristote introduite en Europe par Averroes et Avicenne entre autres, mettant en avant celle de Platon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L'expansion de l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme se propage en premier lieu en Allemagne et en Hollande. En Allemagne c'est Johannes Reuchlin qui, ayant voyagé à Florence, favorise son introduction. Reuchlin s'oppose à l'empereur Maximilien 1er (voir l'image)(ce dernier ne souhaitant pas des écrits hébraïques à part la Bible), affirmant que ces textes interdits sont partie prenante du patrimoine culturel de l'homme. Pour la Hollande, C'est Érasme qui en est le plus éminent représentant. L'Allemagne et la Hollande connaissent une importante expansion de l'imprimerie, ont des foires aux livres et sont des terres favorisant les échanges culturels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme arrive en France par les terres papales d'Avignon. En effet, Pétrarque et Boccace y vivent. Il existe bien déjà un humanisme français depuis Charlemagne et également présent à l'école de Chartres au XIIème siècle. Ce dernier est plus axé sur la morale et la vérité scientifique que ne le sera son équivalent transalpin. Développé par Gerson (1363-1429), Jean de Montreuil, Nicolas de Clémanges (1363-1437), Laurent de Premierfait, les frères Gontier et Pierre Col, Jacques de Nouvion et Jean Muret. Des traductions de Tite-Live et d'Aristote sont déjà connues à la Cour de Charles V. Mais ce sont surtout les guerres d'Italie et François Ier qui favorisent son développement dans notre pays. Ce dernier créé le collège des lecteurs royaux. On y enseigne le grec, le latin et l'hébreu, cette dernière langue étant principalement enseignée par Jacques Lefèvre d'Étaples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans notre pays, Etienne Dolet permet la diffusion d'une pensée inspirée de Platon, adaptée au christianisme. Cette pensée influence les poètes de la Pléiade comme Ronsard ou du Bellay. Montaigne soutient que la raison permet à l'homme de se libérer des vérités toutes faites.&lt;br /&gt;L'humanisme est également présent en Hongrie grâce au roi Mathias Corvin, en Pologne avec Jan Kochanowski (1530-1584), en Espagne avec le cardinal Cisneros (qui fonde une université trilingue à Alcalá de Henares) et Juan Luis Vives (1492-1540), en Hollande avec Erasme (voir l'image), Agricole et de Heek et en Angleterre plus tardivement avec John Colet (1467-1519) et Thomas More (1478-1535).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi vers 1530, ce mouvement touche toute l'Europe, l'unifiant dans un même idéal, cette pensée optimiste, croyant dans le progrès humain. Et dans cet élan, tout le monde s'y retrouve : religieux, artistes (Léonard de Vinci (voir l'image)), lettrés (François Rabelais), philosophes (Bacon). Ce mouvement entraîne la création de nouvelles fonctions comme la géographie, la cosmologie, la philosophie politique et la pensée historique. L'humanisme entraîne la Réforme de l'église, notamment avec Erasme et son Eloge de la folie (1511) qui est introduite en Angleterre par William Grocyn (1446-1519) et Thomas Linacre (vers 1460-1524). L'humanisme implique la liberté et l'indépendance vis à vis de la religion. Il permet une libération des hommes et l'apparition d'une tolérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les caractéristiques de l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir de 1470, il se développe dans le domaine religieux. Il exprime le souci de réaliser une synthèse entre les écrits antiques et la tradition scolastique. Johannes Reuchlin (1455- 1522) remet au goût du jour l'hébreu et sa littérature. Guillaume Budé (1467-1540) étudie avec Erasme des écrits grecs et latins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces humanistes sont avant tout chrétiens. Aussi vont-ils christianiser certains écrits antiques comme le Banquet de Platon par Marsile Ficin. Le platonisme, largement véhiculé par Ficin, se répand notamment en France grâce à Jacques Lefèvre d'Etaples (v 1450-1537), Charles de Bouvelles (v 1480-1533) et Symphorien Champier (1472-v 1539). Dans ce platonisme, c'est l'étude de Dieu comme principe ou comme fin qui est au centre du débat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 1530 et la création du collège de France de François Ier (voir l'image), toujours avec Platon comme modèle de ceux qui recherchent un idéal, s'exprime un humanisme mené par les Français et qui exalte l'homme et ses qualités humaines. Il attire plusieurs couches sociales comme les bourgeois, les parlementaires, les avocats ou les médecins. Il gagne la Province, touchant les villes de Bourges, Orléans, Poitiers, Toulouse et Lyon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etienne Dolet publie en 1540 un traité sur la manière de bien traduire d'une langue en autre, mettant en avant l'art de la traduction. Ainsi sont éditées en français les oeuvres de César, Cicéron, Juvénal, Perse et Salluste chez les Romains ; Appien, Diodore, Epictète, Euripide, Homère, Isocrate, Plutarque et Platon chez les Grecs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce renouveau de la pensée et de la littérature, côtoyant une affirmation du pouvoir royal et la découverte du Nouveau Monde, ouvrant les portes d'un temps perçu comme celui de l'âge d'or. Cet optimisme envers l'homme s'exprime à travers Rabelais (voir l'image) et son Pantagruel (1532) et Gargantua (1534). Marguerite de Navarre (1492-1549) (voir l'image) souhaite concilier le platonisme des humanistes et la pensée d'Aristote de la théologie traditionnelle. Cela devient difficile et s'ensuit le mouvement de la Réforme qui aboutira en France, hélas, aux guerres de religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 1547, au début du règne de Henri II (voir l'image), roi de France suite à la mort de François 1er, l'humanisme connaît un bel épanouissement. Cela est dû au travail de Henri II Estienne (1531-1598), d'Adrien Turnèbe (1512-1565) commentant Cicéron ou Denis Lambin (1516-1572) qui est lecteur royal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vont naître en même temps nombre de poètes, avec notamment ceux qui constituent le groupe appelé Pléiades. En effet, avant 1547, l'humanisme s'exprime en prose, exceptée la poésie de Clément Marot. Dès 1547, avec Ronsard (voir l'image) et du Bellay (voir l'image) encore à leur début, la poésie commence à devenir un genre majeur. Ainsi dans l'étude des écritures antiques vont être mises à jour la sensibilité et l'imagination des poètes grecs et latins. Ces poètes humanistes privilégient le génie individuel aboutissant au développement de la personnalité. Citons alors les oeuvres de Peletier (Uranie en 1555), Ronsard (Hymnes en 1555-1556) ou du Bellay (Antiquités de Rome en 1558).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme connaît une mutation en 1560. L'affaire des Placards en 1534, le massacre des Vaudois en 1545 ou les guerres de religion sonnent la fin de l'humanisme optimiste. Simon Goulart s'intéresse à l'œuvre de Sénèque en 1555 qu'il traduit entièrement. Nombre de traités traduits permettent, dans ces années de trouble, de trouver réconfort et résignation. Alexandre le Blancq traduit la Consolation à Appollonius de Plutarque en 1571, Robert Garnier puise ses idées dans la traduction de Sénèque. Au début du XVIIème siècle, cet humanisme est à la source de l'inspiration de J.P Camus et Pierre Corneille. Il imprègne la première moitié du siècle.&lt;br /&gt;A côté du platonisme naît le concept de l'épicurisme qui n'arrive cependant pas à imposer les idées de retraite et de repli sur soi. Plutarque est l'auteur préféré durant ces années-là, surtout à travers les traductions de Jacques Amyot (1513-1593).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme devient politique. Cela se reflète dans les Discours de Ronsard (1562) ou dans les oeuvres de Michel de l'Hopital (1505-1573) qui dénonce la guerre civile. Les idées de Machiavel (voir l'image) sont mises à mal dans les Discours de la servitude volontaire de la Boétie, dans les textes de François de la Noue (1531-1591), Innocent Gentillet et Jean Bodin (1530-1596).&lt;br /&gt;Avec Montaigne (1533-1592) (voir l'image), l'humanisme se transforme. S'il puise également son inspiration dans les écrits anciens, il ne place pas l'homme au-dessus de toute création comme le faisaient les humanistes de Pétrarque à Rabelais. Avec lui, l'humanisme s'humanise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'expansion de ce mouvement humaniste rencontre des résistances. Celle-ci s'exprime chez les nobles, dans les universités liées à la théologie, parmi les mondains. Les nobles méprisent cette nouvelle culture. Ceux qui enseignent les langues anciennes sont désignés de façon plutôt péjorative. Heureusement, ils bénéficient de la protection des princes pour s'imposer. Les universités où est enseignée la théologie voient d'un mauvais oeil cet esprit d'analyse qui critique la religion et qui remet en cause les écrits traditionnels dans les traductions des textes grecs. Quant aux mondains, ces derniers ne souhaitent pas trop s'investir intellectuellement et ignorent donc ce mouvement. ( Azadeunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Les influences de l'humanisme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme influence pleinement la vie du XVIème siècle car ceux qui le revendiquent ne sont pas des personnes déconnectées du réel. Très épris d'histoire, ils souhaitent mieux armer l'homme pour répondre aux problèmes de la vie.&lt;br /&gt;Dans l'humanisme, les sciences ne sont pas incluses et leur évolution se fait en marge de ce mouvement. Ainsi Bernard Palissy (v 1510-v 1590) ou Ambroise Paré (v 1509-1590) (voir l'image) n'accordent pas cette importance aux auteurs antiques. Ils préfèrent se baser sur l'expérience et la pratique. Cependant certains écrits comme ceux d'Archimède sont étudiés, notamment par Copernic (voir l'image). Celui-ci pense que l'expérience passée est nécessaire aux découvertes à venir.&lt;br /&gt;Dans le domaine religieux, l'humanisme reste dans un premier temps fidèle à la foi. Peu d'humanistes intègrent le mouvement de la Réforme. Ils ne veulent pas céder à l'idée de Néant pour l'homme, soutenue par Sextus deux cents ans avant Jésus-Christ, et qui renaît à la fin du XVIème siècle. Par exemple, pour Montaigne, l'humanisme n'implique pas la croyance, mais il ne l'exclut pas non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme affecte également la vie politique. Le Prince est la personne centrale de l'ordre étatique. Les humanistes lui rappellent ses devoirs envers Dieu, ses sujets et lui-même. Ils appellent le peuple à participer plus à la vie civique. Les humanistes mettent en avant l'idée d'un sentiment national. Des historiens tels qu'Etienne Pasquier (1529-1615) et Claude Fauchet (1530-1602) travaillent sur l'origine du peuple français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce mouvement modifie également le discours amoureux en le rendant plus mystique, et intervient dans le domaine de l'éducation où les humanistes souhaitent inculquer aux enfants les bases du savoir et du savoir-vivre pour les rendre plus humains en grandissant. Concernant la littérature, l'humanisme met en avant des thèmes tels que la nature, la vertu, la gloire et l'amour. Il fait naître le genre du dialogue et la tragédie française avec la Cléopâtre captive de Jodelle (1532-1573) (voir l'image).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;L'évolution de l'humanisme jusqu'au XXIème siècle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme, né pendant la Renaissance, continue de s'exprimer, à travers Kant par exemple. Au XVIIIème siècle, les penseurs des Lumières affirment que l'humanité de l'homme est universelle en chacun d'entre eux, quelque soient ses différences (origine, milieu) ou ses particularismes (nationaux, ethniques).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette vision est attaquée au XIXème siècle car jugée abstraite. Et à cette époque, la nation désigne la seule réalité. D'où il est affirmé que chaque homme fait partie d'une humanité particulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au XXème siècle, les représentants du nationalisme et du fascisme reprennent cette idée de "esprit du peuple" ou "issu d'une terre". Mais là nous atteignons l'anti-humanisme. Aussi l'humanisme moderne, issu des Lumières, s'exprime dans la nécessité de s'émanciper et non dans l'idée d'enracinement ou de fidélité, concepts horriblement exploités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la seconde guerre mondiale, l'humanisme s'exprime à travers le mouvement existentialiste. Par la suite, parler d'humanisme revient à savoir conserver une vision de l'homme, libre et autonome, sans l'enfermer dans son appartenance (ethnie, religion) ou le limiter à son inconscient ou d'en faire le produit de facteurs socio-économiques.&lt;br /&gt;L'humanisme, né au XVIème siècle, est toujours un concept d'actualité. La Renaissance et notre époque contemporaine ont sûrement des points communs, mais cela sera peut être l'occasion d'un autre débat. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Écrivains humanismes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Jacques Amyot&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( 1513-1593&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il est le précepteur et le grand aumônier de Charles IX et d'Henri III. Il est également évêque d'Auxerre. Il traduit Plutarque (Vies parallèles - 1559), Longus et Héliodore. Il influencera de Montaigne à la Révolution française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Marguerite d'Angoulême&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1492-1549&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Sœur aînée de François 1er, veuve de Charles IV en 1525, elle épouse en 1527 Henri d'Albret, roi de Navarre. Elle protège les réformés et sa cour est un foyer d'humanistes. Elle écrit l'Heptaméron et des recueils de poésies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Rémi Belleau&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; &lt;strong&gt;( 1528-1577&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète, il est membre de la Pléiade. Il a écrit des poésies pastorales (La Bergerie).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Jean Bodin &lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1530-1596&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un magistrat mais également un philosophe. Il développe dans son traité La République l'idée d'une monarchie tempérée par les états généraux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Budé&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( 1467-1540&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt; )&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il restaure les études grecques (Commentaires sur la langue grecque - 1529) et juridiques (Annotations aux Pandectes - 1508). Son oeuvre maîtresse est De asse (1514). Il participe à la création des "lecteurs royaux" qui devient ensuite le Collège de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Joachim du Bellay&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( 1522-1560&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt; )&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Poète, c'est l'ami et le collaborateur de Ronsard. Il rédige le manifeste de la Pléiade (Défense et illustration de la langue française). A Rome il est le secrétaire de son cousin Jean du Bellay. Il en rapporte deux recueils : les Antiquités de Rome et Les regrets. Ils expriment ses déceptions et ses nostalgies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;Etienne Dolet &lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1509-1546&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il est imprimeur. Il publie les Commentarii linguae latinae en 1536-1538. Il publie également des almanachs et des satires. Après la publication du Cato christianus en 1538, Il est accusé d'hérésie et d'athéisme et est emprisonné. Condamné à mort, Il est pendu et brûlé en 1546.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dorat (de son vrai nom : Jean Dinemandi) 1508-1588 Il est le maître de Ronsard et de Du Bellay. Il fait partie de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Estienne (famille)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une famille d'humanistes, d'imprimeurs et d'éditeurs. Robert 1er Estienne (1503-1559) publie des dictionnaires bilingues de latin et de français. Henri II Estienne (1528-1598) défend l'emploi de la langue nationale dans son projet "De la précellence du langage français".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;Etienne de La Boétie &lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1530-1563 )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il est l'ami de Montaigne. Il écrit des sonnets. Il analyse la tyrannie dans son Discours de la servitude volontaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Jacques Lefèvre d'Etaples&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( vers 1450-1536&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt; )&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C'est un théologien (vicaire général de Briconnet) humaniste. Il fonde le "Cénacle de Meaux". Il traduit et commente la Bible. Il ne renie pas les idées de Luther, cequi fait qu'Il est soupçonner de favoriser la diffusion des idées des réformés et donc pourchassé. Marguerite de Navarre le protège et l'aide à poursuivre ses recherches. Il est un des meilleurs représentants de l'humanisme chrétien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Michel Eyquem de Montaigne&lt;span style="color:#000000;"&gt; ( 1533-1592&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il est conseiller à la cour des aides de Périgueux. Il est ensuite au parlement de Bordeaux. Il quitte sa charge en 1570 et se consacre à sa "bobliothèque". Il écrit les essais en 1580. Cet ouvrage est enrichi jusqu'à sa mort. Il y établit l'impuissance de l'homme à trouver la justice et la vérité. Il voyage en Europe de 1580 à 1581. Pour lui l'art de vivre doit se fonder sur une sagesse prudente, issue du bon sens et la tolérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Marc-Antoine Muret&lt;/strong&gt; &lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( 1526-1585&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est humaniste et auteur de poésies latines (Juvenilia).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Etienne Pasquier&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1529-1615&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est avocat au parlement de Paris en 1549. Il défend la royauté contre la Ligue et écrit une grande encyclopédie méthodique (Recherches de la France - 1560-1621).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;François Rabelais&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;( 1494-1553 )&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il est franciscain puis bénédictin, étudiant et médecin pour finir curé de Meudon. Il écrit des oeuvres proches des almanachs (Horribles et Epouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, Vie inestimable du grand Gargantua). Il y concilie culture savante et tradition populaire. (Tiers Livre - 1546, Quart Livre - 1552, Cinquième Livre - 1564). C'est un modèle des humanistes de la Renaissance, renouvelant l'idéal philosophique de leur temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ramus (de son vrai nom : Pierre de la Ramée) &lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1515-1572 )&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Humaniste, mathématicien et philosophe français, il est en délicatesse avec la Sorbonne pour son opposition à l'aristotélisme. Il est le premier professeur de mathématiques au Collège de France. Il se convertit au calvinisme et est assassiné au lendemain de la Saint Barthélémy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Pierre de Ronsard&lt;span style="color:#000000;"&gt; ( 1494-1553&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt; )&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Atteint d'une demi-surdité précoce, il se consacre à l'étude des lettres latines et grecques. Il fait partie du groupe de la Pléiade et souhaite renouveler la poésie française. Sa poésie est érudite (Odes - 1550-1552), épique (Les Hymnes - 1555-1556). Il est poète à la cour de Charles IX et hostile à la Réforme (Discours des misères de ce temps - 1562-1563). Son épopée de La Franciade (1572) reste inachevée. Son oeuvre, un temps oubliée, sera réhabilité par Sainte-Beuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;Melin de Saint Gervais&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;(1491-1558&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un poète de cour, ami de Clément Marot et l'adversaire de Ronsard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Joseph Juste Scaliger (de son vrai nom : Giuseppe Giusto Scaligero) &lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1540-1609&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Humaniste d'origine italienne, fils de Jules César Scaliger, il se convertit au protestantisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;Maurice Scève &lt;span style="color:#000000;"&gt;( 1501-1560 )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un poète, auteur d'une oeuvre amoureuse (Délie) et épique et cosmique (Microcosme).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.site-magister.com/humanis.htm"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Humanis Francais &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Humanisme_au_XVIe_si%C3%A8cle"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Humanisme au XVIe siècle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-3752088000880133909?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/3752088000880133909/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=3752088000880133909' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/3752088000880133909'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/3752088000880133909'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/lhumanisme-1300-1600-1-philosophie-qui.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-4137839927784989739</id><published>2008-11-07T03:14:00.000-08:00</published><updated>2008-11-07T09:21:59.386-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Litterrature Renaissance&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Renaissance est un vaste mouvement culturel, un essor intellectuel provoqué par le retour aux idées et à l’art antiques gréco-latins, que l’on discerne déjà en Italie au XIVe siècle. En fait, on abandonne explicitement les valeurs médiévales, liées à la féodalité, et on tente de faire renaître les valeurs de l’Antiquité dans la civilisation européenne. Les hommes de la Renaissance ont une ferme volonté de faire revivre la culture antique sous tous ses aspects – avant tout par l’art, puisque l’aspect artistique est perçu comme un moteur de progrès pour l’humanité –, ce qui se traduit surtout par un retour aux canons artistiques et aux thèmes gréco-latins. L’homme a une conscience aiguë et nouvelle du rapport que l’art entretient avec son époque et celles qui l’ont précédée, c’est pourquoi la production artistique est au centre de cette « résurrection ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;Introduction&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'humanisme fait son entrée dans le monde littéraire où l'on s'intéresse à l'individualisme, mettant en avant l'opposition entre la vision personnelle d'un individu et son acceptation des lois de la société. La découverte de nouvelles terres a aussi intéressé les écrivains qui sont fascinés par ces civilisations jusqu'alors inconnues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi la littérature de la Renaissance est marquée par la découverte : découverte de nouvelles terres et découverte intérieure de la personne et de sa pensée. Cette littérature touche trois domaines : la poésie, le théâtre et la prose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;La poésie&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie de la Renaissance, comme nombre d'arts à cette époque, naît en Italie au XIVème siècle. Ce sont Dante (1265-1321) (voir l'image) et Pétrarque (1304-1374) (voir l'image) qui ont influencé le plus leurs successeurs. Pétrarque est un des tous premiers auteurs à écrire des sonnets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des poètes comme Ludovico Ariosto (1474-1533), Torquato Tasso (1544-1595) mettent en avant l'évocation de l'épopée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France ce sont François Villon (1431-1463) et Clément Marot (1496-1544) qui reprennent les styles et thèmes abordés en Italie. La poésie française trouve une organisation pour la servir en la Pléïade qui regroupe notamment Joachim du Bellay (1522-1560) et Pierre de Ronsard (1524-1585). Le premier définit des règles d'écriture (langue vernaculaire, sonnet, imitation des anciens). Le second les applique notamment dans son recueil des "Amours" ou dans les "Sonnets pour Hélène".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les thèmes de l'épopée et les sonnets traversent la Manche. Le sonnet est notamment travaillé par Thomas Wyatt (1503-1542) et Henry Howard (1517-1547). On retrouve dans leur oeuvre l'esprit amoureux des sonnets italiens, adaptée à l'anglaise.&lt;br /&gt;Edmund Spencer (1552-1599) et Philip Sidney (1554-1586), faisant partie de la cour de la reine Élisabeth 1er, mêlent dans leurs oeuvres le sacré et le profane (avec les intrigues politiques).&lt;br /&gt;L'œuvre "La reine" des fées prend son inspiration dans les écrits de l'Arioste, du Tasse et de Bartas. Il y est fait référence à la reine Élisabeth 1er. Spencer, dans son oeuvre "Amoretti", qui regroupe des sonnets, puise dans les poèmes de Pétrarque. Il écrit cependant des textes plus liés à sa vie personnelle. Les poèmes de Sidney font également référence à Elisabeth 1er, exprimant un message politique. Citons également William Shakespeare qui est à l'origine de nombreux sonnets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Le théâtre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le théâtre est à l'origine d'une importante part de la littérature de la Renaissance. C'est en Angleterre et en Espagne que nous trouvons les meilleures productions.&lt;br /&gt;Pour l'Angleterre, citons Christopher Marlowe (1564-1593). Ses textes les plus célèbres sont "Doctor Faustus", "Tamburlaine the Great" et "Edward II". Il y parle du destin et de la société. Il utilise le vers libre dans ses textes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben Jonson (1572-1637) écrit des oeuvres fort appréciées comme "Volpone" et "l'Alchimiste". Si celles-ci puisent dans la littérature antique, Jonson sait les adapter à son temps.&lt;br /&gt;William Shakespeare est le plus grand des dramaturges. Il débute dans l'écriture à Londres pour les théâtres publics. "Hamlet" et "Othello", fort appréciés de son temps, reste des textes sans pareil. Ces tragédies explorent les thèmes de la vengeance, de l'injustice. A côté de ses textes dramatiques, il écrit des comédies très gaies. On y voit un monde où tout se termine bien. Citons "As you like it (Comme il vous plaira)" en 1559 ou "Twelfth Night (La nuit des rois)" en 1601. Il écrit également des pièces relatant l'histoire comme "Henri V" en 1598.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Espagne, ce sont Fernand de Rojas (1465-1541), Cervantes (1547-1616) et Lope de Vega (1562-1635) qui marquent cette époque. Le premier écrit Célestine en 1502 qui est une transition entre le Moyen Age et le théâtre de la Renaissance. Il fera progresser le style de la "comedia de capa y espeda" (cape et épée) basée sur les amours intrigants et l'honneur.&lt;br /&gt;Le théâtre italien, en retrouvant le théâtre antique, se détourne des représentations religieuses. C'est surtout au XVIème siècle que les pièces italiennes deviennent populaires. L'auteur le plus apprécié est Giambattista Giraldi (1504-1573). Dans "Altile", écrit en 1543, il mélange le classicisme de Sénèque avec les sentiments et les émotions fortes appréciés du public de ce siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La comédie italienne se découpe en deux courants : la commedia erudita (la comédie érudite) et la commedia dell'arte (comédie de l'art). Le premier genre repose essentiellement sur le théâtre antique et en demande une grande connaissance. Il demande également de manier l'art de la caricature sans perdre le sens du réalisme. Son meilleur représentant est l'Arioste avec principalement "La Cassaria" en 1508 et "I Suppositi" en 1509. Pour la commedia dell'arte, les structures sont moins rigides et les acteurs peuvent improviser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le théâtre français est surtout marqué par des pièces religieuses jusqu'au XIVème siècle. Jodelle (1532-1573) (voir l'image) adapte la tragédie antique au goût français. Citons encore Robert Garnier (1545-1590) qui trouve hélas trop peu de théâtres pour y jouer ses pièces.&lt;br /&gt;En Allemagne, c'est également au XIVème siècle que le théâtre évolue avec notamment Hans Sachs (1494-1576).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;La prose&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce genre connaît moins de bouleversements que la poésie ou le théâtre durant la Renaissance. Cependant Boccace (1313-1375) est l'auteur qui marque le plus son temps, principalement avec "Le Décaméron" écrit entre 1348 et 1353.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Baldamare Castiglione (1478-1529) écrit un traité appelé "Le Courtisan" et qui devient un véritable guide de bonnes manières des cours d'Europe.&lt;br /&gt;Machiavel (1469-1527) impose son célèbre livre "Le Prince" en 1532. Il y parle de l'art de la politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, la prose est servie par Rabelais (1494-1553), auteur de "Pantagruel" en 1532 et "Gargantua" en 1534. Il y exprime les souhaits des humanistes. Michel de Montaigne (1532-1592) publie "Les Essais" en 1588, s'interrogeant avec scepticisme sur la nature humaine.&lt;br /&gt;En Angleterre, Francis Bacon (1561-1626) est reconnu comme l'initiateur du discours scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Amérique, l'opposition des européens et des habitants locaux nourrit la littérature qui parle soit des nouvelles terres découvertes, soit des affrontements de tous les jours. Diaz del Castillo, dans son oeuvre "La Découverte et la conquête du Mexique", raconte les explois d'Hernan Cortes. Alvar Nunez Cabeza de Vaca (1507-1559) publie ses impressions de son exploration du golfe du Mexique. ( Azadunifr )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://histoire.univ-paris1.fr/agregation/moderne2003/"&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La Renaissance des années 1470 aux années 1560&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.renaissance-france.org/"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Site renaissance france&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-4137839927784989739?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/4137839927784989739/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=4137839927784989739' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4137839927784989739'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/4137839927784989739'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/litterrature-renaissance-la-renaissance.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-2523008349425660448</id><published>2008-11-07T03:02:00.000-08:00</published><updated>2008-11-07T03:12:49.209-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQg9RkMtLI/AAAAAAAAAJI/LO8o_Mgw1jw/s1600-h/francois1erlivre5.gif"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 148px; FLOAT: left; HEIGHT: 190px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265870101362291890" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQg9RkMtLI/AAAAAAAAAJI/LO8o_Mgw1jw/s200/francois1erlivre5.gif" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;François Ier&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#009900;"&gt;&lt;strong&gt;Roi de France de 1515 à 1547&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Ier fut le fils de Charles de Valois-Orléans, comte d'Angoulême et de Louise de Savoie. Il succéda en 1515 à son cousin et beau-père Louis XII qui n'avait pas d'héritiers et dont il avait épousé la fille, Claude de France l'année précédente. Son règne de trente-deux ans marqua profondément le XVIe siècle français, transformant à l'extérieur les guerres d'Italie en un affrontement avec les Habsbourg, donnant, à l'intérieur, une impulsion décisive à la pratique d'une «monarchie absolue». François 1er avait une stature colossale, ce que laissent quelque peu entrevoir les célèbres portraits que l'on a de lui (Le Titien, Clouet ) ainsi que son armure gigantesque qui a été conservée jusqu'à aujourd'hui. Il mesurait presque deux mètres, ce qui faisait de lui un véritable géant, surtout à l'époque où la taille moyenne était nettement plus faible qu'aujourd'hui. François 1er était le type même de l'homme élégant de la Renaissance, vigoureux, de goûts chevaleresques, amateur de femmes et de belles choses, un peu artiste. Mais en même temps, c'est un homme fantasque, sujet aux emballements, d'une intelligence un peu superficielle. Le règne s'ouvrit sur la fin des guerres d'Italie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;Biographie &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Né à Cognac en 1494, mort à Rambouillet en 1547, François 1er est Roi de France de 1515 à 1547. Fils de Charles d’Orléans et de Louise de Savoie, François Ier, né à Cognac en 1494, succède en 1515 à son cousin Louis XII, dont il a épousé la fille Claude. Avec la victoire de Marignan (sept. 1515), François Ier reconquiert le Milanais, enjeu territorial de toute sa politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Charles Ier d’Espagne accède (1519), sous le nom de Charles Quint, à la couronne impériale, qu’il convoitait, le roi, craignant l’encerclement du royaume par les possessions de son rival, engage les hostilités contre l’empereur après avoir vainement cherché l’appui d’Henri VIII d’Angleterre (entrevue du Camp du Drap d’or, 1520).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Veuf en 1524, il se remarie avec Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint (1530). « Roi-Chevalier », François Ier est aussi, avec Louis XII et Henri II, un des bâtisseurs de l’État moderne en France. Sensible aux idées mercantilistes, François Ier favorise l’industrie et développe le grand commerce maritime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réunit à la France les fiefs du connétable de Bourbon (1531) et rattache définitivement la Bretagne au royaume (1532). Il réorganise les finances de l’État et réforme la justice par l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose notamment la rédaction en français des actes judiciaires et notariés. Par le concordat de Bologne (1516), il s’assure de la nomination des archevêques, des évêques et des abbés du royaume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soucieux du prestige de la monarchie, le Roi favorise par ailleurs l’art de la&lt;br /&gt;Renaissance, qui s’épanouit dans la construction et la décoration des demeures royales (Blois, Chambord, Fontainebleau), où François Ier attire et fait travailler des artistes italiens (Léonard de Vinci, le Rosso, le Primatice). Il encourage les traductions des humanistes, tel G. Budé, et fonde le futur Collège de France, en 1529. À sa mort en 1547, François Ier est parvenu à limiter la puissance impériale, mais il n’a pas réalisé son rêve italien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;Sa vie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;François 1er et les guerres d'Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Louis XII mourut le 1er Janvier 1515, il venait de perdre le Milanais. Son cousin François 1er lui succéda, il avait alors vingt ans, et il résolut de marquer son début de règne de manière brillante en reconquérant le Milanais. Les adversaires suisses, alliés du Duc de Milan, furent surpris par l'habileté de manoeuvre de l'armée française, et la bataille décisive eut lieu à Marignan (1515), près de Milan., durant laquelle François 1er remporta une victoire éclatante. Il se fit alors adouber chevalier par Bayard sur le champ de bataille de Marignan. Cette victoire lui permis par là-même de signer la paix avec le pape Léon X , les Suisses, et de tenir à l'écart de cette région Charles 1er, le jeune roi d'Espagne et futur Charles Quint. Ce fut la fin des guerres d'Italie, dont l'une des conséquences les plus importantes fut la Renaissance française, fille de la Renaissance Italienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;La rivalité entre François 1er et Charles Quint&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la mort de l'empereur Maximilien d'Autriche, Charles 1er d'Espagne et François 1er posèrent tous les deux leur candidature à sa succession. Finalement, ce fut Charles qui fut élu sous le nom de Charles Quint en 1519. L'ambition de conquérant affichée par Charles Quint dès le début de son règne était une menace sérieuse pour le royaume de France, puisque l'empereur entendait reprendre les régions ayant autrefois fait partie de l'empire ( la Picardie, la Bourgogne, le Dauphiné, la Provence). Mais François 1er continuait à s'occuper de l'Italie, au lieu de se soucier des frontières du Nord et de l'Est. Ainsi, la première guerre fut désastreuse pour François 1er.&lt;br /&gt;A la suite de combats malheureux en Italie où Bayard périt, François 1er s'impliqua personnellement avec une espèce de fougue un peu folle et il fut prisonnier à Pavie en 1525. Pour retrouver la liberté, il consentit à signer le désastreux traité de Madrid (1526) par lequel il renonçait à l'Italie et promettait de céder la Bourgogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il viola ce traité dès qu'il eut retrouvé la liberté, avec le soutien des Etats de Bourgogne. La guerre fut marquée par une pause lors de la « paix des dames », puis s'acheva sur la constatation d'un équilibre des forces (traité de Cambrai, 1529). Ayant pris la mesure de son adversaire, dans la troisième phase du conflit, François 1er chercha des alliés : le Turc Soliman le Magnifique, Henri VIII, les princes protestants allemands.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'alliance Turque parut scandaleuse, mais fut profitable militairement et commercialement. La longue lutte qui suit, confuse et sans gloire, aboutit au traité de Crépy (1544), créant le premier et fragile équilibre européen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;L'exercice de la monarchie sous François 1er&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monarque à la fois fin, éclairé, mais aussi brutal et intransigeant, en un mot ambigu, François 1er exerça le pouvoir avec fermeté et ramena la royauté dans la voie du despotisme. C'est à lui que l'on doit la formule « Car tel est notre bon plaisir », qui était apposée au bas des ordonnances. C'est également sous son règne qu'apparut l'expression « Votre Majesté », jusqu'alors réservée à l'empereur. Personne ne songeait sérieusement à s'opposer au roi, si ce n'est le Duc de Bourbon (appelé aussi « le connétable »). L'alliance que celui-ci tenta avec Charles Quint échoua, et il se vit confisqué à peu près tous ses biens. Les autres seigneurs n'avaient aucun intérêt à désobéir, et le clergé non plus. Le roi exerçait une autorité totale sur les prélats de l'église, puisque par le Concordat de Bologne (1516), le pape Léon X avait reconnu à François 1er le droit de nommer les archevêques, évêques et abbés du royaume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le souci de voir son autorité incontestée, François 1er ne réunit jamais les Etats Généraux. Il écoutait même à peine les quelques remarques que le Parlement osait timidement opposer à son autorité de temps à autre. Pour traiter des affaires capitales, le roi prenait conseil auprès de quelques intimes, le Conseil des Affaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est sous le règne de François 1er que se développe la Cour, dont l'apogée sera atteinte sous le règne de Louis XIV. La Cour était alors constituée de plusieurs milliers de personnes, elle exerçait une fascination certaine pour tous ceux qui enviaient l'aura de pouvoir, de plaisirs et de fêtes mêlés qui lui était attachée. La Cour était composée de fonctionnaires et domestiques au service du roi, de ceux qui l'aidaient à gouverner, des Princes de sang, et enfin tous ceux que le roi daignait y appeler, selon son bon plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, toutes les fêtes de la cour, les guerres incessantes, la construction des châteaux entraînaient des dépenses énormes, et c'est à François 1er que l'on doit le premier emprunt en 1522, et c'est également à cette date que remonte notre Dette Publique. Le désordre des finances ne fut pas résorbé pour autant, et ce mal chronique embarrassa la royauté jusqu'en 1789.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Un artisan de la Renaissance en France&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout du compte, l'empreinte la plus marquante du monarque se situe sur le plan intellectuel et artistique. Dès son avènement, François Ier veut être reconnu comme le prince de la Renaissance. L'art nouveau sert son goût du prestige, de la magnificence, et sa volonté politique d'affirmer la grandeur du pouvoir royal. La cour de François 1er est brillante et admirée en Europe. Le roi protège humanistes, musiciens et poètes (Ronsard, Du Bellay, Marot, Budé, Lefèvre d'Étaples) et fonde le Collège des lecteurs royaux, qui deviendra plus tard le Collège de France. Suivant l'exemple de Charles VIII, il achète en Italie tableaux et statues antiques. C'est lui qui fait venir en France Léonard de Vinci qu'il installe au Clos-Lucé, et fait appel à d'autres grands artistes italiens tels que Benvenuto Cellini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan architectural, le règne de François Ier est marqué surtout par la construction ou la rénovation de somptueux châteaux dans lesquels le souffle de la Renaissance s'exprime pleinement. François Ier fait agrandir le château de Blois. Il abandonne, délibérément, le style ancien de construction adopté par ses prédécesseurs. Le bâtiment est construit en pierre de taille et non plus en brique. La façade à galeries et arcades est inspirée de l'architecture édifiée par Bramante au Vatican. De 1520 à 1540, une nouvelle résidence royale est élevée à Chambord. La symétrie, l'harmonie de l'ensemble, le parc et les jardins en font l'un des monuments les plus remarquables de cette époque. Depuis les vastes terrasses à l'italienne, la cour suivait les départs pour la chasse dans les forêts de la Sologne, toute proche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par la suite, après le désastre de Pavie (1525), François 1er fait construire surtout en Ile-de-France. Le château de Fontainebleau, agrandi, reçoit un décor magnifique. Deux artistes italiens, Le Rosso et Le Primatice y animent des ateliers nombreux et brillants. Fasciné par l'Italie, exactement comme d'autres, en d'autres temps, seront fascinés par l'Amérique, François 1er y a donc puisé l'âme de la Renaissance, qui a pu se développer ensuite avec son caractère propre en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, c'est sous le règne de François 1er que la langue du royaume, le français, s'est véritablement unifiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#cc0000;"&gt;La fin du règne de François Ier&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claude de France mourut bien avant François Ier et il se remaria en 1530 avec Éléonore d'Autriche, la soeur aînée de Charles Quint et veuve de Manuel Ier de Portugal. Le mariage fut une clause des traités de Madrid (1526) et de Cambrai (1529) et il n'eut pas d'enfant de sa deuxième femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu'il mourut en 1547, ce fut son fils Henri II qui lui succéda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ier_de_France"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;Suite &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/23223511-2523008349425660448?l=rahxvi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rahxvi.blogspot.com/feeds/2523008349425660448/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=23223511&amp;postID=2523008349425660448' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/2523008349425660448'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/23223511/posts/default/2523008349425660448'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rahxvi.blogspot.com/2008/11/franois-ier-roi-de-france-de-1515-1547.html' title=''/><author><name>reza_abbaspour81@yahoo.fr</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00746697048661857730</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Rw96dJ9BZyU/SRQg9RkMtLI/AAAAAAAAAJI/LO8o_Mgw1jw/s72-c/francois1erlivre5.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-23223511.post-3810631021219657111</id><published>2008-10-27T04:29:00.000-07:00</published><updated>2008-10-27T04:30:09.269-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;LA LITTÉRATURE FRANCAISE AU XVIème SIÈCLE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est un siècle de transitions dont l’histoire mouvementée est riche d’événements considérables : l’humanisme introduit une nouvelle vision du monde, la Réforme détermine l’avenir de la Chrétienté, la conquête du Nouveau Monde modifie l’équilibre des sociétés européennes et l’image qu’on se fait de l’univers. En France, ce siècle commence par les guerres d’Italie et se termine par les guerres de religion : tous ces critères se ressentent bien évidemment dans la littérature du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle commence le 1er janvier 1501 et finit le 31 décembre 1600. Historiquement, il commence le 12 octobre 1492 avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et se termine en 1610 avec l'assassinat d'Henri IV. Ainsi Magellan (1480-1521) accomplit le premier tour du monde et Jacques Cartier (1491-1557) attaint le Canada. Ces découvertes sonnent le glas d’un Moyen age qui durait depuis des siècles , elles inaugurent l’entrée de l’Europe dans les temps modernes . Les frontières du monde connu reculent sur terre, mais aussi dans le cosmos puisque Copernic( 1473-1543) démontre que les planètes tournent autour du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;le siècle de la Renaissance&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XVIe siècle est le siècle de la Renaissance, une période de progrès dans tous les domaines. L'invention de l'imprimerie à caractères métalliques, par Gutenberg, vers 1450, permet l'essor du livre qui diffuse la culture antique comme les œuvres modernes. Le Nouveau Monde est découvert, c'est la découverte (et le massacre) de nouvelles civilisations. La preuve de l'héliocentrisme (le Soleil au centre de l'Univers, et non la Terre), apportée par Copernic en 1453, bouleverse l'idée de la place de l'homme qui n'est plus au centre de l'univers, ainsi que de la réalité scientifique des Écritures sacrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs l'art de la Renaissance s'inspire de la culture italienne et cherche à revenir aux sources des textes antiques. Casimir est de même un homme aux grands yeux qui fait tout le temps "hein"! Au XVIe siècle la France se construit autour du pouvoir royal qui œuvre à unifier la langue française. Ces évènements influent sur la littérature du XVIe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie humaniste apparaît durant cette période. Elle voit la dignité de l'homme dans ses capacités à cultiver la raison pour comprendre le monde et se comprendre, et s'inspire de l'antiquité et des valeurs chrétiennes telles qu'elles sont exprimées dans l'évangile. Cette philosophie s'accorde aux découvertes scientifiques de l'époque, comme l'étude du mouvement de la terre et des planètes, ou l'exploration des continents américains et asiatiques.&lt;br /&gt;François Rabelais (1494-1553) a été homme d'Église et médecin ; ses romans comme Pantagruel puis Gargantua (père de Pantagruel) allient truculence et érudition, et développe un humanisme optimiste qui croit en l'homme et en son libre arbitre sans cesser de croire en Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers poèmes de Clément Marot (1496-1544) s'inspirent de la tradition du Moyen Âge, puis il développe un art plus personnel, plus sentimental et plus lyrique. Les poèmes de Maurice Scève (1501?-1564?) et Louise Labé (1524-1566) chantent les sentiments amoureux avec beaucoup de sensibilité et de sincérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les poètes Joachim du Bellay (1522-1560) et Pierre de Ronsard (1524-1585) — qui est par ailleurs l'auteur de nombreux poèmes amoureux — travaillent à développer le vocabulaire et la grammaire française ; le français moderne leur doit beaucoup.&lt;br /&gt;À la cour du roi, Marguerite de Navarre (1492-1549) a pris soin de soutenir les hommes de lettres auprès de François Ier, son frère ; elle est aussi auteur d'un recueil de courtes histoires sur les mœurs de son temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les guerres de religion (1562-1598) ternissent la fin du siècle. La philosophie de Michel Eyquem, seigneur de Montaigne (1533-1592), traduit ces troubles. Elle est humaniste, mais sans l'optimisme associé au progrès qui était présent au début du siècle. Sa philosophie, comme celle d'Étienne de La Boétie (1530-1563) dont il est l'ami, consiste à accepter la faiblesse de la condition humaine, rechercher le bien de l'homme et combattre l'intolérance. Sa manière de vivre, ses expériences et les réflexions qu'elles entraînent est l'objet de son œuvre principale, appelée pour cette raison Les Essais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écrits de Théodore Agrippa d'Aubigné (1552-1630) et les pièces de théâtre de Robert Garnier (1545-1590) sont tragiques et morbides, en accord avec la barbarie de l'époque. Tous les deux, le premier protestant militant et le second catholique, s'accordent sur l'espérance d'un réconfort divin venant après ces temps de fureur.&lt;br /&gt;La fin du XVe siècle avait d’ailleurs préparé l’avènement des temps nouveaux: vers 1450, Gutenberg, inventant les caractères mobiles métalliques, fit accomplir un pas décisif aux techniques de reproduction. L’imprimerie d’abord réservée à l’édition de la Bible ,allait connaître un essor fabuleux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais des troubles religieux viennent endeuiller cette époque. Il sont dus à un conflit entre les tenants de l’ordre établi et les partisans d’une réforme de l’église (les réformés ou Huguenots). Les années d’optimisme qui s’achèvent vers 1559 sont suivies par une période de guerres civiles sanglantes peu propices au développement de la littérature . En 1598 , L’édit de Nantes , rétablit la paix et garantit la liberté de croyance en france . il marque la fin du XVIe&lt;br /&gt;Parmi les genres littéraires, la poésie est certainement celui qui bénéficie des plus grandes novations. Les poètes et humanistes italiens Dante (1265-1321), Boccace (1313-1375) et Pétrarque (1303-1374) sont découverts, et influencent la plupart des poètes. La publication de la Défense et Illustration de la langue française par Du Bellay illustre la volonté, partagée par Ronsard et les autres poètes du petit groupe de la Pléiade, de créer un art poétique proprement français. Cette volonté n'est pas sans rapport avec la situation de l'écrivain durant ce siècle. En effet, la plus large diffusion des textes, ainsi que les mesures que prend François Ier pour encourager les belles lettres, conduisent souvent les écrivains à s'engager du côté du pouvoir royal. La volonté de renouveler la langue poétique et la certitude que la langue française peut égaler ou dépasser les œuvres de l'Antiquité coïncident avec ce mouvement général d'affirmation de la puissance de la France. Toutefois, l'imitation des grands genres antiques et la création de nouveaux mots auront une influence durable. Légère et sensuelle, la poésie de Ronsard fait école après sa mort, mais les troubles religieux de la seconde moitié du XVIe siècle apportent dans la littérature des thèmes d'inspiration plus macabres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les novations dans le genre théâtral résultent surtout de l'intérêt suscité par le théâtre antique et italien. Le genre farcesque connaît un grand succès populaire, tandis que les premières tragédies sont marquées par les défauts d'un genre qui se cherche encore et ne rencontre guère de public en dehors de la Cour. De son côté, le théâtre des protestants privilégie surtout les sujets bibliques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au genre narratif, il reste mal défini. Dans le prolongement des goûts de la période médiévale, le roman de chevalerie séduit toujours le public, et les courts récits ne semblent pas toujours se rapporter à un genre précis. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu'apparaissent les premiers romans au sens moderne du terme. Néanmoins, l'œuvre de Rabelais est, déjà, à bien des égards annonciatrice du roman moderne. Tout en prolongeant la tradition du conte, elle synthétise l'esprit du XVIe siècle tant par sa forme que par la variété de ses thèmes lui font tout aussi bien traiter de guerre, d'éducation, que de médecine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#009900;"&gt;L’ÂGE DE RABELAIS : UN ESPRIT NOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES CONDITIONS DU RENOUVEAU&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes du XVIe siècle étaient conscients de vivre dans une époque différente de la précédente ; Rabelais cite en effet dans la lettre de Gargantua à Pantagruel : "Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées [...]. Tout le monde est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de librairies très amples...". Cette Renaissance fut un phénomène d’une grande ampleur qui affecta tous les domaines : intellectuel, artistique, philosophique, religieux, éthique, social... On a souvent admis que trois faits ont favorisé cette mutation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, qui provoqua l’exode des lettrés grecs vers l’Occident où ils apportèrent quantité de manuscrits, et leur connaissance de l’Antiquité grecque (toutefois nuançons : la Renaissance en Italie commence avant 1453). &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- les guerres d’Italie révélèrent aux français éblouis une civilisation raffinée (même s’il y avait déjà des échanges avec l’Italie avant les guerres).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- l’invention de l’imprimerie au XVe (première presse française à la Sorbonne en 1470). Elle favorise l’expansion des idées nouvelles — humanistes mais aussi réformées.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1453 : La chute de l’empire d’Orient&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Sultan Mehmet prend Constantinople. IL n’y a plus d’empire chrétien d’Orient. Les Turcs continuent une expansion foudroyante qui les rend, en 70 ans, maîtres de toute la Méditerranée orientale et de l’Europe des Balkans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques années avant le désastre, érudits, savants et nobles ont ramené en sûreté leur personne, leur savoir et leurs livres qui viennent enrichir Venise, Florence et Rome. Le grec, langue presque perdue en Occident, s’enseigne à nouveau, et fait redécouvrir la vraie culture antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LES INFLUENCES ITALIENNES&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Rappel : les guerres d’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France au XVIe siècle ne cesse pratiquement pas d’être en guerre. La richesse des villes italiennes, la fascination exercée par la Renaissance commencée, de l’autre côté des Alpes, dès le XIIIe siècle, l’existence d’une noblesse inemployée depuis la fin des guerres contre l’Angleterre, alimentent les prétentions françaises sur les territoires italiens. Ces guerres longues — de 1483 à 1559 — et coûteuses ne rapportent rien : en soixante ans, les rois de France conquièrent et perdent tour à tour les villes italiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours du règne de François Ier, le conflit prend une dimension européenne : le roi de France s’oppose en effet, pour un demi-siècle, à Charles Quint, dont l’empire s’étend de l’Espagne aux territoires actuels de l’Allemagne, de l’Autriche, aux Pays-Bas et à la France du Nord-Est. Vaines sur le plan militaire, les guerres, néanmoins, ont contribué à élargir l’horizon de la noblesse française. Les œuvres de la Renaissance italienne pénètrent largement en France. L’ "esprit nouveau" commence à souffler sur le sol français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Antiquité.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La découverte du grec date en France du XVIe siècle. Il ne s’agit plus aujourd’hui de prétendre que le Moyen Age a ignoré l’Antiquité, mais il faut noter qu’il n’a guère connu que les anciens latins ; la renaissance, au contraire, a cherché à restituer toute l’Antiquité dans son authenticité, même si la connaissance qu’elle en a eu est restée imparfaite ; en effet, cette connaissance provenait surtout de la consultation de manuels, ou de compilations comme les Adages d’Érasme (recueils de proverbes et de maximes tirés des ouvrages anciens et commentés), plutôt que de la fréquentation directe des textes essentiels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence dans ce domaine vient surtout d’Italie, et la grande découverte fut l’interprétation du platonisme par le florentin Marsile Ficin (fin XIVe) ; cette interprétation est appelée néo-platonisme, alliant Platon et ses commentateurs, et essayant de concilier cette philosophie avec le christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, l’Antiquité n’est en aucune manière un exemple contraignant : du Bellay et bien d’autres déclarent que les modernes peuvent et doivent faire mieux que les Anciens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’Italie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’influence italienne s’exerce aussi sans passer par les modèles anciens. Non seulement dans le domaine politique on trouve l’influence de Machiavel (1469-1527), mais aussi dans le domaine esthétique et littéraire : les écrivains français, avant même la Pléiade, lisent les italiens : Sannazar (1458-1530), églogue champêtre à l’image de Virgile, le satirique Berni (1497-1535), dont l’exemple inspirera en France un courant qui va de du Bellay aux burlesques du XVIIe ; de même, l’Arioste, Boccace et surtout Pétrarque ont une influence considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff9900;"&gt;LA RENAISSANCE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1490. Le Nouveau Monde&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde occidental, privé de son expansion en méditerranéenne, se trouve d’autres voies commerciales. Depuis le début du XVe siècle, les Portugais explorent les côtes africaines, et atteignent le cap de Bonne-Espérance qui leur ouvre la route des Indes. Un gênois au service de la couronne d’Espagne, Christophe Colomb, décide de découvrir un passage par l’ouest : en 1492, il rencontre les "Indes Occidentales", les Antilles. Ce nouveau continent déchaîne les convoitises, au point qu’il faut une bulle du pape Alexandre VI, puis le traité de Tordesillas (1494) pour partager le nouveau monde entre les deux puissances qui ont les moyens maritimes de la conquête : espagnols et portugais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La certitude que la terre était plate, que l’Europe était le centre de l’univers, que les coutumes de nos pays répondaient à une nécessité divine, s’en trouve brutalement ébranlée. De plus, dans le même temps, le savant Copernic montre que la terre tourne autour du soleil, et qu’elle n’a donc pas été placée au centre par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les systèmes économiques se transforment : l’accent est mis désormais sur les échanges d’argent plutôt que sur la possession de territoire. Le XVIe siècle voit ainsi se développer une riche bourgeoisie marchande, alors que parallèlement la noblesse connaît un relatif appauvrissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1460. L’imprimerie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir des techniques du bois gravé expérimentées dans les ateliers rhénans, voici que naît l’imprimerie. D’abord en planches gravées, puis en caractères mobiles, elle permet de reproduire en un temps record ce qu’il fallait recopier à la main. C’est la fin du livre personnalisé, objet d’art unique et investissement de prestige : c’est le début du livre utile, scolaire, religieux, divertissant. Le livre imprimé apparaît à Mayence dans les années 1450. Le support était un papier qu’on fabriquait à partir de chiffons traités et transformés dans des moulins à eau. La première presse installée à Paris l’est, en 1473, dans le collège de la Sorbonne, et son premier ouvrage et naturellement une rhétorique. D’autres ateliers s’implantent à Strasbourg, Lyon, Angers, Poitiers, Toulouse, Albi, Vienne, etc... attirés par la présence de grands monastères ou d’Université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’initiateur d’un livre, qu’il soit auteur, imprimeur ou libraire, doit avant tout obtenir un Privilège qu’il achète auprès d’une autorité légale (Grande Chancellerie ou Parlement). Ce privilège lui donne le droit pour une durée donnée d’imprimer et vendre l’ouvrage en question à l’intérieur du royaume. Signalons toutefois que l’auteur prend parfois à sa charge tous les frais engagés, mais la pratique des frais partagés entre auteur et imprimeur est beaucoup plus fréquente. Après cette fabrication, le livre relié artisanalement est diffusé par les soins de l’imprimeur-libraire lors de foires comme celles de Francfort ou de Lyon.&lt;br /&gt;L’apparition du livre bouleverse les conditions de transmission du savoir, élargit les publics, même si l’alphabétisation reste encore restreinte. En 20 ans, la culture médiévale religieuse et romanesque est balayée, et remplacée par les textes antiques, païens et chrétiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’HUMANISME&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’humanisme, volonté de connaissance étendue hors des frontières, prend sa source dans toutes les influences évoquées ci-dessus, et utilisent les moyens proposés dont nous venons de parler (langues anciennes, imprimerie...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "prince des humanistes" fut le hollandais Érasme (1469-1536), érudit, philologue, philosophe, sollicité par les rois et par les papes. Il fut en relation épistolaire avec toute l’Europe lettrée, lié à l’helléniste Guillaume Budé (1468-1540), au savant anglais Thomas Morus (1480-1535). Ainsi, à travers ce personnage, on perçoit bien que l’Humanisme désigne d’abord une volonté de connaissance étendue hors des frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Créations : L’attention portée à la langue va de pair avec celle qu’on attache aux problèmes de la technique poétique, de la métrique et u théâtre. On tente de restituer en français la prosodie quantitative des Anciens. On crée la tragédie et la comédie en français, et surtout naissent de nouvelles formes : épître, élégie, églogue, ode, et surtout sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mythes et thèmes : Les thèmes utilisés pour réaliser ce programme humaniste est révélateur de l’esprit du temps. Au XVIe siècle, on parle d’amour et aussi de vertu. On rêve d’un monde où l’homme vivrait en harmonie avec la nature et en accord avec lui-même : société utopiques (Utopia de Morus ; la Thélème de Rabelais) auxquelles la découverte du Nouveau Monde donne une consistance parfois plus apparente que réelle (mythe du bon sauvage). Un autre thème est celui de la gloire que confère l’excellence de sa création à un auteur ; cependant, dans un siècle qui tourne au chaos, le seul refuge sera alors pour les poètes dans les "consolations contre la mort" (expression tirée de J.B. Chassignet, Le mépris de la vie et consolation contre la mort).&lt;br /&gt;Ainsi, l’humanisme introduit non seulement dans les œuvres littéraires la réflexion sur les problèmes de civilisation, de pensée, de religion (Calvin), évoquant ainsi l’espoir d’un nouvel art de vivre (Rabelais, marguerite de Navarre), mais il introduit aussi l’éclosion d’un ton nouveau, où la ferveur et l’enthousiasme se teintent de gravité ou d’humour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, les méthodes de cet humanisme s’apparentent à celles de libre examen qui inspire la révolte de Luther et Calvin. On refuse de s’en remettre à l’autorité établie pour interpréter les textes. Les divergences sont donc aussi nombreuses que les points communs entre l’humanisme et la Réforme. Après la rupture entre Érasme et Luther, et après l’affaire des placards, les humanistes de France seront obligés de choisir : ou protestants, ou fidèles à l’Église, ils seront mêlés à ces grandes luttes du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;1520. La Réforme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martin Luther, depuis 1517, s’acharne à dénoncer les abus de l’Église, et refuse de se plier en 1520 à son excommunication (texte de sa condamnation brûlé publiquement). Il proclame que la foi seule sauve, et insiste sur le fait que tout croyant doit avoir accès au vrai texte sacré sans l’intermédiaire constant des prêtres. Dans un premier temps, les idées rencontrent l’approbation de nombreux ecclésiastiques et de princes, mais les idées se révèlent vite une danger politique (paysans de Rhénanie révoltés en 1524). En Allemagne, la Diète d’Augsbourg remet à chaque prince le droit de décider de quelle religion seront ses sujets.&lt;br /&gt;Cette Réforme est donc l’occasion d’un profond bouleversement spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;LES CONTRADICTIONS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginer le XVIe siècle comme un siècle constant et uni dans la recherche cohérente d’une nouvelle vérité serait une singulière erreur. Ce siècle est tissé de contradictions : la Réforme et l’Humanisme s’accompagnent d’une résurrection du paganisme rarement déclaré, qui est pourtant sensible dans les œuvres de la Renaissance (chez Ronsard par exemple), mais aussi de superstitions et d’un obscurantisme meurtriers : la chasse aux sorcières s’ouvre au XVIe, la Réforme aboutit aux bûchers allumés à travers toute l’Europe et aux massacres en série des guerres de Religion ; de plus, l’astrologie se développe à l’exemple de l’Antiquité : Nostradamus (1502-1566), contemporain d’Ambroise Paré, de Bernard Palissy ou encore de Copernic, fut l’un des devins de Catherine de Médicis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;LES POINTS FORTS DE LA LITTÉRATURE DU DÉBUT DU SIÈCLE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;LES RHÉTORIQUEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la seconde moitié du XVe et le début du XVIe siècle fleurit à la cour de Bourgogne, de Bretagne, puis de France, une école de poètes qui eurent une gloire incontestée en leur temps : ce sont les Rhétoriqueurs. Ainsi nommés parce qu’ils pratiquaient la "seconde rhétorique, c’est-à-dire la poésie par opposition à la prose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’image du plus illustre d’entre eux, Georges Chastellain (1404-1475), qui était l’historiographe et le confident du duc de Bourgogne Philippe le Bon, les Rhétoriqueurs se voulurent chroniqueurs et conseillers des princes. Ils chantaient les vertus et les victoires de leur protecteur, pleuraient leurs deuils, fêtaient leurs joies et narraient leur histoire.&lt;br /&gt;Jean Meschinot († 1491), Jean Molinet († 1507), André de la Vigne († 1527?), Jean Marot († 1526)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est surtout comme poètes qu’on admirait ces hommes, auteurs d’œuvres morales et politiques, d’épîtres ou de satires. Cependant, la critique traditionnelle reproche aux rhétoriqueurs leur manque de goût et de mesure, ainsi que la reprise de thèmes usés. Pourtant, ces hommes se qualifiaient volontiers de rimeurs, car ils furent en effet de prodigieux inventeurs de rimes (rime extrêmement riche, tentés parfois par l’acrobatie verbale).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Lemaire de Belges, dernier des Rhétoriqueurs, et premier des écrivains de la Renaissance, fut un précurseur et un maître pour le XVIe siècle. Né en 1473, il fut le poète et le secrétaire de marguerite d’Autriche et d’Anne de Bretagne. Il voyagea beaucoup, et l’influence de l’Italie n’est pas négligeable. Il excella dans le genre de la "déploration" en vert (et fut connu par Les épîtres de l’amant vert, pour le perroquet de Marguerite d’Autriche, dévoré par un chien, mais comparé à un prince poussé au suicide en l’absence de sa maîtresse !). Lemaire avait également le rôle de propagandiste officiel : par exemple, il fit la défense de la politique gallicane de Louis XII contre l’absolutisme pontifical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;Clément Marot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fils du rhétoriqueurs Jean Marot, poète officiel d’Anne de Bretagne, Clément Marot était né en 1496, et se trouvait au service de François Ier en 1527. Accusé déjà quelques accusations (a mangé du lard en carême par exemple), il est suspecté en 1534 dans l’affaire des "placards". Il reste alors deux ans exilé à la cour de Ferrare. De retour en France après une humiliante cérémonie d’abjuration, il doit s’enfuir à nouveau en 1542 après avoir poursuivi la traduction des Psaumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clément Marot s’inscrit dans le prolongement des rhétoriqueurs (ex : Le temple de Cupido et la Conqueste de Ferme Amour, à l’occasion du mariage de François Ier et de Claude de France), mais il fut aussi poète satyrique (il utilise des thèmes de tradition médiévale : il s’amuse à railler les femmes, les maris trompés, les moines... Autre exemple plus original pour l’époque :L’enfer, satire contre les maux et les méfaits de la Justice ; dans ce long poème de 500 vers, il est l’un des seuls à protester contre la torture). Il fut également humaniste, par ses traductions d’auteurs antiques (Virgile, Ovide...), et a cherché à exprimer sa modernité dans ce matériau antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit souvent que Marot a été l’inventeur de nouvelles formes ; il a en fait plutôt développé des formes existant déjà, tel l’épître, où il introduit un ton familier ou lyrique, ou encore le "blason", qui était un poème tout entier visant à vanter ou à dénigrer une personne, un objet, un détail le plus souvent. Le succès fut tel qu’il suscita un véritable concours (dont le triomphateur fut Maurice Scève pour un Blason du sourcil). Signalons enfin que Marot serait à l’origine de l’importation en France du sonnet, forme d’origine italienne popularisée par du Bellay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff6600;"&gt;RABELAIS &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce plus éblouissant des conteurs français de la Renaissance fut à la fois religieux, moine plus ou moins en règle avec son ordre, érudit, admirateur d’Érasme et disciple de l’helléniste Guillaume Budé, juriste, et l’un des meilleurs médecins de son temps, mais aussi l’auteur de l’épopée burlesque du géant Pantagruel, où l’on perçoit toute l’ampleur de son imagination et la prodigieuse richesse de sa langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Rabelais est né près de Chinon vers 1494. Moine franciscain, il étudie le grec et l’hébreu, mais la confiscation de ses ouvrages l’oblige à rejoindre les Bénédictins dans le Poitou. Là, Rabelais fait l’apprentissage des mœurs et de la langue populaires, tout en étudiant le Droit à l’université de Poitiers. En 1530, il a défroqué (mais il reste prêtre dans le siècle), et achève à Montpellier ses études de Médecine, qui font très vite de lui un médecin lié avec toute la société intellectuelle de la ville. Il correspond notamment avec Érasme, le "prince des humanistes". C’est alors que paraît un ouvrage populaire, Les grandes et inestimables chroniques du grand et énorme géant Gargantua, qui lui donne l’idée d’en écrire la suite, Pantagruel, publié sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors il poursuit son œuvre littéraire parallèlement à sa carrière de médecin : 1534 = Gargantua ; 1546 = Le Tiers livre ; 15552 = Le Quart livre. Il fut médecin de Jean du Bellay, évêque de Paris puis cardinal, puis de son frère Guillaume du Bellay, gouverneur du piémont. Entre temps, tous ces livres ont été condamnés par les autorités ecclésiastiques, et Rabelais a parfois jugé prudent de se faire oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il meurt à Paris en 1553, et le Cinquième livre, posthume, paraît entre 1562 et 1564, bien que son authenticité soit en partie douteuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire raconte la vie de Pantagruel, puis celle de son père, le roi Gargantua. A chaque épisode, Rabelais décrit l’enfance, l’éducation et les prouesses burlesques des héros, puis la fondation de l’abbaye de Thélème qui prend le contre-pied de l’ascétisme monastique, la règle étant "Fais ce que tu voudras". Le Quart et le Cinquième livre narrent la navigation de Panurge, Pantagruel et ses compagnons partis consulter l’oracle de la Dive Bouteille. Les escales présentées permettent à l’auteur de présenter allégoriquement et de dénoncer les abus du monde — ceux de l’Église et de la Justice surtout. La prêtresse de la Dive Bouteille commentera l’oracle en des termes qui plaident en faveur d’un Rabelais d’une solide indépendance d’esprit pour la conduite de sa vie : "Soyez vous-même interprète de votre entreprise".&lt;br /&gt;Ainsi, l’unité et l’intérêt de l’œuvre se trouve dans deux préoccupations essentielles : parodier le monde tel qu’il est, et exalter un nouvel art de vivre, le "pantagruélisme". On a déjà abordé la lettre de Gargantua à Pantagruel, considérée comme un hymne enthousiaste à l’humanisme triomphant (attention sollicitée dans les domaines les plus variés). En fait, Rabelais oppose le rêve de ce système idéal à la caricature d’un système désastreux ; cependant, il présente là l’éducation aristocratique du fils d’un roi, éducation dont le but est de former une société raffinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, toute la suite de son œuvre sert son idéal humaniste, et Rabelais ne prétend pas y reproduire telle quelle la réalité extérieure. Sur le point de la critique, Rabelais fait cependant parfois clairement l’éloge de la politique royale (politique de conquête ou politique gallicane : attaque contre les Décrétales...), mais surtout son attaque porte contre les moines, contre la crédulité qui favorise les superstitions (pèlerinages, reliques, Saints...), contre le mépris du corps, la mortification ou encore la papauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’importance de toutes ces satires poussent à se poser la question de la religion de Rabelais. Selon certains critiques, Rabelais, par ses railleries, s’inscrit dans la tradition médiévale inoffensive. Cependant, d’autres ont fait remarquer qu’avec l’apparition de la Réforme, les plaisanteries de Rabelais ne peuvent pas être anodines. Il faut rappeler qu’au XVIe siècle, l’incroyance n’est pas concevable, et la question reste donc ouverte pour Rabelais : adepte comme Érasme d’une religion plus intellectuelle que mystique ? Évangéliste, désireux de retourner à la vérité des Écritures ? Croyant, d’une foi tendant vers un Déisme ? Toutes les hypothèses ont été proposées, et il est très difficile de trancher. Il faut toutefois remarquer que toute l’œuvre exprime la nécessité de vivre en accord avec la nature, sans excès de mortification ni d’animalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, même si l’auteur se présente constamment comme un rieur, comme un buveur et comme un mangeur, n’oublions pas de nuancer l’image sûrement sommaire de Rabelais ; il invite bel et bien son lecteur à "rompre l’os et à sucer la substantifique moelle", c’est-à-dire à ne pas s’arrêter aux apparences et chercher la signification cachée de ses livres. Nous voici donc confrontés au même dilemme que Gargantua entre sa femme morte et son fils nouveau-né, ne sachant s’il doit rire ou pleurer. Lire Rabelais en riant ? Le prendre surtout au sérieux ? Au lecteur de choisir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#ff6600;"&gt;LES PROSATEURS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La prose didactique &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers prosateurs au XVIe siècle furent les humanistes, mais leurs œuvres rédigées en latin ne révèlent pas de la littérature française. C’est Calvin (1509-1564) qui fonde la prose didactique moderne en mêlant la langue vulgaire aux débats théologiques. Il fait paraître en 1540 L’institution chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La veine réaliste&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conteurs du XVIe siècle prolongent la tradition des fabliaux et des récits oraux, à l’exemple du Décaméron de Boccace ou des récits de Rabelais. Il faut citer parmi ces prosateurs Bonaventure Des Périers († en 1544), qui dressa un tableau pittoresque des divers milieux sociaux sous François Ier. Un autre disciple de Rabelais fut Noël du Fail († en 1591) qui, dans ses Propos rustiques témoigne des travaux et des jours d’un village de Bretagne.&lt;br /&gt;Marguerite d’Angoulême (1492-1549) = Marguerite de Navarre, sœur de François Ier.&lt;br /&gt;Cultivée, généreuse, ouverte aux idées nouvelles, protectrice des auteurs persécutés par la société intolérante, Marguerite d’Angoulême fut auteur de poésies (Le Miroir de l’âme pécheresse), de comédies, mais surtout d’un recueil de nouvelles, l’Heptaméron, publié après sa mort. Toutes les nouvelles que l’on y trouve se situent dans des décors familiers, et abordent des tons variés (contes grossiers, sérieux ou tragiques...). Les thèmes sont l’amour, la religion (elle n’hésite pas à critiquer la corruption du clergé), et sont présentés sous forme d’une discussion entre des hommes et des &lt;strong&gt;femmes appartenant à la haute société du temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#009900;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L’ÂGE DE RONSARD, UNE ESTHÉTIQUE NOUVELLE : "âge d’or de l’humanisme".&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff6600;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;De l’apparition de la Pléiade (1549) aux guerres de Religion (1562)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#cc6600;"&gt;LES CADRES DE LA NOUVELLE ESTHÉTIQUE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant cette période qui recouvre presque exactement le règne d’Henri II (1547-1559), alors que Ronsard vit jusque 1585, on assiste à la naissance d’une nouvelle esthétique, préparée par les efforts de la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri II est un médiocre protecteur des lettre et des Arts, bien que sa cour soit fort brillante. C’est avec son règne que se terminent les guerres d’Italie, avec le traité du Cateau-Cambrésis en 1559.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La langue&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un point sur lequel le XVIe siècle se signale par une constance remarquable : c’est la conquête progressive par le français de territoires jusque-là réservés au latin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une curiosité encyclopédique, l’humaniste parle latin jusque vers 1530. Ainsi, Érasme, Morus (ou More) et Budé pratiquent tous la même langue. C’est en latin qu’on apprend à lire, ou même à parler (Montaigne a commencé par le latin). L’humaniste est donc d’abord un philologue, qui discute des origines de la langue, et qui observe les possibilités du français (La défense et l’illustration de la langue française).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1530, l’humanisme devient peu à peu français. On traduit les textes anciens, et Rabelais écrit sa "geste" parodique en français. Étienne Dolet (1509-1546), imprimeur, philologue, érudit et poète, qui allait finir brûlé vif pour athéisme, se convertit au français et fut cité avec éloge par du Bellay comme "homme de bon jugement en notre vulgaire". De même, Marguerite de Navarre est condamnée par la Sorbonne dès 1531 pour son Miroir de l’âme pécheresse. L’autorité royale sanctionne ce progrès en 1539 avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français au lieu du latin comme langue administrative, judiciaire et diplomatique. La langue elle-même évolue, et le rôle de la Pléiade à cet égard n’est pas négligeable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Des poètes savants&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aboutissement de l’humanisme, les poètes sont devenus des hommes fort cultivés, qui entendent rivaliser avec les Anciens et avec les Italiens. Dès lors, ce n’est pas à la foule qu’ils s’adressent, mais aux rares connaisseurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Pétrarque (1304-1374) avait influencé grandement les poètes du XVIe, notamment Scève, Ronsard, du Bellay ou d’Aubigné qui utiliseront comme les comparaisons, les antithèses, les métaphores, pour exprimer leurs sentiments passionnés ou mélancoliques (signalons que Pétrarque transmet la forme du sonnet). En plus du pétrarquisme, ces auteurs sont influencés également par le néo-platonisme déjà abordé plus haut (avec Ficin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Formes et thèmes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a en ce milieu du XVIe siècle la suprématie d’une forme fixe, le sonnet, et la vogue d’un thème : les amours. Rappelons que le sonnet est un poème à forme fixe de 14 vers, répartis en deux quatrains et un sizain, séparé en deux tercets (= strophes de 4, 4, 3, et 3 vers). La Pléiade s’exerça à des recherches multiples sur la langue, sur le style et sur la prosodie, et c’est ainsi que vers 1550 s’impose la prééminence de l’alexandrin, ou encore l’alternance de rimes. On pratique dans les poèmes le lyrisme amoureux pour exalter un art de vivre sensuel, mais pessimiste, hanté par l’obsession de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, le poète se fait la plus haute idée de sa mission. Ronsard voit plutôt le poète comme l’instituteur des rois. Possédé de son art, il doit travailler pour conquérir la gloire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d’étudier les auteurs de la Pléiade, il faut faire le détour incontournable par la poésie lyonnaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;LA POÉSIE LYONNAISE : Maurice Scève et les autres...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus illustre représentant de la poésie lyonnaise a été Maurice Scève (1500-1560?), qui est dans la perspective littéraire plus proche de Ronsard que de Marot. Scève et les lyonnais furent tous tributaires du climat particulier autour de leur ville, véritable capitale intellectuelle de la France jusqu’au début des guerres de Religion. Banquiers et imprimeurs firent alors la gloire de cette ville frontière (rappelons que la Savoie était alors terre étrangère), et dès le XVe siècle, l’apport d’Italiens, mais aussi de Suisses ou d’Allemands assurait la suprématie lyonnaise sur le plan économique et intellectuel. N’oublions pas que Lyon fut la capitale de l’imprimerie, et que des hommes comme Dolet ou Rabelais choisirent d’y vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans ce ferment d’humanisme qu’a été formé le talent de Maurice Scève, qui a mené une vie à la fois studieuse et mondaine : il se nourrit des grands Anciens, admire Pétrarque, mais ne renie pas pour autant les apports du Moyen Age en littérature. De plus, cet ensemble complexe d’influences fut enrichi par la reine Marguerite de Navarre qui fit plusieurs passages à Lyon (il compose pour elle deux sonnets en 1547 qu’elle fait paraître avec ses propres poésies). L’ensemble de ces inspirations se retrouvent dans la Délie de Scève, qui apparaît donc comme une synthèse des divers courants de la poésie lyonnaise ; l’auteur y chante sa maîtresse à l’occasion d’un nouvel amour, ressuscitant une ancienne passion oubliée. Fondé sur des images d’origine chrétienne, gréco-latine (inspiration platonicienne) ou médiévale, et également sur le symbole et sur l’allégorie, l’art de Scève annonce l’âge nouveau ; ce poème est aussi celui de l’insatisfaction amoureuse, puisqu’au total l’histoire de cette passion est l’histoire d’un échec : bon gré mal gré, il faut bien que l’amant se résigne à la chasteté, quitte à tirer de ses souffrances le plaisir exquis de la création poétique... Enfin, dans les dernières années de sa vie, Scève travaille à un grand ouvrage composé de 3003 alexandrins, Microcosme, qui est une épopée encyclopédique, somme des connaissances de son temps. Cet ouvrage pose le problème des rapports de l’homme et du monde ; l’homme devient le prestigieux conquérant de la terre, et Adam est exalté comme un héros exemplaire, qui collabore ainsi avec Dieu à l’œuvre de création. Le mythe biblique est en quelque sorte paganisé, et cette interprétation "humaniste" de la Genèse renverse radicalement les premières positions de l’Église sur la signification du péché originel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est autour de Scève que se produit le meilleur de la poésie lyonnaise, et il faut citer ici Pernette du Guillet (1520-1545), qui fut la femme aimée par Scève dont il s’inspira pour la Délie ; elle laisse des poèmes chantant son amour, coloré d’une discrète mélancolie : ce sont les Rimes, parues en 1545. Deuxièmement, Louise Labé (1524-1566), surnommée la "Belle Cordière", fut un grand poète, disciple de Pétrarque, mais surtout indépendante à l’égard de la forte influence de Scève. "Immoraliste" avant la lettre, et rongée cependant par le sentiment de l’insatisfaction, Louise Labé était consciente du scandale de ses poèmes, car c’est une femme qui y chante son amour pour un homme, et car il s’agit d’un amour violent, passionné, sensuel. En ce sens, Louise Labé invente la littérature personnelle. Enfin, on peut citer Pontus de Tyard (1521-1605), ami de Scève et évêque de Chalon-sur-Saône, certes d’un autre genre que Louise Labé, mais qui représente le trait d’union entre la théorie de la poésie et la production de la Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:#cc6600;"&gt;L’IMPORTANCE DE LA PLÉIADE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom de la Pléiade, qui évoque une constellation d’étoiles, fut donné tardivement — vers 1556 — à un groupe, d’ailleurs variable, de sept auteurs rassemblés autour de Ronsard. Il désigne communément les plus connus de l’armée des poètes qui ont travaillé, dans ces années 1550-1560, à renouveler la poésie française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Les rencontres&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 1545, Ronsard et du Bellay rencontrent un lettré, Jacques Pelletier, qui les confirme dans leur enthousiasme pour la langue nationale et encourage leurs premiers essais poétiques. À partir de 1547, les jeunes poètes font la rencontre déterminante de Jean Dorat (1508-1588), savant helléniste qui enseigne les grands textes anciens au collège humaniste de Coqueret, sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La Brigade&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Bellay, Ronsard et Baïf fondent alors la Brigade, que viennent bientôt renforcer Jodelle, Belleau, Grévin, puis la Péruse : ils se donnent pour mission d’exploiter littérairement les richesses que leur avait enseignées leur maître, et de "créer" ainsi la poésie française. Dès 1549, la Brigade fait une entrée remarquable en publiant la Défense et Illustration de la langue française ; les principes qui allaient animer la future Pléiade étaient ainsi posés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La doctrine de la Pléiade&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le terme de Pléiade désignait l’élite de la Brigade autour de Ronsard. Le principe fondateur du mouvement est que la langue française peut devenir aussi riche, fine et maniable que les langues anciennes à condition d’être "illustrée", c’est-à-dire enrichie. Du Bellay propose la création de mots nouveaux par emprunts au latin, au grec, au vieux français, à la langue des métiers et aux dialectes provinciaux. Il propose également un enrichissement du lexique par la multiplication des métaphores, des allégories et des comparaisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La condamnation de la poésie médiévale est sans appel ; il s’agit de piller (selon le mot de du Bellay) les Grecs, les Latins et les Italiens : par imitation des grandes œuvres étrangères, on abandonne les genres traditionnels (rondeau, ballade, farce...) au profit des genres cultivés par les Anciens : l’ode, l’élégie, l’épigramme, la tragédie, la comédie, et surtout le sonnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, les poètes de la Pléiade contribuent largement à transformer l’image du poète, qui possède dès lors un art "inspiré", c’est-à-dire porté à la création par une sorte de folie sacrée. La gloire que leurs ancêtres trouvaient sur les champs de bataille, c’est la plume à la main que ces auteurs entendent la conquérir : et ils y sont parvenus... Les idées de la Pléiade en effet triomphent à la Cour et en Europe. C’est ainsi à la Pléiade qu’on doit la prééminence accordée aux Anciens par le courant classique et — on ne peut que le déplorer — l’injustice dont furent victimes les poètes médiévaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;DU BELLAY (1522-1560)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né en 1522 en Anjou, Joachim du Bellay est orphelin de bonne heure et a une enfance délaissée et triste. Après des études de droit à Poitiers, et après la rencontre de Ronsard vers 1547, il vient à Paris suivre l’enseignement humaniste de Dorat. C’est à lui que l’on doit la Défense et Illustration de la langue française citée plus haut, œuvre dans laquelle il avait la prétention de créer la poésie française, ignorant les poètes du Moyen Age. Il y développe l’idée de la nécessité d’imiter les Anciens et les Italiens pour les surpasser grâce à une langue française enrichie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passe ensuite quatre ans à Rome où il compose Les Regrets et Les Antiquités de Rome, parus au début de 1558. Ces quatre années furent agitées, fertiles en événements diplomatiques et militaires, et lui permirent d’appliquer l’imitation des auteurs anciens qu’il préconisait ; en effet, il utilisait les mots et les images par lesquels les auteurs latins avaient célébré la grandeur de la ville pour chanter sa déchéance. Dans Les Regrets, il exprime sa nostalgie du pays natal et ses désillusions, mais aussi une satire de la Rome moderne, de ses fastes et de son raffinement. De retour en France, c’est une nouvelle désillusions : la Cour des Rois ne vaut pas mieux que la Cour des papes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de sa vie est attristée par une maladie grave qui le rend presque sourd, et par des soucis matériels ; il meurt deux ans plus tard, alors qu’il n’a que 37 ans. Ce poète qui rêvait de sa propre immortalité semble aujourd’hui avoir été exaucé, car on le lit, on le cite, mais on le connaît mal : on ne cite guère de lui que des poèmes désolés ("Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage..."), et on oublie souvent de se souvenir qu’il était également un satirique vigoureux et acerbe. Ses dernières œuvres inspirées par la réalité sociale et historique sont graves, et du Bellay semble pressentir les événements tragiques qui vont suivre sa mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;RONSARD (1524-1585)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gentilhomme Pierre de Ronsard appartient à la génération des fils de combattants des guerres d’Italie. Destiné d’abord au métier des armes, mais atteint d’une maladie qui le rend inapte à une telle carrière, il devient clerc. À vingt ans, il suit, avec Baïf, les leçons de grec de Jean Dorat. En 1547, il écrit sa première Ode, dont les publications s’étaleront jusqu’en 1552 ; très vite, le succès couronne son œuvre, et sa gloire ne cesse de grandir. Dans ses quatre livres d’Odes, il chante des grands personnages mais aussi des thèmes familiers. Il invente les mots et les tours qui font défaut à la langue, et accomplit ainsi l’œuvre annoncée par du Bellay. Il est à 40 ans le poète officiel de la Cour, et il le reste jusqu’à la mort de Charles IX. En 1555, Ronsard publie un premier livre d’Hymnes, où l’auteur développe les grands thèmes humanistes : la mort, l’éternité, les astres mais aussi les démons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis avec les guerres civiles, les thèmes de la poésie se font plus actuels, plus polémiques, à la fois plus religieux et plus politiques. Ronsard, fidèle sujet de Charles IX, défend évidemment le point de vue des catholiques, avec élan et avec force, dans une série de Discours aux titres évocateurs (ex : Discours des misères de ce temps).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il se consacre surtout à un thème qui sera le titre d’une de ses plus belles œuvres : Les Amours. Plusieurs noms traversent son œuvre : Sinope, Genèvre, Astrée, mais surtout Cassandre, Marie, et Hélène, qui lui inspirent des vers encore inscrits aujourd’hui dans toutes les mémoires... Les premiers poèmes à Cassandre chantent plutôt un amour idéalisé, alors que les amours à Hélène sont imprégnées d’une tristesse sereine inspirée par la mort (c’est l’amour d’un homme vieux, parfois amer, hanté par l’idée de sa fin). NB: Hélène de Surgères est la fille d’honneur de Catherine de Médicis. Le dernier alexandrin des Sonnets pour Hélène est "Car l’amour est la mort n’est qu’une même chose.".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’amour est finalement incapable de surmonter la mort, le poète a pourtant l’ambition de vaincre cette dernière grâce à la gloire posthume (il ne cesse d’afficher cette ambition tout au long de son œuvre). Peu de choses évoquent dans les poèmes de Ronsard l’idée chrétienne de la mort ; il semble incapable de se figurer un monde différent du nôtre, et pour cet homme aussi amoureux de la vie, la mort est l’issu normale de toute existence ; aimer la vie, c’est donc d’une certaine manière accepter la mort. Cette obsession du temps va colorer ses relations avec le monde, et le pousser à développer le thème horatien, mais aussi ronsardien, du carpe diem. Dans cet ordre d’idée, un point est constant dans l’œuvre de Ronsard : son goût pour la nature et la valeur esthétique et éthique qu’il attache à ce qu’elle représente (rappelons l’importance de la rose, symbole de la fragilité humaine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, pour Ronsard nature et mythologie appartiennent à un même univers ; le poète utilisera la mythologie comme moyen de suggestion : il sait par exemple que le nom d’Hélène de Surgères appelle la figure d’Hélène de Troie, et que celle-ci suggère l’idée de la parfaite beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, cet homme qui d’emblée avait eu l’audace de proclamer son ambition de vaincre la mort en s’élevant au rang des dieux, sut assumer cette téméraire entreprise, et fut incontestablement le plus grand poète de son temps, même s’il ne reçut pas de l’ingrate postérité la récompense qu’il en attendait et qu’il méritait (cri
